15.12.2008

[Elsass] Une liste régionaliste aux prochaines élections régionales

Alsace d’Abord : Une liste régionaliste aux prochaines élections régionales

Image Hosted by ImageShack.usJacques Cordonnier, vous êtes président du mouvement régionaliste Alsace d’Abord depuis le mois d’avril 2008. Quelles ont été les premières mesures prises par la nouvelle équipe ?

En tout premier lieu, nous avons édité un bulletin de liaison, “Libre Alsace”, qui est devenu le lien entre l’équipe dirigeante et les adhérents et sympathisants du mouvement.

Un nouveau comité directeur a été constitué avec l’arrivée de nouveaux membres. Ces derniers se sont très rapidement entendus avec les anciens et ils font ensemble un excellent travail.

Nous avons organisé de nombreuses réunions de secteur, de circonscription, afin de nous rapprocher de nos sympathisants qui n’ont pas tous le temps et les facilités de se déplacer à Strasbourg. C’est ainsi que nous avons donné un élan particulier à Alsace d’Abord dans le Haut-Rhin. Le Sundgau a retrouvé son rôle de région phare du régionalisme en Alsace.

Sur les sites et blogs politiques, les commentateurs observent une évolution de l’action d’Alsace d’Abord. Y’a-t-il eu révolution culturelle ?

Je parlerais plus volontiers d’un retour aux thèmes fondamentaux du régionalisme que d’une révolution, même culturelle. D’une part, nous continuons d’agir en faveur de la défense de nos identités régionale, française et européenne, et contre les méfaits de l’immigration extra-européenne. Mais parallèlement, en cette période où les projets de réforme sortent de l’Élysée à un train invraisemblable et chaotique, nous sommes particulièrement vigilants pour tout ce qui risque de toucher notre région. L’extension du travail le dimanche, la réforme des lycées engagée par Xavier Darcos, la réforme des collectivités et la commission Balladur, la question de la Turquie au cœur des prochaines élection européennes, voilà les sujets sur lesquels nous travaillons actuellement.

En cette période de crise, ces dossiers intéressent-ils les Alsaciens ?

Beaucoup plus que vous ne le pensez. La remontée du chômage, la dislocation du tissu industriel alsacien sont des sujets qui touchent beaucoup nos adhérents et nos électeurs. Il y a aussi la question du bilinguisme et de l’enseignement bilingue qui nous préoccupe et qui préoccupe beaucoup de parents. Et actuellement, au sein de notre mouvement, je puis vous assurer que la question de l’extension du travail le dimanche intéresse tous nos membres et particulièrement les jeunes.

Parlons-en, des jeunes. Est-ce que vous arrivez à mobiliser les jeunes pour porter votre programme ?

Le mouvement Jeune Alsace, présidé par Fabrice Lauffenburger, qui regroupe les jeunes régionalistes alsaciens, est notre grand succès de l’année 2008. Je suis fier du travail accompli. Jeune Alsace a su attirer et fédérer un nombre impressionnant de jeunes gens et de jeunes filles qui ont décidé de s’engager en politique pour défendre l’Alsace et défendre leur identité. Leur attachement à notre région a des motivations diverses. Certains sont nés en Alsace, d’autres sont Alsaciens d’adoption. Mais tous ont à cœur de défendre et de contribuer au rayonnement de cette région qu’ils aiment tant.

Au seuil de l’année 2009, quels sont les dossiers qui vous font réagir ?

Le projet de Nicolas Sarkozy d’étendre l’ouverture des magasins le dimanche est le dossier qui nous mobilise beaucoup en ce moment. Ce projet est néfaste, nous devons tout mettre en œuvre pour y faire obstacle. Nous avons lancé une campagne de pétition qui remporte un grand succès. Les jeunes régionalistes de Jeune Alsace s’investissent beaucoup dans cette campagne de pétition. Ils ont déjà distribué des milliers de tracts.

Que pensez-vous de la mise en place de la commission Balladur et du projet de Nicolas Sarkozy de réformer les collectivités ?

La fusion de la région et des départements alsaciens fait partie du programme d’Alsace d’Abord depuis vingt ans. Si tel était le projet de Sarkozy, nous y souscririons sans réserve. Mais nous ne croyons pas à la sincérité de Sarkozy. Je vous rappelle que c’est lui qui, avec l’aide de Jean-Pierre Raffarin, avait modifié le mode de scrutin des élections régionales en 2004. Cette réforme a eu pour effet d’écarter les régionalistes du Conseil régional. Tous les petits partis ont été balayés. Ce n’est pas bon pour la démocratie. Je pense que le véritable objectif de Sarkozy est de supprimer complètement le mode de scrutin proportionnel. Peu lui importe que les Départements soient absorbés par les Régions, ou les Régions par les Départements. Ce que veut Sarkozy, c’est imposer définitivement le modèle cantonal, le mode de scrutin uninominal. Ce projet n’est pas bon pour notre l’Alsace ; je m’étonne du silence des parlementaires alsaciens.

Cette réforme verra-t-elle le jour avant les prochaines élections régionales ?

Nul ne peut l’affirmer. Mais cela n’impacte en rien notre préparation aux prochaines élections régionales et cantonales. Le mouvement régionaliste alsacien présentera une liste d’ouverture à l’élection régionale. Nous sommes en contact avec des personnes de grande qualité et qui ont aujourd’hui une sensibilité régionaliste de plus en plus affirmée.

Ces gens ont tous vocation à porter le flambeau régionaliste avec nous aux prochaines échéances électorales. Bien entendu, nous présenterons aussi des candidats dans les cantons renouvelables.

Ma tâche, avec l’aide de Christian Chaton, des membres du comité directeur, et avec l’aide de Jeune Alsace, c’est de mettre le mouvement régionaliste en ordre de bataille. Cette tâche est commencée.

C’est donc, vous l’aurez compris, le moment de nous rejoindre !

Alsace d’Abord

Jeune Alsace

27.08.2008

[Elsass] Alsace d’Abord condamne la décision d’Adrien Zeller

logoalsaceDAbord-29e1e.jpgLe mouvement régionaliste Alsace d’Abord, condamne la décision d’Adrien Zeller de suspendre la coopération de la région Alsace avec la région de Moscou en raison de la situation en Géorgie.

Pour Alsace d’Abord, la complexité de la situation du Caucase ne justifie en aucun cas de priver de partenariats des institutions universitaires et des acteurs économiques russes. Une telle décision pénalise autant ces partenaires qu’ moyen terme l’Alsace dont le développement économique passe également par l’Europe de l’Est.

Pour Alsace d’Abord, c’est bien le sort réservé aux Ossètes et potentiellement aux Abkhazes par le Gouvernement géorgien qui a mis le feu au Caucase. C’est donc avant tout l’action de l’armée géorgienne en Ossétie qui a provoqué l’intervention de la Russie pour défendre, selon la formule de Nicolas Sarkozy, « les intérêts des russophones ».

Plutôt que de se préoccuper de politique extérieure et de vouloir donner des leçons de diplomatie à la Russie, le Président de la Région Alsace gagnerait en effet à obtenir d’abord du Gouvernement français le financement rapide de le seconde phase du TGV-EST ainsi que celui du TGV Rhin-Rhône.

Jacques Cordonnier
Président d’Alsace d’Abord

02.07.2008

[Elsass] Jacobins !

Paris humilie une fois de plus l’Alsace et les Alsaciens. En adoptant par 216 voix contre 103 un amendement demandant le retrait de la référence aux langues régionales dans l’article 1 de la Constitution, les sénateurs ont montré que leur vision du pays se limitait au slogan "Français d’abord"...

alsassimil.jpgCette vision nationaliste et jacobine fait de la France le dernier pays d’Europe à refuser à ses langues régionales la légitime reconnaissance à laquelle elles ont droit. Donneuse de leçons sur la scène internationale, la France montre, avec ce vote des sénateurs, qu’elle est aussi le pays d’une intolérance flagrante à l’égard des régions dont elle tire pourtant ses forces.

Alsaciens, Basques, Bretons, Catalans, Corses, Occitans... devons-nous nous considérer comme étrangers dans notre propre pays ?

Mesdames, Messieurs les Sénateurs, si vous ne voulez pas de nos langues, pourquoi acceptez-vous nos impôts ?

Le mouvement régionaliste Alsace d'Abord demande aux sénateurs alsaciens de préciser leur vote sur cette question essentielle pour l’avenir de l’Alsace, le bilinguisme et la construction d’une Europe respectueuse des régions et des identités et de condamner publiquement les partis politiques qui ont laissé faire cela.

Jacques Cordonnier, Président d’Alsace d’Abord

02.06.2008

[Elsass] Alsace d'abord présent à Saverne !

1008682468.gifDimanche prochain, Alsace d’abord présentera le Général Alain Voelckel comme candidat à l’élection partielle qui se tiendra dans le canton de Saverne. Une étudiante, Marthe de Vitry, militante active de l'organisation Jeune Alsace, sera sa suppléante.

Cette candidature est un premier test pour la nouvelle équipe en charge du mouvement régionaliste alsacien. Plus vieille structure militante enracinée et identitaire, Alsace d'Abord doit reconquérir son espace électoral après quelques années de disette pour cause de ligne politique sans doute trop "nationale".

 
Comme le dit le Général Voelckel : "Notre canton, comme notre région toute entière ont, plus que jamais, besoin d’être défendus par un véritable mouvement identitaire alsacien libre de toute dépendance vis à vis des états-majors parisiens. Ceux-ci dictent leur comportement aux autres partis politiques qui, arrivés au pouvoir, font payer aux Alsaciens, en impôts et en taxes de toutes sortes qui amputent le pouvoir d’achat, des charges qui incombent à l’État." D'où une campagne 100% régionaliste, demandant notamment la fusion des collectivités départementales et de la région ainsi qu'une forme de dévolution fiscale afin qu'une plus grande partie des impôts des Alsaciens soit employée en Alsace.
 
www.elus-identitaires.com 

27.05.2008

[Elsass] a vérité n’est pas toujours agréable à entendre

840237851.jpgLangues régionales : La vérité n’est pas toujours agréable à entendre

L’inscription par surprise d’une référence aux langues régionales dans le projet de révision de la Constitution a été présentée comme une avancée significative sur le long chemin de leur reconnaissance par la République par quelques députés “basques”, “corses”, “alsaciens” ou “bretons”.

La réalité est plus modeste puisque cette inscription, toute symbolique, n’engagera finalement pas l’Etat à grand-chose. Après tout le droit au travail est depuis longtemps inscrit dans cette même Constitution, ce qui n’empêche pas 2,5 millions de Français d’être sans emploi…

D’ailleurs, dans la foulée de cette reconnaissance le gouvernement, par la voix de Christine Albanel, s’est empressé de préciser que la ratification de la Charte Européenne des Langues Régionales et Minoritaires n’était toujours pas à l’ordre du jour.

Cette Charte, signée et ratifiée depuis longtemps par la plupart des Etats européens, comporte effectivement un certain nombre de dispositions contraignantes pour les Etats signataires, comme par exemple la possibilité de s’exprimer en langue régionale dans l’espace public.

De cette possibilité il n’est toujours pas question en France (sauf en Alsace-Moselle du fait de notre droit local), comme on a pu le constater lors du récent débat sur les langues régionales à l’Assemblée Nationale. Tous les députés qui ont commencé leur intervention par quelques mots dans leur langue ont immédiatement été interrompus par le Président de séance, qui à chaque fois leur a rappelé que la seule langue tolérée dans l’Hémicycle était le français. Et chacun de s’exécuter sous peine de se voir privé de parole…

Ainsi, les députés veulent introduire dans la Constitution une forme de reconnaissance des langues régionales, mais dans le même temps ils s’interdisent d’en faire usage.

Ce raccourci illustre les limites de l’exercice de style de nos parlementaires.

Dès lors, la question que nous devons nous poser est de savoir si nous devons tout attendre de Paris, d’en haut, des partis nationaux et de leurs représentants régionaux pour sauver ce qui peut encore l’être en Alsace, et au moins maintenir (à défaut de développer) un certain niveau de pratique de notre langue régionale dans ses deux aspects, les dialectes alsaciens et leur expression écrite l’allemand standard ?

La réponse est bien évidemment non.

Il est bien commode de dénoncer à longueur de discours les difficultés que les représentants de l’Etat en Alsace, et en particulier l’Education Nationale, font aux promoteurs du bilinguisme. Mes ces difficultés sont somme toute logiques dans un pays qui s’est construit par l’exercice d’un centralisme absolu, d’abord monarchique, puis jacobin. Je dirais qu’elles sont de bonne guerre.

Plutôt que de rejeter la responsabilité de notre acculturation sur d’autres, nous serions bien inspirés de nous interroger sur nos propres responsabilités.

La seule question qui mérite alors d’être posée est la suivante: que font les Alsaciens, d’origine ou d’adoption, individuellement et collectivement, et leurs représentants élus, pour sauvegarder leur patrimoine linguistique, marqueur essentiel de leur identité ?

La réponse n’est pas agréable à entendre, mais elle est incontestable : pas grand-chose.

Ainsi, le Conseil Général du Haut-Rhin consacre annuellement 0,2% de son budget au bilinguisme. Je pourrais écrire la même chose du Conseil Général du Bas-Rhin et du Conseil Régional d’Alsace.

Compte tenu de la chute vertigineuse de la pratique de notre langue régionale, et des enjeux économiques et géopolitiques qui lui sont liés, ces moyens sont-ils suffisants ?

Ils sont dérisoires.

Mais ils ne sont que le reflet du déficit de volonté politique de nos “grands élus”, lui-même conséquence du désintérêt de la grande majorité des Alsaciens pour leur langue et de leurs rapports complexes, et complexés, avec leur histoire et leur identité.

La vérité n’est pas toujours agréable à entendre.

Christian Chaton
Conseiller Général du Haut-Rhin

24.05.2008

[Elsass] Refusons une Alsace poubelle !

1557604472.JPGL‘Alsace Bossue, notre S’Krumme Elsass, dernière région de notre province à avoir encore le charme des contrées sauvages, avec ses beaux vergers et ses paysages bucoliques, serait en passe d’accueillir la plus grande décharge de France !

L’information a filtré il y a peu. 600 personnes ont assisté vendredi 16 mai à une réunion d’information sur le projet, organisée par l’Association de défense de la vallée de l’Isch. Il aura fallu une fuite émanant d’un conseiller général du canton de Drulingen pour que les citoyens alsaciens sachent ce qui se tramait.

Avec ce projet, la petite bourgade d’Hirschland, qui accueillerait une décharge de 95 hectares superficie, dépasserait la décharge de Marseille et ses 80 hectares. Les propriétaires du terrain convoité peuvent se frotter les mains, et on peut les comprendre, puisqu’ils empocheraient 4 millions d’euros du groupe Saur, commanditaire de ce charmant projet.

Cette décharge, si elle voir le jour, et il ne tient qu’à nous, à commencer par la mobilisation des Alsaciens (et de nos amis mosellans frontaliers), qu’elle ne voit pas le jour, devrait être exploitée pour 80 années, pourrissant l’environnement pour 150 ans environ.

Auparavant, pour se repérer en Alsace Bossue, on pouvait jeter un oeil au charmant Kirchberg et son Eglise surplombant le pays. Le monde moderne va nous offrir une alternative, il ne suffira que de suivre l’odeur pour arriver à Hirschland, ou plutôt chercher à s’en éloigner. On pourra suivre aussi le ballet incessant de camions, ou les différents animaux nuisibles venus faire une cure de jouvence dans le dépotoir géant. Nul doute que certains habitants voudront se sauver ! Mais que vaudra encore à la vente leur maison jouxtant la plus grande décharge de France ?

Il est encore temps de résister et de dire non à ce projet infâme qui détruirait l’un de nos plus beaux pays, dans une région alsacienne qui a toujours été à la pointe du recyclage des déchets. Un projet de décharge est aussi envisagé dans la mythique forêt de Brocéliande, en Bretagne. Son permis de construire est pour l’instant suspendu, grâce à une levée de bouclier des associations et partis politiques identitaires bretons de tous bords.

Nous, les « périphéries » de la France , proposons de centraliser les déchets à Paris !

Une grande manifestation est prévue à Hirschland le 15 juin.

TOUS LES ALSACIENS D’ALSACE BOSSUE OU D’AILLEURS DOIVENT SE RENDRE A HIRSCHLAND POUR DIRE NON A LA POUBELLISATION DE NOTRE REGION, IL EN VA DES GENERATIONS FUTURES !

 http://jeune-alsace.hautetfort.com/

17.05.2008

[Elsass] TGV : La générosité française

67996005.jpgEn visite officielle à Rabat les 17 et 18 avril derniers pour concrétiser le protocole d’accord signé 6 mois plus tôt entre la France et le Maroc à propos d’une ligne à grande vitesse, le Premier Ministre François Fillon a annoncé que la France financerait pour 75 millions d’€ l’ensemble des études techniques et l’assistance à maîtrise d’ouvrage.
Par ailleurs, Paris se serait engagé à financer 50% du coût global de 1,8 milliards d’€ pour la réalisation d’un premier tronçon de 200 km entre Tanger et Kenitra.
Cette générosité pour le futur TGV marocain est à comparer avec la pingrerie de Paris pour notre TGV Est. En effet, non content d’avoir fait de l’Alsace la dernière région française à avoir le TGV, mais la première à devoir le payer, l’actuel gouvernement compte encore solliciter les collectivités alsaciennes pour boucler le financement de la deuxième phase de Lorraine jusqu’à Strasbourg.
Une nouvelle preuve, s’il en fallait encore, de la désinvolture avec laquelle l’Alsace est considérée à Paris.

Christian Chaton

05.05.2008

[Elsass] Entretien avec Jacques Cordonnier

661889276.jpgAlsace d’Abord a souvent été à la pointe du combat identitaire et régionaliste.

En 2009, le mouvement régionaliste fêtera même ses 20 années d’existence. « On n’a pas tous les jours 20 ans » dit la chanson. Pour Alsace d’Abord, cet anniversaire est donc l’occasion d’écrire une nouvelle page du régionalisme alsacien avec, à sa tête, un nouveau président : Jacques Cordonnier.

Européen pragmatique et régionaliste ambitieux, l’homme entend rassembler autour de lui celles et ceux qui souhaitent assumer clairement leur amour d’une identité alsacienne et contribuer au développement politique, économique, culturel et social de l’Alsace. Retour au politique pour Alsace d’Abord, retour à l’essence du régionalisme et volonté de faire de l’Alsace une région pionnière dans la quête de nouvelles libertés institutionnelles illustrent les propos d’un président à découvrir.

Jacques Cordonnier, le comité directeur d’Alsace d’Abord vient de vous confier la présidence du mouvement régionaliste. Vous succédez à son fondateur le plus connu, Robert Spieler. Mais vous étiez vous-même parmi ses fondateurs ?

C’est en 1989 qu’une douzaine de personnes, sous l’impulsion de Robert Spieler, ont décidé de créer un mouvement politique nouveau, atypique dans le paysage politique alsacien. Je faisais partie de ce groupe. Très rapidement, le nombre d’adhérents et de militants a augmenté. La plupart de ceux qui ont participé à la création d’Alsace d’Abord en sont encore membres aujourd’hui.

Pourquoi avoir choisi de créer un parti au lieu de défendre vos idées au sein d’un parti national existant ?

Depuis longtemps, j’avais fait le constat, avec Robert Spieler, que les responsables politiques alsaciens appartenant aux grandes formations nationales, de droite comme de gauche, consacraient plus d’énergie à appliquer en région les consignes de Paris qu’à défendre les intérêts des Alsaciens. Avant Alsace d’Abord, je n’avais jamais appartenu à aucun parti politique, car aucune structure ne proposait le programme qui correspondait à mes idées : une région forte dotée d’une grande autonomie, la plus grande indépendance possible vis-à-vis de Paris, l’accélération de l’intégration européenne, une opposition déterminée et sans concession à l’immigration non européenne. Le pari de créer un parti local - régionaliste, européen et identitaire - il y a presque vingt ans, était un pari difficile. Nous avons dû faire face à des obstacles considérables : problèmes de financement, difficultés d’accès à la presse locale, aucun accès aux médias nationaux. En dépit de ces écueils, nous sommes entrés au conseil municipal de Strasbourg en 1989. Puis en 1992, et en 1998, Spieler et moi avons été élus au conseil Régional d’Alsace.

La démission de Robert Spieler est une page qui se tourne. Comment l’analysez-vous ?

La modification du mode de scrutin aux élections régionales, imposée par Raffarin et Sarkozy en 2004 pour des raisons de basse politique, a eu des conséquences fâcheuses pour notre mouvement. Malgré un renforcement en hommes et en structures avec le ralliement d’autres élus régionalistes et identitaires, malgré des scores en forte progression aux élections régionales et cantonales, nous n’avons eu qu’un seul élu : Christian Chaton qui est devenu conseiller général du Haut-Rhin. Peu de temps après, après avoir démissionné une première fois de ses fonctions de président d’Alsace d’Abord, Robert Spieler a fait des choix tactiques et stratégiques qui n’étaient plus en adéquation avec le programme d’Alsace d’Abord. Sa récente décision de participer à la constitution d’une structure politique nationale n’était plus du tout compatible avec les principes fondateurs d’Alsace d’Abord.

Comment allez-vous écrire l’avenir d’Alsace d’Abord ?

Les élections municipales et cantonales de 2008 n’ont pas été favorables à notre mouvement. Mais c’est la vie politique qui est ainsi, avec des échecs et des succès. Je reste fidèle, en cette période difficile, aux idées et aux valeurs qui ont toujours été le ciment du mouvement régionaliste. Le message que j’ai adressé à nos élus, nos militants et nos adhérents est un message d’espoir. Nous devons avoir de grandes ambitions pour notre mouvement et pour l’Alsace. Des ambitions à la hauteur de la justesse de nos idées.

En Alsace, on entend parler de l’Eurodistrict voulu par Roland Ries le maire PS de Strasbourg. Les mémoires politiques strasbourgeoises rappellent que c’est une idée lancée par Alsace d’Abord.

En effet, le projet d’Eurodiscrict Strasbourg-Kehl était au centre de la campagne électorale que Robert Spieler et moi-même avons menée aux municipales de 1989. Alsace d’abord a toujours été en pointe sur les grandes questions institutionnelles dont dépend l’avenir de l’Alsace. Nous avons ainsi été les premiers, et nous sommes toujours les seuls, à demander la fusion du Conseil Régional et des Conseils Généraux. Les responsables alsaciens de l’UMP et du PS n’ont pas fait grand chose pour pousser le dossier. Mais nous allons nous employer à redonner vigueur à ce projet, car il est essentiel pour notre région.

Alsace d’Abord 2.0 commence avec votre élection, quelles vont être vos premières décisions ?

Lors de la récente réunion du comité directeur, j’ai soumis plusieurs projets qui m’apparaissent indispensables pour redéployer le mouvement Alsace d’Abord : création d’un bulletin de liaison qui paraîtra régulièrement, création de groupes de travail fonctionnels – finances, communication, adhésions -, organisation de réunions régulières des cadres et militants sur tout le territoire alsacien. Je ne veux plus que le mouvement soit aussi centré sur Strasbourg que par le passé. Ces tâches nous occuperont largement d’ici la fin 2008. Un groupe de travail aura la mission particulière de préparer le congrès de 2009, congrès qui sera celui du 20è anniversaire du mouvement Alsace d’Abord. J’attache aussi beaucoup d’importance à l’action et au développement de Jeune Alsace, le mouvement de jeunes proches de nous qui s’est beaucoup renforcé et implanté des deux dernières années. Je veux que nous les aidions dans leurs actions et les guidions dans leur réflexion.

L’Alsace est une région frontalière située au coeur de l’Europe. Certains perçoivent dans votre élection un retour à un régionalisme tel qu’il est inscrit dans la charte d’Alsace d’Abord.

Le transfert accru de pouvoirs et de moyens propres de l’État vers l’Alsace a toujours été à mes yeux la condition du rayonnement et de la prospérité de notre région. Avoir gommé cet aspect de notre programme a été une erreur. Le fait régional et l’idée européenne sont au cœur de notre programme ; nous avons donc le devoir et l’obligation de faire connaître notre charte le plus largement possible.

Comment imaginez-vous le développement d’Alsace d’Abord et ses rapports avec des formations politiques proches de vous ?

Le développement d’Alsace d’Abord est entre nos mains, et nos mains seulement. Si nous agissons avec intelligence, imagination et persévérance, si nous maintenons la cohésion entre nos cadres et nos militants, alors nous connaîtrons le succès. Il n’y a pas, en Alsace, d’autres partis qui aient un programme proche du nôtre. Par conséquent, il n’y a pas de partis proches de nous. Ce qui signifie que lors des prochaines échéances électorales, ils seront tous nos concurrents.

Quel message lanceriez-vous à une personne qui se sent régionaliste et qui hésite à vous rejoindre ?

Toutes les personnes qui vivent en Alsace et qui aiment leur région, qu’elles soient Alsaciennes de souche ou d’adoption, et qui éprouvent le besoin d’agir, ont naturellement leur place parmi nous. Chacun, bien sûr, donnera le temps qu’il lui sera possible de consacrer à ses idées. Il n’y a pas de petite ou de grande contribution. La fierté de vivre dans une région à forte identité et le sentiment d’appartenir à une communauté agissante sont des sentiments exaltants. Ceux qui nous rejoignent ont en plus le sentiment d’être utiles. Utiles à l’Alsace, utiles à eux-mêmes, utiles à leurs enfants.

Entretien réalisé par Novopress Alsace

04.05.2008

[Elsass] Cercle du bruit

772533361.2.jpg“Cercle de silence” à Strasbourg contre l’expulsion des sans-papiers

Environ 350 personnes se sont rassemblées en “Cercle de silence” mercredi dans le centre de Strasbourg, à l’appel d’un collectif d’une vingtaine d’associations, afin de manifester leur solidarité avec les étrangers menacés d’expulsion, a constaté un journaliste de l’AFP. Les militants ont formé un large cercle sur la place Kléber où divers panneaux évoquant le parcours de sans-papiers expulsés ou menacés d’expulsion avaient été disposés à l’attention des passants. “La politique actuelle d’immigration se donne pour objectif de procéder à un quota d’expulsions déterminé à l’avance. Une telle démarche opère une véritable entreprise de déshumanisation qui cache le drame des êtres humains frappés par son application aveugle”, indiquait dans un tract le collectif d’associations (Cimade, RESF, Ligue des droits de l’homme…).

Cette action, la première dans la capitale alsacienne, s’inscrit dans le sillage de celle initiée en octobre à Toulouse et reprise depuis dans plusieurs villes. Des “Cercles de silence” seront désormais organisés à Strasbourg tous les mois, a indiqué Laurence Tramut, de RESF 67. Le 7 mai, des rassemblements auront lieu dans toutes les villes de France et de Belgique où se tiennent ces “Cercles” afin de protester contre le projet de directive européenne sur la rétention et l’expulsion qui prévoit une rétention administrative pouvant aller jusqu’à 18 mois, a-t-elle ajouté. Le rassemblement a été brièvement perturbé par une poignée de “militants identitaires”, selon une source policière. Ces derniers ont tenté de perturber la manifestation à l’aide cornes de brume, de casseroles et de sifflets. Munis d’une banderole appelant à “briser le silence” et à renvoyer “les talents vers le tiers-monde”, ils ont été dispersés par les forces de l’ordre.

Source : AFP

25.04.2008

[Elsass] Jacques Cordonnier, un nouveau président pour Alsace d’Abord

1981682472.jpgLe comité directeur d’Alsace d’Abord a élu son nouveau Président. C’est à Jacques Cordonnier qu’il appartient désormais d’assurer l’avenir et le développement du mouvement régionaliste en Alsace en remplacement de Robert Spieler.

Ce choix est clairement une rupture et le point de départ d’un redéploiement, à la veille de la célébration du 20è anniversaire du mouvement en 2009.

Régional, régionaliste et européen

Alsace d’Abord entend revenir aux valeurs et aux principes fondateurs du mouvement : travailler au rayonnement de l’Alsace, défendre et enrichir ses spécificités, défendre nos intérêts vitaux et notre identité dans le cadre d’une action définie en région, en toute indépendance vis-à-vis de tout parti national.

Le mouvement régionaliste rappelle ainsi qu’il fut le premier à demander la fusion des Conseils Généraux et du Conseil Régional, et à soutenir le projet d’un Eurodistrict.

C’est d’ailleurs dans cette logique qu’il proposera prochainement aux élus locaux de se prononcer sur le développement effectif d’une euro-région fonctionnelle et reconnue à l’échelle européenne, comme il en existe dans d’autres zones frontalières.

Sur la base d’un régionalisme clairement assumé, Alsace d’Abord entend ainsi rassembler sous sa bannière les partisans de l’idée d’une région forte qui ne se retrouvent aujourd’hui dans aucune autre formation politique.

Ancien conseiller régional, membre fondateur d’Alsace d’Abord, âgé de 57 ans, Jacques Cordonnier aura la tâche de restructurer le mouvement régionaliste et d’en faire un acteur incontournable de la scène politique alsacienne.

Le comité directeur d’Alsace d’Abord
www.alsacedabord.org

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