26.02.2008

[Kurdistan] Différences Albanie - Kurdistan

Les Albanais du Kosovo jouissent de leurs premiers jours d’indépendance, et les explosions de pétard sont encore présentes dans le souvenir des gens, une semaine après le jour J. Le son de la fête a à peine cessé, et il va faloir maintenant s’habituer à cette situation, aller travailler comme si de rien était, et surtout, construire un avenir.

Les Kurdes d’Irak sont dans une situation radicalement différente. Le PKK, qui enrôle les adolescents et jeunes adultes, est en difficulté, face à la déferlante de moyens que met en oeuvre l’armée turque pour les chasser. Cette dernière est entraînée, équipée, renseignée, aussi, par les Etats-Unis d’Amérique.

Certains Kurdes, en Irak ou en Turquie, doivent se demander pourquoi les Américains sont contre eux. Pourquoi, non seulement ils laissent faire l’armée turque, mais surtout pourquoi ils vendent des équipements et forment cette armée, qui est loin d’être irréprochable sur le plan éthique: la torture fait partie de ses pratiques, et les bavures contre les civils, qu’on appelle ici et là “dommages collatéraux”, ne gênent personne.

L’Europe aura du mal à expliquer aux Kurdes pourquoi elle se dit indignée sans réagir. Bernard Kouchner, lorsqu’il se rendra en Irak, aura quelques difficultés à se faire pardonner. Tout le monde se souvient, là-bas, de son engagement en faveur des Albanais du Kosovo, du soutien qu’il a apporté aux bombardements de l’OTAN contre la Yougoslavie de l’époque

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24.02.2008

[Kurdistan] Réaction du PKK

7310c6d7189372931d5b8bef02539253.jpgLes rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont appelé dimanche 24 février les jeunes Kurdes de Turquie à lancer des actions violentes dans les grandes villes en réaction au lancement par l'armée turque d'une opération terrestre contre les rebelles retranchés dans le nord de l'Irak. "Dans les grandes villes, les jeunes Kurdes doivent donner une réponse [à cette offensive]. La guérilla du Kurdistan, ce n'est pas 7 000 ou 10 000 personnes, ce sont des centaines de milliers de personnes", a déclaré le chef de l'aile militaire du PKK Bahoz Erdal.

"Si [l'Etat turc] veut nous détruire, nos jeunes doivent rendre la vie dans les grandes métropoles insupportable. (...) Les jeunes Kurdes doivent se réunir par groupes de deux pour brûler chaque soir des centaines de voitures", a notamment suggéré Erdal, considéré comme le porte-voix du PKK. Le dirigeant a appelé les jeunes Kurdes à "empoisonner la vie" des habitants des grandes agglomérations turques. "Nous ne sommes pas contre le peuple turc mais telle est la logique de la guerre", s'est justifié Erdal dans un communiqué, établissant des parallèles avec la résistance des Irakiens à la présence des forces américaines dans leur pays.

Samedi, un porte-parole du PKK, Ahmad Danis avait déjà menacé Ankara de représailles. "Si la Turquie poursuit ses attaques, nous mènerons des opérations de guérilla dans les villes turques, sans viser les populations civiles", avait alors affirmé ce porte-parole.

Depuis jeudi, l'armée turque mène une opération terrestre dans le nord de l'Irak pour en déloger les rebelles du PKK. L'offensive s'est encore intensifiée samedi. Au moins 79 rebelles kurdes et sept soldats turcs ont été tués jusque là, selon l'armée turque.

Source du texte : LE MONDE.FR