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        <title>Réseau Durandal - tibet</title>
        <description>Le Réseau Durandal est un site d'information indépendant à l'échelle locale et nationale</description>
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                <title>[Tibet] Hier le Kosovo, aujourd’hui le Tibet ?</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Reseau-Durandal)</author>
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                                                <pubDate>Mon, 21 Apr 2008 20:29:55 +0200</pubDate>
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                     &lt;div class=&quot;storycontent&quot;&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Hier le Kosovo, aujourd’hui le Tibet ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://img512.imageshack.us/img512/2167/tibetue2.jpg&quot; alt=&quot;Image Hosted by ImageShack.us&quot; align=&quot;left&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;Le 14 mars 2008 se sont déclenchés à Lhassa, capitale du Tibet chinois, des troubles insurrectionnels d’une façon tout à fait imprévisible. Comme de bien entendu en pareille circonstance, les médias occidentaux se sont emparés de ces événements, suivis par quelques intellectuels, toujours sur la brèche, pour dénoncer le régime impérialiste chinois qui se livrerait depuis plusieurs décennies à un « génocide culturel » et pour exiger le boycott des Jeux olympiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jusqu’à ce jour, le Tibet ne retenait pas spécialement l’intérêt des Français, qui, mis à part quelques touristes aventureux et quelques montagnards impénitents fréquentant le massif de l’Himalaya, avaient une idée assez confuse de ce territoire et de son statut : république autonome, territoire sous dépendance chinoise ou népalaise, république théocratique… ? Qui se souvient de l’insurrection de 1959 et de la fuite vers l’Inde du Dalaï Lama ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aussi il a paru nécessaire à Polémia de survoler dans le temps et l’espace ce « Toit du monde ». Tentons de découvrir cette géographie lointaine et essayons de comprendre ces soulèvements survenus récemment et apparemment contre « l’occupation chinoise » due, c’est indéniable, à une implantation massive en provenance de la Chine. Etant donné la soudaineté de l’agitation au Tibet, il y a, selon certains observateurs, tout lieu de croire que Pékin a été pris par surprise et cela pour une raison toute simple : l’organisation de ces troubles s’est faite en dehors du Tibet et la direction des manifestants est entre les mains d’organisateurs antichinois, qui se trouvent, en sécurité et hors de portée, au Népal et en Inde du Nord.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par ailleurs, le rôle du Dalaï Lama est équivoque. On sait que le financement et le contrôle général de l’agitation sont liés au dirigeant spirituel tibétain, et par voie de conséquence à la CIA, en raison de la coopération rapprochée du Dalaï Lama avec les services de renseignement américains depuis plus de cinquante ans. Cette manipulation du chef du gouvernement tibétain en exil ne se serait-elle pas emballée ? On peut s’interroger sur la réelle et l’entière initiative du Dalaï Lama à fomenter seul des troubles contre la puissance « occupante » quand, quelques jours plus tard, il ne cache pas son attachement à la Chine et reste favorable au déroulement des Jeux olympiques (voir son discours prononcé le 06/04/08, http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/04/09/la-voie-du-milieu-pour-le-tibet-par-tenzin-gyatso_1032672_0.html.)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme nous venons de le voir, l’intervention ou, plus exactement, l’incitation américaine est plus que probable et il apparaît, compte tenu des méthodes traditionnelles des Etats-Unis en politique étrangère, que ces troubles relèvent avant tout d’une tentative de déstabilisation de la Chine que Washington considère comme une menace, tant sur le plan économique que sur le plan militaire, d’abord en Asie, et ensuite en Afrique et en Amérique du Sud. Quant aux réactions en Europe, elles sont consécutives à la répression chinoise prise comme prétexte par les médias pour dénoncer la négation des Droits de l’homme en Chine et engager la campagne pour le boycott des Jeux. Cette répression, d’ailleurs, n’a été lancée que 24 heures après le début des troubles proprement dits. Quelle en serait la raison ? Les avis divergent. Y a-t-il eu des consignes de modération pour éviter un « bain de sang » sous l’œil des caméras ou, au contraire, laisser le chaos s’installer pour justifier une répression musclée et juguler un développement des événements qui pourraient aboutir à une sorte de « Kosovo » ou sur une gangrène s’étendant à d’autres provinces ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Polémia a reçu de nombreuses communications sur ces événements tibétains. Malheureusement, il n’est pas possible de les reproduire toutes (*).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour tenter de démêler l’écheveau, deux d’entre elles sont mises en ligne ci-après :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La première est un article qui a été publié dans « La Revue de Géographie », dans sa livraison de décembre 2005, sous la signature de Yves-Marie Laulan, président de l’Institut de géopolitique des populations, que nos lecteurs connaissent bien pour avoir lu certains travaux de son Institut ici-même. Il s’agit plutôt d’une relation de voyage qui trace le décor.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La seconde est une interview d’Elisabeth Martens par Benito Perez pour « Le Courrier » de Genève, du 27 mars 2008.&lt;br /&gt; Elisabeth Martens, biologiste, spécialisée en médecine chinoise, auteur d’une « Histoire du bouddhisme tibétain / La compassion des puissants » (http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2007-11-23%2009:44:24&amp;amp;log=lautrehistoire) chez L’Harmattan, 2007, émet un avis alternatif. Elle connaît bien la Chine et le Tibet pour y avoir effectué plusieurs longs séjours. Elle répond sur l’histoire, la religion, la classe des moines, les problèmes sociaux, la répression, le rôle des Etats-Unis… : « Je ne suis pas plus prochinoise que protibétaine, mais les événements actuels forcent à une réflexion pour sortir de cette confrontation caricaturale dans un débat biaisé », dit-elle par ailleurs ( http://bellaciao.org/fr/spip.php?article64536).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-weight: bold; color: #ff0000&quot;&gt;A/ Le Tibet sous la botte chinoise&lt;/span&gt; (1)&lt;br /&gt; Par Yves-Marie Laulan&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Tibet est clairement un pays en voie d’anéantissement ethnique, linguistique et culturel. Au train où vont les choses, il sera dans quelques années totalement digéré dans le vaste estomac de la Chine qui, il est vrai, en a assimilé bien d’autres (2). Réduit à l’état de province chinoise, il sera alors un simple nom sur une carte, évocateur d’un peuple disparu, unique entre tous, porteur d’un long passé et d’un message spirituel sans pareil au monde. Ainsi va l’histoire des hommes dans l’indifférence du concert des nations (3).&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;font-weight: bold&quot;&gt;I. Les Chinois au Tibet&lt;/p&gt; &lt;p&gt;— Que font-ils ? —&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ils sont partout, sur les routes, dans les villes, dans les hôtels flambant neufs qui attendent le touriste occidental amateur de douches chaudes, de lits moelleux et de gadgets tibétains. Après les années de répression, l’occupant chinois s’est, dans le cadre de la politique de libéralisme inaugurée par Deng Xio Ping, assez tardivement mis en mesure de construire un colossal chantier routier en voie de finition. Il traversera le territoire tibétain d’est en ouest et constituera, telles les voies romaines de jadis, l’épine dorsale du maintien de l’ordre.&lt;br /&gt; A ce dispositif va s’ajouter, dès l’an prochain, un chemin de fer qui va doubler la route. On s’attend, dit-on, à ce qu’il déverse sur le Tibet quelque 600.000 Chinois dont la plupart, espère-t-on, resteront sur place. A ce stade, l’ensevelissement démographique du Tibet sera achevé (4).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En parallèle, la Chine s’active à construire, partout où cela est possible, des villes entièrement neuves, chinoises évidemment. Elles s’étirent le long des routes ou s’agglutinent autour des vieilles villes tibétaines réduites à l’état de faubourgs crasseux. Les enseignes se succèdent sur les vitrines, flambant neuves, des magasins, chinois évidemment. On se croirait en Chine. En fait, on y est.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La présence chinoise, obsédante, omniprésente, revêt d’autres formes, moins sympathiques encore. La moindre bourgade de quelque importance s’enorgueillit de sa ou souvent ses casernes, aux longs murs de béton. Le soir, ou le matin de bonne heure, le touriste réveillé aura droit à une aubade d’un type un peu particulier : de longues minutes de cris rythmés, scandés par quelques centaines de jeunes recrues qui lancent à plein poumon leur allégeance à l’Armée rouge dans l’air froid du matin. Le Tibet est sous bonne garde. D’ailleurs, sur la route de l’Everest un poste de garde routier rébarbatif est là pour rappeler au touriste distrait qu’il faut montrer patte blanche. Il ne faudrait pas que les Tibétains s’avisent de s’échapper vers le Népal ou, pire, qu’ils en reviennent, porteurs, on s’en doute, de quelques germes de sédition. Les charrettes tibétaines misérables et leurs occupants sont impitoyablement interdits de passage et renvoyés d’où ils viennent si leurs papiers ne sont pas en règle. C’est la nouvelle ligne de démarcation (5).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;— Que veulent-ils ? —&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On est en droit effectivement de s’interroger sur les mobiles des autorités chinoises au Tibet. Car cet énorme effort de construction en tout genre représente un effort financier colossal : autant de ressources rares que la Chine en pleine expansion doit soustraire au financement de son propre développement. Or cet investissement massif est clairement consenti à fonds perdus. Il n’y a pas l’ombre d’un espoir de pouvoir le rentabiliser à vue humaine. Alors pourquoi ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La Chine s’est, sans coup férir depuis près d’un demi-siècle, approprié en toute impunité (6) 2,5 millions de kilomètres carrés de territoire tibétain, 5 fois la France, plus du quart de la superficie chinoise. Une telle annexion, d’une telle ampleur, n’a guère de précédent dans l’histoire contemporaine. Et cela sous le plus ténu des prétextes historiques: le mariage hypothétique d’une princesse chinoise au XVIIe siècle avec un roitelet tibétain qui aurait créé des liens historiques irréversibles et irrécusables entre les deux pays : une somptueuse dot en différé, en vérité.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En fait, il faut y voir sans doute deux motifs : l’appétit de puissance impérialiste de Mao Tsé Toung au faîte de sa puissance, d’une part ; d’autre part, le souci d’acquérir un énorme territoire quasi vide à des fins stratégiques : déversoir pour les déchets ou les essais nucléaires ; base pour le lancement de fusées ; débouché, encore, pour une population chinoise toujours en croissance rapide (bien que guettée par le vieillissement) ; quête d’hypothétiques ressources minérales. Quoi qu’il en soit, ce ne sont certes pas les maigres ressources agricoles du Tibet qui pourraient justifier des dépenses somptuaires aussi élevées.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les Chinois envisagent d’encourager de forts courants touristiques vers le Tibet à l’occasion des Jeux olympiques de 2008. Ils y voient sans doute l’occasion de légitimer leur annexion aux yeux du monde. Mais ils courent aussi le risque de se décrédibiliser aux yeux d’une opinion publique mondiale, enfin sensibilisée au drame tibétain, en cas de troubles. L’épée est à double tranchant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-weight: bold&quot;&gt;II. Le Tibet aujourd’hui&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce pays offre au visiteur le spectacle familier aux spécialistes du Tiers-Monde d’une économie duale désarticulée.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L’économie chinoise, plaquée sur l’économie traditionnelle tibétaine, se nourrit des investissements publics, du commerce, de la construction, des dépenses militaires de l’occupant. Aux Chinois, les commerces de quelque importance dans les villes nouvelles, les hôtels qui poussent comme des champignons un peu partout, les banques chinoises de Lhassa et des grosses agglomérations, les postes administratifs de bon niveau. Les seuls points de contact entre ces deux économies sont les hôtels de tourisme et les chantiers de construction.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les Tibétains sont les hilotes du Tibet occupé. Aux Tibétains illettrés, la main d’œuvre ancillaire des hôtels, femmes de ménage, employés subalternes qui ne parlent, bien entendu, pas le chinois (ni l’anglais pour la quasi-totalité). Aux Tibétains encore les emplois utilisés pour la construction des routes d’où les chantiers s’échelonnent sur des milliers de kilomètres : hommes, mais aussi femmes et, bien entendu, enfants, petits et grands, sales, dépenaillés, ébouriffés mais souvent souriants. Avec quand même, au sommet de cette hiérarchie de la précarité, les seigneurs du marché de l’emploi que sont les chauffeurs de bus ou de 4/4 . Aux Tibétains toujours, les commerces rustiques et misérables des petits villages qui offrent des équipements ménagers ou agricoles sommaires, toujours les mêmes, à des prix dérisoires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le beurre de yak, épais, jaune et odorant, y figure en bonne place emmailloté dans d’énormes sacs de plusieurs dizaines de kilos : matière grasse de base, dans une agriculture pauvre privée d’oléagineux, il est utilisé à tout : protection de l’épiderme contre le soleil l’été, contre le froid l’hiver, graisse pour la cuisine, et lubrifiant pour les innombrables lampions des temples. Mais, au-delà de son excellent beurre, le yak, à la silhouette biscornue et vaguement préhistorique, joue un rôle central dans la société : son poil sert pour tisser les tentes marron des nomades ; la viande est l’élément de base de la boucherie tibétaine (les volailles sont rares, mais chèvres et moutons abondent ici et là). Le yak tire l’araire rustique dans les petits champs aux contours irréguliers qui portent les moissons d’orge ou d’avoine, tracte la charrette brinquebalante sur les chemins défoncés ou offre son dos aux cavaliers peu pressés. Bref, il sert à tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les champs occupent les larges plaines alluviales plates inondées d’eau, parfois marécageuses, encadrées de montagnes arides et parcourues de torrents ou de fleuves majestueux. Quelques arbres en bosquets ou plantés le long des routes. Les villages pauvres aux maisons rectangulaires aux murs gris de briques d’argile séchée surmontées d’un toit plat, sans eau courante, sans électricité le plus souvent, se regroupent ici et là. Pas de rues pavées ni de places à proprement parler, mais des ruelles séparatives de terre battue, souvent ravinées par la pluie. Le chauffage est le plus souvent assuré par les bouses de yak séchées qui constellent les murs ou s’empilent à leur faîte, telles des décorations naïves et aussi par des branchages empilés. Les femmes, en quête de chaussures pour l’hiver qui vient, vendent au touriste avisé, au terme d’un âpre marchandage, des bijoux rustiques en cuivre ou en étain pour une bouchée de pain : une bonne affaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des chiens partout. Profondément endormis, ils jonchent le sol le jour telles d’énormes virgules somnolentes le long des murs des casernes ou des monastères. La nuit, ils rôdent en bande et hurlent interminablement à la lune. Le paysan tibétain, le plus souvent des femmes aux longs tabliers multicolores, récolte toujours l’orge ou l’avoine courbé vers le sol, à la faucille plate, comme aux temps de l’antique Egypte. Les gerbes, hautes et épaisses là où la terre est riche, courtes et maigres là où les cailloux l’emportent, s’entassent en meules grosses ou menues. Le battage se fait encore à la main ou, à l’occasion, avec un attelage de petits chevaux qui piétine les gerbes étalées. Les grains fourniront l’éternel tsam-pa dont les boulettes marron feront l’ordinaire des familles qui, pour la plupart, vivent en stricte autosubsistance. Le revenu monétaire annuel ne doit guère excéder une poignée d’euros. Il n’autorise que parcimonieusement l’achat de ces rares petits tracteurs – plus fréquents, il est vrai, aux abords de Lhassa – ou de ces modestes triporteurs mécanisés à l’équilibre mal assuré.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Chose surprenante et un peu choquante : nul pêcheur le long des nombreux cours d’eau ou des innombrables lacs ; nul poisson sur les marchés. C’est que, depuis le XIVe siècle, un souverain bouddhiste a interdit de pêcher, interdiction pieusement respectée depuis des siècles. Le Tibet se prive ainsi malencontreusement d’une abondante source de protéines qui aurait été pourtant bien précieuse pour enrichir le régime alimentaire d’une population aussi pauvre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-weight: bold&quot;&gt;III. Où va le Tibet ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des temples ici et là, rescapés de la Grande Révolution culturelle (dixit naïvement le guide chinois) ou laborieusement reconstruits à l’identique, parfois sur fonds d’Etat, le plus souvent grâce aux offrandes des fidèles. Des moinillons aux crânes rasés, joyeux et tout d’orange vêtus, s’égaillent dans les rues des villages en quête d’offrandes en attendant de regagner sagement leur cellule pour y apprendre leurs prières ou pratiquer le rituel du soir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais leur nombre diminue d’année en année. Car l’autorité chinoise impose un contrôle des naissances strict : pas plus d’un ou deux enfants par famille. Difficile dans ces conditions d’épargner un garçon pour l’envoyer au monastère. D’ailleurs, si la pratique religieuse est désormais libre, elle n’est guère encouragée. Pourquoi aider la perpétuation de superstition indigne d’un Etat moderne ? La langue tibétaine, tolérée dans la rue, est d’ailleurs interdite dans les écoles et dans l’Administration. Il ne faut pas encourager l’irrédentisme linguistique et culturel. Dans les agglomérations de quelque importance, les écoles sévères rassemblent des écoliers en uniforme bleu : on y apprend naturellement le chinois (et l’anglais) (7).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Tibet peut-il conserver son identité dans de telles conditions ou même regagner son autonomie ? Le nombre de Chinois installés au Tibet égale déjà celui des autochtones et le surpassera bientôt. Mais il ne faut pas injurier l’avenir comme le préconisait sagement tantôt Françoise Giroud. Le Tibet peut s’en tirer si le cordon ombilical qui le relie à la Chine venait à être coupé. Car l’avenir du grand frère protecteur et ses capacités de financement ne sont pas forcément assurés à long terme avec le vieillissement proche de la population chinoise, les risques d’éclatement, comme tant de fois dans la millénaire histoire chinoise, liés aux prodigieuses inégalités sociales et régionales nées d’une expansion trop rapide, le lancinant problème des approvisionnement pétroliers, que sais encore ? A condition, bien sûr, que le Tibet ait su assurer à temps la formation d’une élite politique et économique susceptible de prendre la relève. Peut-être au sein de la « diaspora » tibétaine, les communautés tibétaines exilées en Inde et ailleurs dans le monde. Après tout, les pays Baltes, Estonie, Lettonie, Lituanie, se sont bien relevés quasi indemnes après la chute du Mur de Berlin.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;font-weight: bold&quot;&gt;Yves-Marie Laulan&lt;br /&gt; Président de l’Institut de géopolitique des opulations&lt;br /&gt; Paris, le 1er octobre 2005&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(1) Ces quelques réflexions ont été inspirées par un récent voyage au Tibet avec la Société de Géographie.&lt;br /&gt; (2) N’oublions pas que l’invasion chinoise de 1951 et la terrible répression de 1959 ont coûté la vie à près d’un million de Tibétains froidement massacrés ou battus à mort, soit un Tibétain sur 5. Après le génocide physique commence le génocide culturel. Après la main de fer, le gant de velours poursuit l’étranglement. [En 2003, Patrick French, écrivain anglais et ancien président de l’association Free Tibet Campaign, ayant pu accéder aux archives du gouvernement tibétain en exil, remet en cause le nombre de 1,2 million de morts tibétains. Dans son livre contesté, French déclare qu’il existerait des erreurs dans l’utilisation statistique des sources et témoignages. French estime toutefois qu’un demi-million de Tibétains seraient morts directement en raison de la politique chinoise au Tibet. Ce chiffre est estimé en relation avec un calcul de Warren W. Smith basé sur les recensements du Tibet montrant 200.000 Tibétains « manquants » au Tibet que les Chinois attribuent à la famine qui causa plus de 20 millions de morts en Chine après la Révolution culturelle. – NDLR]&lt;br /&gt; (3) Soucieuses de ne pas provoquer la colère du dragon chinois et de risquer de compromettre quelques marchés juteux. Et l’on parle des Droits de l’homme.&lt;br /&gt; (4) Seule l’Angleterre de Cromwell aura aussi bien ou mieux fait en Ulster. Mais l’on en voit encore aujourd’hui les séquelles.&lt;br /&gt; (5) Comme en 1940 chez nous.&lt;br /&gt; (6) Les Etats-Unis avaient bien assez à faire au Vietnam et la Grande-Bretagne n’avait qu’un souci : celui de se retirer « à l’Est d’Eden ».&lt;br /&gt; (7) Une partie de la jeunesse tibétaine, désœuvrée, entre dans la modernité par la trilogie sacrée de la drogue, la délinquance et la prostitution.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;color: #ff0000; font-weight: bold&quot;&gt;B/ « Les coulisses de la révolte tibétaine »&lt;br /&gt; Interview d’Elisabeth Martens par Benito Perez pour « Le Courrier » de Genève, le 27 mars 2008.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-weight: bold&quot;&gt;Q — Pouvez-vous vous présenter brièvement ? Comment êtes-vous venue à vous intéresser au Tibet et à la Chine ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;R — Je suis partie durant trois années en Chine, après des études de biologie en Belgique, pour me spécialiser en médecine traditionnelle chinoise. J’ai, bien sûr, profité de mon séjour là-bas pour voyager du nord au sud et d’est en ouest. Un de ces voyages m’a amenée pour la première fois dans une région tibétaine (c’est-à-dire habitée par des Tibétains) en 1990, à XiaHe au Gansu, au grand monastère du bouddhisme tibétain de Labulang. J’ai été surprise par la facilité de contact avec les lamas qui se promenaient en rue et allaient faire leurs courses à l’épicerie du coin ; c’est loin de l’image de nos moines cloîtrés derrière leurs murs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Surprise, aussi, par la différence entre les bouddhas chinois, tout ronds comme des théières qui mijotent doucement sur le poêle, souriants, joviaux, et les bouddhas tibétains, beaucoup plus imposants. Et encore surprise de trouver dans les temples une quantité phénoménale de représentations de dieux, de monstres, de boddhisattvas, etc., plus féroces et effrayants les uns que les autres. J’ai trouvé que, d’une certaine manière, c’est assez proche de ce que l’on trouve comme galerie d’horreurs dans nos églises : des hommes transpercés, crucifiés ou jetés dans des marmites d’huile bouillante, etc. Rien de comparable dans l’art chinois : dans la pensée chinoise, et donc dans les arts de la Chine, la souffrance et le moyen de s’en délivrer n’est pas au centre des préoccupations. De quoi devrait-on se délivrer à partir du moment où l’on sait que la souffrance est l’opposé-complémentaire du bien-être ? J’ai trouvé dans les régions tibétaines, où je suis retournée plusieurs fois par la suite (la dernière fois, en été 2007), une culture très différente de la culture chinoise. Cette différence m’a paru intéressante : comment un pays aussi gigantesque que la Chine (plus grand que toute l’Europe) s’en sort-il pour concilier 55 nationalités parlant chacune leur propre langue, surtout avec la disproportion de Han (environ 90%) par rapport aux autres nationalités ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-weight: bold&quot;&gt;Q — Que se passe-t-il, selon vos informations (quelles sont vos sources ?), actuellement dans les régions de Chine peuplées de Tibétains ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;R — Les violences qui ont eu lieu à Lhassa le 14 mars 2008 ont été perpétrées par des groupes de manifestants tibétains. Les témoignages des étrangers présents sur place vont tous dans le même sens : les agressions visaient les Chinois (les Han) et les Hui, majoritairement des musulmans. Des personnes ont été incendiées vives, d’autres ont été battues à mort, déchiquetées au couteau ou lapidées. Les armes utilisées étaient des cocktails Molotov, des pierres, des barres d’acier, des poignards et des couteaux de boucher. Il y a eu 22 morts et plus de 300 blessés, quasi tous des Hui et des Han. Il s’agissait d’actes criminels à caractère raciste. Serge Lachapelle, un touriste de Montréal, dit : « Le quartier musulman a été complètement détruit, plus aucun magasin ne tenait debout. »&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dès le 18 mars, le Dalaï Lama déclare dans une conférence de presse que « les événements au Tibet échappent à son contrôle » et qu’il est « prêt à démissionner si les violences se poursuivent ». Il ajoute que « ces actes de violence sont suicidaires ». Il n’empêche que, à peine quelques jours plus tard (le 21 mars), par une étrange coïncidence du calendrier, Nancy Pelosa, présidente du Congrès américain, arrive à Dharamsala pour une visite officielle au 14e Dalaï Lama. Elle parle des événements au Tibet comme d’un « défi pour la conscience mondiale » et exige de la Chine de pouvoir envoyer au Tibet une commission internationale indépendante afin de vérifier l’accusation chinoise comme quoi « l’entourage du Dalaï Lama se trouve derrière les violences » et afin de contrôler « de quelle manière sont traités les prisonniers tibétains en Chine ». C’est une des stratégies utilisées par les Etats-Unis : forcer la Chine à accepter des équipes d’inspection qui portent le cachet des « Droits de l’homme » ou pouvoir dire que la Chine les a refusées. Pour exécuter un tel plan, nul mieux placé que le Dalaï Lama : dans son allocution du 10 mars, ce dernier exhortait déjà la Chine à « une plus grande transparence ».&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-weight: bold&quot;&gt;Q — Ces termes ne font-ils pas curieusement écho à la « Glassnost » qui a conduit à l’éclatement de l’URSS ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;R — L’Allemagne, avant-garde de l’Europe, s’aligne sur les exigences de transparence des Etats-Unis : son ministre des Affaires étrangères a déclaré que « le gouvernement fédéral de l’Allemagne demande une plus grande transparence de la part du gouvernement chinois ». Quant aux autorités chinoises, elles parlent d’une révolte préméditée et bien organisée. L’occasion choisie pour donner le feu vert aux émeutiers était la date anniversaire de commémoration de la révolte de 1959 à Lhassa, date que les Tibétains en exil ont décrétée « Fête nationale » : le 10 mars. Ce jour-là, une marche, partant de l’Inde et se dirigeant vers le Tibet, a effectivement démarré. Elle devrait durer six mois : jusqu’aux débuts des JO de Pékin. Cette marche a été organisée par le « Mouvement pour le soulèvement du peuple tibétain » (il est difficile de traduire « uprising » autrement que par « soulèvement »). Il s’agit d’une association dans laquelle sont représentées les fractions principales du gouvernement tibétain en exil : le NDP (New Democratic Party), le Congrès de la Jeunesse tibétaine (Tibetan Youth Congress) et le mouvement des femmes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le 10 mars était clairement le signal de départ des émeutes : elles ont été encouragées à distance par de multiples manifestations devant des ambassades chinoises (par ex. à Bruxelles). En Chine même, des tracts appelant à manifester pour l’indépendance du Tibet ont été distribués dans les différentes régions tibétaines. Le même jour, trois cents lamas du monastère de Drepung ont manifesté au centre de Lhassa, de manière non violente bien que « provocatrice » ; la police les a dispersés, sans heurts. Ce ne fut plus le cas quelques jours plus tard, le 14 mars : plusieurs groupes de Tibétains, tous armés de la même manière et opérant de la même manière, se sont dispersés dans la ville de Lhassa, ouvrant les hostilités et semant la panique. La suite est le drame que l’on sait, avec les répressions chinoises que l’on devine. Faut-il rappeler que le droit international stipule que « Chaque pays a le droit d’utiliser la force contre des mouvements d’indépendance qui visent à la division dudit pays » ? Imaginez le foin que cela ferait en France si le mouvement séparatiste corse se mettait à incendier des passants français en plein Ajaccio !&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;font-weight: bold&quot;&gt;Q — On a généralement analysé ces émeutes comme une « réaction à la colonisation du Tibet par les Chinois ». On parle même de génocide. Qu’en est-il ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;R — Quand on parle de « colonisation » d’un pays par un autre, il faut, au minimum, qu’il y ait deux pays. Dans ce cas précis, faut-il rappeler que le Tibet n’a jamais été reconnu comme « pays indépendant » ? Au XIIIe siècle, le Tibet est annexé à la Chine par les Mongols, et au XVIIIe les Mandchous ont divisé leur empire chinois en 18 provinces, dont la province tibétaine. Fin du XIXe, l’empire britannique envahit le Tibet et y installe ses comptoirs de commerce.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela se passe sous le règne du 13e DL, qui voit dans l’occupation anglaise du Tibet une opportunité pour revendiquer l’indépendance. Il se base pour cela sur ce qu’il a appelé le « Grand Tibet » : un territoire qui équivaut à cinq fois la France, quasiment le tiers de la Chine, et qui correspond plus ou moins (parce qu’il n’y avait pas de cartes à l’époque) à ce qu’était le Tibet à la fin de la dynastie des Tubo, au IXe siècle. Or la Chine du début du XXe sortait d’un siècle de ventes aux enchères, avec la succession des « concessions » faites aux pays occidentaux. Céder le tiers de son territoire était signer son arrêt de mort. Donc cette demande d’indépendance a été sans suite. Je veux dire par là : sans aucune suite. C’est dire que ni les Nations unies ni aucun pays n’a jamais reconnu le Tibet comme un pays indépendant. C’est une première réponse à votre question.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une deuxième, c’est que quand on parle de « colonisation » cela implique en filigrane que le pays envahisseur profite des biens du pays envahi. Or, si on considère les cinquante dernières années du Tibet, on constate un phénomène inverse. La population tibétaine a triplé grâce aux soins de santé et à une rapide amélioration du niveau de vie. Ce qui, à vrai dire, n’était pas très compliqué, vu les conditions désastreuses dans lesquelles vivaient plus de 90% de Tibétains sous le régime théocratique des DL. Toutefois, cette amélioration n’a pas été aussi rapide que dans les grandes villes chinoises qui, par leur lustre, font croire au monde entier que la Chine est devenue capitaliste. C’est fou ce que l’on fait croire avec des paillettes, des lumières et des vitrines. Pour répondre à votre deuxième question, celle du génocide, il faut à nouveau faire un petit retour historique. En 1949, avec l’avènement de la République populaire de Chine, le gouvernement chinois opte pour une remise à zéro des compteurs : tous les étrangers et influences étrangères sont mis à la porte et les frontières chinoises sont réaffirmées, aussi dans les provinces lointaines, dont le Tibet. Dès 1956, une rébellion armée est organisée dans plusieurs monastères tibétains (comme Litang et Drepung) : avec la République populaire de Chine, ce sont les dignitaires tibétains qui sont visés, ceux du clergé en particulier. C’est d’ailleurs cette couche de la population qui commence à fuir vers l’Inde et qui va constituer la communauté tibétaine en exil (de la même manière que l’exode vers Taiwan qui était composée essentiellement des « grosses » familles chinoises).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-weight: bold&quot;&gt;Q — Cette rébellion armée est dès ses débuts soutenue financièrement et logistiquement par la CIA. Pour quelle raison ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;R — Il suffit pour le comprendre de lire ce que disait un rapport de l’Office des Affaires étrangères des Etats-Unis en avril 1949 : « Le Tibet devient stratégiquement et idéologiquement important. Puisque l’indépendance du Tibet peut servir la lutte contre le communisme, il est de notre intérêt de le reconnaître comme indépendant (…) Toutefois, ce n’est pas le Tibet qui nous intéresse, c’est l’attitude que nous devons adopter vis-à-vis de la Chine ». On ne peut être plus explicite ! La rébellion armée, qui démarre du monastère de Litang, s’étend par vagues jusqu’à Lhassa, où a eu lieu la plus importante, celle qui a été écrasée par l’Armée rouge en 1959. Suite à cet événement, il était de grande importance pour les Etats-Unis d’amener l’opinion publique à croire qu’il s’agissait d’un génocide, c’est pourquoi le chiffre de 1,2 million de morts a été avancé par les autorités du bouddhisme tibétain en exil.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plusieurs études démographiques ont démontré par la suite que ce chiffre a été inventé de toutes pièces. Patrick French, ex-directeur de « Free Tibet », est allé le vérifier sur place, à Dharamsala. Après avoir compulsé longuement les documents « officiels » qui ont servi à avancer ce chiffre, il a été complètement dégoûté par l’ampleur de la falsification venant de la part de ceux qu’il admirait. Il raconte cet épisode dans son livre. Ce qui est important à retenir dans cette falsification, c’est que si on parle de 1,2 million de morts sur une population d’à peine deux millions d’habitants, on peut en effet parler d’un « génocide ». Mais s’il s’agit que quelques milliers de morts de part et d’autre, il ne s’agit plus d’un génocide mais d’une guerre civile. Ce chiffre de 1,2 million de morts a donc permis de manipuler l’opinion publique en l’amenant vers la méfiance, voire la xénophobie, vis-à-vis des Chinois. C’est le même topo depuis 50 ans. Donc, si on analyse les faits de manière historique, on ne peut parler ni d’invasion, ni de colonisation, ni de génocide. Les émeutes qui ont eu lieu ce mois de mars 2008 doivent être analysées dans un contexte économique en tout premier lieu, sans oublier que le Tibet est un des terrains de combat entre les Etats-Unis et la Chine, depuis longtemps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-weight: bold&quot;&gt;Q — La violence des manifestations ne cadre pas avec le pacifisme affiché par le Dalai Lama. Pourquoi ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;R — Le DL et son entourage portent les couleurs du pacifisme et se doivent d’entretenir l’image de tolérance et de compassion qui sied au bouddhisme tibétain, sinon qui les croirait encore en Occident ? Le DL a quand même pris le temps d’ameuter l’opinion publique autour de la manifestation pacifique des 300 moines de Drepung descendus au centre de Lhassa le 10 mars et a immédiatement incriminé la répression aux forces de l’ordre chinoises (soit dit en passant, tout un chacun qui a voyagé au Tibet a pu remarquer que la police est essentiellement composée de Tibétains et compte très peu de Chinois). Quand les actes de violence ont atteint un niveau de barbarie sans nom, il s’est rapidement distancé des événements. Quel rôle joue-t-il là-dedans ? Pour le savoir, il faut analyser à qui profitent ces émeutes : ni aux Chinois, ni aux six millions de Tibétains de Chine. Elles servent essentiellement à ameuter l’opinion publique autour des violations des Droits de l’homme en Chine, le manque de liberté d’expression et les diverses répressions que nous incriminons au gouvernement chinois. Donc, elles servent à donner de la Chine une image exécrable, ceci juste avant les JO qui vont rassembler la presse internationale à Pékin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je pense qu’en partie elles reflètent l’énorme peur que nous avons de la puissance économique que représente la Chine actuellement. Il est vrai que si, par certains côtés, elle fait encore partie du Tiers-Monde, par d’autres côtés elle risque de nous rattraper très rapidement et même de nous dépasser. Peu de gens ici se rendent compte que la Chine compte un potentiel intellectuel gigantesque et que cette masse d’intellectuels chinois commence à en avoir par-dessus la tête de se voir constamment refoulée et dénigrée par l’Occident. Ils ne vont plus se taire pendant longtemps. Pour résumer, je pense que ces émeutes servent à noircir l’image de la Chine : provoquer des émeutes à caractère racial dans les régions tibétaines, c’est obliger le gouvernement chinois à sortir la grosse mitraille, et donc nous pourrons parler en tout bien tout honneur d’une « répression sauvage » exercée par le gouvernement chinois lors « d’incidents ethniques ».&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On connaît la chanson : elle a été utilisée à plusieurs reprises depuis 89 (conflits en Afrique, dans les Balkans, en Irak, et ceux pour démanteler l’URSS). Il faut savoir aussi qu’au sein de la communauté tibétaine en exil une scission est de plus en plus évidente : d’une part, il y a les modérés, dont le DL, qui ne prêche pas (pas ouvertement en tout cas) pour la violence et ne demande même pas une indépendance mais parle « d’autonomie poussée », comme on sait ; d’autre part, et pour le moment c’est une fraction majoritaire au sein du gouvernement en exil, il y a les radicaux qui exigent une indépendance totale et sont prêts pour cela à prendre les armes. Vous imaginez bien qu’un discours pareil serait impossible à tenir sans l’appui de leurs alliés de 50 ans : les Etats-Unis, qui, d’ailleurs, continuent à financer et à armer la communauté tibétaine en exil. En réalité, les Etats-Unis disposent actuellement de deux chevaux de bataille qu’ils utilisent simultanément : le DL et sa suite (européenne, surtout) par qui passe le discours pacifiste qui sert à rassembler les intellectuels occidentaux autour des thèmes de « démocratie », de « Droit de l’homme », de « liberté de presse », etc., qu’il faut imposer à la Chine (c’est un comble « une démocratie » qu’il faut imposer !… mais ça marche à 200%), et puis la fraction « dure » du gouvernement tibétain en exil qui compte de plus en plus de membres grâce à un discours musclé de lutte pour une indépendance, coûte que coûte. Apparemment, ce sont ces derniers qui mettent le feu aux poudres et déclenchent les violences.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-weight: bold&quot;&gt;Q — Cela n’exprime-t-il pas un réel mécontentement&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;R — Oui, bien sûr. Ce que je vous ai expliqué jusque-là ce sont les déclencheurs « externes » des émeutes. Mais il est évident que s’il n’existait pas un « terrain » les déclencheurs ne pourraient rien déclencher. Comme je vous le disais, les raisons internes sont essentiellement économiques, donc aussi sociales. D’abord, il faut se rappeler que l’enseignement au Tibet n’a pu démarrer que dans les années 1960, vu le retard général du Tibet comparé au reste du pays. Ce qui veut dire que les premiers universitaires ou techniciens supérieurs tibétains n’ont commencé à travailler que dans les années 1980, soit 10 ans plus tard que les Chinois Han (et 10 ans en Chine, c’est presque 100 ans chez nous !). C’est un retard qui n’est pas encore rattrapé maintenant. Ce retard dans les niveaux de formation, donc aussi dans le type de travail proposé aux uns et aux autres, explique que les postes « importants » sont occupés surtout par des Chinois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au-delà de ce premier problème qui est réel, difficile à résoudre et source de conflit « ethnique », il y a aussi le retard bien connu, partout en Chine, des campagnes par rapport aux grandes métropoles. Si beaucoup de Tibétains ont profité des avancées économiques de la Chine, beaucoup d’autres sont restés dans le marasme. Ce fait ne touche pas que le Tibet mais l’ensemble de la Chine : les inégalités se font de plus en plus criantes entre les plus aisés (ou même les moyennement aisés) et les plus démunis. Ce qu’il y a sans doute de plus spécifique au Tibet, c’est que peu de Chinois résidant au Tibet sont sans travail – s’ils arrivent au Tibet, c’est qu’ils savent qu’ils y auront un travail, sinon ils iraient ailleurs –, alors qu’il y a beaucoup de jeunes Tibétains sans travail. En général, ils viennent de la campagne et ont juste suivi l’école primaire. Ils manquent de qualification, alors que les Chinois qui viennent travailler au Tibet sont des techniciens qualifiés, des universitaires ou des cadres, et bien sûr des commerçants. Même si l’enseignement est facilité aux Tibétains (comme aux autres minorités ethniques de la Chine, d’ailleurs), que le minerval est moins élevé et que les examens d’entrée sont moins sévères que pour les Han, les Tibétains ne voient pas toujours l’intérêt de poursuivre des études supérieures. Amener les Tibétains à se former serait pourtant une manière intéressante de diminuer l’inégalité sociale, alors que la Chine « s’en tient » à injecter des milliards de yuan pour le seul développement économique du Tibet. De plus, dans les villes tibétaines, le marché libre favorise les Chinois Han et les musulmans Hui qui ont plus d’expérience dans le commerce que les Tibétains. Donc, là aussi, les Tibétains se sentent sur le carreau par rapport aux Han et aux Hui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A noter que la haine raciale vis-à-vis des musulmans est ancrée de longue date dans le bouddhisme tibétain et véhiculée par lui (cf. le Kalashakra) : c’est en raison des invasions musulmanes dans le nord de l’Inde aux Xe et XIe siècles que les maîtres tantriques sont allés se réfugier au Tibet. Le tantrisme indien, devenu au Tibet le bouddhisme tibétain, a gardé vis-à-vis de l’islam une rancœur de longue durée à cause des persécutions musulmanes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-weight: bold&quot;&gt;Q — La Chine n’a-t-elle pas annexé le Tibet ? Peut-on nier l’existence d’une revendication nationale au Tibet, d’une « nation tibétaine » distincte de la Chine ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;R — Comme je vous le disais plus haut, le Tibet a été annexé à la Chine par les Mongols, c’est-à-dire à l’époque où les Mongols étendaient leur empire e.a. sur la Chine (XIIIe). Lorsque la Chine a repris le contrôle sur son empire, avec les Ming, du XIVe au XVIe siècle, elle s’est passablement désintéressée de cette lointaine contrée tibétaine et le Tibet est resté annexé à la Chine « passivement ». Puis, les Mandchous se sont emparés de la Chine et ont fait du Tibet une province chinoise. Episode suivi par celle des Britanniques, puis celle des Etats-Unis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-weight: bold&quot;&gt;Q — Alors que signifie le terme « nation » ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;R — Si vous voulez parler d’une nation historiquement distincte de la Chine, il faut remonter à la dynastie des Tubo qui régnait sur le Tibet du VIIe au IXe siècle. C’est comme si maintenant on revendiquait l’empire de Charlemagne ! Si vous voulez parler d’une culture spécifique, cela semble évident que le Tibet n’a pas la même culture que la Chine, ne serait-ce que par sa langue et son écriture, mais aussi par ses traditions, ses religions, ses habitants, etc. Ce qui n’a d’ailleurs pas empêché de multiples croisements, au point que je me demande ce que cela pourrait engendrer comme déchirures et drames familiaux si un jour le Tibet devenait réellement indépendant et mettait tous les Chinois Han à la porte, ainsi que tous les musulmans (ce sont les deux ethnies visées par le gouvernement en exil) : ils auraient un sacré problème pour distinguer qui est qui, et qui appartient à quelle ethnie. En fait, les discours ethniques ne sont là que pour expliquer au grand public des guerres que se font entre elles les grandes puissances : cela s’est vu dans les Balkans, en Irak, en URSS, cela se reproduit au Tibet. Ce qui m’ahurit, c’est que l’opinion publique n’a pas encore « fait tilt ». Et ce qui m’inquiète, c’est que les enjeux dans ce conflit-ci dépassent de loin tous ceux qu’on a vus dans les autres conflits : d’une part, la Chine ne se laissera pas faire, d’autre part, c’est l’économie mondiale qui risque de basculer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-weight: bold&quot;&gt;Q — Aujourd’hui, les Tibétains peuvent-ils vivre selon leur culture/religion ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;R — Les Tibétains sont pour la plupart très croyants, cela se voit dans le quotidien : les moulins à prière tournent allégrement, on assiste à des prosternations devant les temples du matin au soir, sur les routes on rencontre des pèlerins en marche vers Lhassa, les drapeaux de prière flottent sur les cols, les monastères sont bondés de moines même de très jeunes enfants (ce qui est interdit par la loi chinoise), les billets de banque s’amoncellent au pied des bouddhas, de loin on entend résonner les trompettes et les mantras.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La pratique religieuse est loin d’être réprimée. Il faudrait être vraiment de mauvaise foi pour prétendre le contraire ! Ou bien, il faut n’être jamais allé au Tibet. Dans l’enseignement, le bilinguisme est obligatoire et pratiqué dans toutes les écoles que nous avons visitées (primaires, secondaires et supérieures) ; des instituts de tibétologie ont été ouverts à l’intention des jeunes Tibétains (ou autres) qui désirent approfondir l’étude de la culture tibétaine : y sont donnés des cours de langue, de médecine, de théologie, de musique et danse, de pratiques artisanales, etc. Donc je pense que c’est vraiment un non-sens de dire que la culture et la religion sont opprimées ou détruites. A nouveau, c’est l’information qui est donnée chez nous : après avoir mis en lumière la tromperie quant au génocide ethnique, on s’est rapidement tourné vers le « génocide culturel ». Il est évident que, moi, en tant que petit individu, si je dis l’inverse, personne ne me croira, mais il suffit d’aller voir sur place pour vous en convaincre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors de quoi parle-t-on lorsqu’on pointe du doigt la « répression chinoise » ? Ce qui est interdit et sévèrement puni est toute tentative de « séparatisme », ou de division de la Chine. Cela peut être des actes qui paraissent anodins chez nous, comme porter le drapeau tibétain en rue (drapeau qui a été inventé en 1959, lors de l’exil, et qui a donc une couleur politique), ou distribuer des tracts en rue, ou distribuer la photo du DL (qui est une effigie politique), ou organiser des manifestations, etc. Pour ce genre d’actions, il y a très rapidement (trop rapidement sans doute ?) arrestation, et parfois emprisonnement. La Chine est drastique à ce sujet parce qu’elle sait que le soutien à ce mouvement pour l’indépendance du Tibet est énorme, que ce soutien vient de l’Occident et vise la division de la Chine. Comme je vous le disais, le contentieux ne concerne pas tant les six millions de Tibétains de Chine face à la Chine, mais c’est un contentieux qui oppose la Chine à l’Occident et qui s’exprime par le malaise économique que connaît actuellement le Tibet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-weight: bold&quot;&gt;Q — Quelle est la nature du bouddhisme tibétain et de sa structure/clergé ? Ses rôles sociaux et politiques, passés et présents ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;R — Alors là, vous me demandez de réécrire mon bouquin ! En résumé, le bouddhisme tibétain est issu du tantrisme, une des trois grandes écoles ou « véhicules » du bouddhisme. D’après les bouddhologues, c’est le véhicule qui s’est le plus éloigné du dharma (ou enseignement originel du bouddha, VIe AC). Tout d’abord, parce qu’il s’agit du véhicule le plus récent (VIe PC), donc le bouddhisme a eu le temps de se métamorphoser plusieurs fois, ce à quoi il a dû se prêter en raison de la difficulté intellectuelle de son enseignement. Et ensuite parce que le bouddhisme tibétain a la particularité d’exercer simultanément un pouvoir spirituel et un pouvoir temporel, ce qui n’existe pas dans les deux autres véhicules du bouddhisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En fait, le tantrisme a pris son essor au Tibet aux Xe et XIe siècles par les circonstances historiques que je vous ai racontées (invasions musulmanes). A cette époque, le Tibet était totalement désorganisé au niveau politique et social. Or les communautés tantriques venues du nord de l’Inde étaient, elles, très structurées et hiérarchisées. C’est pourquoi, lorsqu’elles se sont installées dans ce Tibet qui demandait une réorganisation, elles ont repris la région en main de manière « spontanée », en utilisant leurs propres critères. Le tantrisme est devenu le bouddhisme tibétain à partir du moment où il s’est adapté aux mœurs, coutumes et à la religion autochtones (le Bön). On peut dire qu’à cette époque la religion bouddhiste fut bénéfique au Tibet, puisqu’elle a amené le Tibet vers une féodalité structurée. L’ennui, c’est que cette féodalité s’est figée durant un millénaire autour d’un pouvoir religieux extrêmement répressif et conservateur. Le Tibet a été arrêté dans son évolution en raison de ce pouvoir omniprésent et omnipotent. Il ne faut pas oublier que les monastères possédaient plus de 70% des terres tibétaines, le reste allant aux familles nobles. Jamais n’a existé un pouvoir théocratique aussi puissant et aussi riche dans le monde. C’était incomparable avec ce qui se passait chez nous au Moyen Age où les monastères devaient se faire une petite place à l’ombre des châteaux forts. Avec l’avènement de la République populaire de Chine en 1949, il fut d’autant plus difficile pour le haut clergé tibétain de renoncer à ce pouvoir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-weight: bold&quot;&gt;Q — Vous dites que le bouddhisme tibétain a permis d’imposer un système féodal. Mais cela a été le cas de la plupart des religions. Ce temps n’est-il pas révolu ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;R — Bien sûr, cela a été le cas pour pas mal d’autres religions, comme quoi les religions ont toujours un pied dans la politique, quoi qu’on en dise. Le bouddhisme tibétain a permis à une société tribale, telle qu’elle était avant le IXe siècle, d’évoluer vers une société mieux structurée, féodale. La féodalité n’a plus la cote nulle part, et l’ancienne élite tibétaine, maintenant en exil, n’a pas l’intention de revenir à l’ancien système. Ils se modernisent eux aussi et sont plutôt partisans du modèle « marché libre » avec réinstauration de la propriété privée des terres, donc, surtout en dehors du système chinois, mais copié sur le modèle occidental.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-weight: bold&quot;&gt;Q — Comment expliquer le sentiment très pro-tibétain en Occident, notamment dans les médias ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;R — L’opinion publique suit les médias et les médias obéissent aux intérêts économiques. Ne vit-on pas dans une dictature économique chez nous ? La censure est aussi réelle ici qu’ailleurs, mais mieux camouflée. En Occident, on n’est pas enfermé en prison pour ses opinions, mais bien dans sa tête, puis dans la maladie qui en résulte. Je me demande parfois ce qui vaut mieux. Donc votre question réelle devient : « Comment expliquer le sentiment pro-tibétain véhiculé par notre système économique » ? Ni les Etats-Unis, ni l’Europe n’apprécient les avancées fulgurantes de la Chine sur la scène internationale. Tous les coups sont bons pour la contrecarrer : « Il faut foutre le bordel pendant les JO à Pékin ! », crie Cohn-Bendit dans son discours en séance plénière à propos du comportement que l’Union européenne doit adopter face à la Chine. Ceci, pas même une semaine après les événements qui ont enflammé le cœur de Lhassa ! C’est assez monstrueux mais cela démontre par « a+b » que le « grand monde de la diplomatie et du trust financier » n’a cure du Tibet, ce qui lui importe c’est « foutre le bordel en Chine ».&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-weight: bold&quot;&gt;Q — Comment faire avaler cette pilule au grand public occidental, en ne perdant surtout pas l’approbation des intellectuels ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;R — Pour cela, on fait appel à Sa Sainteté qui par son sourire de neiges éternelles ferait fondre un chat devant une souris. Le bouddhisme tibétain ne s’est-il pas habillé de ses plus beaux atours pour séduire un Occident « en vide de valeurs spirituelles » ? Entré chez nous en surfant sur la vague du « retour aux sources » des années 1970, il ne lui fut pas difficile de se faire passer pour le dharma, présenté à nous comme un «&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Source : &lt;a href=&quot;http://www.polemia.com/contenu.php?cat_id=22&amp;amp;iddoc=1651&quot;&gt;Polémia&lt;/a&gt;&lt;!-- Google adsense --&gt; &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt; //&lt;![CDATA[ &lt;!-- google_ad_client = &quot;pub-5730897942241661&quot;; google_alternate_color = &quot;ffffff&quot;; google_ad_width = 336; google_ad_height = 280; google_ad_format = &quot;336x280_as&quot;; google_ad_type = &quot;text&quot;; google_ad_channel =&quot;&quot;; google_color_border = &quot;FFFFFF&quot;; google_color_bg = &quot;FFFFFF&quot;; google_color_link = &quot;EEA203&quot;; google_color_url = &quot;EEA203&quot;; google_color_text = &quot;000000&quot;; //--&gt; //]]&gt; &lt;/script&gt; &lt;script src=&quot;http://pagead2.googlesyndication.com/pagead/show_ads.js&quot; type=&quot;text/javascript&quot;&gt; &lt;/script&gt; &lt;img src=&quot;http://fr.novopress.info/images/vide.gif&quot; border=&quot;0&quot; height=&quot;10&quot; width=&quot;1&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; 
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                <title>[Tibet] Mélenchon et la question tibétaine</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Reseau-Durandal)</author>
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                                                <pubDate>Mon, 14 Apr 2008 17:51:09 +0200</pubDate>
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                     &lt;p&gt;Le pire opposant aux causes minoritaires ne pouvait pas en rester à essayer de discréditer les minorités en France ! En effet depuis plusieurs années M. Mélenchon s'en prend aux Bretons, Basques ou Corses en s'improvisant bien maladroitement spécialiste des langues régionales. En grand défenseur de l’indivisibilité de la République, il ne pourrait, selon lui, y avoir officiellement de place pour d’autres langues en France ? Le &quot;très à gauche sénateur francilien&quot; s'en prend désormais aux Tibétains, en situation minoritaire eux aussi. Il en deviendrait presque compatissant du régime chinois entaché par les événements aux Tibet et cela au point d'amenuiser l'impact de la politique répressive en Chine, tout en s'improvisant historien. M. Mélenchon délare en effet dans son blog que &quot;Le Tibet est chinois depuis le quatorzième siècle [...] Parler &quot;d’invasion&quot; en 1959 pour qualifier un évènement à l’intérieur de la révolution chinoise est aberrant.&quot; Évoquant un Tibet au passé tyrannique, coupable des pires exactions envers son peuple, il justifierait presque la répression des émeutes qu'il y a eu récemment au Tibet, en estimant que n'importe quel pays aurait le même type d'attitude &quot;répressive&quot;. Au prix de plusieurs morts, peut-on se demander ? Décidément, ce sénateur nous étonnera toujours autant. Alors qu'on assiste à un ethnocide organisé par les autorités chinoise au Tibet, les nostalgiques de la &quot;révolution communiste&quot; n'arrivent pas à prendre un minimum de recul. Des Tibétains meurent, leur culture et leur langue sont menacées. Ils demandent légitimement leur autonomie et M. Mélenchon nous sert ses dissertations à contre courant. Vive la République... populaire de Chine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Source : Eurominority&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; 
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                <title>[Tibet] Tibet, la rivalité : Bonnet Rouge ou Bonnet Jaune ?</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Reseau-Durandal)</author>
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                                                <pubDate>Sun, 13 Apr 2008 20:43:49 +0200</pubDate>
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                     &lt;p&gt;&lt;b&gt;Tibet, la rivalité&amp;nbsp;: Bonnet Rouge ou Bonnet Jaune&amp;nbsp;?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;a href=&quot;http://www.francecourtoise.info/?p=77&quot;&gt;francecourtoise.info&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://img172.imageshack.us/img172/7426/rougeetjauneyp8.jpg&quot; align=&quot;right&quot; border=&quot;1&quot; height=&quot;150&quot; hspace=&quot;5&quot; vspace=&quot;5&quot; width=&quot;200&quot; /&gt;Sous le titre percutant «&amp;nbsp;&lt;cite&gt;Violences au Tibet&amp;nbsp;: un avis alternatif&lt;/cite&gt;&amp;nbsp;» la journaliste belge Elisabeth Martens se fait l’écho de propos étonnamment prochinois et animera, en Belgique, toute une série de conférences-débats en avril et mai. L’agenda est impressionnant&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle s’appuie sur les dires d’un journaliste américain de &lt;i&gt;The Economist&lt;/i&gt;, James Miles qui déclare que&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;cite&gt;les violences commises à Lhassa durant cette semaine - date de commémoration de la &quot;Rébellion nationale de mars&amp;nbsp;59&quot; - ont été inaugurées par des Tibétains, dont des lamas qui encourageaient des groupes de jeunes à commettre des actes destructeurs. Les manifestations de violence étaient organisées&amp;nbsp;: les Tibétains portaient des sacs à dos remplis de pierres, de couteaux et de cocktails molotov. Les morts causés par ce drame sont tous des Chinois.&lt;/cite&gt; (sic&amp;nbsp;!)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;cite&gt;En Chine vivent six millions de Tibétains répartis sur différentes provinces, principalement le Tibet, le QingHai, le Gansu, le Sichuan et le Yunnan. Ces six millions de personnes sont bien loin de toutes désirer l’indépendance du Tibet. Il leur apparaît clairement, dans leur vie quotidienne, que la Chine leur a apporté beaucoup plus qu’elle ne leur a retiré. En 50&amp;nbsp;ans, la population tibétaine a triplé grâce aux soins de santé et aux améliorations dans les domaines agricole, économique et autres. Depuis les années quatre-vingt, la culture et la religion du Tibet s’exercent librement, les enfants sont bilingues, des instituts de tibétologie ont été ouverts à l’intention des jeunes Tibétains, les monastères regorgent de lamas (même des jeunes enfants), et, en rue, les fidèles font allègrement tourner leurs moulins à prière. Il ne s’agit nullement d’un &quot;génocide culturel&quot;, tel qu’on le présente chez nous. En réalité, la très grande majorité des six millions de Tibétains se méfie de la communauté tibétaine en exil qui représente pour eux un danger de déstabilisation.&lt;/cite&gt; (resic&amp;nbsp;!).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;cite&gt;Selon Pangdung Rinpoché du monastère de Sera, actuellement exilé à Munich&amp;nbsp;: &quot;le Dalaï-Lama, en commercialisant le Bouddhisme tibétain, cause plus de dégâts à la culture tibétaine que le gouvernement chinois&quot;.&lt;/cite&gt;&amp;nbsp;»&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Miles poursuit en insistant sur le fait qu’aux Etats-Unis, le problème était, dès 1949, de savoir comment utiliser le Tibet pour contrer l’expansion chinoise&amp;nbsp;: le Dalaï-Lama s’allia à Washington et s’exila, selon lui, moyennant gros financement et soutien logistique de la CIA . Et il poursuit&amp;nbsp;:&lt;/p&gt; &lt;p&gt;«&amp;nbsp;&lt;cite&gt;En 2007, le Dalaï-Lama est décoré du plus prestigieux insigne du Congrès américain et déclare que &quot;Bush est désormais un membre de sa famille&quot;. Ce dernier événement n’a été que peu relayé par les médias européens&amp;nbsp;: on comprend leur embarras face à cette alliance affichée du Dalaï-Lama avec le gouvernement des Etats-Unis, alors que la politique extérieure de ce dernier est de plus en plus interpellée par l’Europe. L’enjeu du conflit Chine-Occident, exprimé à travers les violences de Lhassa, n’est pas un &quot;petit Kosovo&quot;, mais il s’agit du tiers de la Chine, un territoire qui vaut cinq fois la France et qui ouvre l’accès au gigantesque marché économique chinois, de quoi faire basculer l’économie mondiale&amp;nbsp;!&lt;/cite&gt;&amp;nbsp;» (toujours sic&amp;nbsp;!)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Rien que cela&amp;nbsp;! Ces arguments économiques sont d’une rare stupidité&amp;nbsp;: six millions d’individus, même répartis sur ce territoire immense (dont les trois quarts sont hors du Tibet historique concerné ici), pratiquement inaccessible, vu le relief et le climat des plus rigoureux, ne pèsent rien face au milliard deux cents millions de chinois industrieux. Ce ne sont pas ces quelques pauvres tibétains sans pouvoir d’achat qui vont faire basculer l’économie mondiale. Les complexes économiques de Shangaï ou de Hong Kong ne les ont pas attendus&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Reste à comprendre le pourquoi de telles élucubrations socio-politiques et surtout pourquoi il se trouve des tibétains pour soutenir effectivement la répression chinoise et stigmatiser l’emblématique Dalaï-Lama.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Là, il importe de recadrer l’argumentaire de monsieur Miles dans le contexte des sectes bouddhiques…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qu’il a délibérément bien prit soin d’ignorer&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; 
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                <title>[Tibet] Pékin compare le Tibet à Villiers-le-Bel</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Reseau-Durandal)</author>
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                                                <pubDate>Mon, 31 Mar 2008 18:16:12 +0200</pubDate>
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                     &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://reseaudurandal.hautetfort.com/media/01/01/1545735987.jpg&quot; id=&quot;media-933630&quot; alt=&quot;1838557416.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&lt;b&gt;Pékin compare le Tibet à Villiers-le-Bel&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La colonisation à marche forcée du Tibet par les Chinois a récemment provoqué de graves émeutes qui ont opposé – et continuent d’opposer – autochtones et envahisseurs. Interrogé le 26 mars dernier sur Europe 1 au sujet de ces événements dramatiques, le n° 2 de l’ambassade de Chine populaire à Paris a fait le rapprochement avec les émeutes de Villiers-le-Bel : “Il y a quelques mois, il y a eu des émeutes à Villiers-le-Bel. Mille policiers ont été envoyés dans cette petite ville de 26 000 habitants. Est-ce que vous laisseriez une mission des Nations unies enquêter pour voir ce qui s’est passé à Villiers-le-Bel ?”&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Rapprochement intéressant… A cette différence près que ce sont les Chinois qui ont envahi le Tibet, alors qu’à Villiers-le-Bel, c’est la France qui est envahie.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Mais risquons d’autres parallèles.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le Kosovo, berceau et cœur vivant de la Serbie, fut peu à peu, tout au long du 20ème siècle, colonisé par les Albanais. Devenus majoritaires, ces derniers ont pratiqué une épuration ethnique méthodique à l’encontre des Serbes. Le 17 février dernier, « l’Assemblée du Kosovo » proclamait l’indépendance de la province serbe. Le Kosovo ne compte plus que quelques milliers de Serbes qui vivent dans des conditions extraordinairement difficiles.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Dans une vingtaine d’années, la plupart des villes du département de Seine-Saint-Denis seront à majorité musulmane. Le sort des Serbes du Kosovo ou encore celui des Tibétains préfigure-t-il celui des petits blancs du « 9-3 » face à des envahisseurs que les règles du politiquement correct nous interdisent de nommer ? Verra-t-on la basilique de Saint-Denis, nécropole des rois de France, rasée ou reconvertie en un lieu de culte d’une religion étrangère aux traditions françaises ? Les dirigeants de la plupart des pays européens se sont empressés de reconnaître la nouvelle entité musulmane. « Le Kosovo va vous revenir dans la gueule » les a averti le président Poutine.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Xavier Merlin pour Novopress France&lt;/p&gt; &lt;p&gt;www.novopress.info&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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                <title>[Tibet] Les Chinois n’auront rien vu des perturbations provoquées par RSF à Olympie</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Reseau-Durandal)</author>
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                                                <pubDate>Tue, 25 Mar 2008 18:32:23 +0100</pubDate>
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                     &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://reseaudurandal.hautetfort.com/media/00/02/1232712.jpg&quot; id=&quot;media-921829&quot; alt=&quot;1322781668.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;La cérémonie d’Olympie, première étape du parcours de la flamme olympique, a été pertubée hier par trois personnes, toutes membres de “Reporters Sans Frontières” dont son secretaire général Robert Ménard, chevalier de la Légion d’honneur depuis dimanche. Durant le discours de Qi Liu, responsable chinois du Comité d’organisation des jeux, ils ont tenté de s’approcher de la tribune. Malgré un impressionnant dispositif policier, une bannière invitant à “[boycotter] le pays qui piétine les droits de l’homme” a pu être déployée avant que les trois militants ne soient interpellés puis relâchés dans la soirée.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je lis dans Le Figaro du 25 mars 2008 que:&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; la télévision chinoise qui s’était manifestement investie dans la couverture des JO, a suspendu brièvement la retransmission de la cérémonie. Les Chinois n’ont rien vu de l’incident. La télévision chinoise transmet souvent en léger différé des programmes présentés comme “en direct”, afin de laisser toute latitude aux censeurs. A la place, les télespectateurs ont pu suivre des images d’archives sur le site historique d’Olympie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le gouvernement grec a condamné l’incident, dénonçant un acte n’ayant “aucune relation avec l’esprit olympique”.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La condamnation hier du dissident chinois Yan Chulin à cinq ans de prison pour “subversion” en raison de son appel à signer une pétition intitulée “nous voulons les droits de l’homme, pas des jeux olympiques” a sans doute plus de rapport avec ”l’esprit olympique”. Tout comme le jugement annoncé pour les prochains jours du dissident Hu Jia, lui aussi accusé de subversion…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Robert Ménard ne désarme pas. Le secrétaire général de RSF promet “des actions jusqu’au 8 août”.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Source : &lt;a href=&quot;http://e-deo.net/&quot;&gt;E-Deo&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; 
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                <title>[Tibet] La manifestation de Chrétienté Solidarité aura lieu au Trocadéro</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Reseau-Durandal)</author>
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                                                <pubDate>Tue, 25 Mar 2008 18:27:04 +0100</pubDate>
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                     &lt;img src=&quot;http://reseaudurandal.hautetfort.com/media/02/00/1961235258.jpg&quot; id=&quot;media-921824&quot; alt=&quot;1801005117.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-921824&quot; /&gt;&lt;b&gt;La manifestation de Chrétienté Solidarité aura lieu au Trocadéro&lt;/b&gt; &lt;p&gt;La préfecture de police a interdit la manifestation de Chrétienté-Solidarité à proximité de l’ambassade de Chine, et impose qu’elle ait lieu sur le parvis des droits de l’homme au Trocadéro.&lt;br /&gt; « Eh bien, nous évoquerons justement ce soir-là les méthodes communistes chinoises d’application des droits de l’homme et la manière dont les Etats occidentaux et notamment le gouvernement de Nicolas Sarkozy ne s’émeuvent guère », réagit Bernard Antony.&lt;br /&gt; Tous donc au Trocadéro jeudi 27 mars à 19 h.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;www.novopress.info&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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                <guid isPermaLink="true">http://reseaudurandal.hautetfort.com/archive/2008/03/24/tibet-mieux-comprendre-la-question-tibetaine.html</guid>
                <title>[Tibet] Mieux comprendre la question tibétaine</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Reseau-Durandal)</author>
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                                                <pubDate>Mon, 24 Mar 2008 14:39:00 +0100</pubDate>
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                     &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://reseaudurandal.hautetfort.com/media/01/02/843562246.jpg&quot; id=&quot;media-919415&quot; alt=&quot;1607545607.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-919415&quot; /&gt;Cela faisait 19 ans que les Tibétains n'avaient pas manifesté une telle volonté de secouer le joug chinois. Éléments d'explication alors que Pékin ordonne aux mutins de se rendre d'ici demain.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;1) Pourquoi les moines tibétains manifestent-ils ?&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Ils protestent pacifiquement, depuis lundi, contre l'annexion de leur pays par la&lt;br /&gt; Chine en 1950 et contre les limites apportées à la liberté religieuse (même si elle s'est élargie depuis les années 1980). Le régime communiste a toujours cherché à noyauter les monastères bouddhistes, afin de les soustraire à l'influence de Tenzin Gyatso, le 14e dalaï-lama. Chef spirituel des Tibétains, il s'est exilé à Dharamsala (Inde) avec 80 000 des siens, lors de l'écrasement du soulèvement de 1959. Pékin a, récemment encore, manifesté son intention de nommer elle-même le successeur du dalaï-lama, âgé de 73 ans. Le réseau des monastères structure la société tibétaine et il est le dépositaire d'une identité menacée par la modernisation à la chinoise.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;2) Comment la contestation a-t-elle dégénéré en émeutes ?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le scénario rappelle ce qui s'est passé en septembre en Birmanie, où une marche contre la junte militaire est partie des monastères : réprimer les lamas, sacrés pour les bouddhistes, fait courir au pouvoir un risque de révolte populaire. L'utilisation de lacrymogènes et l'arrestation musclée de dizaines de moines de Drepung, l'un des plus grands monastères, n'a fait qu'étendre la protestation à d'autres lamasseries. Lorsque, vendredi, les forces de l'ordre ont voulu empêcher des moines de Lhassa de descendre dans la rue, la population s'en est prise aux policiers, renversant des véhicules et incendiant les échoppes de commerçants chinois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;3) Le Tibet n'était donc pas chinois ?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pékin affirme que le Tibet a de tout temps été vassal de la Chine. La réalité diffère : jusqu'au 13&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle, ce territoire himalayen, perché à 6 000 m d'altitude, était indépendant et même puissant. Disputé ensuite par les seigneurs mongols et chinois, il change plusieurs fois de mains. Britanniques et Russes tentent d'en prendre le contrôle dans les années 1900, mais l'armée chinoise l'envahit en 1910 pour s'en retirer pendant la révolution de 1911. Le Tibet jouit d'une indépendance de fait jusqu'à sa « libération » en 1950 par les armées de Mao, qui obligent les dirigeants tibétains à entériner le protectorat chinois. Le système politique local devait demeurer, avec le dalaï-lama à sa tête. Mais Pékin supprimera cette autonomie après les soulèvements des années 1950, réprimés au prix de milliers de morts.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;b&gt;4) L'est-il devenu ?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pékin n'a eu de cesse d'assimiler le Tibet : en détruisant de nombreux monastères ; en découpant son territoire de moitié ; en y implantant des Chinois qui dominent l'économie et politique ; en déplaçant les paysans vers des villes modernes ; en inaugurant en 2007 le train le plus haut du monde pour relier Lhassa à Pékin. Mais la Chine n'a pas réussi à briser l'identité tibétaine, incarnée par le gouvernement en exil à Dharamsala et représentée dans le monde entier par le très populaire dalaï-lama, prix Nobel de la paix en 1989.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;b&gt;5) Que veut le dalaï-lama, accusé par la Chine de fomenter les troubles ? Que va faire le régime de Pékin ?&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Apôtre de la non-violence, le dalaï-lama ne réclame que le rétablissement de l'autonomie du Tibet. Son dialogue intermittent avec Pékin n'a guère produit de fruit. En défilant à l'occasion du 49&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; anniversaire du soulèvement de 1959, les moines du Tibet ont voulu profiter du fait que tous les regards sont braqués vers Pékin, à six mois des Jeux olympiques, en calculant que le régime ne pouvait se permettre un bain de sang à quelques mois de recevoir la planète entière. Le président chinois, Hu Jintao, pourra difficilement faire abstraction de la pression internationale : Washington, les Européens l'appellent au dialogue et à la retenue. Mais il ne faut pas oublier que le même Hu était, lors du dernier soulèvement, en 1989, l'homme fort du PC au Tibet. Et il n'avait pas hésité à proclamer la loi martiale pour mieux écraser les manifestants anti-chinois.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;Bruno RIPOCHE.&lt;br /&gt; Ouest France - dimanche 16 mars 2008-&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;a href=&quot;http://www.tibet-info.org/&quot;&gt;Tibet-infos&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;span class=&quot;post-author vcard&quot;&gt;Publié par &lt;span class=&quot;fn&quot;&gt;Alternative Europe&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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                <title>[Tibet] Le vrai visage de l'oppression chinoise</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Reseau-Durandal)</author>
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                                                <pubDate>Sun, 23 Mar 2008 12:40:56 +0100</pubDate>
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                     &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://reseaudurandal.hautetfort.com/media/01/02/129769268.jpg&quot; id=&quot;media-917717&quot; alt=&quot;772533361.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&lt;span class=&quot;titre&quot;&gt;&lt;b&gt;Tibet : le vrai visage de l'oppression chinoise&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le Tibet a été envahi par la Chine en 1950, ce qui a amené les Tibétais à se soulever en 1959 et conduit le Dalaï-Lama, leader spirituel de cette Nation à l'exil en Inde.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Ce sont des faits qu'on oublie souvent de restituer pour décrire la situation gravissime d'oppression que subit l'actuelle minorité tibétaine dans son propre pays. Car aujourd'hui, la colonisation chinoise y est forte, le pouvoir est détenu par les autorités chinoises qui asphyxient jour après jour le Tibet en mettant en place un système d'assimilation forcée.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Même si cette situation n'est pas exactement la même qu'au Kurdistan oppressé par les autorités turques ou dans de nombreuses minorités nationales vivant en Europe, elle est révélatrice de l'état du monde.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; L'oppression des minorités est un fait marquant de notre siècle. L'assimilation forcée des populations est devenue une pratique courante, par la mise en place de mesures draconiennes afin de permettre la prédominance de la majorité. La Chine utilise le terme l'éducation patriotique pour assimiler les populations tibétaines, surtout lorsqu'ils sont jeunes.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les récentes émeutes au Tibet sont le résultat de cette oppression.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; En effet, des moines bouddhistes se sont rendus à Lhassa afin de manifester pacifiquement pour commémorer le 49e anniversaire de la fuite du Dalaï-Lama. Mais excédés par le système d'oppression permanente, certains manifestants ont crié leur colère, embrasant la ville. Les policiers et l'armée se sont mobilisés et ont tiré à balles réelles. On compte, selon, le gouvernement tibétain en exil plus de trente morts.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Ces manifestations et cette répression arrivent seulement quelques jours après que les USA aient retiré la Chine de leur &quot;liste noire&quot; des pires dictatures de la planète. Amnesty International a estimé qu'il s'agissait d'une décision ahurissante.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les jeux olympiques qui doivent avoir lieu en Chine permettent aussi de mieux voir le visage de la Chine. L'Union européenne et les USA demandent timidement de la retenue alors qu'un peuple est actuellement en train d'être anéanti. Les occidentaux qui tissent de plus en plus de liens avec les dictatures du monde auront-ils le courage d'intervenir en faveur des Tibétains ? Quand on voit la compétition qu'il existe pour conquérir de nouveaux marchés quitte à faire abstraction des droits humains, on peut se poser des questions. Après les liens nouées par la France avec l'État libyen, considéré il y a peu comme un État terroriste, aura-t-on le courage de s'adresser à la Chine en lui ordonnant de respecter ses minortés ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Source : Eurominority&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; 
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                <title>[Tibet] Appel urgent du gouvernement tibétain en exil</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Reseau-Durandal)</author>
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                                                <pubDate>Sun, 23 Mar 2008 12:39:13 +0100</pubDate>
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                     &lt;p&gt;Depuis le 10 mars 2008, plusieurs manifestations ont lieu successivement dans différentes régions du Tibet (aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur de la Région autonome du Tibet), et ont été brutalement réprimandées.&lt;br /&gt; La situation actuelle du Tibet est très grave. Le gouvernement chinois a lancé un ultimatum qui expire ce soir à minuit. Nous sommes donc extrêmement préoccupés car il est à craindre qu'il y aura des massacres en grand nombre de Tibétains après l'expiration de cet ultimatum.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; L'administration centrale tibétaine lance un appel urgent à la communauté internationale dont les Nations-unies, les gouvernements, les Parlements, les associations de défense des droits de l'Homme et les groupes de soutien au Tibet afin de demander les dirigeants chinois pour que cesse immédiatement la répression d'une part, et que soient libérés tous les Tibétains détenus d'autre part, mais également afin d'offrir des soins médicaux aux blessés.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Nous lançons un appel tout particulièrement au Conseil des Droits de l'Homme des Nations-unis afin de dépêcher dans les plus brefs délais une délégation d'enquête dans toutes les régions concernées du Tibet pour empêcher la dégradation éventuelle de cette situation déjà très critique.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Professeur Samdhong Rinpoché KASHAG, Cabinet de l'administration centrale tibétaine, Dharamsa, Inde&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Source : Tibet.net&lt;/p&gt; 
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                <title>[Tibet] Signez la pétition pour le Tibet</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Reseau-Durandal)</author>
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                                                <pubDate>Sun, 23 Mar 2008 12:38:05 +0100</pubDate>
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                     &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://reseaudurandal.hautetfort.com/media/00/02/1158790838.jpg&quot; id=&quot;media-917714&quot; alt=&quot;692672433.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&lt;span class=&quot;titre&quot;&gt;&lt;b&gt;Signez la pétition pour le Tibet&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &quot;Après des décades de répression, les Tibétains réclament au monde un changement. Les leaders de la Chine sont en ce moment même en train de faire un choix crucial entre l'escalade de la brutalité ou le dialogue, ce qui pourrait déterminer le futur du Tibet et de la Chine.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Nous pouvons avoir un impact sur ce choix historique. La Chine tient à sa réputation internationale. Mais il faudra une avalanche de pouvoir populaire mondial pour obtenir l'attention du gouvernement. Le leader spirituel des Tibétains, le Dalai Lama, a appelé à la mesure et au dialogue: il a besoin que les peuples du monde le soutiennent. Signer la pétition. Et faites passez le message.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Voici le texte de la pétition :&lt;br /&gt; &quot;Pétition au Président Hu Jintao :&lt;br /&gt; En tant que citoyens du monde entier, nous vous demandons de montrer de la mesure et du respect pour les droits de l'Homme dans votre réponse aux protestations au Tibet, et de prendre en considération les préoccupations de tous les Tibétains en ouvrant un dialogue pertinent avec le Dalai Lama. Seul le dialogue et la réforme apporteront une stabilité durable. Le futur le plus lumineux de la Chine et ses relations les plus positives avec le monde sont liés à un développement harmonieux, au dialogue et au respect.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;http://www.eurominority.eu/&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Cliquez içi pour signer :&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.avaaz.org/fr/tibet_end_the_violence/27.php?cl=65585195&quot;&gt;http://www.avaaz.org/fr/tibet_end_the_violence/27.php?cl=65585195&amp;nbsp;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;[ Réseau - Durandal Tibet ]&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;http://reseaudurandal.hautetfort.com/tibet/&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; 
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