25.08.2008
[Histoire] Qui a déclenché la deuxième Guerre froide ?
Le peuple américain devrait être éternellement reconnaissant à la vieille Europe d’avoir refusé le projet Bush-McCain d’intégrer la Géorgie à l’Otan.
Si celle-ci avait été membre de l’Organisation lorsque Mikheïl Saakachvili a envahi l’Ossétie du Sud, nous serions nez à nez avec la Russie, confronté à la guerre dans le Caucase, là où la supériorité de Moscou est aussi manifeste que la supériorité américaine dans les Caraïbes durant la crise des Missiles avec Cuba.
S’il y a bien une chose que démontre la guerre russo-géorgienne c’est la folie de donner à des dirigeants impétueux et velléitaires de nations instables le pouvoir d’entraîner les Etats-Unis dans la guerre.
Depuis Harry Truman jusqu’à Ronald Reagan, et comme le disait le secrétaire américain à la défense Robert Gates, les présidents américains ont toujours fait en sorte d’éviter de déclencher des guerres contre la Russie, même lorsque l’Ours était au plus fort de sa bestialité.
Truman refusa de forcer le blocus de Berlin imposé par Staline. Eisenhower refusa d’intervenir lorsque le boucher de Budapest noya la révolution hongroise dans le sang. Johnson demeura sans rien faire lorsque les chars de Leonid Brejnev écrasèrent le printemps de Prague. La réponse de Jimmy Carter à l’invasion par celui-ci de l’Afghanistan fut de boycotter les Jeux olympiques de Moscou. Quand Brejnev ordonna à ses satrapes polonais d’écraser Solidarité et fit abattre le Boeing sud-coréen, tuant un nombre record de citoyens américain parmi lesquels un membre du Congrès, Reagan… ne fit rien du tout.
Ces présidents n’étaient pas des lâches. Simplement, ils ne voulaient pas entrer en guerre alors qu’aucune menace contre les intérêts vitaux américains ne justifiait un conflit. Pourtant, si George W. Bush l’avait emporté et que la Géorgie était membre de l’Otan, les Marines américains seraient peut-être en train de combattre les troupes russes dont le drapeau flotterait sur une province de 70 000 Ossètes du Sud qui préfèrent la Russie à la Géorgie.
L’arrogante sottise des architectes de la politique américaine de l’après Guerre froide éclate désormais au grand jour. En ayant intégré trois anciennes républiques soviétiques dans l’Otan, nous avons déplacé la ligne de front américaine de l’Elbe jusqu’à quasiment une portée de tir d’artillerie de l’ancienne Leningrad.
Si l’Amérique intégrait l’Ukraine au sein de l’Otan, Yalta, le lieu de villégiature des Tsars, serait un port de l’Otan et Sébastopol, le port d’attache traditionnel de la flotte russe de la Mer noire deviendrait une base navale pour la Sixième flotte américaine. C’est « un pont trop loin » (1).
Et ne pouvons-nous pas comprendre à quel point un patriote russe comme l’est Vladimir Poutine puisse être courroucé par l’encerclement américain après que la Russie ait largué sont empire et envisagé une amitié avec nous ? Comment Andy Jackson (2) aurait-il réagi à un tel encerclement de la part de l’Empire britannique ?
Depuis 1991, le pétrole du Kazakhstan, du Turkménistan et d’Azerbaïdjan appartient à Moscou. Peut-on comprendre que Poutine puisse bouillir alors que ces radins de Yankees ont bâti des gazoducs et des oléoducs afin de siphonner le gaz et le pétrole du sous-sol caucasien pour l’acheminer vers l’Occident en passant par la Géorgie.
Depuis une douzaine d’années, Poutine et Cie ont pu voir les agents américains œuvrer au renversement de régimes amis de Moscou, en Géorgie et en Ukraine. Si une deuxième Guerre froide intervient, qui l’aura déclenché, sinon nous ?
L’action rapide et décisive de l’armée russe pour jeter les forces géorgiennes hors d’Ossétie du Sud, 24 heures seulement après que Saakachvili ait commencé les bombardements et l’invasion, laisse à penser que Poutine savait exactement ce que le président géorgien allait faire et qu’il lui a asséné un coup de massue.
Que savions-nous ? Etions-nous au courant que Saakachvili était sur le point de tomber dans le piège de Poutine ? N’avons-nous pas vu les troupes russes se masser au nord de la frontière ? Avons-nous donné le feu vert à Saakachvili ?
Joe Biden (3) devrait organiser des auditions publiques pour savoir qui est à l’origine de cette humiliation de l’Amérique.
La guerre en Géorgie a mis en lumière la dangereuse excroissance du pouvoir américain. Il n’y a aucune possibilité pour les Etats-Unis d’affronter la Russie dans le Caucase alors que nos troupes sont enlisées en Afghanistan et en Irak. Et nous ne devrions pas faire ça. C’est pour cela qu’il est dément d’offrir à Tbilissi un siège à l’Otan, comme le font John McCain et Barack Obama.
Les Etats-Unis doivent décider s’ils souhaitent faire de la Russie, malgré ses défauts, un partenaire, ou s’ils veulent une seconde Guerre froide. Parce que c’est exactement cela qu’ils sont en train de déclencher en coupant Moscou de son approvisionnement en pétrole de la Caspienne et en lui lançant l’Otan au visage.
Vladimir Poutine n’est pas Staline. C’est un nationaliste déterminé, en tant que maître d’un fier et puissant pays, à assurer à celui-ci la prééminence sur sa zone d’influence, ainsi que l’ont fait tous les présidents américains, de Monroe à Bush, de notre côté de l’Atlantique.
Une Russie renaissante n’est pas une menace pour les intérêts vitaux des Etats-Unis. C’est une menace pour un Empire américain qui s’appuie sur un présumé droit divin pour implanter la puissance militaire américaine sur les arrières ou aux portes de Mère Russie.
Qui dirige l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud n’est pas nos oignons. Et après l’aventure écervelée de Saakachvili, pourquoi ne par laisser les populations de ces provinces le décider par elles-mêmes, dans le cadre de plébiscites sous contrôle des Nations Unies ou de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe ? Et alors Saakachvili pourra retourner se faire griller à Tbilissi après ce tour de force. Laissons donc les neocons lui trouver un poste bien rémunéré à l’ American Enterprise Institute.
Par Patrick J. Buchanan
Traduit de l’américain et annoté par G.W. Blakkheim pour Novopress France
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26.07.2008
[Histoire] Le culte du héros dans la Grèce antique
« Depuis Homère au moins, les héros sont des figures familières de la civilisation grecque. (…) « L’Iliade » et « l’Odyssée » forment les deux bréviaires épiques de l’héroïsme grec. »« Leurs héros ont été d’autant plus célébrés qu’ils incarnent un ensemble de valeurs morales et d’idéaux aristocratiques, non seulement véhiculés lors des grandes manifestations sociales de la cité, mais servant de base à toute éducation. En fonction d’une haute idée du courage et de la gloire, la poésie homérique immortalise le héros et le fige dans un modèle qui sert d’exemple pour éveiller l’esprit agonistique, ce désir de rivaliser et de surpasser les autres. »
« Achille, Hector, Ulysse et les autres ont été les « paradigmes » des Grecs durant toute leur histoire. Alexandre le Grand 400 ans après les premiers rhapsodes, s’est rêvé en nouvel Achille, méprisant lui aussi une vie longue et terne pour une gloire brève et éclatante (…)
Fondateurs de cité en contexte colonial, ancêtres vénérés pour être à l’origine de lignées et de familles, ou encore athlètes vainqueurs aux grands concours panhelléniques, les héros sont des êtres d’exception caractérisés par un culte après leur mort en raison des actes qu’ils ont accomplis ou de la puissance que les communautés leur reconnaissent. Que ce soit dans un « héroôn », sanctuaire centré sur leur tombe, dans un enclos ou plus largement dans un espace public au pied d’une statue, ces pratiques cultuelles ne sont en rien différentes de celles des dieux, contrairement à ce qu’on a longtemps cru. En fait, elles se distinguent par le seul fait qu’elles ont un enracinement local fortement marqué, un lien étroit avec le groupe, un « génos » (lignée), ou une communauté civique, et leur histoire est ancrée dans celle des sociétés grecques, de leurs origines et de leur identité. Les historiens ont pu mettre au jour des stratégies civiques autour des cultes héroïques, qui ne sont pas seulement destinées à exalter des valeurs morales, mais aussi des valeurs politiques et sociales (…)
Tous ces cultes présentent un point commun notable : il s’agit, pour un individu ou une famille, d’établir un lien avec le passé, une suite généalogique implicite ou explicite avec un temps révolu, et ce lien est la plupart du temps matérialisé par une tombe. A cette première catégorie vient s’en ajouter une autre (…) qui prend au départ la forme d’un culte rendu au fondateur d’une colonie. Un homme, l’oikiste, tout juste mort, est héroïsé et reçoit la vénération des « colons ». Toutefois, une différence de taille intervient : ce n’est plus seulement un individu ou une famille qui l’honore, mais une communauté, qui reconnaît en lui son « archégète », son fondateur. Il s’agit d’un acte de piété collective. Enseveli souvent au cœur d’une cité, il soude une communauté et cristallise son identité (…)
Ainsi, ces deux catégories se distinguent par le degré d’implication de la communauté dans la pratique cultuelle. L’une se définit par la vénération des ancêtres, lointains ou immédiats, entretenue par les membres de la famille ou prétendus tels, l’autre par un culte à un héros, historique ou mythique, considéré comme une référence pour l’ensemble de la communauté. Et c’est la seconde catégorie qui révèle particulièrement les valeurs politiques de ces cultes : la cité grecque n’existe qu’à partir du moment où l’ensemble de ses membres actifs a conscience de partager une identité commune. Le héros joue ce rôle fédérateur, en regroupant dans son sanctuaire tous les participants de la cité – Etat. A côté de la légitimité par la participation à un culte ainsi que par la solidarité politique. La notion de descendance s’est trouvée intégrée dans des formes nouvelles d’identité collective plus larges, qui ont permis l’émergence de la cité grecque et de son affirmation. »
A la lecture de l’enseignement de Francis Prost, notre époque postmoderne est face à un double écueil politique qui menace l’unité de la société occidentale. Elle néglige le rôle des mythes et des traditions comme facteur d’unité d’un peuple, elle les combat même à chaque fois qu’elle se repend, qu’elle renie son histoire et ses origines. Ensuite en reniant toute forme de repère historique, mythique et morale, elle fait l’impasse sur la question identitaire. Selon les derniers propos de l’auteur, Tradition et identité sont pourtant deux piliers fondamentaux pour l’exercice du politique, aujourd’hui laissés pour compte. Cette nouvelle donne sociale n’annonce-t-elle pas la fin du politique tels que les grecs l’ont vécu ?
Europae Gentes (transmis par Sparte)
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09.07.2008
[Histoire] La bataille des Thermopyles
La bataille des Thermopyles en 480 av. J.-C. oppose une alliance des cités grecques à l'empire achéménide. C'est l'un des plus célèbres faits d'armes de l'histoire antique. L'armée grecque (7 000 fantassins et aucun cavalier) avec la flotte de 271 trirèmes en soutien, tentèrent de retenir la grande armée perse du « Grand Roi » Xerxès (130 000 fantassins, 20 000 cavaliers et 1 200 trirèmes) à l'entrée du défilé des Thermopyles qui commande l'accès de l'Attique, le long de la mer Egée.
Au vu de l'armée perse, la plupart des Grecs abandonnèrent la bataille, et seuls les 300 hoplites Spartiates commandés par le roi Léonidas Ier de Sparte, ainsi que 700 soldats des cités de Thèbes et de Thespies, décidèrent de combattre jusqu'au sacrifice, malgré une infériorité numérique prononcée, pour laisser aux Grecs le temps d'organiser leur défense. Cependant Athènes, peu protégée, fut prise, saccagée, et l'incendie réduisit en cendres les édifices de l'Acropole. D'après certaines sources, un Thessaliens aurait trahi les grecs, et aurait montré un passage à travers les montagnes aux troupes Perses, ce qui entraîna la fuite de la plupart des Hellans.
Le courage et le sacrifice des mille Spartiates, Thébains et Thespiens sont devenus légendaires et ont été repris maintes fois par la culture populaire. Cette bataille deviendra l'emblème de la résistance grecque à l'envahisseur, car grâce à cette bataille, et malgré la prise d'Athènes par les Perses, les Grecs purent faire reconnaître leur indépendance, après leurs triomphes à Salamine, le 22 septembre -480, et à Platées, en -479.
Au sommet du Kolonós, théâtre de l'ultime résistance spartiate, sur lequel fut érigé le mausolée, une inscription du poète Simonide de Céos (-556, -467), commémore cette action : « Passant, va dire à Sparte que ses fils sont morts pour obéir à ses lois ».
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21.04.2008
[Histoire] Les Scythes
L’histoire des Scythes et très complexe et reste largement à écrire et à découvrir. Il y a encore de grandes zones d’ombres et de mystères, mais les historiens font des progrès considérables qui donnent à l'épopée des scythes une dimension géopolitique longtemps sous-estimée.
Une découverte récente permet d’affirmer que les cavaliers scythes ont dominé les steppes en Europe mais aussi en Asie avant même peut être les huns et les mongols. Ils ont été en tout cas pendant des siècles les rivaux des turco- mongols archaïques Ces centaures blancs ont finalement reflué devant les hordes aux yeux bridées plus nombreuses, confirmant l’impitoyable loi d'airain que la démographie fait peser sur la vie des peuples.
Une équipe internationale d'archéologues à Berlin a récemment annoncé qu'une momie scythe blonde et tatouée, figée dans la glace depuis 2.500 ans, a été mise au jour dans un très bon état de conservation, sur les hautes montagnes de l'Altaï,. L’Altaï, dans le sud de la Sibérie, est la principale chaîne de montagnes de la région de Sibérie occidentale où prennent naissance les principaux cours d'eau de cette région – l'Ob et l'Irtych et donc un creuset de peuples. Si l'on savait que es peuples turco-mongols y nomadisaient on ignorait en revanche que le berceau des khans avait été également parcouru par les scythes. Le corps de ce guerrier scythe a été découvert lors de fouilles, à 2.600 mètres d'altitude, en juin, dans une sépulture en forme de tertre funéraire dénommée "Kurgan", selon le président de l'institut allemand d'archéologie, Hermann Parzinger. "Nous avons juste eu à balayer une peu de poussière", a-t-il ajouté, soulignant que la tombe était pratiquement intacte au moment de cette "découverte fabuleuse". Les chercheurs ont été surpris par les cheveux blonds du guerrier âgé, selon eux, de 30 à 40 ans au moment de son décès dont les circonstances restent inexpliquées. Coiffé d'un chapeau en feutrine et vêtu d'un manteau de fourrure de castor et zibeline, le guerrier présentait des tatouages sur le torse. Il était inhumé aux côtés de deux chevaux munis de leurs selles décorées et de leurs brides, d'armes, de récipients en bois, en terre cuite et en corne, ainsi que des sculptures sur bois. Selon M. Parzinger, des restes de Scythes, nomades ayant vécu entre le VIIe siècle et le IIIe siècle av. J.-C. dans les steppes eurasiennes, avaient été jusqu'alors retrouvés seulement sur le flanc russe de l'Altaï, coté Europe. Cette découverte montre que leur territoire était plus étendu et plus asiatique.
On en apprend donc chaque jour davantage sur ces fantastiques guerriers dont la civilisation a été révélée par Hérodote. Selon l’historien grec, les Scythes habitaient originellement de l'autre côté de l'Araxe (ce fleuve serait en réalité la Volga). Pendant huit cents ou mille ans, les Scythes ont occupé l'immense steppe qui s'étend entre l'Altaï et le nord de la Mer Noire et diffusé partout leur culture originale. Peuple de tradition orale, les Scythes ignoraient l'écriture. Comme tous les peuples de la steppe qui leur succéderont, c'est vraisemblablement la pression démographique qui conduisit les Scythes à quitter leur site d'implantation originel. Au IXe siècle av. J.-C., les Hiung-Nu (Huns) sont repoussés par les Chinois et se retournent vers leurs voisins de l'ouest qui eux-mêmes repoussent leurs voisins occidentaux selon un mouvement de vagues successives. Les Massagètes s'attaquent ainsi aux Scythes, établis au Turkestan et en Sibérie occidentale, qui eux-mêmes, alliés des Assyriens, se retournent contre les Cimmériens (dont nous avons déjà parlé) qu'ils écrasèrent dans le Pont vers 638 sous le règne d'un roitelet scythe, Bartatoua.
Les ayant poursuivis, les Scythes atteignirent l'Assyrie, où ils s'allièrent au roi Assurbanipal contre les Mèdes (ancêtres présumés des kurdes). Les textes assyriens ont d’ailleurs donné les noms de deux chefs scythes : Iskpakāy et Partatûa. Changeant ensuite d'alliance, les Scythes contribuèrent à la chute des Assyriens, puis ils pillèrent la Mésopotamie et la Palestine pendant 28 ans. Ils retournèrent ensuite chez eux, mais durent affronter, selon Hérodote, les enfants de leurs femmes et d'esclaves avec lesquels elles s'étaient accouplées pendant leur trop longue absence. Il y aurait eut une impitoyable répression et même sans doute une éradication de ce peuple différent et métissé en train de naître. L'archéologie montre que les Scythes se sont établis en Ukraine au début du VIe siècle, avant l'ère chrétienne. Maîtres de toute l'Asie, qu'ils dominèrent pendant vingt ans, les Scythes s'avancèrent, en cavalcades guerrières, vers l'Egypte. En 611, Psammétique Ier vint au-devant d'eux et, en leur payant tribut, les empêcha d'aller plus avant. Ils revinrent donc en Asie, où ils multiplièrent exactions et pillages. La révolte des Mèdes conduite par Cyaxare en repoussa certains vers le nord ; tandis que d'autres s'installèrent au sud-est de la mer Caspienne ; et qu'une poignée atteignit les Indes. Mais la plus grande masse des Scythes continuèrent leur chemin vers le Caucase et la Russie méridionale.
En 512/514 av. J.-C., Darius, las de leurs incursions périodiques, lança contre eux une formidable armée, qu'il commanda en personne, de 700.000 hommes. Découragé par la stratégie scythe qui consiste à refuser le choc frontal, ce qui sera connu plus tard sous le nom de la « flèche du parthe » (les Parthes seront les grands rivaux des Romains), Darius renonce à vaincre ces turbulents nomades.
À cette époque, les Grecs fondaient des colonies au nord de la mer Noire, ce qui les mettait en contact direct avec les Scythes. Leurs relations commerciales et artistiques furent très intenses. Au IVe siècle, un roi des Scythes, Atéas, effectua une tentative d'expansion vers l'ouest. En 339 av-J.C, à l'âge de 90 ans, il fut tué par les Macédoniens lors d'une bataille sur le Danube Au IIIe siècle, les Sarmates, dont nous avons également parlé précédemment, repoussèrent les Scythes en Crimée. Sédentarisés, ils constituèrent une ethnie distincte jusqu'au IIIe siècle de l'ère chrétienne. Hérodote évoque cependant les « scythes royaux » restés nomades et réputés les plus vaillants d’entre tous.
Leur épopée en Asie est encore moins connue. On les y appelle les Sakas. Ils sont installés dans le Turkestan et poussés par les yues-tche, d’autres indo-européens oubliés ayant dominé le nord de l'Inde avant de disparaître eux aussi sous le nombre hunnique, les sakas s'emparèrent de la Bactriane dans l’Afghanistan d’Alexandre. Ils s’hellénisèrent et dominèrent le Penjab d’où ils furent chassés par les Kouchans, d’autres européens aryens conquérants de l'Inde du nord. Le sang aryen de l'Inde a donc connu plusieurs vagues après les temps védiques et aurait tenté de survivre aux disparités démographiques par le système des castes qui a bien entendu dans ses origines fondatrices un élément racial.
La barbarie guerrière a parfaitement cohabité avec le raffinement grec et les Scythes n’ont pas été amollis par l’or et la civilisation. Ils scalpaient leurs ennemis et se faisaient des manteaux des cheveux des vaincus puis ils attachaient ces trophées aux selles de leurs chevaux, ils buvaient dans des crânes délicatement décoré d'or. Leurs rois étaient enterrés dans des kourganes tumulus et l'on trouve de nombreux tombeaux dans la région de l'Ukraine et en Crimée ainsi qu'en Asie profonde. On appelle kourgane les tombes souterraines où se faisaient ensevelir les rois et les hauts dignitaires scythes dans la steppe russo-ukrainienne. Presque toutes ont été, dès l'Antiquité, visitées par des voleurs mais les fouilles archéologiques ont livré de très nombreux objets enrichissant la connaissance de cette civilisation et confirmant en grande partie le récit d'Hérodote. Leurs chefs étaient accompagnés dans l'au-delà par une de leurs femmes, par leurs principaux serviteurs ainsi que par leurs chevaux. Tous les corps étaient allongés sur le dos, la tête tournée vers l'orient. Les serviteurs étaient au préalable étranglés ou empoisonnés. Le corps du défunt reposait sur un matelas posé sur une civière ou dans un véritable cercueil décoré d'or. La coutume voulait que les rois, les reines et les grands chefs se fassent enterrer dans leurs plus beaux atours. Ils emportaient dans l'au-delà vases d'or et d'argent, rhytons, coupes, amphores pleine d'huile et de vin, chaudrons de viande, armes et vêtements. La dépouille était entourée aux quatre coins d'étendards en bronze décorés d'animaux ou de pieux surmontés de clochettes destinés à repousser les mauvais esprits. Les chevaux étaient eux aussi décorés de leurs plus beaux harnachements. Ils étaient abattus d'un coup de masse et rangés autour des chambres. Le char utilisé lors des funérailles était brisé et déposé dans la tombe.
L’inspiration de leur art est animalisée, la religion asiatique et chamanique s'articule autour de la grande déesse Tabiti et du soleil, on peut même dire qu'ils ont scythisé l’art grec, ainsi les Perses qualifiaient tous les peuples des steppes de "Caka", terme nomade signifiant "cerf". Cet animal apparaît sur de nombreux objets comme on a pu le voir dans l'exposition parisienne « l’or des scyhtes » : sur les appliques de coiffe féminine en or datant de la fin du VIIe au début du VIe siècle avant J.-C. provenant de Ternivka Mohyla ou encore sur l'ornement couronnant une tête de cheval en or datant du IVe siècle avant J.-C. provenant d'Hunivka. Certains pensent que les choses auraient changé lentement mais dés le II éme siècle avant Jésus-Christ les Scythes, peuple organisé, disparaissaient... Il reste leur incomparable travail de l’or, leurs légendes, leurs traditions et l'histoire d’un peuple européen chevauchant un empire nomade eurasiatique. Ces gens ne construisent ni villes ni remparts, ils emportent leurs maisons avec eux, ils sont archers et cavaliers, ils ne labourent pas et vivent de leurs troupeaux, ils ont leurs chariots pour demeures : comment ne seraient-ils pas à la fois invincibles et insaisissables ?" Hérodote, l'Enquête, IV On sait maintenant que l’on peut disparaître sans être vaincu, que l'insaisissable peut être submergé. Nous sommes bien les enfants d’atlantides ethniques englouties par la … démographie.
Pierre Lambert
www.les-identitaires.com
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27.03.2008
[Histoire] Ils sont d’où ces romains ?
Si tous les chemins mènent à Rome, celui qui conduit aux origines de Rome et des romains n’est pas aisé à parcourir. Pourtant tout « vieil européen » se devrait de tout connaître sur ces « vieux romains » qui ont sans doute construit le plus extraordinaire et durable empire indo-européen de l’histoire. Empire admiré, craint, haï et regretté comme nul autre. Une chose est sure : les romains sont des indo-européens du groupe latin, qui après avoir prospéré sous le joug étrusque l’ont secoué et ont unifié les leurs, puis des italiques, avant de s’imposer aux grecs du sud de la péninsule et aux celtes du nord entreprenant leur conquête du monde connu, par la première guerre mondiale de l’histoire, celle de Rome contre Carthage.
La civilisation européenne et méditerranéenne qui aurait pu être orientale avec les étrusques puis avec Carthage est devenue occidentale et ce n’est que petit à petit que Rome, orientalisé et christianisé par ses conquêtes, a perdu son âme, ses valeurs et ses vertus dans une fuite en avant démographique, au point que tout le monde devenant romain, comme on devient français aujourd’hui, plus personne ne l’était « Rome est un rêve » rappelle le vieil empereur Marc Aurèle face aux germains dans « gladiator » mais au départ Rome est surtout une légende, un mythe, une histoire magnifiée et reconstituée à l’égal comme le prouvent les recherches archéologiques israéliennes de la Bible.
Tout peuple glorifie ses origines et justifie son destin à dominer le monde par des mythes divins. Lors de la destruction de Troie -qui nous donne avec l’Iliade, le grand livre fondateur de l’ Europe- Enée fils de Vénus conduit ce qui reste du peuple de Priam sur les routes de l’ exil. Il passe comme par hasard à Carthage, dont il va bafouer la reine Didon,- fulgurance vers l’avenir des deux cités. Il sera ensuite accueilli dans le Latium ou il fondera au cœur des latins (notion englobant latins proprement dits sabins, ombriens) la ville de Lavinia du nom de son épouse, fille du roi du pays. Ses enfants vont fonder la ville d’ Albe.
Quelques générations plus tard, Rhéa Sylvia, fille d’un souverain sanguinaire du Latium, est visitée par le dieu mars et aura de cet accouplement (fréquent pour les anciens dieux), deux jumeaux : Romulus et Remus, qui, pour sauver leur vie , seront confiés au destin, en l'occurrence … une louve. On connaît la suite et la fondation de Rome , le 21 avril 753 avant JC, qui est une date de référence de l’histoire du monde pour un européen de tradition vécue et vivante.
Ainsi était enseigné aux jeunes romains l’histoire de l’Urbs, devenue capitale du monde. Mais que dit ,par rapport à la légende, la recherche archéologique et historique ?
L’Italie était habitée bien avant la fondation de Rome et l’arrivée d’Enée. Il y avait alors les ligures au nord et les sicules au sud (proto-européens). Ils seront bientôt rejoints puis largement éliminés par des envahisseurs nordistes, qui aiment construire sur les lacs et qui descendent donc progressivement du nord vers le sud. C’est la civilisation de Villanova dont est issue les latins et autres cousins sabins. Ces populations venant de la proximité de la Mer Noire, s'installent par vagues successives, dans la région de Felsina (Bologne). Cette civilisation villanovienne se répand à l'est, vers Rimini et la mer Adriatique et au sud, en Emilie, dans l'Ombrie et en Toscane. C'est dans cette région que l'occupation des sols est la plus dense avec un village tous les 10 kilomètres environ. La population se sédentarise et les habitats se fortifient. Les Villanoviens maîtrisent le fer, dont ils extraient le minerai dans l'île d'Elbe, et s'étendent jusqu'au Tibre. Au-delà de ce fleuve, une civilisation proto-latine ou latiale, est installée sur les collines de ce qui deviendra Rome. Conformément à la tradition, c'est un peuple de pasteurs, vivant en habitat dispersé, sans aucune unité politique, souvent en lutte interne, le vol de bétail étant une cause récurrente de conflits. Parfois, une union lâche se fait sur une base religieuse, ainsi, Albe regroupe une trentaine de petites communautés autour de Jupiter Latiar.
Albe la longue est une des villes importantes qui domine le Latium et dont partirent les fondateurs historiques de Rome. La légende de l'enlèvement des sabines semble indiquer une fusion entre romains et sabins imposée par la nécessité sans doute déjà démographique pour faire face aux Etrusques. Il est certain en tous cas que les étrusques dominent les latins et Rome en particulier, y imposent leurs lois puis leurs rois. Rome, par la suite, fera tout pour diffamer ou effacer le souvenir de ces civilisateurs colonisateurs.
Mais qui sont ces étrusques ? Il faut en rester encore aux hypothèses. Selon la tradition, rien n'est certain quant à leur origine et leur provenance. Tradition, représentée tout d'abord par Hérodote, ils auraient selon lui émigré de Lydie en Asie mineure, en Toscane, de Troie ravagée comme le veut l'Énéide ; selon une autre tradition, soutenue par Tite-Live, ils seraient au contraire venus du nord ; selon une troisième tradition, soutenue par Denys d'Halicarnasse, ils seraient autochtones. Les historiens ont privilégié tantôt l'une tantôt l'autre. Il y a probablement du vrai dans chacune, en ce que qu'il y eut probablement une migration depuis l'Asie mineure vers la Toscane, en groupes isolés porteurs d'une civilisation évoluée, suite à des troubles survenus dans leur zone de provenance, comme le narre la tradition, d'une famine après une guerre, mais également parce qu'attirés par les richesses minières de ce qui allait devenir l'Étrurie. Ceci expliquerait la naissance soudaine de la civilisation étrusque entre le VIIIe et le VIIe siècle av. J.-C. (la période dite « orientalisante »), et les nombreuses affinités qu'on note dans les usages et coutumes, la langue, l'art et la religion des Étrusques avec le monde égéo-anatolien.
La chute de la monarchie étrusque est une révolution nationale romaine et sans doute ethnique, il est difficile de savoir ce qui s’est passé pendant la royauté des tarquins. Mais la république marque la prise du pouvoir par les romains qui chassent une dynastie considérée alors comme…. Etrangére. Ce sont les patriciens qui s assimilaient au vrai peuple romain. Les patriciens membres d’une gens étaient les seuls citoyens Rome n’ est plus une monarchie mais une aristocratie ethnique ou oligarchique, les deux se recoupant sans doute qui cultive le culte des ancêtres et du seigneur rural.
Au dessous du peuple des citoyens vit la plèbe. C’ est la masse servile des vaincus, populations autochtones ou voisins, des exclus, des réfugiés. Tout le début de l’histoire de Rome sera une alternance de conquêtes lentes sur les ennemis de l'extérieur et de conflits internes entre patriciens et plébéiens. La clé est la démographie. C’est dire si cette vieille histoire est actuelle... La plèbe s impose petit à petit car Rome a besoin d'elle pour faire la guerre et pour des raisons économiques. On est ici en plein dans la « dialectique du maître et de l’esclave ». La plèbe était d’ailleurs mieux traitée sous les rois qu’au début de la république, ce qui confirme le clivage ethnique. Dés le début Rome a dû s’ouvrir démographiquement pour conquérir et cette condition de son expansion a également été à l’origine de sa perte. Pouvait il en être autrement ? Au début, les populations étant réduites, les conflits semblaient pouvoir être maîtrisés_. On gère mieux des collines ou même une botte, qu un monde allant des ibères aux parthes ! L’opposition patriciens - plébéiens était sans doute raciale et économique , mais la fraternité d’arme a sans doute effacé les différences, le sang versé en commun a été un puissant ciment mais la cassure d’ origine a toujours cependant existé et le consul n’ est pas un tribun de la plèbe. L’histoire de Rome sera ,jusqu’ à l’empire, une longue suite de guerres civiles dont nous connaissons maintenant les origines.
Ainsi, pour résumer, une bourgade se serait formée au cours du VIIIe s. av JC, en fait, le village se serait « associé » aux villages voisins ; Rome a été placée sous le régime de la royauté imposé par les étrusques qui sont donc à l’origine de ses premières conquêtes. La révolution de 510 est nationale et ethnique ce sont les nobles, se considérant comme seuls romains qui l'ont menée contre le roi et sa lignée étrangère pour également éviter que le pouvoir économique ne passe aux mains des commerçants plébéiens. En 510 : la République est instaurée, en fait, il s'agit plutôt d'un régime aristocratique (de type oligarchique , soit gouvernement de la noblesse). Il y avait déjà aux origines de Rome des « vieux romains » à la morgue superbe ne voulant pas être mélangé aux autres et leur refusant de faire parti du peuple descendant de Venus et de Mars.
Tout cela est d'ailleurs fort bien illustré par Coriolan. Caius Marcius Coriolanus est une figure légendaire de la République romaine archaïque. Il reçut le surnom (cognomen) de "Coriolanus" pour avoir pris la cité volsque de Corioles en 493 av. J.C.. D’après sa biographie, rédigée par Plutarque, Coriolan est un représentant de l’aristocratie et est écouté du Sénat romain. Mais après un échec de sa candidature au consulat, il s’enflamma dans de violentes attaques verbales contre la plèbe et les tribuns de la plèbe nouvellement institués. En 491 av. J.C., il fut exilé de Rome, accusé d’avoir dilapidé les fonds publics. Il se détourna de Rome et fit allégeance aux Volsques qu’il avait autrefois combattus. Coriolan persuada les Volsques de rompre le traité passé avec Rome et leva une armée d’invasion. Lorsque les troupes Volsques menées par Coriolan menacèrent Rome battue, le patrice vainqueur repoussa les ambassades envoyées pour le rencontrer. Les matrones romaines, dont son épouse Volumnia et sa mère Veturia, furent alors envoyées pour le dissuader d’attaquer. Voyant sa mère, son épouse et leurs enfants se jeter à ses pieds, Coriolan fléchit, ramena ses troupes aux frontières du territoire romain, et se retira chez Aufidius chef des Volques à Antium. Aufidius contribua à la mise en accusation de Coriolan devant son peuple, puis organisa son assassinat avant la fin du procès. L’orgueil du guerrier le poussa à la trahison au nom de ses valeurs et le mari et le fils cédèrent à la compassion qui causera leur perte.
Il faudrait sans arrêt relire l’histoire de Rome car d'où que viennent vraiment les fils de la louve et les porteurs des aigles, nous sommes tous à un moment ou un autre des …. Romains.
Article paru dans Id Magazine 10
Pierre Lambert
http://www.les-identitaires.com/
09:16 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rome
25.03.2008
[Histoire] Callixte Ier
Callixte Ier
L’esclave devenu pape. D’une extrême habileté, d’une grande humanité, d’une foi ardente en Dieu, il se heurta aux opinions de l’époque.
Calliste fut d’abord à Rome l’esclave d’un maître chrétien, Carapophore, qui, reconnaissant son habileté naturelle, lui confia la responsabilité de la banque qui gérait son propre argent et celui d’autres chrétiens. L’argent fut perdu on ne sait comment et Calliste, pris de panique, s’enfui à Rome. Il fut repris à Portus et condamné aux travaux forcés.
Heureusement pour lui, les créditeurs de la banque demandèrent sa liberté. Mais il fut peu après arrêté pour avoir déclanché une rixe dans une synagogue, peut être en recherchant l’argent volé. Cette fois il fut fouetté et envoyé dans les mines de Sardaigne. La chance lui revint et il fut relâché avec d’autres chrétiens à la requête de Marcia, maîtresse de l’empereur Commode.
Un condamné devient Pape.
Il fut ensuit chargé d’un cimetière chrétien sur la voie Appienne (connu aujourd’hui sous le nom de cimetière de Saint Calliste) qui contenait, entre autres, les corps de la plupart des évêques de Rome. Puis il devint diacre du Pape Zéphyrin. Celui-ci apprécia ses talents de son protégé, se prit d’une grande amitié pour lui et l’employa comme conseillé.
A la mort de Zéphrin en 217, Calliste fut élu pape. Un autre candidat nommé Hippolyte, l’accusa d’être sabellien (en fait Calliste condamna Sabellius et son hérésie qui niait la Trinité) et d’être un mauvais pape parce qu’il accordait trop facilement le pardon aux pécheurs repentants.
La politique de Calliste était en effet si indulgente qu’elle irritait les rigoristes : il admettait à la communion les meurtriers et les adultères repentants, conservait les évêques qui regrettaient sincèrement des péchés mortels et, contre la loi romaine, reconnaissait les mariages entres les esclaves et femmes libres.
Sans doute se souvenait-il de son passé, mais n’était-il pas aussi sensible à la situation difficiles des femmes chrétiennes dans la société patriarcable romaine.
Sa mort et son culte.
La controverse conduisit à un schisme : Hippolyte, à la tête des rigoristes, se déclara lui-même antipape. Calliste semble avoir été tué dans une émeute (il n’est pas fait mention de persécution officielle). Il a été vénéré comme martyr à partir du IV siècle. Il fut enterré sur la voie Aurélienne. La plupart des informations le concernant viennent de son ennemi, Hippolyte, ou d’un autre opposant, Tertulien, mais elles reflètent néanmoins ses grandes qualités.
www.zentropa.info
18:55 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.03.2008
[Histoire] Mai 68
Les événements de mai 68 ont constitué un défi souvent joyeux à toutes les formes d'autorité dans une France en pleine croissance mais aux structures encore rigides, soulignent divers experts ou acteurs de la période.
"L'anti-autoritarisme est une composante essentielle du mouvement de Mai 68", considère Patrick Rotman, auteur de plusieurs livres et documentaires sur ces événements. "Il s'élève contre la rigidité de tous les appareils verticaux et des institutions qui structurent et encadrent traditionnellement la société: le pouvoir politique, l'école, l'entreprise, l'Eglise", ajoute Rotman, à l'époque jeune étudiant trotskiste.
Cela avait un côté "joyeux et rigolo" même si cela comportait "une part de violence" et que cela aurait pu "basculer dans quelque chose de terrible" lors des émeutes du 24 mai, note-t-il.
Mai 68, "c'est la révolte contre les pères, contre la société traditionnelle", souligne Sharon Elbaz, commissaire de l'Historial Charles de Gaulle qui retrace notamment les dernières années de présidence du général de Gaulle.
La sphère privée a été particulièrement influencée par les événements de mai. Dans les années 1960, "les relations homme/femme, parents/enfants étaient encore très figées, très archaïques. Ces cadres rigides, qui subissaient déjà quelques craquements, ont explosé en mai-juin et surtout après", indique à l'AFP Michelle Zancarini, professeur d'histoire contemporaine à l'université de Lyon I.
Jusqu'en 1965, les femmes mariées n'avaient pas le droit d'ouvrir un compte en banque ni de travailler sans l'autorisation de leur époux.
Dans la foulée de mai 68, seront votées plusieurs lois importantes pour les couples: autorité parentale partagée (1970), réforme du divorce (1975), légalisation de l'avortement (1975), souligne Mme Zancarini.
"La façon d'éduquer les enfants change totalement", ajoute cette historienne. L'enfant est désormais considéré comme une personne à part entière, autorisé à s'exprimer à table, à prendre la parole.
Dans l'enseignement, les figures du mandarin ou du maître tout puissant sont particulièrement contestées.
Les lycéens remettent des cahiers de doléance où ils réclament de pouvoir avoir des délégués de classe, des carnets de correspondance ainsi que la mixité des classes. Celle-ci deviendra obligatoire pour le primaire et le secondaire en 1975.
En 1970, les "surveillants généraux", souvent perçus comme des adjudants sont remplacés par les conseillers d'éducation soucieux d'"animer" et d'"éduquer", rappelle Muriel Darmon, chercheuse au CNRS, dans une étude sur l'évolution de la discipline dans un lycée de province entre 1940 et 1970.
Le patronat autoritaire ou paternaliste est remis en cause. "Dans près d'un quart des entreprises en grève, les ouvriers réclament plus de considération de la part de leurs contremaîtres et la question du pouvoir dans l'entreprise est au centre des discussions", souligne Patrick Rotman.
Le terme d'autogestion apparaît en 1968. Le concept, porté par la CFDT, connaîtra son heure de gloire dans les années 1970, notamment avec la reprise du fabricant de montres Lip par ses salariés en 1973.
Dans certaines entreprises, "le management a récupéré les revendications sur l'autonomie pour réorganiser le processus de travail", relève Michelle Zancarini. Les postes de travail sont ainsi éclatés en petites unités.
"Après mai 1968, les rapports de pouvoir n'ont pas disparu mais ils se sont modifiés. On impose moins, on discute, on informe, on négocie davantage, dans la famille, au sein du couple, au lycée, dans l'entreprise, dans la cité", estime Henri Weber, un "ancien" de 68, dans un essai intitulé "Faut-il liquider mai 68?"
www.orange.fr
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17.03.2008
[Histoire] L’hommage de la Nation au dernier poilu : des relents de xénophobie ?
L’hommage de la Nation au dernier poilu : des relents de xénophobie ?
17/03/2008 – 08h00
PARIS (NOVOpress) – Une hommage solennel sera rendu aujourd’hui à Lazare Ponticelli, le dernier poilu, décédé le mercredi 12 mars à l’âge de 110 ans, ainsi qu’aux 8,5 millions de soldats de la Grande guerre.
Les obsèques religieuses se dérouleront ce matin, à 11h30, en l’église Saint-Louis des Invalides, dite « l’Eglise des soldats ». Puis, à 13h, les honneurs militaires lui seront rendus dans la cour d’honneur de l’Hôtel des Invalides, lieu traditionnel des cérémonies militaires.
L’après-midi, une seconde cérémonie se déroulera à l’Hôtel national des Invalides. Nicolas Sarkozy déposera une gerbe en hommage aux 8,5 millions de poilus devant une plaque portant les mots: « Alors que disparaît le dernier combattant français de la première guerre mondiale, la nation témoigne sa reconnaissance envers ceux qui ont servi sous ses drapeaux en 1914-1918. La France conserve précieusement le souvenir de ceux qui restent dans l’Histoire comme les Poilus de la Grande guerre ».
Curieusement, la Halde et les ligues de vertus antiracistes demeurent muettes face à cet incroyable éloge de ce qui fut, à l’époque, une intolérable manifestation de xénophobie, de discrimination, d’exclusion et de refus de l’autre…
www.novopress.info
17:00 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.03.2008
[Histoire] Notre devoir de mémoire : Pierre Drieu La Rochelle
Pierre Drieu La Rochelle est né le 3 janvier 1893 et mort le 15 mars 1945 à Paris. En 1907, alors âgé de 14 ans, il découvre Ainsi parlait Zarathoustra, de son futur maître à penser Friedrich Nietzsche. Après un séjour en Allemagne et en Angleterre, il se définit comme « germanophile et anglomane ».
La guerre de 1914 éclate, il sert dans l’infanterie et sera blessé trois fois. Le choc de la guerre le marquera à jamais et déterminera toute son œuvre à venir*.
Au lendemain de la guerre, il se lie d’amitié avec Aldous Huxley, l’auteur du roman d’anticipation Le meilleur des mondes. Il dévore les livres de Shakespeare, de Gœthe, de Schopenhauer, de Dostoïevsky, de Proudhon, de Sorel, de Barrès, de Kipling, de Péguy, de Guénon, et de Maurras. Ses premiers poèmes sont publiés en 1917 avec Interrogation. Entre 1920 et 1924, il est tenté par le dadaïsme, se rapproche des surréalistes André Breton et Paul Éluard, et l’on peut voir apparaître son nom dans La Revue Littérature. Il devient l’ami de Louis Aragon. Mais en 1925, il signe un article historique dans la N.R.F. : la véritable erreur des surréalistes, qui le sépare pour toujours de l’avant-garde. Entre-temps, il écrit et alterne entre essai lyrique, Mesure de la France, et roman analytique, L’homme couvert de femmes. En 1926, il rencontre Emmanuel Berl lors de son passage à La Revue hebdomadaire. 1927 est l’année de l’amitié majeure de Drieu avec André Malraux qui sera fidèle à sa mémoire jusqu’au bout. Il écrit des articles pour Bertrand de Jouvenel à La Lutte des Jeunes en 1934 et fait la connaissance du militant Pierre Andreu, son futur biographe.
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13.03.2008
[Histoire] Décès du dernier poilu de la Grande Guerre
Décès du dernier poilu de la Grande Guerre
Lazare Ponticelli, dernier poilu de la guerre de 14, est décédé mercredi à l’âge de 110 ans.
Né en Italie en 1897, Lazare Ponticelli arrive en France à l’âge de 9 ans. En août 1914, il s’engage dans la Légion étrangère et, jusqu’à l’entrée en guerre de l’Italie aux côtés des alliés, participe aux combats sous l’uniforme français. En mai 1915, il ira rejoindre avec ses camarades italiens de la Légion le 3e régiment de chasseurs alpins italien. Il se bat alors contre les Autrichiens dans les montagnes du Tyrol.
Il aimait à rappeler que les propos que s’échangeaient les soldats des deux camps n’étaient pas toujours haineux : « Pourquoi se bat-on ? ». Blessé, opéré puis envoyé en convalescence à Naples, il retrouve en 1918 et jusqu’à la fin de la guerre les combats de première ligne, près de Monte Grappa.
Fin janvier, la mort de Louis de Cazenave avait fait de Lazare Ponticelli l’ultime combattant français de la Première Guerre mondiale. Il se résigne alors à l’éventualité d’obsèques nationales, ce qu’il avait par principe toujours refusé. Mais “sans tapage important ni de grand défilé, au nom de tous ceux qui sont morts, hommes et femmes”
Une messe sera dite en l’église Saint-Louis des Invalides, à Paris, lundi prochain.
Alors que la République organise méthodiquement l’invasion du territoire par des populations allogènes, sa caste dirigeante, toutes tendances confondues, se paie l’incroyable culot de rendre un vibrant hommage au dernier poilu. De toutes parts, ce ne sont qu’envolées lyriques de fin de banquet républicain et dithyrambes à « la Patrie envahie », au « patriotisme héroïque et douloureux », à « la liberté », à « notre mémoire », à la « défense de notre nation et ses idéaux »… Pitoyable.
L’héroïsme des nôtres, luttant dans une guerre fratricide pour le plus grand profit de puissances financières d’un cynisme absolu, n’a que faire de ces paroles hypocrites.
Henri Dubost pour Novopress France
www.novopress.info
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