15.10.2008

[Rossiia] La Russie n’est pas une menace pour l’Europe de l’Ouest


« La Russie n’est pas une menace pour l’Europe de l’Ouest »


MoscouChretien-b37cb.jpgEmmanuel Todd, fils du grand reporter Olivier, est ingénieur de recherche à l’Institut national d’études démographiques (INED). Ennemi farouche du « libre-échange » et partisan d’un « protectionnisme européen raisonnable », le politologue explique, dans un entretien du 30 septembre 2008 au « Courrier de Russie », qui est responsable du conflit géorgien et pourquoi la Russie « n’est pas une menace pour l’Europe de l’Ouest », regrettant, par la même occasion, que la France « ne reconnaisse pas l’indépendance de l’Ossétie du Sud ». Selon lui, « l’histoire démontre que la vision du monde [par la Russie] est spontanément égalitaire et multipolaire, à l’inverse des Etats-Unis qui se trouvent aujourd’hui dans un rapport asymétrique d’exploitation du monde ».

« Le gouvernement français me fait penser à un rat qui monterait sur un navire en train de couler »

Le Courrier de Russie : A qui faut-il imputer la faute dans la crise géorgienne ? Aux Russes, aux Géorgiens ou aux Ossètes ?

Emmanuel ToddEmmanuel Todd : Je propose d’observer le problème de la crise géorgienne d’une façon plus large, dans le cadre des enjeux géopolitiques internationaux. Il faut se rappeler qu’après la chute de l’URSS et le repli stratégique de la Russie, les Etats-Unis sont devenus l’unique superpuissance mondiale. Ils ont adopté, à partir de 1996-97, un comportement agressif vis-à-vis d’autres pays du monde. On en a vu les manifestations dans l’invasion de l’Irak, dans la campagne anti-iranienne de l’administration américaine ou encore dans l’attaque menée par Israël, pays satellite des Etats-Unis, au sud-Liban. La crise géorgienne n’est qu’une étape supplémentaire dans cette séquence agressive du système américain.

LCDR : Pourquoi une telle hostilité ?

E.T. : Les Etats-Unis se comportent de façon agressive parce qu’ils sentent leur puissance s’affaiblir. Le monde américain subit une crise économique, sociale et culturelle grave. L’effondrement financier actuel n’en est qu’une nouvelle preuve. Entre-temps, nous observons d’autres pays du monde regagner leur puissance. On assiste à une montée spectaculaire de l’Inde et de la Chine. On voit également le rétablissement de la Russie qui retrouve son équilibre économique et enregistre des taux de croissance élevés. Le monde change à grande vitesse, mais tous ne s’en rendent pas compte. On trouve encore beaucoup de gens inconscients du déclin industriel des Etats-Unis et de la fragilité de leur système. Ce fut justement le cas des Géorgiens qui se sont lancés dans la conquête de l’Ossétie se croyant soutenus par le camp « occidental » mais se sont retrouvés victimes de l’impuissance matérielle de leur allié américain. Mikhaïl Saakachvili a sous-estimé la nouvelle capacité d’action de la Russie. Celle-ci ne souhaite pas voir l’OTAN s’installer à toutes ses frontières et n’hésite plus à utiliser son armée pour faire entendre son « non ».

LCDR : Croyez-vous que les Etats-Unis aient incité la Géorgie à attaquer l’Ossétie ?


E.T. : On ne sait pas exactement comment la décision a été prise et probablement ne le saura-t-on jamais. Mais la vraie question, c’est comment la Géorgie a-t-elle pu s’imaginer qu’elle allait faire plier la Russie ? Comment Saakachvili a-t-il pu envoyer ses troupes en Ossétie, alors que la partie la mieux équipée de l’armée géorgienne était en train de soutenir les Américains en Irak ?

LCDR : Pourtant, la Géorgie a été écrasée par l’armée russe, et les Etats-Unis, à supposer qu’ils aient effectivement joué un rôle dans le conflit, auraient dû prévoir ce scénario…

E.T. : Il faut se rappeler que l’on ne connaît toujours pas l’issue de la crise. Elle semble avoir conduit les Polonais à finalement accepter l’installation du système antimissile américain sur leur territoire. Elle pourrait pousser les gouvernements européens à affaiblir leurs liens avec la Russie et se rapprocher encore plus des Etats-Unis. Qui sait si les stratèges américains n’ont pas espéré entraîner la Russie elle-même dans une séquence agressive, la conduisant à adopter une posture revancharde et conquérante nuisible à son statut international. L’administration américaine aurait pu sacrifier le pion géorgien pour améliorer sa situation sur la scène internationale. Les Américains jouent au poker, vous savez. Les Russes jouent aux échecs. Ils ont pris le pion géorgien, montré que l’Amérique ne les impressionnait plus, mais ils ont fait du maintien de relations paisibles et utiles avec l’Europe de l’Ouest leur priorité.

LCDR : Comment expliquer la réaction de l’Europe au conflit géorgien ?


E.T. : Les gouvernements européens sont pris dans un dilemme entre les intérêts de leurs peuples et ceux de leurs élites. Ce n’est pas un grand secret : les oligarchies occidentales sympathisent avec les Américains et soutiennent leur politique. Les peuples européens non. L’intérêt géopolitique de la France en tant que puissance moyenne et européenne serait une entente cordiale et stratégique avec la Russie.

LCDR : Pourtant, dans la société occidentale, on parle plus souvent de la menace russe…


E.T. : La Russie n’est pas une menace pour l’Europe de l’Ouest. Je dis consciemment « Europe de l’Ouest » parce que les Russes sont des Européens. La Russie a terriblement souffert de la deuxième guerre mondiale et ne cherchera pas, j’en suis convaincu, à déclencher de nouveaux conflits. La Russie a par ailleurs constaté, du temps de l’URSS, que l’Empire était une entreprise peu rentable. Son déclin démographique interdit de toute façon un fantasme expansionniste. La menace militaire russe est un mythe. La mise au pas de la minuscule Géorgie ne démontre pas que l’armée russe est toute-puissante. Elle démontre simplement que, dans le Caucase, la puissance militaire américaine n’existe pas.

LCDR : Mais outre la sécurité militaire, il existe la sécurité énergétique…


E.T. : Il ne faut pas oublier que la Russie et l’Europe de l’Ouest se retrouvent en état d’interdépendance. L’Europe a toujours besoin du gaz russe, mais la Russie a besoin des biens d’équipement européens, de technologies et de savoir-faire. Et ce n’est pas par hasard que les producteurs d’automobiles européens s’implantent en Russie et y travaillent avec beaucoup de succès.

LCDR : Si la France est intéressée à maintenir ses liens avec la Russie, pourquoi la presse occidentale adopte-t-elle une attitude aussi critique à son égard, notamment dans la couverture du conflit géorgien ?


E.T. : Les journalistes européens se montrent souvent hostiles à l’égard de la Russie au nom d’une sorte de maximalisme libéral. Peu conscients de ce qu’ils vivent eux-mêmes dans des systèmes, certes, fort libéraux mais de plus en plus inégalitaires, oligarchiques même, ils se croient obligés d’exiger, hors de chez eux, des démocraties parfaites, tout de suite, indépendamment du contexte économique ou social de transition. Avouons-le aussi, les journalistes européens sont rarement compétents en géopolitique. Ils sont souvent très naïfs. On pourrait aussi citer comme explication le peu d’efforts du Kremlin visant à séduire la presse occidentale. Habitués à l’attitude beaucoup plus séductrice de leurs propres hommes politiques, les journalistes européens et américains ne peuvent qu’être déçus par ce manque de ménagements. Pourtant, je peux vous assurer qu’en France, dans la communauté des experts, on trouve beaucoup de personnes qualifiées qui apprécient à sa juste valeur le rôle de la Russie dans le rétablissement de l’équilibre mondial.

LCDR : On trouve beaucoup d’adeptes de l’idée selon laquelle la Russie porte toujours l’héritage de l’Empire du Mal qu’elle représentait encore il y a une trentaine d’années…


E.T. : Quant à moi, je considère que la Russie a joué un rôle plutôt positif dans l’histoire universelle. J’appartiens à la génération qui se rappelle encore que l’issue de la deuxième guerre mondiale s’est jouée à Stalingrad et que c’est aux Russes que nous devons notre liberté. L’histoire de la Russie démontre que sa vision du monde est spontanément égalitaire et multipolaire, à l’inverse des Etats-Unis qui se trouvent aujourd’hui dans un rapport asymétrique d’exploitation du monde. La France aurait dû s’en rendre compte et se rapprocher des puissances émergentes plutôt que de suivre l’Amérique dans une sorte de crispation « occidentaliste ». Le gouvernement français me fait penser à un rat qui monterait sur un navire en train de couler.

LCDR : Les Russes ont-ils eu raison de reconnaître l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud ?

E.T. : Bien évidemment.

LCDR : Pourtant, juridiquement, ce sont deux provinces géorgiennes…


E.T. : Dans le cas de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, nous assistions à une non-coïncidence devenue dramatique entre l’état des faits réels et l’état juridique. Les populations de ces deux pays ne souhaitent pas être géorgiennes. Au stade actuel, la seule solution de paix à long terme est l’acceptation de la réalité. Sinon, le gouvernement géorgien va continuer d’envisager des solutions violentes, de domination ou même de nettoyage ethnique. Or l’intérêt réel des Géorgiens c’est la paix, le développement économique et une relation stable et positive avec la Russie dont ils ont tant besoin. En reconnaissant l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, les Européens de l’Ouest libéreraient les Géorgiens eux-mêmes du fardeau de leur histoire et de leur rancune.

LCDR : La France devrait-elle reconnaître l’indépendance de ces deux Etats ?


E.T. : C’est mon souhait le plus cher. Si je deviens président de la République, ce sera l’une de mes premières décisions.

Emmanuel Todd
« Le Courrier de Russie », Propos recueillis par Inna Soldatenko

Source : Polémia

08.10.2008

[Rossiia] Medvedev en Europe

dmitrimedvedevzb1.jpgEVIAN (NOVOpress) – Le président russe Dmitri Medvedev est attendu mercredi à Evian, à l’occasion de la World Policy Conference. Il entend évoquer la recherche de solutions collectives face à la crise financière mondiale et l’élaboration d’un pacte de sécurité européenne.

« Les problèmes de la politique internationale et la crise du système financier mondial nécessitent des actions communes et urgentes. Il est absolument évident que le temps des décisions nouvelles est arrivé (…) Pour ma part, je voudrais présenter ma vision des choses et mes idées sur la façon dont on pourrait régler les problèmes mondiaux contemporains », a déclaré M. Medvedev dans son premier message vidéo à la nation publié mardi sur son site Internet.

Organisée par l’Institut français de relations internationales du 6 au 8 octobre, la première édition de la World Policy Conference réunit chefs d’Etat et de gouvernement, responsables des organisations internationales et experts. Les interventions des présidents russes et français doivent clôturer la conférence. Outre MM. Medvedev et Sarkozy, seront le président turc Abdullah Gül, le secrétaire général de l’OTAN Jaap de Hoop Scheffer, le président du Parlement européen Hans-Geert Pöttering, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, le président serbe Boris Tadic et le premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker.

www.novopress.info


02.09.2008

[Magazines] NRH Septembre 2008

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[Rossiia] L'Europe a besoin d'une Russie puissante à ses côtés

logo_petition-reduit-80df9.jpgDepuis la chute du Mur de Berlin, l’Europe a retrouvé ses frèresséparés du centre et de l’est : polonais, roumains, hongrois, etc. Non seulement les pays de l’ancien « Pacte de Varsovie » ont retrouvé leur indépendance mais d’anciens pays rattachés de force à l’URSS sont devenus indépendants : les trois Pays baltes, la Géorgie, l’Arménie, etc.

Conséquence : la Russie s’est trouvée plus réduite géographiquement qu’à la fin du règne de Catherine II, au XVIIIe siècle. Jamais une grande puissance n’a accepté autant de reculs sans guerre, et ce pour le plus grand bien de l’humanité. Mais il y a des limites à ne pas franchir. Quand les pays limitrophes de la Russie se rapprochent de l’Alliance « atlantique », de son organisation militaire l’OTAN, s’alignent sur la politique offensive et parfois belliciste des États-Unis d‘Amérique, la Russie a le sentiment que ces politiques anti-russes et pro-américaines de pays voisins constituent autant de menaces contre elle, autant de pistolets braqués sur elle, et autant de tentatives de l’encercler. C’est dans ce contexte qu’est survenue la crise géorgienne. Que s’est-il passé ? La Géorgie, après avoir longtemps dans son histoire recherché la protection de la Russie, notamment contre les Perses, est dirigée par un président très clairement allié inconditionnel des États-Unis. C’est par ailleurs une plaque tournante pour l’acheminement du pétrole. Le 13 mars 2007, le parlement géorgien a adopté une Déclaration sur l’adhésion « complète et urgente » de la Géorgie à l’OTAN. Les conséquences en sont bien entendu légitimement inquiétantes pour la Russie, à ses portes. La Russie doit elle accepter ce que les États-Unis n’ont pas toléré lors de la crise des missiles à Cuba en 1962 ? La Russie n’a pourtant entrepris aucune action militaire. C’est la suite des événements qui l’a amené à intervenir. Pourquoi ? Explications. La Géorgie comporte trois régions peuplées de populations qui demandent leur autonomie et sont pro-russes (l’Ossétie du sud, l’Abkhazie, l’Adjarie). Les deux premières régions sont limitrophes de la Russie. Ayant dû se retirer pour l’essentiel de l’Ossétie du sud, la Géorgie a tenté de la reprendre par la force le 8 août 2008, n’hésitant pas à bombarder la population. La Russie est alors intervenue, elle aussi militairement, pour garantir la très majoritaire volonté d’indépendance de l’Ossétie du sud et ses aspirations de rapprochement avec l’Ossétie du nord, appartenant à la fédération de Russie. Dés lors, Ossétie du sud et Abkhazie ont proclamé leur indépendance que la Russie a reconnu. Quel exemple suivait la Russie ? Celui des puissances occidentales, qui ont reconnu il y a quelques mois l’indépendance unilatérale du Kosovo, en portant atteinte à l’intégrité territoriale de la Serbie. A la différence que la Serbie, si elle était de sympathie « pro-russe », ne constituait aucunement un pistolet braqué sur le cœur de l’Alliance atlantique et n’aspirait aucunement à intégrer une alliance militaire pro-russe et anti-occidentale.

On le voit : au-delà de la mosaïque des ethnies dans les affaires du Caucase et singulièrement de la Géorgie le problème de fond est de savoir si on veut une Russie forte ou faible. Une Russie faible, c’est l’intérêt des États-Unis. Ce n’est pas l’intérêt de l’Europe. La Russie est une part de l’Europe, donc l’Europe ne peut vouloir la faiblesse d’un de ses membres. La Russie est notre arrière pays, l’Europe n’est forte qu’étendue vers la Sibérie. De son côté, la Russie est européenne sans être toute européenne : elle est ainsi un pont vers les autres. La Russie est ce qui donne et donnera à l’Europe sa force, son espace, sa capacité d’agir pour le multilatéralisme. L’Europe a besoin d’une Russie forte et respectée, de même que l’Europe a besoin d’être forte et respectée ; Europe et Russie sont deux espaces de civilisations qui ont vocation à se rapprocher, à travailler ensemble pour leur défense et leur sécurité, à lutter contre l’hégémonisme sans frein de la seule hyper-puissance d’aujourd’hui, les États-Unis d’Amérique du nord.

Vouloir encercler la Russie, vouloir l’écarter du règlement des affaires du monde, la marginaliser, déformer la présentation de ses actes, intoxiquer les opinions sur sa politique prétendue impérialiste, c’est agir contre l’Europe ; Oui l’Europe a besoin d’une Russie forte, elle a besoin d’une Russie respectée, elle a besoin d’une Russie en sécurité sur ses frontières.

Non, ce n’est pas la Russie qui est menaçante, c’est l’expansionnisme de l’OTAN qui est facteur de risques de guerre. La Russie doit savoir que des Européens lui disent : nous avons besoin d’une Russie forte et ferme, autant que mesurée.

L’Europe ne doit pas être solidaire d’une politique de confinement dirigée contre la Russie.

Amitié et paix avec la Russie éternelle.

PLV, (L’Esprit Européen)

31.08.2008

[Europe] Notre vision des choses

bandeaueuropaegentes2xw0.jpg L’indignation américaine et européenne largement relayée par les média a de quoi laisser pantois.
Lorsqu’il y a à peine quelques mois, les russes attiraient l’attention du monde entier sur les risques d’une reconnaissance de la déclaration unilatérale du Kossovo, sans doute en avaient-ils une singulière expérience avec la myriade de petites républiques qui ont peuplé l’ex-Urss.

Mais il ne vient à aucun média occidental ou aucun homme politique « officiel » de se risquer à faire un parallèle avec l’Ossétie.
Lorsque les américains décident d’intervenir au Kossovo en bombardant les populations civiles serbes en 1999 arguant d’un risque de catastrophe humanitaire, la France de Chirac ne trouve rien d’autre à faire que se ranger servilement derrière la bannière étoilée en envoyant des Mirage 2000.
Pourtant, à la différence de l’Ossétie qui dés 1992 avait proclamé son indépendance, le Kossovo ne bénéficiait d’aucun statut particulier lui permettant d’invoquer une violation du droit international.
Aujourd’hui, on fait mine de s’indigner de la reconnaissance par le parlement russe de l’indépendance de l’Ossétie.
Pourquoi ce qui hier était légitime devient aujourd’hui une grave entrave au droit international.
En quoi, le droit des Ossètes descendants des Allain et des Scythes qui constituent un peuple depuis bien longtemps serait-il moins légitime que les albanais musulmans du Kossovo, arrivés comme réfugiés sur une terre qui était le berceau de la Serbie ?

En quoi le gouvernement Ossète autoproclamé aurait-il moins de crédibilité que le mafieux Hasim Thaci qui aux dires d’un général italien de l’Otan, va faire de son pays la plaque tournante de la prostitution et de la drogue en Europe ?

Certes, les russes n’ont que faire du droit des peuples. Mais qui a pris l’initiative de l’agression sinon l’irascible président géorgien Mickael SAAKCHIVILI en envoyant ses chars et son artillerie sur la capitale ossète, fort pensait-il du soutien de ses commanditaires américains envers qui il voue une admiration sans faille ?

Puis le voilà deux jours après tout penaud, face à la volée de bois vert de russe, à solliciter une négociation et un arrêt des hostilités. Cette agression stupide et téméraire amène certains à comparer cette agression à une attaque du Luxembourg contre la Chine. Comment a-t-il pu imaginer que la Russie de Poutine resterait de marbre ?

Sans doute cette affaire a-t-elle cristallisée autour de lui un fort sentiment national alors que sa cote de popularité était en berne et qu’il a du, il y a plus d’un an, faire face à de violentes manifestations.

Une autre explication est celle donnée par les russes selon lesquels, ce sont les américains qui auraient cyniquement poussé le Chef d’Etat georgien à agresser l’Ossétie.
Cette explication n’est pas aussi invraisemblable que cela et elle est même confirmée par Marek Halter dans le Figaro du 15 août. Selon lui, le coup de force a été préparé par les conseillers militaires américains et approuvé par Condoleeza Rice afin de provoquer une réaction russe et d’entraîner une mobilisation médiatique contre la Russie.

En tout état de cause, l’attitude européenne est irresponsable et partiale et la présidence de Sarkozy laisse craindre un alignement sans faille derrière les Etats Unis et l’Otan. Pourtant l’Europe n’a rien à gagner et tout à perdre d’une rupture avec nos frères russes.
Ce n’est pas au nom de principes philanthropiques que les américains s’intéressent au Caucase mais parce qu’il est le champ de bataille de puis 15 ans du grand jeu énergétique. L’ancien conseiller de Carter, Zbigniew Brezinski qui voit le monde comme un grand échiquier le considère comme une des zones les plus stratégiques du monde. L’installation de bases militaires de l’Otan est dans cette perspective une priorité absolue pour les américains.
En quoi cette perspective va-t-elle dans l’interêt de l’Europe ?

De même que nous n’avons rien à gagner en envoyant nos troupes se faire massacrer en Afghanistan pour servir de supplétifs aux américains, il est grands temps de changer radicalement d’orientation. Seule une Europe forte permettra de tempérer les ardeurs hégémoniques de la Russie et d’apporter une sécurité à nos frères baltes et polonais qui risquent de se tourner vers l’Amérique.

Le retrait de l’Otan et la création d’une armée européenne autonome, la mise en place d’un axe Paris-Berlin-Moscou sont aujourd’hui une nécessité impérieuse.
Laissons les américains s’enliser là où ils ont voulu jouer aux apprenti-sorciers et tournons-nous vers nos frères de l’Est pour construire une Europe puissance seule capable de réequiliber le monde face aux menaces terroristes et aux marchands du temple de la maison blanche.

Les alter européens

Source : Europae Gentes

[Italia] CasaPound s'active !

casapounditaliasi9.jpg ROME (NOVOpress) – Le 3 septembre prochain, les membres de CasaPound Italia, « occupation non conforme » identitaire romaine, organiseront dans la capitale italienne une marche aux flambeaux en hommage aux enfants de Beslan, victimes de la prise d’otages tragique le 3 septembre 2004.

La prise d’otages de Beslan, en Ossétie du Nord (fédération de Russie), commence le 1er septembre 2004 lorsque des terroristes musulmans et séparatistes tchétchènes prennent des centaines d’enfants et d’adultes en otage dans l’école numéro 1 de Beslan Après trois jours de siège, les forces spéciales russes donnent l’assaut. Selon le bilan officiel, il y aurait eu 344 civils tués, dont 186 enfants. Les preneurs d’otages étaient des Tchétchènes inspirés par Chamil Bassaïev et commandés par l’Ingouche Magomet Ievloïev.

A l’occasion de cette marche, CasaPound Italia proposera à plus de 100 communes italiennes de se jumeler avec Beslan, demandant ainsi aux maires et conseillers municipaux un engagement concret en faveur de la ville martyre. Un engagement qui, cette année, revêtira une signification particulière, quelques semaines après l’agression de l’Ossétie du Sud par la Géorgie, la riposte russe et la nouvelle guerre froide voulue par Washington.

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30.08.2008

[Rossiia] 56% des Français pour un compromis

sarkopapiercq2.jpg MOSCOU (NOVOpress) – Un sondage CSA publié dans Le Parisien et Aujourd’hui en France de samedi révèle que pour 56 % des personnes interrogées, la France devait rechercher « une solution de compromis » à l’égard de la Russie. 27 % estiment qu’elle doit adopter « une position de fermeté » et 17 % ne se prononcent pas. Les sympathisants de gauche sont 62 % à favoriser la solution du compromis. A droite, ils sont 52 %.

Une demande qui semble avoir été entendue par le gouvernement français, lequel a créé hier la surprise en annonçant, trois jours avant l’ouverture du sommet européen extraordinaire prévu lundi à Bruxelles sur la crise dans le Caucase, que celui-ci ne prendrait aucune sanction contre Moscou. Les Vingt-Sept sont pourtant très divisés sur le sujet, entre les tenants d’une ligne dure, dont les anciens satellites de l’Union soviétique (Pologne et pays baltes notamment), et les partisans du dialogue (France, Italie ou Allemagne). Paris semble vouloir calmer le jeu après l’échange assez vif intervenu mercredi entre Sarkozy et Medvedev sur la question.

Le premier ministre russe Vladimir Poutine a pour sa part appelé aujourd’hui l’Union européenne (UE) à juger de façon « vraiment objective » la crise russo-géorgienne et à adopter une « position raisonnable » contre Moscou lors du sommet européen extraordinaire prévu lundi à Bruxelles. « La question des sanctions ne nous est pas indifférente. Nous espérons que la raison s’imposera », a-t-il déclaré dans une interview à la chaîne de télévision allemande ARD réalisée à Sotchi (Russie). Une objectivité qui ne ferait pas les affaires de Washington, les Etats-Unis apparaissant de plus en plus clairement comme les véritables instigateurs du conflit russo-géorgien.

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[Rossiia] Hommage aux enfants de Beslan

beslan2mn9.jpg Lundi 1 Septembre à 18H00 :

Soutien à la Coordination Nationale Solidarité enfants martyrs de Beslan qui organise une cérémonie anniversaire du drame de Beslan. (Flambeaux, prises de parole, concert) en hommage aux 1 300 victimes du premier attentat terroriste contre des enfants.

Rendez-vous à 22h sur le Parvis des droits de l’homme du Trocadéro de Paris

29.08.2008

[Rossiia] Washington aurait encouragé l'agression géorgienne

vladimirpoutinenumero21be9.jpgMOSCOU (NOVOpress) – Vladimir Poutine, le Premier ministre et ex-président russe, a déclaré hier soir à la chaîne de télévision américaine CNN qu’il soupçonnait Washington d’avoir encouragé la Géorgie à attaquer l’Ossétie du Sud le 7 août pour donner un avantage à l’un des deux candidats à la Maison Blanche.

« Le camp américain a en fait armé et entraîné l’armée géorgienne », a déclaré l’ancien chef du Kremlin lors de cet entretien. « Pourquoi tenir de longues années de difficiles discussions et chercher des solutions de compromis complexes dans les conflits interethniques? Il est plus simple d’armer un camp et de le pousser au meurtre de l’autre camp, et c’est terminé » a-t-il ajouté.

« Si mes supputations sont confirmées, a poursuivi M. Poutine, on peut alors soupçonner que quelqu’un aux Etats-Unis ait consciemment créé ce conflit dans le but d’aggraver la situation et de créer un avantage (…) pour l’un des candidats dans la bataille pour le poste de président des Etats-Unis ». Des allégations, rejetées, on s’en doute, par les Etats-Unis, même si, au regard des évènements survenus depuis le début du conflit et de l’attitude américaine dans la gestion de la crise, elles apparaissent tout-à-fait plausibles.

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26.08.2008

[Rossiia] Ossétie libre !

762214325.pngDepuis une semaine, de violents affrontements ont lieu en Ossétie du Sud, une région du Caucase, occupée par la Géorgie. La Russie est intervenue pour porter secours aux Ossètes, menacés de nettoyage ethnique par les troupes de Tbilissi, suscitant la désapprobation des dirigeants occidentaux, qui soutiennent le génocide des Ossètes.

Lorsque le Kosovo - Etat maffieux musulman dirigé par une milice communiste spécialiste du trafic d’organe (L’UCK) - se bat pour son indépendance, les Etats-Unis, qui ont une énorme base militaire au Kosovo, et les pays de l’Union européenne à leur solde, applaudissent. Mais lorsque les Ossètes se battent dans le Caucase, c’est en coeur que nos belles démocraties, qui s’indignent pourtant du sort du Tibet, dénoncent le sécessionnisme et en appellent à l’unité de la Géorgie.


Pourquoi donc un séparatisme ossète ?

Voyons d’abord les aspects culturels, qui sont intéressants à comparer par rapport au Kosovo, et l’attitude des grandes puissances qui en découle.
Pour comprendre, commençons par une présentation de ce peuple ossète, présentation qui n’est certainement pas superflue. Les Ossètes sont les derniers descendants d’un peuple européen fameux, les Alains du groupe scythique : une civilisation nomade grandiose d’avant l’ère chrétienne, située dans les steppes d’Eurasie (grossièrement autour de l’actuelle Ukraine). Les Ossètes ne sont guère plus aujourd’hui que 500 000, leur langue est encore parlée par environ 100 000 personnes. Ce sont aujourd’hui majoritairement des Chrétiens orthodoxes, comme les Russes ou les Serbes. Ils sont divisés entre deux provinces, l’Ossétie du Nord (8000 km²) ou « Alanie » comprise dans la Fédération de Russie et l’Ossétie du Sud (70 000 habitants pour 4000 km²), occupée par la Géorgie.

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Premiers enseignements donc : les Ossètes sont véritablement un peuple en voie de disparition, ce qui n’est pas le cas des Kosovars musulmans, qui ne sont issus, en réalité, que d’une immigration de peuplement albanaise. Ce sont par ailleurs des Orthodoxes, donc des méchants, car pour être gentil (et forcément opprimé), aujourd’hui en Europe, il faut être Musulman. Les Etats-Unis adorent d’ailleurs les Musulmans lorsqu’il est question d’affaiblir l’Europe, d’où leur soutien à l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne. Par contre, lorsque les intérêts des Etats-Unis sont menacés, les Musulmans se transforment en terroristes. Amusant.


Quels intérêts derrière l’indépendantisme ossète ?
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Bon, et maintenant un peu de géopolitique, parce qu'entre nous, les grandes puissances se foutent un peu du sort des peuples. Ce qui compte, c’est de voir quels intérêts s’opposent dans cette minuscule région d’Ossétie du Sud. Si les Russes sont très mécontents, si les Russes sont intervenus, ne rêvons pas, ce n’est pas parce qu’ils sont de grands défenseurs des minorités en danger. Les Russes n’apprécient guère les Géorgiens, qui ont justement pris leur indépendance en 1990. Mais les Géorgiens, non contents de prendre leur indépendance à l’époque, ont refusé l’indépendance aux Ossètes et aux Abkhazes, autre minorité séparatiste de Géorgie. L’ancienne URSS voit toujours les Etats qui l’ont quittée comme une chasse gardée, notamment la Géorgie et l’Ukraine, où passent d’importants oléoducs, et qui songent fortement à intégrer l’OTAN. Alors forcément, la Russie, avec sa grande armée, ne va pas tolérer qu’à côté de chez elle on s’en prenne à un peuple frère, surtout s’il y a en plus des intérêts économiques dans le coin...


Europe-usa.JPGL’Union européenne et les Etats-Unis, quant à eux, n’apprécient guère ce néo-impérialisme russe. Officiellement, OTAN et Conseil de l’Europe en tête, ils veulent éviter des massacres dans la région. Ils veulent éviter des morts, l’Union Européenne et les Etats-Unis. Ce sont les gentils. Sarkozy, Bush, Condoleezza Rice, Lech Kacsynski, en appellent au maintien de l’unité de la Géorgie, eux qui avec l’OTAN ont bombardé la Yougoslavie et les civils...Quel foutage de gueule ! Ces gens n’en ont rien à faire qu’il y ait une guerre de plus ou du moins. Ils veulent juste éviter que la Russie ne regagne en influence dans la région. Ils veulent éviter que les Russes jouent la même partition qu’eux au Kosovo, et de se retrouver arroseurs arrosés ! Les Ossètes, ils n’en ont que faire, ils peuvent crever sous les bombes géorgiennes, c’est pas aussi cool qu’un Tibétain un Ossète. Quel intérêt médiatique d’aller soutenir une bande d’Européens orthodoxes paumés dans leurs montagnes alors qu’au loin en Asie on a des Tibétains exotiques qui passent tellement mieux à la télé et pour lesquels on sait qu’on n’obtiendra rien, car personne n’a les couilles d’aller vraiment ennuyer les Chinois.

Moralité : nous sommes face à des pourris (oui je sais vous n’apprenez pas grand chose là). Les dirigeants européens et les Etats-Unis sont dégoulinants d’hypocrisie avec leurs Droits de l’Homme, leur droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, alors que dans la pratique ces belles valeurs n’ont d’utilité que lorsqu’elles peuvent servir leurs intérêts. Un nettoyage ethnique se déroule en Géorgie et pourtant c’est le régime de Tbilissi que les Occidentaux défendent. Les civils serbes furent bombardés malgré une situation bien plus complexe...

Les Russes, eux, au moins, ont le mérite d’assumer leur autoritarisme et de défendre leurs compatriotes. Les Russes ont d’ailleurs affirmé qu’ils allaient soutenir tous les sécessionnismes en Europe, après l’indépendance du Kosovo. Mais les Russes sont les premiers à rêver d’un Empire où l’Ukraine et le Belarus seraient réintégrés...là aussi, hypocrisie, mais au moins la Russie a une tradition fédéraliste, contrairement à certains Etats européens donneurs de leçons comme la France.

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Comme souvent lorsque l’on est une minorité, ce qui importe, c’est d’être du côté de celui qui pourra vous aider, même si celui-ci a d’autres intérêts derrière. En l’espèce, il faut soutenir totalement l’action de la Russie, en espérant qu’elle aboutisse à l’indépendance pure et simple de l’Ossétie (mais en espérant que ce ne soit pas un prétexte pour intégrer l’Ossétie dans la Fédération russe). Le Président Medvedev est décidé à agir et parle de « déni du droit à la vie pour toute une nation résultant de l'action barbare planifiée par les autorités géorgiennes ». Espérons que les Abkhazes, même s’ils ne sont plus que 200 000, en profiteront aussi pour se soulever contre le régime de Tbilissi.


Le président de l'Abkhazie a promis du soutien à son homologue ossète, dépêchant un millier de volontaires.
ge-abkha.gifUn geste imité par le président de la république russe d'Ossétie du Nord, Taïmouraz Mamsourov, qui a annoncé que des « centaines de volontaires » étaient en partance pour le territoire voisin. C’est la guerre.

Comment pourrait-on se refuser, comme le font nos obséquieux représentants, à soutenir le combat pour la liberté ?


Vive l’Europe des Peuples libres ! Ossetia Frei ! Abkhazia Frei !
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Source: Jeune Alsace

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