03.03.2008
[Poitou] Soutenons Fleury !
Affaire Benoît Fleury : L’analyse de Philippe Bilger
Avocat Général près la cour d’appel de Paris, Philippe Bilder exerce depuis plus de dix ans, de manière régulière, la fonction d’avocat général à la cour d’assises de Paris. Il a été amené à requérir dans un certain nombre d’affaires dont quelques-unes ont eu un fort retentissement médiatique : Christian Didier -l’assassin de René Bousquet -, Philippe Naigeon, Bob Denard, Emile Louis, Maxime Brunerie, Michaël Freminet, François Besse, Hélène Castel… Il a écrit également quelques livres, seul ou en collaboration, dont un Que Sais-je ? sur Le droit de la presse et Plaidoyer pour une presse décriée aux Editions Filipacchi. Novopress reproduit ci-dessous l’analyse de « l’affaire Benoît Fleury » que Philippe Bilder a publiée sur son blog.
La honte sur Poitiers ?
Pendant qu’on glose des jours durant sur le « casse-toi, pauvre con » du président de la République et sur sa demande d’avis au Premier président de la Cour de cassation après la décision du Conseil constitutionnel, des scandales infiniment plus graves risquent de se perpétrer en douce, dans l’indifférence générale.
A Poitiers, en particulier. Et ce n’est pas celui qu’on croit.
D’après le site de 20 minutes et le Monde, des étudiants de la Faculté de Poitiers, soutenus par la présidence de celle-ci, des professeurs et des politiques, se sont mobilisés contre l’affectation d’un professeur d’histoire du droit, en raison de son passé au sein du mouvement d’extrême droite le GUD.
Cet enseignant, Benoît Fleury, parce qu’il a été reçu premier à l’agrégation, avait le droit de choisir librement la Faculté où il désirait exercer. C’est la règle universitaire, elle s’impose à tous et elle doit bénéficier à quiconque se trouve en statut de pouvoir réclamer son application. A Benoît Fleury comme à tout autre, partout ailleurs en France.
Ce n’est pas la conception qui prévaut à Poitiers.
D’abord, une pétition réunissant quelque deux cent cinquante signatures, dont celles de trois députés socialistes de la Vienne et du Doyen de la Faculté des sciences humaines et arts, prétend s’opposer à la venue de ce nouvel agrégé parce que son passé ne plaît pas.
Ensuite, le président de l’Université Jean-Pierre Gesson s’est fendu d’une déclaration qui constitue une merveille sur le plan de l’hypocrisie et de la défausse. Jugez-en. « Les affectations, la plupart du temps, ne posent pas de problèmes mais la venue de ce juriste et nouvel agrégé d’histoire du droit est une source de trouble ». Le conseil d’administration, en suite logique de cet admirable courage, a fait part de « sa plus vive inquiétude » et a demandé au président de la République (qu’on accuse, par ailleurs, de se mêler de tout !) de ne pas procéder « à la nomination et à l’affectation à Poitiers de Benoît Fleury… compte tenu de l’opposition de la communauté universitaire et afin d’apaiser les tensions ».
Enfin, des étudiants (au fait, on ne sait jamais combien !) ont annoncé qu’ils perturberaient les cours du nouvel agrégé en lui rappelant à chaque fois son passé et exigent « qu’il renie ses engagements passés au sein du GUD ».
Dans une démocratie digne de ce nom, cette simple relation devrait suffire pour faire dresser les cheveux sur la tête de n’importe quel citoyen même moyennement éclairé. Je n’ai pas l’impression que la France soucieuse des droits et des libertés va bouger pour Benoît Fleury. Mais j’oubliais : il était au GUD et cela suffit pour disqualifier son classement dont tout de même un certain nombre d’universitaires doivent être jaloux.
Commençons par les étudiants. J’ai déjà connu des imbéciles de cette sorte, mais aux antipodes politiques, qui au temps de ma jeunesse ne cessaient d’empêcher Maurice Duverger de faire cours en l’obligeant à se souvenir d’anciennes faiblesses. Les périodes, sur ce plan, se suivent et se ressemblent, tant la bêtise représente un impressionnant et durable dénominateur commun, un trait d’union inaltérable. Ainsi, aujourd’hui, parce qu’il émanerait de quelques jeunes gens excités, le totalitarisme serait acceptable et même respectable ? Sans faire frémir autour de soi, on pourrait pousser l’impudence jusqu’à vanter le désordre à venir, et l’arrogance jusqu’à exiger une contrition au sujet d’un passé qui ne devrait regarder que celui qui l’a connu et vécu dès lors que rien ne le rattache à un présent qui aurait un titre quelconque à le sanctionner. Va-t-on solliciter de ces inquisiteurs de poche une repentance pour les quelques mauvaises pensées ou attitudes médiocres que même eux ont pu abriter ou commettre ? Cette dictature d’un certain jeunisme, en dépit de la « conscience » politique qu’il s’attribue généreusement, n’est rien de moins, la plupart du temps, que l’intimidation d’un jusqu’au boutisme ignorant sur des lâchetés adultes.
Et ce totalitarisme tristement précoce est si pressé d’en découdre qu’il serait hors de question de laisser l’expérience suivre son cours, Benoît Fleury dispenser son enseignement et la règle être respectée. Et de faire le bilan ensuite, s’il y a lieu. Un tel retard serait intolérable. Il faut vite casser la mécanique dont le fonctionnement pourrait contredire toutes les craintes, et d’abord celles de l’intolérance et de l’idéologie.
Mais le président Gesson et son conseil d’administration n’étaient pas naturellement voués aux affligeantes reculades et sollicitations que j’ai rappelées. Rien ne les contraignait au pire qui en l’occurrence est une fuite éperdue de leurs devoirs. Comme il convenait de trouver un prétexte pour cet égarement, on a utilisé une méthode qui a déjà beaucoup servi. La formule est en effet d’un admirable opportunisme qui évoque « une source de trouble », le trouble étant précisément et seulement suscité par l’entrave mise à l’application de la règle et au respect des principes. Autrement dit, pour se justifier on se fonde sur un risque et une faute dont l’un et l’autre vous sont imputables. A supposer même que la rigueur de l’éthique universitaire puisse faire naître quelques contestations et dissidences, est-il permis d’interroger le président Gesson sur la conception qu’il se fait du rôle d’un chef ? Celui-ci n’est pas destiné aux temps calmes, « pour les affectations qui ne posent pas de problèmes », mais au contraire pour celles légitimes qui seraient pourtant attaquées. On n’a pas besoin d’un président d’université pour accompagner les mouvements faciles mais pour favoriser les opérations nécessaires. Derrière ces palinodies, le garant du droit, de l’équité et de la justice se déleste de sa mission pour la “refiler” au président de la République. Je ne doute pas une seconde que, parmi ces excellents apôtres, et j’y inclus les politiques concernés, il y avait probablement des adversaires de la démarche présidentielle de saisine de la Cour de cassation au motif qu’il aurait contourné l’Etat de droit. Et eux, réellement, en petit, qu’ont-ils fait d’autre, alors qu’ils n’ignorent pas que Benoît Fleury mérite d’enseigner à Poitiers mais qu’ils espèrent transmettre à d’autres la responsabilité à assumer et la règle à observer. Après nous, le courage du quotidien !
La pétition a été avalisée notamment par trois députés socialistes. Je pourrais dire que c’est de bonne guerre au regard de l’histoire ancienne de Benoît Fleury mais je n’ai jamais présumé l’ineptie chez les élus de quelque bord qu’ils soient. Leur signature sur un tel document et pour le motif allégué est grosse d’un danger républicain qui dépasse de très loin la situation de notre agrégé. A force de ne jamais voir plus loin que le bout de leur idéologie, les députés finiront par détruire ce qui les légitime. Ils n’ont de sens et la représentation qu’ils mettent en œuvre n’a de crédibilité que dans un Etat de droit. Qu’ils ne se leurrent pas. Le battre en brèche modestement, pour ne pas désobliger l’idéologie, c’est déjà trop, et cela va ouvrir d’autres espaces négatifs. Il n’y a pas d’infimes reculs quand la règle est claire, universelle, honorable et qu’on la transgresse.
En réalité, on attendrait une voix qui ait la force et la pertinence indéniables pour dire : cela suffit, ce sera comme cela ! Sans doute le plus grand malaise contemporain vient-il du fait que toutes les paroles se voulant et se croyant légitimes, plus aucune ne l’est, et qu’aucune instance ne fait plus AUTORITE ? Des démissions et des lâchetés de tous les pouvoirs intermédiaires jusqu’à la validité sans cesse contestée du Pouvoir, la société ressemble à une escalade dans laquelle plus aucune prise assurée ne serait possible. Où sont les maîtres, où sont les héros et les exemples, où est passée cette capacité exceptionnelle de penser, de diriger et de juger contre soi ? On a sans doute confondu trop vite la République avec l’indifférenciation de tout et pour n’avoir jamais voulu porter atteinte au mythe dévastateur et stérilisant de l’égalité, on a perdu les repères fiables, les critères indiscutés, les lumières évidentes, les citoyens capitaux. La règle dépend aujourd’hui du bon vouloir de ceux qui sont en charge. La lâcheté généralisée engendre un monde déboussolé. Le tissu national se déchire plus gravement à cause de ces relativismes subjectifs que par les apparentes offenses des transgressions ordinaires.
Je n’ai pas voulu écrire la phrase qu’on attendait de moi. Pour mon argumentation, j’ai refusé d’évoquer Benoît Fleury, le GUD, l’extrême droite en les condamnant. Cette solution de facilité, auprès de certains, aurait donné plus de prix à ma dénonciation. A mon sens, c’est le contraire. Abriter le droit, la liberté d’expression sous la morale, c’est les démonétiser, violer leur essence. Ma position n’aurait pas varié d’un pouce si, par extraordinaire, une telle affaire avait concerné un ancien militant de l’extrême gauche violente. Je préfère le roc des principes aux fluctuations des affinités dans ce domaine fondamental pour la démocratie.
Honte sur Poitiers si Benoît Fleury n’y est pas affecté.
Philippe Bilger
www.novopress.info
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23.12.2007
[Poitou] L'attaque des sangliers
Un sanglier est entré samedi dans un magasin la Halle aux Vêtements en périphérie de Poitiers. Il a dû être abattu par les policiers après évacuation des lieux, selon la préfecture de la Vienne. Il avait “commencé à charger”
“Quinze personnes, clients ou employés de ce magasin situé dans une zone commerciale à côté d’un hypermarché ont été évacuées, dans le calme. Ce sanglier pesant 90 kg ayant commencé à charger les policiers, ceux-ci ont dû l’abattre”, a-t-on expliqué à la préfecture de la Vienne.
Une trentaine de balles!
L’animal a été tué d’une trentaine de balles, les armes de service des forces de l’ordre étant inadaptées à ce type d’intervention, selon la même source. L’incident a été signalé vers 13H15 samedi. Le magasin a rouvert vers 15H30. Une enquête est en cours afin d’en déterminer l’origine.
Collision avec un Eurostar!
En fin d’après-midi, c’est dans le Val-d’Oise qu’un autre sanglier a fait parler de lui. Vers 18h45, un Eurostar Nice–Bruxelles a heurté un animal à hauteur de Moussy (Val-d’Oise). Le train endommagé a finalement atteint Bruxelles avec 3 heures 50 minutes de retard, et trente-quatre TGV et Eurostar au total ont enregistré des retards de cinq minutes à une heure.
Source : fdesouche.com
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19.11.2007
[Breizh] 4 régions fortes au lieu de 6 régions faibles
22:11 Publié dans Anjou, Breizh, Mayenne, Normandie, Poitou, Vendée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
31.10.2007
[Poitou] Anniversaire oublié...
Bataille de Poitiers, 25 octobre 732 : encore un anniversaire oublié…
On se souvient qu’en 2005, au motif que Napoléon a rétabli l’esclavage aux Antilles, la République a ostensiblement boudé les célébrations du bicentenaire de la bataille d’Austerlitz, tout en dépêchant le Charles-De-Gaulle auprès des forces navales anglaises afin de fêter dignement la déculottée que le vice-amiral de Sa Gracieuse Majesté avait infligé la même année à la flotte impériale - pourtant supérieure en unités - lors de la bataille de Trafalgar.
Même « oubli » contrit en 2006 pour le quatrième centenaire de la naissance du grand Corneille, au motif cette fois qu’un lointain cousin de l’écrivain aurait été mêlé à la traite négrière. Sans élément probant, mais nos gouvernants collabos n’appliquent-ils pas scrupuleusement le principe de précaution dès lors que certaines « minorités visibles » pourraient y trouver à redire ? (1)
Il faut s’attendre au même silence politiquement correct l’an prochain pour le 140ème anniversaire de la naissance de Chateaubriand. Le cas de l’auteur des Mémoires d’outre-tombe est particulièrement désespéré, son propre père ayant été compromis jusqu’au cou dans la traite esclavagiste. Or en droit français, comme chacun sait, tout individu est responsable des crimes de ses ancêtres…
Quant à la bataille de Poitiers (25 octobre 732), outre que la différence des millésimes n’est pas un multiple de 10 ou de 100 comme on les aime (1275 ans…), c’est pour les mêmes raisons politiquement correctes qu’elle n’a, cette année encore, donné lieu à la moindre ligne commémorative dans nos gros médias.
Nonobstant, ne boudons pas notre plaisir. Rappel des événements :
Partie de Pampelune durant l’été, l’armée des Omeyyades emmenée par le gouverneur d’Al-Aldalus, Abd al-Rahman (Abd al-Rahman ibn Abd Allah al-Rhafiqi pour les intimes), a franchi les Pyrénées et, bousculant les forces du duc Eudes d’Aquitaine, envahi le pays basque et dévasté Bordeaux. Ce dernier se résout à faire appel à son ancien ennemi, Charles de Herstal, duc des Francs.
Charles rejoint les troupes musulmanes à proximité d’une voie romaine reliant Châtellerault à Poitiers et met en pièces l’armée des Arabo-musulmans. Abd al-Rahman est tué pendant la bataille. Les chroniqueurs désignèrent par « l’armée des Européens » l’ensemble des forces fédérées autour du duc Charles. C’est la première fois que cette expression est employée. La tradition veut que ce soit lors de cette bataille que Charles de Herstal acquit le surnom de Martel, par sa vaillance au combat - le marteau était une arme de l’époque. D’aucuns eussent pu le surnommé « le Cogneur »…
La bataille de Poitiers (lieu-dit Moussay-la-Bataille), appelée « chaussée des martyrs » par les Arabes, marque la fin de la progression des musulmans et le début de la reconquête du Royaume franc par les armées chrétiennes. A chacune des époques où l’affrontement des deux civilisations et les deux religions se fera particulièrement âpre - lors de la Reconquista espagnole ou lors des tentatives turques de conquête de l’Europe - elle constitua un symbole fort de la lutte des chrétiens contre les mahométans. Toute référence à l’époque contemporaine ne saurait être une simple coïncidence…
« Sans Charles Martel, écrivit Voltaire (2), la France était une province mahométane »
Henri Dubost pour Novopress
(1) Il est vrai que Corneille était depuis longtemps déjà dans le collimateur de nos commissaires à la culture, lui qui avait ingénument placé ces vers fameux dans la bouche de l’Infante (Le Cid, acte II, scène 5, vers 529 à 546) :
Et mon amour flatteur déjà me persuade
Que je le vois assis au trône de Grenade,
Les Mores subjugués trembler en l’adorant,
L’Aragon recevoir ce nouveau conquérant,
Le Portugal se rendre et ses nobles journées
Porter delà les mers ses hautes destinées,
Du sang des Africains arroser ses lauriers,
Enfin tout ce qu’on dit des plus fameux guerriers,
Je l’attends de Rodrigue après cette victoire,
Et fais de son amour un sujet de ma gloire.
Dans son édition 2003, pensant sauver le poète des foudres des censeurs, La Pléiade remplaça le vers 543 : « Du sang des Africains arroser ses lauriers » par : « Au milieu de l’Afrique arborer ses lauriers », plus présentable. En vain.
(2) Du point de vue du politiquement correct, le cas Voltaire est plus que désespéré : il est carrément curieux. On se demande comment un judéophobe et islamophobe sans complexe aucun, ayant notoirement et en toute bonne conscience acquis sa fortune grâce à la traite négrière peut encore jouir de la moindre visibilité culturelle dans notre pays. Expulsons Voltaire du Panthéon (c’est le mulâtre Dumas, son actuel voisin de caveau, qui va enfin respirer !), rayons l’Arouet de la liste des auteurs autorisés dans nos lycées, rééduquons les professeurs de français, débaptisons les boulevards, rues, places, squares et autres stations de métro qui portent le nom de plume de l’abatteur de calotte, redonnons à la charmante ville de Ferney-Voltaire son toponyme initial, et karchérisons enfin le Réseau du même nom !
10:54 Publié dans Histoire, Poitou | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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