23.04.2008

[France] Un an déjà ...

583167912.jpgSelon une étude Ifop Fiducial 72% des Français se disent mécontents du bilan de Nicolas Sarkozy, contre 28% qui s’affirment satisfaits.

- 65% des Français pensent que Nicolas Sarkozy n’a pas tenu ses promesses.

- 58% des Français disent ne pas faire confiance au président pour “mettre en place les réformes nécessaires.

- 81% des Français rejettent l’engagement supplémentaire de la France en Afghanistan.

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21.04.2008

[France] Derrière l'humanitaire , l'économie planétaire

1665967257.jpgL'association dirigée par Robert Ménard, qui a pris la tête de l'opposition aux JO de Pékin, bénéficie du soutien financier de chefs d'entreprise.

Si l'activisme humanitaire était une discipline olympique, cet été à Pékin, les trois lettres de Reporters sans frontières brilleraient sur la plus haute marche du podium. Même un juge de la République populaire de Chine serait obligé de reconnaître la performance de l'organisation qui s'est juré de gâcher les Jeux des Chinois. Cette semaine, les militants de RSF se sont rendus à l'assemblée générale des actionnaires de Coca-Cola, dans l'État du Delaware aux États-Unis. Sous le regard abasourdi et bienveillant des petits porteurs américains, les dirigeants du principal sponsor du relais de la torche, ont dû répondre aux questions comminatoires de Lucie Morillon, la représentante à Washington de RSF. Elle a intimé à Neville Isdelle, le PDG de la firme, de prendre position en faveur des libertés en Chine et de créer un fonds de soutien aux familles de prisonniers politiques. Ce dernier, visiblement embarrassé, a éludé en rappelant les valeurs de l'olympisme et de sa compagnie. La bataille contre les marques qui se sont associées aux JO vient de commencer. Prochaines cibles : McDonald's toujours aux États-Unis, Adidas en Allemagne, Omega à Genève, Atos Origin à Paris… «Chaque fois nous allons leur proposer de signer une charte sur les droits de l'homme en Chine, précise Lucie Morillon, ils doivent prendre position. Sinon nous irons jusqu'à demander aux consommateurs de boycotter leurs produits.»

RSF, qui s'oppose depuis 2001 à l'attribution des JO aux Chinois, veut également obtenir des chefs d'État occidentaux qu'ils refusent de participer à la cérémonie d'ouverture du 8 août prochain. Les hostilités ont éclaté le 30 mars dernier sur le mont Olympie, près d'Athènes, le jour du départ de la flamme. Robert Ménard, le fondateur de l'association, et deux comparses ont déroulé derrière un officiel chinois une banderole sur laquelle des menottes avaient remplacé les célèbres anneaux. Quelques jours après ce premier coup d'éclat, à l'occasion du catastrophique passage de la flamme dans la capitale française, le même Ménard a escaladé de nuit la façade sud de Notre-Dame pour y hisser son emblème et le drapeau tibétain. En fin de semaine, il tiendra une conférence de presse à Tokyo qui accueillera la torche à son tour puis il devrait se rendre à Nagano pour manifester aux côtés de militants japonais.

En quelques mois, RSF, ONG française de 25 salariés à Paris, avec seulement 5 bureaux à l'étranger et une dizaine de sections à travers le monde, est devenu la bête noire du géant chinois.

La facilité avec laquelle l'association spécialisée dans la défense de la liberté de la presse a pris la tête de l'opposition aux JO de Pékin a ravivé les rumeurs qui circulent depuis plusieurs années sur son compte. Créée en 1985 à Montpellier, elle serait dit-on financée aujourd'hui par les anticastristes, l'extrême droite américaine, infiltrée et manipulée par les agents de la CIA. Des centaines d'articles lui sont consacrés sur Internet et le sujet anime nombre de forums de discussion aux relents conspirationnistes et antiaméricains. Les sources d'information proviennent majoritairement de médias cubains. Maxime Vivas, un romancier toulousain, actuellement en villégiature en Chine cela ne s'invente pas , vient de publier un ouvrage chez l'éditeur belge Aden, qui reprend cette théorie. Mais la démonstration de celui qui se présente comme le «référent littéraire» du groupe altermondialiste Attac n'est guère concluante. Parmi les détracteurs de RSF, on retrouve également Thierry Meyssan, l'homme qui présente les attentats du 11 Septembre comme un complot interne aux États-Unis et nie le crash d'un avion sur le Pentagone.

 

Bureau de style et techniques marketing

En réalité, RSF perçoit depuis 2005 une subvention de quelque 35 000 euros de la National Endowement for Democracy (NED), association américaine de promotion de la démocratie dans le monde. La somme allouée à Reporters sans frontières est destinée à l'aide aux journalistes en Afrique. Depuis 2002, le Center for a Free Cuba, fondé par les anticastristes de Miami, lui verse quelque 64 000 euros. Ces deux subventions représentent moins de 2,5 % du budget total de l'association. L'argent des deux fondations américaines n'en a pas moins provoqué des remous chez certains militants de RSF. Les sections allemande et espagnole ont notamment plaidé pour un abandon de ces subsides. «En y renonçant nous donnerions du crédit à ces calomnies fondées sur un antiaméricanisme nauséabond et une sympathie incompréhensible pour le régime castriste. Ce pays arrive juste après la Chine par le nombre de journalistes incarcérés dans ses geôles», s'insurge Robert Ménard. «Pourtant nous pouvons vivre très largement sans cet argent…», poursuit-il.

C'est un fait indéniable. RSF dispose d'un confortable budget de près de 4 millions d'euros qu'il finance avant tout par ses activités éditoriales. Si Robert Ménard n'est pas un homme d'argent, ce fils de commerçant a un vrai sens du business. La vente de calendriers et de trois livres de photographie assure près de 60 % de ses revenus annuels. Les albums, généralement réalisés par de grands artistes qui abandonnent leurs droits, sont distribués gratuitement par les Nouvelles Messageries de la presse parisienne (NMPP) et les kiosquiers. Du coup, les 9,90 euros du produit de la vente de chaque exemplaire vont intégralement dans les caisses de RSF. Des opérations spéciales comme des ventes aux enchères ou la diffusion de produits dérivés améliorent encore l'ordinaire. En 2008, RSF pourra par exemple compter sur la vente des tee-shirts noirs Pékin 2008 avec les menottes en guise d'anneaux. Depuis le début de l'année, les commandes se sont envolées et le chiffre d'affaires réalisé dépasse le million d'euros… Un coup de chance ? Pas vraiment. Ils ont été dessinés par un bureau de style, et les tissus choisis avec soin… Robert Ménard a d'ailleurs dans son équipe une ancienne de chez Price Waterhouse, rompue aux techniques du marketing, qu'il paye presque aussi bien que lui, soit un peu moins de 5 000 euros.

Les dons d'entreprises et de fondations privées apportent plus de 20 % des ressources. Sanofi-Aventis est le plus généreux mécène de l'association. Chaque année la direction de la communication du groupe pharmaceutique lui signe un chèque de quelque 400 000 euros. Le PDG de Sanofi, Jean-François Dehecq, a rencontré Robert Ménard à Montpellier où la firme possède l'un de ses plus importants sites de production. Et lui est resté fidèle.

 

«Aider près de 1 500 journalistes»

En 2007, François Pinault a fait son entrée parmi les «amis» de RSF. L'ancien patron de PPR a en effet permis à Robert Ménard d'acquérir 180 mètres carrés de bureaux rue Vivienne à Paris, à quelques mètres des Grands Boulevards de la capitale. Outre une aide financière, Pinault a également demandé à un de ses conseillers de gérer l'ensemble de l'opération immobilière d'un montant total de 2,5 millions d'euros. RSF peut également compter de façon plus ou moins occasionnelle sur le soutien de la Fondation de France, de l'Open Society Institute de George Soros, du Sigrid Rausing Trust ou encore de Benetton. Les subventions publiques comptent pour moins de 10 % du total des recettes, un niveau équivalent à celui des dons des particuliers. «Les journalistes ne suscitent pas la générosité du public», explique Fanny Dumont, ancienne responsable des finances de RSF. À côté de ces généreux mécènes, Robert Ménard s'appuie sur son carnet d'adresses pour relayer ses combats. De la comédienne Carole Bouquet à Patrick Poivre d'Arvor, Christine Ockrent en passant par le photographe Yann Arthus-Bertrand, les people n'hésitent jamais à lui venir en aide. Stéphane Courbit, fondateur d'Endemol France, va participer à l'augmentation de Médias, une revue d'analyse dont RSF détient 20 % du capital et que dirige Emmanuelle Duverger, l'épouse de Robert Ménard.

Mais cette exposition permanente a un coût. En 2007, les opérations de mobilisation des médias ont englouti près de 20 % des dépenses de l'association. Avec l'opération Pékin, la note devrait être encore plus salée en 2008. «Cette visibilité nous permet d'aider près de 1 500 journalistes chaque année et de soutenir financièrement les familles. Personne ne vient m'interviewer lorsque je veux parler des problèmes des journalistes érythréens», justifie Robert Ménard. C'est en effet dans les cortèges des manifestations pour la libération d'Ingrid Betancourt, les tractations pour celle des journalistes pris en otages en Irak, Chesnot, Malbrunot et Aubenas, que Ménard a imposé l'image de Reporter sans frontières. Plus que par la diffusion de ses rapports sur l'état de la presse dans le monde. Au Qatar, RSF vient de prendre en charge pour le compte de Sheikha Moza, la mère du prince héritier, la création d'un Centre international de la presse, entre Villa Médicis et mémorial de la presse du monde arabe. Une nouvelle diversification pour cette singulière PME de l'humanitaire devenue spécialiste en événementiel.

www.lefigaro.fr 

17.04.2008

[France] Beaucoup de bruit pour rien

1415921112.jpgBeaucoup de bruit pour rien
Europae Gentes (http://www.europaegentes.com)

Comme on excitait jadis la Plèbe de la Rome Antique décadente, on assiste aujourd’hui à une tyrannie médiatique jouant sur la corde des tripes et de l’émotion. L’affaire de la banderole brandie par les supporters du PSG à l’occasion du match opposant leur équipe à celle de Lens, en est l’illustration.
Elle occupe depuis quelques jours les colonnes de la presse et les écrans de la Télévision. Il n’est pas un journaliste sportif qui ne se croit obligé de feindre une mine indignée pour commenter cet événement comme s’il s’agissait d’un crime contre l’humanité ou d’un infanticide.

Certes, on en conviendra, elle ne brille pas par son esprit ni par son bon goût. Mais elle est ni plus ni moins provocatrice qu’un titre de Charlie Hebdo qui jusque là bénéficie d’une certaine mansuétude de la part des tribunaux lorsque ce journal satyrique s’en prend avec véhémence voire avec violence à l’Eglise, au Pape ou aux religions. Au point que l’avocat de SOS RACISME Francis Terquem défendait dans cette affaire dite de la « banderole » le droit au mauvais goût.

Pour autant, on ne peut s’empêcher de penser à propos de cette affaire au titre d’une comédie de Shakespeare : « Beaucoup de bruit pour rien ». Car au fond, après une intervention du Chef de l’Etat – qui lui n’a rien remarqué à l’occasion de ce match où il était spectateur - une déclaration du Premier Ministre et un appel du député de Lens aux services secrets, ne frise-t-on pas le ridicule ?

Le premier à avoir réagi avec sagesse est l’Avocat Général Philippe Bilger qui, sur son blog, relève à juste titre que plus la société et l’Etat se montreront incapables d’assurer l’ordre public social et le bien commun, plus ils auront besoin de « dérivatifs » pour faire oublier les véritables problèmes de criminalité ; plus aussi notre société délitée aura besoin d’un bouc émissaire censé jouer le rôle du méchant du film et incarner le mal absolu afin de recréer un semblant d’unanimité sociale contre une victime désignée et idéale. Cela existe depuis la nuit des temps et le philosophe René Girard en a fait le fil conducteur de sa théorie.

Lorsque 90 policiers se font blesser par balles à Villiers le Bel avec l’ordre de ne pas riposter ou que plusieurs centaines de salariés d’Arcelor Mittal se retrouvent sans emploi, victimes d’une mondialisation implacable où l’Etat s’avère incapable d’assumer son rôle régalien et d’incarner la souveraineté contre les désordres intérieurs et extérieurs, n’est –ce pas beaucoup plus grave que cette histoire de banderole mettant en jeu quelques supporters adolescents ?

Lorsque les plus hauts dignitaires de l’Etat demandent à ce que les auteurs de ces faits soient sanctionnés avec la plus grande fermeté, ils s’emballent au point d’oublier les principes essentiels d’indépendance de la Justice et sortent de leur rôle régalien pour devenir les jouets aveugles de la tyrannie de l’émotion et des mass-média.

Mais surtout lorsqu’on connaît les listes d’attente pour obtenir une expertise ADN dans les dossiers criminels, faire de cette histoire une priorité d’Etat pour une malheureuse banderole dénote un souverain mépris pour les véritables victimes et pour les contribuables.

Enfin, lorsque les avocats de la défense sont prévenus par les policiers de la garde à vue de leurs clients après qu’une dépêche de l’AFP soit communiquée, en violation du secret de l’instruction, on mesure à quel point la dictature de l’émotion s’est substituée à la sagesse du droit et des règles de procédure, sœurs jumelles des libertés.

Il est plus que temps de revenir à la raison et au bon sens…

Frédéric Pichon
Avocat à la Cour

14.04.2008

[France] Le gouvernement fait marche arrière

2018499459.jpgPar Altermédia

Devant la levée de boucliers, le chef de l’Etat est contraint de faire marche arrière sur la suppression de la carte de famille nombreuse.

La subvention versée par l’Etat à la SNCF pour financer cet avantage familial sera maintenue mais compensée par un dividende supplémentaire versé à l’Etat par l’entreprise publique.

En clair, le dividende perçu par l’Etat sur le bénéfice de la SNCF sera augmenté de 70 millions d’euros, soit l’équivalent du coût de la mesure.

Pressée par les journalistes, Nadine Morano, secrétaire d’Etat aux transports a toutefois concédé: “Admettons que la SNCF vienne à être déficitaire dans deux ou trois ans, il y aurait toujours ce financement“.

On verra…

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12.04.2008

[France] A qui profite le crime ?

1743248255.jpgA qui profite le crime ?

C’est, encore et toujours, la bonne question lorsque éclate, une fois de plus, une affaire aussi sordide que la profanation de la nécropole militaire de Notre-Dame-de-Lorette, près d’Arras. Nécropole impressionnante, où les interminables rangées de tombes rappellent à ceux qui l’oublieraient la folie meurtrière des deux guerres mondiales. Ici
reposent des gens tombés pour leur terre, d’autres pour une terre qui n’était pas la leur et qui, de ce fait, ont été doublement des victimes : victimes de la grande boucherie et victimes d’une idéologie jacobine qui mêlait, en fonction des besoins de chair à canon, des hommes qui n’avaient pas les mêmes racines et dont, par conséquent, la patrie (la « terre des pères ») n’était, de fait, pas la même. Tous les mensonges officiels n’y feront rien : les Africains et Asiatiques importés par la République pour être jetés et sacrifiés dans des guerres absurdes qui ne les concernaient en rien, sont morts pour rien. Mais ils sont morts, sans doute sans toujours comprendre pour quoi, et ceux qui ne respectent pas les morts, tous les morts, ne méritent aucune pitié, aucun pardon tant leur bassesse d’âme est totale.

Pourquoi agir ainsi ? Et qui agit ainsi ? Des individus qui, à l’évidence, sont des débiles manipulés, comme on en trouve facilement pour toutes les provocations. Mais la vraie question est : au service de qui et de quoi ? Au moment où la question de l’identité nationale est posée avec de plus en plus d’acuité, où beaucoup s’activent pour nous expliquer que l’avenir de la France et de l’Europe passe par l’africanisation, on peut se poser quelques questions sur l’exploitation d’une émotion justifiée après de tels actes. Les bonnes questions. Les réponses étant faciles à trouver.

Pierre Vial

08.04.2008

[Immigration] L'aide au retour ... en France !

“Le ministre de l’immigration achète, grâce à l’Anaem (Agence nationale d’accueil des étrangers et des migrations, ndrl), plusieurs milliers de retours au pays qui vont lui permettre d’atteindre ses quotas”, écrit, dans un communiqué, le collectif Romeurope, à la veille de la journée internationale des Roms.

Selon ce collectif, “le discours est simple”: +retournez dans votre pays, nous paierons votre voyage de retour, nous vous donnerons de l’argent et nous vous aiderons à votre arrivée+”.

“Depuis quelques mois, l’Anaem recrute dans les bidonvilles où des familles roms roumaines et bulgares sont contraintes de trouver un abri”, assure le collectif qui qualifie de “pervers” le système mis en place par le ministère de l’Immigration.

“Des familles roms installées, pour certaines en France depuis quelques années, qui y ont établi des liens (scolarisation des enfants, emplois, suivi médical), rompent ces liens pour retourner en Roumanie et bénéficier de cette somme”, déplore le collectif.

Romeurope estime que ce système est “un échec” puisqu’il avait “pour objectif de diminuer le nombre de personnes présentes en France” et que les sommes distribuées attirent en fait de nouveaux venus très pauvres de Roumanie. Il rappelle que l’argent promis (300 euros par adulte et 100 euros par enfant) est très attractif au regard de la situation en Roumanie où le salaire moyen est de 194 euros par mois.

Ces aides au retour sont “d’autant plus absurdes” qu’en tant que ressortissants européens, les Roms peuvent revenir quand ils le souhaitent et sont parfois comptabilisés plusieurs fois dans les quotas, ajoute Romeurope.

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07.04.2008

[France] Un rapport explosif

772533361.2.jpgExclusif : le rapport explosif sur la France, enterré sous Sarkozy place Beauvau
Par Vincent Nouzille & Nicolas Beau.


« Quand il est urgent, c’est déjà trop tard ». Cette phrase de Talleyrand figure en introduction d’un rapport confidentiel de prospective sur la France et les missions du ministère de l’intérieur, en date du 28 mars 2006. Un rapport épais, de 560 pages, qui établit des scénarios alarmistes sur la société française (Mai 1968, en version noire), qui brosse un bilan cruel du rôle de l’Etat et en appelle à sa modernisation rapide.

Ce document, couvé par un certain Daniel Canepa, pilier du ministère de l’Intérieur, proche de Claude Guéant, le bras droit de Nicolas Sarkozy, a été élaboré par les consultants du groupe Futuribles pour le ministère, quand Sarkozy était en poste place Beauvau [1]. Hasard ? Il a été achevé au moment des grandes manifestations contre le Contrat Première Embauche, qui ont dû faire reculer le gouvernement de Villepin, ce qui a pu influencer un peu ses auteurs. Depuis, il a été enterré… Cachez ces scénarios noirs que nous ne saurions voir. En mars 2006, vu la situation tendue, il était, visiblement, « urgent » d’attendre… Le rapport s’est ensuite empoussiéré dans des placards. Mais Bakchich s’en est, récemment, procuré une copie et en révèle, ci-dessous, des extraits particulièrement instructifs.

Alors que le Président de la République doit, vendredi 4 avril au matin, prononcer un discours jugé important sur la « modernisation des politiques publiques » et la « réforme de l’Etat », la lecture de ce rapport, mis au placard depuis deux ans, mérite le détour. D’autant que, selon nos informations, la « réforme de l’Etat » annoncée depuis des lustres, serpent de mer politique, a des allures de Titanic. Le chantier de la « revue générale des politiques publiques », vaste kärcherisation de toutes les dépenses de l’Etat initiée par l’Elysée, est en train de tourner au vinaigre.

En coulisses, les ministères s’étripent sur les budgets qui risquent d’être gelés, voire annulés, pour cause de rigueur ou de sauve-qui-peut. La confusion règne sur l’avenir budgétaire du « plan banlieue » (signé Fadela Amara), du « revenu de solidarité active » (défendu par Martin Hirsch) ou du « Grenelle de l’environnement » (cher à Jean-Louis Borloo). La marmite scolaire bout, pour cause de réductions d’effectifs, tandis que le ministère de la Défense, qui doit envoyer 1 000 soldats de plus en Afghanistan, va être contraint de jongler avec ses cagnottes avant de faire une croix sur certains programmes d’armement.

Des lettres aux préfets qui se téléscopent

Pis : la zizanie règne même au ministère de l’Intérieur et des collectivités territoriales, le cœur du pouvoir régalien, piloté par Michèle Alliot-Marie (MAM). Le Premier ministre, François Fillon, a envoyé, le 19 mars, une longue lettre à tous les préfets, qu’il doit réunir prochainement, expliquant leur feuille de route dans le malström de la décentralisation. Un plan d’action jugé assez obscur, où les régions doivent se renforcer, les départements se développer… et les préfets, derniers représentants d’un Etat en miettes, jouer un rôle « déterminant » dans la concertation de tout le monde !

Prenant sa plus belle plume, Daniel Canepa, passé de la place Beauvau à la préfecture de région Nord-Pas-de-Calais, a aussi écrit, mi-mars, en tant que président de l’association du corps préfectoral, à tous les préfets pour dire le mal qu’il pensait des réformes en cours, engagées, selon lui, « en dépit du bon sens ». Et le sieur Canepa, qui a toujours l’oreille de Guéant, de tirer à boulets rouges sur le ministère. Du côté de MAM, les oreilles ont sifflé. Et les préfets, ballottés et déshabillés de nombreux pouvoirs, ne savent plus qui écouter, ni par où commencer !

Pendant ce temps, la France s’enfonce dans la crise économique et sociale et l’Etat part toujours en quenouilles… « Quand il est urgent, c’est déjà trop tard » disait Talleyrand…

A vous de juger, maintenant, du contenu de ce rapport détonant, qui pronostiquait quelques explosions…

Les scénarios à l’horizon 2010-2020 : si la France allait dans le mur !

1-Le premier scénario est titré « Une France incertaine dans un monde tumultueux »

Il s’agit de la simple extrapolation des tendances passées. Rien de très farce, en vérité : un « état récessif et graduel », de « déclin progressif que rien ne paraît de nature à enrayer », avec une économie « atone », un chômage « endémique », des institutions publiques réduites à « l’impuissance »…

Le rapport précise : « la multiplication des niveaux d’administration publique et le double processus de décentralisation et de déconcentration, l’un et l’autre largement inachevés, forment un maquis dans lequel les acteurs ont embourbés et qui entraîne une désaffection des citoyens vis-à-vis de la chose publique. » Bref, le tableau actuel est sombre, et l’avenir peu réjouissant, dans un climat général « d’incertitude » et de « demande croissante de sécurité à laquelle s’efforce prioritairement de répondre la puissance publique en appelant en permanence au dévouement et à la compétence de ses agents- qui courent au plus pressé ». De quoi vous mettre le blues pour la journée.

2-Le deuxième scénario, plus noir, traite de « l’implosion de la société française dans un monde tumultueux ».


Le contexte international est alors marqué par la dégradation de la situation, une Union européenne réduite à une zone de libre-échange, des délocalisations industrielles massives. Le chômage s’accroît, tout comme les inégalités sur le marché du travail et le poids des dépenses de retraites et de dépendance des personnes âgées.

Résultat : « La privatisation de nombreux services publics et le repli de l’Etat dans une fonction de maintien de l’ordre et d’ajustement au jour le jour, malgré une aggravation de la situation, permettent de résister péniblement à des explosions majeures ». Les experts travaillant pour le ministère de l’intérieur sont décidément très euphoriques !

3-Le troisième scénario va encore plus loin dans la cata. Il est titré « Décomposition de la France dans un monde traumatisé ».


Accrochez vos ceintures pour la descente aux enfers. A l’extérieur, ce scénario cumule les catastrophes écologiques, l’aggravation du terrorisme, le repli des Etats-Unis sur « fortress America », des troubles en Asie et au Moyen-Orient, l’expansionnisme russe, l’ébullition méditerranéenne et des conflits européens « générés par l’éventuelle adhésion de la Turquie ».

A tous ces malheurs, s’ajoutent, au plan domestique, des heurts entre générations et des révoltes sociales. « Des explosions majeures interviennent dans les banlieues mais aussi parmi les étudiants et sont relayées par une grande partie des classes moyennes qui voient leur situation se dégrader. » Le spectre d’une crise majeurs, type mai 1968, mais en bien pire !

Les effets sont désastreux : « les personnes les mieux nanties n’ont qu’une idée : partir à l’étranger. Se développe une économie souterraine qui échappe à tout contrôle. Le mécontentement général de la population se traduit par un climat de défiance généralisée, par une évasion fiscale sans précédent. »

De plus, les auteurs de ce scénario ne voient pas ce que l’Etat peut faire : « Les pouvoirs publics, manifestement surpris par l’ampleur des événements, n’ayant pas eux-mêmes réussi à moderniser leur administration et à accroître l’efficacité de leurs services, se trouvent cernés de toute part par les urgences et incapables d’y faire face ».

Du coup, une bombe politique se profile, avec la menace d’un régime autoritaire : « plusieurs gouvernement successifs ayant ainsi été obligés de démissionner car ils étaient totalement discrédités, tant en raison de leur discours décalé que de leur inefficacité sur le terrain, une crise politique majeure s’instaure, favorisant quelques partis extrêmistes qui, la démagogie étant devenue inopérante, prêchent pour le rétablissement d’un ordre public par voie autoritaire ». N’en jetez plus !

La place Beauvau, sous Sarko, n’écartait donc aucun cauchemar. La conclusion se voulait rassurante : « Cette évolution à moyen et à long terme, bien qu’elle soit tout à fait possible, n’est en rien inéluctable ». « Possible » quand même ! Mais, ouf, après s’être faits peur, les experts passaient aux deux autres scénarios, forcément plus roses, ceux-là.

4-Le quatrième scénario est baptisé « Refondation française dans un monde en "coo-pétition" ».

Sarkozystes dans le ton, les auteurs parlent, là, de « plusieurs ruptures importantes » par rapport à la situation actuelle. Un climat de coopération-compétition (baptisé coo-pétition) s’installe entre les grands blocs économiques, Etats-Unis, Europe, Chine, etc. L’Union européenne s’élargit à 30 membres et un noyau dur de 5 à 7 pays (dont la France et l’Allemagne) « forme une Europe de type fédérale qui se propose de mettre en oeuvre une politique d’inspiration sociale démocrate en s’inspirant du modèle scandinave ».

A l’intérieur « les réformes qui s’imposaient en France mais qu’aucun gouvernement n’avait réussi à mettre en œuvre en raison des rigidités inhérentes à la société française, peuvent enfin être appliquées, de sorte que s’instaure un système d’inspiration de type « flex-sécurité » marqué par une beaucoup plus grande mobilité sur le marché du travail ».

Dès lors, emportés dans leur élan, les auteurs foncent, sabre au clair, vers un monde enchanteur : « Ainsi, les baronnies de toute sorte (grands et petits corporatismes, féodalités locales, groupes de pression divers) propres à la société française, y compris les problèmes des grands corps au sein de l’appareil d’Etat, sont-elle abolies au profit d’un système dans lequel l’accès à l’emploi est beaucoup plus aisé, les périodes de chômage beaucoup plus courtes, la mobilité professionnelle et/ou géographique nettement améliorée ».

Et ce Nirvana n’est pas fini : « simultanément, est engagée une réforme fiscale de grande ampleur permettant tout à la fois de remédier au déficit public et/ou à l’opacité d’un système qui finissait par nuire à sa légitimité ». Au passage, pan sur l’opaque blockhaus de Bercy !

Cependant, il y a des contreparties : « Un nouveau contrat social est ainsi instauré aux alentours des années 2010 marqué par une très grande simplification des dispositifs de protection sociale, y compris l’introduction, par exemple, de clauses empêchant aux allocataires (Rmistes, chômeurs…) de s’installer dans un système d’assistance sociale nuisible aussi bien au plan social qu’économique et financier. » Par ailleurs, une « réforme de grande ampleur s’accompagne d’une redéfinition claire des missions imparties à l’Etat qui, ce faisant, devient à la fois plus modeste, plus moderne et davantage stratège ».

Evidemment - rappelons que ce rapport date de mars 2006, plus d’un an avant les présidentielles - les auteurs l’affirment : « un tel scénario ne saurait apparaître qu’à une condition : qu’une volonté politique claire et forte, tant au plan européen qu’au plan intérieur, s’affirme et reconnaisse l’utilité d’une Europe fédérale et d’un niveau inférieur d’administration publique, celui des régions »(…) « Cela implique manifestement une rupture fondamentale par rapport au scénario tendanciel actuel, y compris en raison de la remise en cause des statuts et de la reconnaissance des fonctions et des compétences sur le seul critère des objectifs poursuivis par la fonction publique ». Une vraie rupture.

On croirait que Sarko y a puisé quelques discours de campagne…

5-Le cinquième scénario, original, est titré « fragmentation et négociations généralisées »

Il ausculte une autre piste. Le précédent scénario étant incertain, puisque l’initiative doit venir « d’en haut », celui-là est basé, dans un climat international de même nature, sur une « floraison d’initiatives venant "de la France d’en bas", initiatives au plan économique, social et citoyen qui, dans un contexte de vacance presque totale du pouvoir central, se déploient sur le terrain, font apparaître l’utilité de rétablir des liens qui amènent, de bas en haut, une action vigoureuse de coordination et d’orchestration de ces actions dispersées ».

On croirait presque écouter du Ségolène (mais sans Ségolène au pouvoir !).

Dans cette hypothèse, la France bouge grâce aux élus locaux qui entament une « rénovation radicale de la société française » : les communes se regroupent, 6 à 10 grandes régions se constituent, aux côtés d’un « Etat modeste » recentré sur ces missions régaliennes et de coordination.

Pour les experts du ministère de l’Intérieur, qui se situent alors en 2020, ce scénario du futur pourrait émerger ainsi :« A l’issue des troubles importants que la société française a connus au cours des années 2006-2012 durant une période où les pouvoirs publics s’étant avérés manifestement incapables de contrôler les événements, ce sont cette fois les représentants de la société civile et les élus en premier lieu qui explorent ensemble les fondements d’une nouvelle constitution marquée par une réhabilitation du pouvoir parlementaire et la redéfinition du pouvoir exécutif, sur des bases assurément plus modestes mais autrement mieux définies ».

Etonnante fiction qui pronostique, alors que Sarko est en poste place Beauvau, des troubles à venir durant plus d’un quinquennat ! Sur un ton très « Ah, ça ira, ça ira ! », le rapport évoque, pour les dépasser, la tenue de « nouveaux états généraux » et d’un « Congrès de Versailles » dont les leitmotiv sont « la transparence et l’efficacité ». Des réformes en surgissent : réforme fiscale, élargissement de la CSG à l’ensemble des revenus, etc. On se pince !

Conclusion ? Le jeu est ouvert, mais les deux derniers scénarios sont « peu vraisembables »
Sur lequel de ces 5 scénarios, dont aucun n’échappe à des conflits, des crises et des ruptures, les experts du ministère de l’Intérieur pariaient-ils secrètement début 2006 ?

« Aucun de ces cinq scénarios ne prétend raconter à l’avance et de manière parfaitement homogène ce que sera l’avenir du contexte international, de l’économie et de la société française » écrivent les auteurs du rapport qui, prudents, estiment alors que l’avenir est « très largement ouvert ».

Néanmoins, il semble certain, à leurs yeux, « que le scénario tendanciel tel qu’il est, constitue une menace réelle » et que « des alternatives existent » en fonction des réactions de la société et du « rôle plus ou moins énergique que peut jouer l’Etat dans la prise de conscience des enjeux auxquels le pays est confronté et, a fortiori, dans l’introduction de politiques dont l’inspiration peut être très différente ». Autrement dit : selon les élections…

Mais, dans ces dernières pages, le rapport n’est pas particulièrement optimiste : les cinq à dix années à venir seront marquées, selon les auteurs, par « une instabilité croissante, la multiplication des facteurs de tensions et des conflits de toute nature » comme le révèlent les trois premiers scénarios. Pas très encourageant ! Quant aux deux derniers scénarios, qui « supposent une refondation du pacte républicain par le haut ou par le bas », ils « apparaissent peu vraisemblables à court et moyen terme, compte tenu des inerties régnantes et de l’impossibilité de changer la société par décret ». Pas sympa pour Sarko, ce passage (page 555) !

Le ministère de l’intérieur peut disparaître

Quant au ministère régalien de l’Intérieur, objet initial de l’étude prospective, il n’est guère mieux loti. Il est déjà confronté actuellement aux cloisonnements administratifs, à l’inflation législative, aux forces centrifuges et au « processus inachevé de décentralisation ». Les auteurs estiment (page 554) dans ce contexte, qu’en cas d’immobilisme, il est « sans doute condamné à la dislocation ». Les premières mesures de modernisation et de restructuration de l’administration centrale ne pourront s’avérer « efficaces que si elle s’inscrivent dans une démarche, à moyen et long terme, de réformes permettant réellement de redonner au ministère de l’Intérieur le prestige et la légitimité qui furent les siennes ».

Bon courage et bonne journée quand même !

[1] Rapport « Le ministère de l’intérieur et de l’aménagement du territoire à l’horzon 2010-2020 », exercice de prospective au service de la décision publique, rapport de synthèse, 28 mars 2006, rédigé par le groupe Futuribles, (directeur d’étude, Hugues de Jouvenel ; rapporteur général Geoffrey Delcroix) pour le Centre d’Etude et de Prospective du ministère de l’intérieur et de l’aménagement du territoire. 2006.

Source : Europe Puissance

02.04.2008

[France] Au-dessus des lois

855911160.jpgLe Canard Enchaîné révèle que Nicolas Sarkozy s’est inscrit sur les listes électorales le 3 janvier pour les élections municipales dans la quartier de l’Elysée. Pourtant, selon le code électoral, aucune inscription n’était plus possible après le 31 décembre 2007.

Le président de la République a été inscrit sur les listes du VIIIe arrondissement de Paris par “deux émissaires de l’Elysée”, qui se sont rendus au bureau le 3 janvier.

http://fr.altermedia.info/

31.03.2008

[France] Les dépenses de Rachida

2127301870.jpgLes dépenses de Rachida

Le site Mediapart faisait état mercredi des « folles dépenses de la ministre Rachida Dati » : elles ont « grimpé de manière vertigineuse pour finalement atteindre 270.000 euros en décembre 2007, soit un dépassement de 30% par rapport au plafond prévu ».

Au cours de son point de presse hebdomadaire, hier, le porte-parole de la Chancellerie a confirmé le dépassement, montrant qu’il est même plus important encore : chaque ministre a 200.000 euros pour ses frais de représentation, et une rallonge de 100.000 euros a dû être donnée au garde des Sceaux.

Mediapart ajoutait que fin mars le montant des factures à honorer était déjà de plus de 112.000 euros. Le porte-parole n’a pas contesté ce chiffre.

Il a tenté de justifier ces énormes dépassements par l’organisation de la réception du 14 juillet, pour 2007, et des vœux, pour les premiers mois de 2008…

Il a assuré que le ministère ferait preuve de vigilance, ajoutant que les buffets dressés pour les réceptions « sont extrêmement modestes ». Sic.

Source: http://yvesdaoudal.hautetfort.com/

28.03.2008

[France] Carla Bruni épinglée par la presse britannique

915769405.jpgLa première dame de France épinglée par le Mirror comme une vulgaire pin-up

Le quotidien britannique a certes remarqué qu’elle n’avait rien à cacher et qu’il n’était pas anormal qu’elle fût mariée à un Français (toujours notre sulfureuse réputation !)

Il se demande cependant si c’est bien l’image que Carla Bruni-Sarkozy voulait renvoyer d’elle-même, en tant qu’épouse de l’homme qui préside aux destinées de la cinquième puissance mondiale. Et qui plus est, juste avant de rencontrer Sa Gracieuse Majesté.

La photo ‘d’art’, prise en 1993, a précédé le modèle dans les média du Royaume-Uni. L’oeuvre originale sera mise en vente chez Christie’s le mois prochain.

Pour le Mirror, tout cela tombe plutôt mal, à un moment où Sarkozy n’est pas au mieux de sa popularité et où le couple, désireux de regagner l’estime des Français, tente de corriger une réputation par trop soap.

« Regagner l’estime des Français » … Notre confrère semble penser que s’exhiber en tenue d’Eve sur tous les médias de la planète n’est pas forcément le meilleur moyen d’y parvenir.

Les proches du sex symbol des années 90 y vont de leurs commentaires chagrins : « Carla est très contrariée qu’on ait choisi ce moment pour publier la photo. Sa priorité, c’est de s’établir sur la scène mondiale comme une Première Dame dont la France puisse être fière. » C’est un peu raté…

Source : Mirror

Adaptation de Guy Martin pour Novopress France

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