13.05.2008

[Société] Mai 68

1779172480.jpgMai 68

La commémoration de Mai 68 revient tous les dix ans, avec la même marée de livres et d’articles. Nous en sommes au quatrième épisode, et les barricadiers du « joli mois de mai » ont aujourd’hui l’âge d’être grands-pères. Quarante après, on discute toujours pour savoir ce qui s’est exactement passé durant ces journées-là – et même s’il s’est passé quelque chose. Mai 68 a-t-il été un catalyseur, une cause ou une conséquence ? A-t-il inauguré ou simplement accéléré une évolution de la société qui se serait produite de toute façon ? Psychodrame ou « mutation » ?

La France a le secret des révolutions courtes. Mai 68 n’a pas échappé à la règle. La première « nuit des barricades » eut lieu le 10 mai. La grève générale se déclencha le 13 mai. Le 30 mai, le général de Gaulle prononçait la dissolution de l’Assemblée nationale, tandis qu’un million de ses partisans défilaient sur les Champs-Elysées. Dès le 5 juin, le travail reprenait dans les entreprises, et quelques semaines plus tard, aux élections législatives, les partis de droite remportaient une victoire en forme de soulagement.

Par rapport à ce qui se déroula à la même époque ailleurs en Europe, on note tout de suite deux différences. La première, c’est qu’en France Mai 68 ne fut pas seulement une révolte étudiante. Ce fut aussi un mouvement social, à l’occasion duquel la France fut paralysée par près de 10 millions de grévistes. Déclenchée le 13 mai par les syndicats, on assista même à la plus grande grève générale jamais enregistrée en Europe.

L’autre différence, c’est l’absence de prolongement terroriste du mouvement. La France n’a pas connu de phénomènes comparables à ce qu’ont été en Allemagne la Fraction armée rouge (RAF) ou en Italie les Brigades rouges. Les causes de cette « modération » ont fait l’objet de nombreux débats. Lucidité ou lâcheté ? Réalisme ou humanisme ? L’esprit petit-bourgeois qui dominait déjà la société est sans doute l’une des raisons pour lesquelles l’extrême gauche française n’a pas versé dans le « communisme combattant ».

Mais en fait, on ne peut rien comprendre à ce qui s’est passé en Mai 68 si l’on ne réalise pas qu’à l’occasion de ces journées deux types d’aspirations totalement différentes se sont exprimés. A l’origine mouvement de révolte contre l’autoritarisme politique, Mai 68 fut d’abord, indéniablement, une protestation contre la politique-spectacle et le règne de la marchandise, un retour à l’esprit de la Commune, une mise en accusation radicale des valeurs bourgeoises. Cet aspect n’était pas antipathique, même s’il s’y mêlait beaucoup de références obsolètes et de naïveté juvénile.

La grande erreur a été de croire que c’est en s’attaquant aux valeurs traditionnelles qu’on pourrait le mieux lutter contre la logique du capital. C’était ne pas voir que ces valeurs, de même que ce qu’il restait encore de structures sociales organiques, constituaient le dernier obstacle à l’épanouissement planétaire de cette logique. Le sociologue Jacques Julliard a fait à ce propos une observation très juste lorsqu’il a écrit que les militants de Mai 68, quand ils dénonçaient les valeurs traditionnelles, « ne se sont pas avisés que ces valeurs (honneur, solidarité, héroïsme) étaient, aux étiquettes près, les mêmes que celles du socialisme, et qu’en les supprimant, ils ouvraient la voie au triomphe des valeurs bourgeoises : individualisme, calcul rationnel, efficacité ».

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11.05.2008

[Société] 40 ans de pensée unique

1489707117.jpgMai 68 - Mai 2008 : 40 ans de pensée unique

Anciens révolutionnaires bohêmes, ils sont aujourd’hui les requins du capitalisme moderne, partageant la même idéologie nauséabonde à 40 ans d’intervalle : jouir sans entraves, produire sans contraintes, consommer sans réfléchir.

Leur progéniture, élevée au biberon de la rébellion pour plateaux télés, croit reproduire les faux exploits de leurs parents en bloquant lycées et facultés au mépris des libertés les plus élémentaires. Leur credo : « il est interdit de nous interdire de pourrir la vie des autres ! »

Ils ont flingué l’autorité... et désarmé les citoyens face à la racaille allogène ! Ils ont tué la famille et la solidarité... et ouvert la voie à l’individualisme-roi ! Ils ont éradiqué la valeur-travail... et installé l’assistanat généralisé !

Contre les ex-soixante huitards d’extrême-gauche (Daniel Cohn-Bendit) et les néo-soixante huitards libéraux (Nicolas Sarkozy), nous sommes la jeunesse saine de France et d’Europe qui, consciente de son héritage ethnique et culturel, est bien décidée à ne pas laisser le champ libre aux fossoyeurs de notre civilisation.

Les 68ards au placard !

05.05.2008

[Société] Le mythe et la réalité du mois de mai 1968

1731541558.jpgEn main, au moment d’écrire ces lignes, la toujours délicieuse Nouvelle République du Centre Ouest. Elle titrait ce 2 mai : “Salaires, retraites : le mois de mai sera chaud”. N’en doutons pas certaines prédictions répétitives finissent obligatoirement par se réaliser : une fois sur deux, la prophétie de la diseuse de bonne aventure ou même celle du médecin d’autrefois se vérifie et l’on a affaire au petit garçon ou à la petite fille annoncée.

S’agissant du climat de mai, alors même que mes rosiers fleurissent ordinairement au début d’avril, je constate cette année qu’ils bourgeonnent à peine. J’en viens à douter par conséquent, autant que du réchauffement de la planète, annoncé par les mêmes, du retour identique des événements sociaux à date fixe. J’aggraverai mon cas, aujourd’hui même, en ne revenant pas inutilement sur mon bulletin daté du 1er mai. Le désamour inquantifiable que la France éprouverait un an après avoir voté à droite, quelques mois après avoir changé de première dame du pays, se heurte à la constatation que les Français approuvent majoritairement, à tort ou à raison, les réformes en cours.

Mais nous confondons trop souvent l’écume des manifestations de rue, ou des agitations saisonnières de lycéens et la lame de fond de l’opinion populaire. Parfois celles-là précèdent celles-ci : pas toujours.

Difficile de passer, par conséquent, sous silence le 40e anniversaire des événements de mai 1968 en France. Je le puis d’autant moins que j’ai eu le privilège, peut-être assez rare, de les observer de près ou d’y participer, des deux points de vue. Une bonne centaine de livres paraissant cette année pour célébrer les faits, je n’ajouterai cependant pas trop de papier taché au stock monstrueux de cette glorification éditoriale. De toute manière le grand public aura quelques difficultés à se frayer, au milieu du mensonge, un chemin vers la vérité.

On ne peut pas laisser cependant certains clichés, certaines fausses impressions dominer impunément, non seulement la connaissance rétrospective du passé, mais également les projections de l’avenir, et même le regard objectif sur le présent.

La réalité de mai 1968, vue de près, ne ressemblait absolument pas aux descriptions actuelles. Immense monôme, massivement issu des lycées de la capitale, submergeant les facultés, et dans lequel la police évita soigneusement de faire des victimes. Pratiquement aucun mort. On en avait dénombré 40 à Detroit, lors d’événements similaires, en 1967. Il y en aura 200 à Mexico à l’automne. En France les forces de l’ordre en comptèrent probablement plus d’un dans leurs propres rangs : on le cacha soigneusement au public. Citons au moins le commissaire Lacroix tué par la folie de deux zonards, à Lyon le 24 mai. Et quand à Flins, le 7 juin, le malheureux lycéen maoïste Gilles Tautin accouru “soutenir les grévistes” de l’usine Renault, meurt noyé dans la Seine, il s’agit d’un accident. Le seul.

Le fait essentiel réside en ceci que le peuple français les 23 et 30 juin 1968 a rejeté à une écrasante majorité les désordres fomentés et attisés par l’extrême gauche. Prétendre que “tout était possible” alors, ou aujourd’hui, suppose que l’on ne demande pas aux Français ce qu’ils en pensent. Le 30 mai le défilé sans précédent de la droite sur les Champs Élysées avait déjà sonné le glas de l’impression donnée par les manifs agitant les drapeaux rouges et noirs de l’insurrection.

Certes le pouvoir d’alors a vacillé. Le général De Gaulle, pourtant professionnel du micro, avait réussi les jours précédents, par un discours raté, puis par une fugue à Baden-Baden, à communiquer à ses partisans son propre désarroi. Les technocrates et les ministres se montraient tels qu’en eux-mêmes : autistes, incompétents, dépassés par les événements. Yves Guéna dans un petit livre de souvenirs, publié en 1970 sous le titre “Maintenir l’État” mais que personne n’a lu, raconte sans fard et avec beaucoup de vraisemblance le sentiment d’impuissance d’un gouvernement dans lequel il siégeait au titre des Postes et Télécommunications.

Les incertitudes délicieuses et ruineuses demeureront puisque le parlement élu à droite votera à la quasi-unanimité et laissera promulguer la funeste loi Edgar Faure du 12 novembre 1968 qui ouvrit pour de longues années les portes royales de l’agitation dans les facultés, et de ses moyens matériels, aux groupuscules marxistes.

Une grande vaque gauchiste s’en suivit. Grosso modo elle déferlera, venue des Comités d’action lycéens et des Comités Vietnam, jusqu’à la dissolution de la Ligue communiste en juin 1973. Et c’est principalement d’elle que les conséquences perdurent.

Sans l’inconséquence chronique des énarques et autres dirigeants autoproclamés de la droite classique le psychodrame de 1968 serait demeuré sans lendemain.

De ce point de vue cela dure encore et si nous devions prendre au sérieux la promesse de l’actuel président de balayer cet héritage nous y verrions une raison de le soutenir sur ce point.

Hélas, il faut se rendre à l’évidence : il faudra beaucoup plus que des slogans électoraux pour mettre un terme à 40 ans de décadence française, de déliquescence de la droite et de tiers-mondisation du pays.

Il faudrait par exemple purger les conséquences désastreuses de la carrière d’un certain Chirac, si longtemps maire de Paris, si longtemps chef de l’appareil issu du gaullisme de gouvernement, si longtemps enfin président de notre pauvre république.

Vous disiez naguère : “rupture” ?

Source : L’Insolent

22.04.2008

[Société] Famille nombreuse , famille heureuse

678708930.jpgC’est le titre d’un article paru dans Pèlerin. Extraits :

“Aujourd’hui, une famille sur cinq seulement choisit de passer le cap du 3e enfant. Quant aux familles de 4 enfants et plus, leur nombre a été divisé par 3 en l’espace de 30 ans. […] La famille nombreuse, c’est une école de la vie ! […] Chaque enfant doit apprendre à se contenir, à s’adapter au tempérament de chacun : le capricieux, le jaloux, le boute-en-train… Le nombre est une richesse à cultiver. […] La famille nombreuse est l’antithèse de l’enfant-roi ! Le bébé découvre, dès sa naissance, la vie en société, à travers l’image rassurante du cocon familial. […] En réalité, plus la famille s’agrandit, plus les rôles sont clairement identifiés. […] Mettre le couvert ou ranger sa chambre fait partie des « services » quotidiens. De petites responsabilités, qui, mine de rien, rendent plus autonome ! […] Les tribus nombreuses cultivent aussi une vertu précieuse : l’esprit de famille. Bien sûr, elles connaissent, comme les autres, disputes et chamailleries. Mais elles apprennent peut-être mieux à pardonner. […]

Parfois, c’est au regard de la société qu’il faut se confronter, avec cette douloureuse impression d’être montré du doigt. « Rien n’est adapté au-delà de quatre personnes : ni les voitures ni les locations de vacances. Dans les restaurants, on sent vite que nous gênons » […]. Les sacrifices financiers sont également à l’ordre du jour des familles nombreuses. Adieu les loisirs, les sorties culturelles. Trop coûteux ! […] Des enfants […] qui apprennent peut-être ainsi à apprécier l’essentiel. Le renoncement fréquent à un second salaire constitue également un facteur décisif : la moitié des mères de familles de trois enfants et plus ne travaillent pas à l’extérieur. Résultat : « Les familles les plus pauvres sont les familles monoparentales et les familles nombreuses. Avec la flambée des prix de l’immobilier, elles n’ont même plus les moyens de s’offrir de l’espace » […].”

Et leurs enfants paieront les retraites, même de ceux qui n’ont pas pu ou voulu en avoir.

Michel Janva

Source : Le Salon Beige

19.04.2008

[Société] La France est le seul pays d'Europe où la "droite" s'en prend à la famille !

1582157245.jpgPolitique « familiale » du gouvernement : tout pour mettre les femmes au « turbin » !

Au cœur de l’actuelle controverse concernant les réformes des allocations familiales envisagées par le gouvernement Sarkozy-Fillon, une vision purement et étroitement comptable semble malheurseusement prévaloir dans les deux camps opposés qui se lancent à la tête chiffres et calculs sans se soucier des finalités de ceux-ci ni des buts généraux qu’ils sous-tendent ou illustrent.
Que les montants globaux affectés à la prétendue « politique familiale » soient diminués, maintenus ou augmentés est bien évidemment un élément non négligeable du débat mais il n’est pas, loin s’en faut, le seul ni même le principal. La répartition des sommes totales allouées est également particulièrement « signifiante » et révélatrice de la vraie nature de la volonté politique qui irrigue ces réformes.
Ainsi, lorsque le gouvernement annonce que la baisse des allocation familiales versées par enfant à toutes les mères sera compensée par l’augmentation de l’aide au recours à une « nourrice » ou une « garde d’enfants », on assiste, même si les sommes engagées sont identiques, à un glissement politique et culturel très important, car on passe, sans le dire bien évidemment, d’une « aide aux mères » à une « aide aux mères qui travaillent » (a l’extérieur de leur domicile, dans un emploi salarié).
Rien n’est moins neutre que ce changement d’optique encore renforcé par la très médiatique inauguration d’une « crèche inter-entreprises » à laquelle ont assisté plusieurs membres du gouvernement.
Le message est donc clair, il ne s’agit plus de défendre la famille et d’encourager la natalité mais de faciliter au maximum l’accès des femmes au travail salarié, de le promouvoir avec toujours plus de vigueur, voir de le rendre obligatoire (ce qui est déjà quasiment le cas, la nécessité économique ayant depuis bien longtemps remplacé le « choix » dans la décision d’une femme de travailler plutôt que de se consacrer à son foyer et ses enfants) en diminuant toutes les aides attribuées aux mères susceptibles de suivre un autre chemin que celui exigé par la logique libérale et productivo-consumériste.
Il n’est donc plus question ici d’une quelconque « politique familiale » mais simplement d’une « politique d’entreprise » tournée vers les femmes.

P.Chatov pour Novopress France

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17.04.2008

[Société] Face à la baisse des allocations familiales ...

324776947.gif“L’annonce d’un décret modifiant les modalités de calcul des majorations familiales pour les parents d’adolescents vient, une fois encore, semer le trouble autour de la politique familiale.

Ces mesures partielles et à l’optique purement comptable doivent cesser car elles inquiètent les familles et perturbent leur compréhension des politiques publiques. En effet, elles :
- réduisent le pouvoir d’achat des familles;
- suggèrent que les familles ne font pas partie des priorités de la solidarité nationale
- mettent en cause le principe fondateur de la politique familiale : celui de la contribution de la Nation aux charges engagées pour l’éducation de tous les enfants

Pour la CNAFC, il est temps de relancer une politique familiale lisible et compréhensible par les Français. Cette politique doit reposer sur des fondements clairement identifiés et acceptés. La CNAFC, comme elle l’a rappelé à de nombreuses reprises, est disposée à apporter sa contribution à ce chantier.

Mais le climat de guérilla comptable entretenu par initiative des pouvoirs publics la conduit à maintenir son appel à la mobilisation pour soutenir la politique familiale.”

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[Société] Allocations familiales: Nouvelle attaque contre les familles

1900001231.gifAllocations familiales: Nouvelle attaque contre les familles

Et nouveau couac gouvernemental… Mercredi soir, Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la Famille, faisait savoir à Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, que « rien n’était prévu » quant au projet de retarder la majoration des allocations familiales au 14e anniversaire de l’enfant cadet et des suivants qui y ont droit, pour lequel un décret était annoncé depuis l’automne. Et Chatel s’était empressé, à la demande de Mme Morano, de le faire savoir à la presse, comme en atteste une dépêche très complète de l’AFP datée de mercredi à 19 h 35. Une vingtaine de minutes passent. Et vlan ! démenti. L’AFP (à 19 h 56), sous l’intitulé « urgent », répercute le communiqué de Matignon annonçant la parution du décret « dans les tout prochains jours », pour une entrée en vigueur dès le 1er mai.

Mais à quoi jouent-ils ?

Où est leur urgence ?

Eh bien, par petites touches et dans le plein respect des exigences européennes, dans un bouleversement de fond de ce qui reste de la politique familiale française, afin de favoriser à tout prix le travail des femmes. Qui passe, nécessairement, par une réduction du nombre de familles nombreuses, puisque c’est à la troisième naissance qu’une proportion importante de mères quittent le travail salarié.

Le couac s’explique sans doute par l’hostilité d’une part des élus UMP à ce démantèlement, eux qui vivent toujours sur la promesse électorale de Sarkozy de faire verser les allocations familiales dès le premier enfant. Cette promesse-là dort dans les cartons, comme beaucoup d’autres, tandis que l’amputation effective du pouvoir d’achat des familles se poursuit.

Concrètement, il s’agira, dès le 1er mai, de faire disparaître la majoration des allocations de 33,84 euros aujourd’hui versée dès le 11e anniversaire du deuxième enfant, portée à 60,16 euros à 16 ans, par une majoration unique de 60,16 euros à 14 ans. Manque à gagner par an, jusqu’à ces quatorze ans : 406,08 euros. Supplément annuel, entre quatorze et seize ans : 315,84 euros. Au total, sur la période, le manque à gagner atteindra 583,56 euros par enfant à partir du deuxième enfant, le premier n’ayant toujours rien…

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12.04.2008

[Société] Carte Famille Nombreuse : l’Etat se désengage

750788714.jpgJean-François Copé, hostile à la suppression de la carte Famille Nombreuse, déplore le cafouillage du gouvernement :

“Comme la plupart des députés UMP, je suis opposé à cette réforme qui touche à la carte Famille nombreuse [et] met à mal un pilier de la politique familiale. [Je suis opposé à] la mise en place d’un plafond de ressources [qui] ferait basculer les réductions pour les familles nombreuses dans le champ des mesures sociales, accessibles seulement aux plus modestes. Cette distinction entre politique familiale et politique sociale est le coeur du sujet. La carte Famille nombreuse doit rester une mesure de politique familiale”.

François Fillon est plus explicite que Nadine Morano et confirme la réforme :

“Simplement, c’est à la SNCF, désormais une entreprise comme les autres, de mettre en oeuvre cette politique familiale et c’est elle qui le fera. C’est la relation financière entre la SNCF et l’Etat qui va changer, c’est une des décisions qu’on a prises dans le cadre de la RGPP. La SNCF aura une stratégie, une politique familiale qu’elle est en train de mettre en oeuvre. Elle la met en oeuvre d’ailleurs en concertation avec les associations familiales. La SNCF fera connaître dans les tout prochains jours le dispositif qu’elle proposera”.

L’Etat n’a plus de politique familiale et c’est à la SNCF, entreprise, de mettre en oeuvre une politique familiale !

Nicolas Sarkozy recevra ce vendredi à 16h30 les principaux acteurs concernés : les représentants des associations familiales et des usagers des transports ainsi que Guillaume Pepy, président de la SNCF, et les secrétaires d’Etat Dominique Bussereau (Transports) et Nadine Morano (Famille).

Michel Janva
Source : Le Salon Beige

07.04.2008

[Société] C’est quoi, la vie ?

1568228769.jpgC’est quoi, la vie ?

Qu’on me pardonne de revenir dans deux billets de suite sur le même sujet, mais nous sommes soumis à un tel tir de barrage médiatique sur la question de l’euthanasie qu’il faut bien, inlassablement, tenter de clarifier certaines choses. La dernière étape de cette campagne orchestrée (car, ce n’est pas le moindre paradoxe déplaisant de cette affaire, on présente tout cela comme une revendication personnelle d’individus acculés par leurs souffrances, quand il s’agit de toute évidence d’une campagne d’opinion soigneusement pensée) est la requête de cette femme de 31 ans, atteinte d’une maladie dégénérative, qui a écrit à Nicolas Sarkozy pour réclamer un référendum sur l’euthanasie. On imagine aisément, et avec quelques frissons dans le dos, à quels excès de démagogie compassionnelle, à quels larmoyants chantages à l’émotion, à quelle insidieuse dictature de la larme à l’œil une telle campagne référendaire donnerait lieu. En attendant, il n’est pas (encore) interdit de réfléchir. Tout en affirmant n’être en aucune façon suicidaire et vouloir mourir « le plus tard possible », Clara Blanc, dans son courrier au président de la République qui invoque, comme l’association Dignitas qui se profile derrière elle, le “droit de mourir dans la dignité”, écrit : « Il y a selon moi une étape où la vie n’est plus la vie mais une agonie irréversible . » C’est quoi, la vie ?, demandait naguère un beau film avec Jacques Dufilho. La vie est-elle portée à son maximum d’intensité lorsqu’on est jeune, beau, riche et bien-portant, et diminue-t-elle en dignité lorsqu’on s’éloigne de ces critères valorisés par la société de consommation ? Celui qui souffre est-il moins digne que celui qui jouit ? Celui qui est prisonnier, de quatre murs ou d’une infirmité, est-il moins digne que celui qui gambade à son gré ? Le christianisme, il y a 2000 ans, a libéré l’homme en répondant à toutes ces questions d’un “non” plein d’espérance. En replaçant la dignité sous conditions, la morale eugéniste qui se met en place nous prépare pour sa part, sous couvert d’humanisme, une formidable régression.

Source: http://blog-va.com/

[Société] Liquider Mai 68 ?

805829031.jpgLe journaliste a rédigé l’introduction de l’ouvrage collectif Liquider Mai 68 ? sous la direction de Chantal Delsol et Matthieu Grimpret. et auxquels ont contribué Denis Tillinac, Christophe Durand, Jean Sévillia, Jean-Marie Petitclerc, Paul-Marie Coûteaux, Sarah Vajda, Antoine-Joseph Assaf, Jacques Garello, Ludovic Laloux, Elsa Godart, François Grimpret, Jean-Louis Caccomo, Pierre Guénin, Steve Frankel, Michelle d’Astier de La Vigerie, Ioanna Novicki, Dominique Folscheid, Ilios Yannakakis. Extraits :

“Fausse révolution, vraie pulvérisation. Transformation de la société en une dissociété : le tout-à-l’ego. Mutation de l’homme « familial enraciné » en « individu dans la foule », sans attaches ni foyer stable… Mai 68 a lancé l’idée que toute stabilité était « fasciste », et cette diabolisation du durable a fleuri en tous domaines. L’économique y a vu son intérêt. Le capitalisme s’y est reconnu. […] Alors que son idéologie prétendait «contester la société de consommation», 68 a préparé le terrain au triomphe absolu de cette société. Car le centre nerveux de l’esprit de 68 n’était pas idéologique, mais psychologique, sous la forme d’un double rejet :

le rejet du familial […] ;

le rejet du spirituel […]

Or ce rejet soixante-huitard du spirituel et du familial, est aussi le centre nerveux de la société consumériste. Celle-ci réduit le monde humain à la consommation matérielle individualiste (une fuite en avant égocentrique : une vie réduite à l’insatisfaction acheteuse). Elle ampute l’existence de dimensions qui sont les clés de la condition humaine. Là est l’imposture de Mai 1968 : s’être présenté comme l’ennemi de la société de consommation, alors qu’il anéantissait tout ce qui freinait le triomphe de celle-ci. L’esprit de 68 a vomi tout ce qui n’était pas le caprice individuel (d’où le célèbre slogan : « il est interdit d’interdire »). Il ouvrait ainsi la voie au matérialisme mercantile. Celui-ci allait se substituer à tout, en installant : 1. le caprice individuel comme ressort du marketing ; 2. le marketing comme seul lien du vivre-ensemble… […]

L’heure vient de réparer l’un des pires dégâts collatéraux de Mai : avoir pollué l’exercice du débat dans ce pays. L’esprit de 68 ajoute en effet à ses caractéristiques celle d’être futile et manichéen en même temps. Il brandit la dérision, mais il voit le monde en noir et blanc. Camp du Bien contre camp du Mal ! Dans ce climat, les nuances disparaissent et l’échange d’idées devient impossible : il n’y a que des imprécations, des anathèmes contre les horreurs ultimes et les abominables relents dont on affuble l’adversaire.”

Michel Janva
Source : La Salon Beige

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