28.07.2008

[Kurdistan] Le PKK suspecté

t.jpgDeux bombes ont explosé dimanche soir à Istanbul, faisant au moins 17 morts, dont des enfants, et 154 blessés. Le bilan pourrait s'aggraver, car sept personnes sont très grièvement blessées et 115 sont toujours hospitalisées. L'attaque s'est produite sur une avenue commerçante du quartier périphérique de Güngören, sur la rive européenne de la métropole turque. De nombreuses équipes d'ambulanciers et de pompiers ont été dépêchées sur les lieux et un périmètre de sécurité a été établi par la police, qui a également procédé à des contrôles de colis suspects dans les alentours. Sur les images diffusées par la chaîne de télévision NTV, on pouvait assister à des scènes de panique, des personnes ensanglantées et désorientées courant en tous sens au milieu de bris de verre.


"Il n'y a aucun doute qu'il s'agit d'une attaque terroriste (...). Il y a eu deux explosifs (...). Tous deux étaient disposés dans des poubelles. Ils ont explosé avec 10 à 12 minutes d'intervalle, a déclaré aux journalistes présents sur les lieux le gouverneur d'Istanbul Muammer Güler. Après la première explosion, les gens se sont bien sûr rassemblés et c'est alors qu'est survenue la deuxième explosion, qui a fait des morts." Selon des témoins, la seconde déflagration était beaucoup plus forte que la première, étayant la thèse d'un piège destiné à faire autant de victimes que possible. "Après la première explosion, les gens se sont rassemblés. Il y avait une vraie foule. Cinq à dix minutes plus tard, il y a eu la deuxième. Elle était beaucoup plus forte que la première. L'immeuble où je me trouvais a été secoué. Il y avait des blessés jusqu'à 40 mètres" de l'épicentre de la déflagration, a indiqué Alaattin Hatayoglu, président d'une association, à Anatolie.

Période de tension

Selon les autorités et les médias, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui a nié avoir une quelconque responsabilité dans ces attaques, aurait commis l'attentat en représailles à une vague d'offensives militaires visant cette organisation séparatiste, dans le Sud-Est turc et en Irak du Nord, où elle a des bases arrières. Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a d'ailleurs implicitement accusé les rebelles kurdes. "Malheureusement, le coût de cela (les opérations militaires turques) est lourd. L'incident d'hier soir en constitue un exemple", a-t-il déclaré à Istanbul. Le Premier ministre a évité de prononcer le nom du PKK, expliquant que cela constituerait de la "propagande" pour les rebelles. Néanmoins, interrogé sur cette hypothèse, Muammer Güler a estimé qu'il était trop tôt pour se prononcer. Le gouverneur a souligné que la police allait examiner les images des caméras de surveillance disposées près du lieu des attentats.

Ce double attentat est survenu alors que la Turquie traverse une période de tension. Vendredi, un tribunal d'Istanbul a décidé de juger le réseau nationaliste Ergenekon, accusé d'avoir tenté de semer le chaos et la violence dans le pays pour préparer le terrain à un coup d'État militaire qui renverserait le gouvernement issu de la mouvance islamiste. L'affaire enflamme d'autant plus le pays que parmi les 86 prévenus figurent aux côtés de mafieux notoires des personnalités de premier plan du camp prolaïcité - des généraux, des journalistes -, adversaire farouche de l'actuel gouvernement qu'ils accusent de vouloir islamiser la Turquie. Par ailleurs, lundi matin, la Cour constitutionnelle a lancé des délibérations concernant une possible interdiction du parti au pouvoir, le Parti de la justice et du développement (AKP), pour activités antilaïques.

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26.02.2008

[Kurdistan] Différences Albanie - Kurdistan

Les Albanais du Kosovo jouissent de leurs premiers jours d’indépendance, et les explosions de pétard sont encore présentes dans le souvenir des gens, une semaine après le jour J. Le son de la fête a à peine cessé, et il va faloir maintenant s’habituer à cette situation, aller travailler comme si de rien était, et surtout, construire un avenir.

Les Kurdes d’Irak sont dans une situation radicalement différente. Le PKK, qui enrôle les adolescents et jeunes adultes, est en difficulté, face à la déferlante de moyens que met en oeuvre l’armée turque pour les chasser. Cette dernière est entraînée, équipée, renseignée, aussi, par les Etats-Unis d’Amérique.

Certains Kurdes, en Irak ou en Turquie, doivent se demander pourquoi les Américains sont contre eux. Pourquoi, non seulement ils laissent faire l’armée turque, mais surtout pourquoi ils vendent des équipements et forment cette armée, qui est loin d’être irréprochable sur le plan éthique: la torture fait partie de ses pratiques, et les bavures contre les civils, qu’on appelle ici et là “dommages collatéraux”, ne gênent personne.

L’Europe aura du mal à expliquer aux Kurdes pourquoi elle se dit indignée sans réagir. Bernard Kouchner, lorsqu’il se rendra en Irak, aura quelques difficultés à se faire pardonner. Tout le monde se souvient, là-bas, de son engagement en faveur des Albanais du Kosovo, du soutien qu’il a apporté aux bombardements de l’OTAN contre la Yougoslavie de l’époque

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24.02.2008

[Kurdistan] Réaction du PKK

7310c6d7189372931d5b8bef02539253.jpgLes rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont appelé dimanche 24 février les jeunes Kurdes de Turquie à lancer des actions violentes dans les grandes villes en réaction au lancement par l'armée turque d'une opération terrestre contre les rebelles retranchés dans le nord de l'Irak. "Dans les grandes villes, les jeunes Kurdes doivent donner une réponse [à cette offensive]. La guérilla du Kurdistan, ce n'est pas 7 000 ou 10 000 personnes, ce sont des centaines de milliers de personnes", a déclaré le chef de l'aile militaire du PKK Bahoz Erdal.

"Si [l'Etat turc] veut nous détruire, nos jeunes doivent rendre la vie dans les grandes métropoles insupportable. (...) Les jeunes Kurdes doivent se réunir par groupes de deux pour brûler chaque soir des centaines de voitures", a notamment suggéré Erdal, considéré comme le porte-voix du PKK. Le dirigeant a appelé les jeunes Kurdes à "empoisonner la vie" des habitants des grandes agglomérations turques. "Nous ne sommes pas contre le peuple turc mais telle est la logique de la guerre", s'est justifié Erdal dans un communiqué, établissant des parallèles avec la résistance des Irakiens à la présence des forces américaines dans leur pays.

Samedi, un porte-parole du PKK, Ahmad Danis avait déjà menacé Ankara de représailles. "Si la Turquie poursuit ses attaques, nous mènerons des opérations de guérilla dans les villes turques, sans viser les populations civiles", avait alors affirmé ce porte-parole.

Depuis jeudi, l'armée turque mène une opération terrestre dans le nord de l'Irak pour en déloger les rebelles du PKK. L'offensive s'est encore intensifiée samedi. Au moins 79 rebelles kurdes et sept soldats turcs ont été tués jusque là, selon l'armée turque.

Source du texte : LE MONDE.FR