02.11.2008
[Economie] Joli temps de crise !
"Joli coup de bourse, joli temps de crise" comme le chantait si bien le groupe IDF. Joli car ouvrant de vastes perspectives*…
D’une crise financière nous sommes passés à une crise économique généralisée, puis désormais nous voyons les prémices d’une crise sociale (ce ne sont pas les ouvriers des usines Renault et Peugeot mis au chômage pour quelques semaines alors que les usines hors de l’Union Européenne continuent à tourner à plein régime qui me contrediront). Et ensuite ? Une crise politique ? C’est envisageable. Et puis ? Et puis l’inconnu. Aucun de nous n’est devin, même si les théories de convergence des catastrophes semblent de plus en plus coller aux événements. Quoi qu’il en soit, à notre niveau il nous appartient d’être les plus forts possibles pour peser. Politiquement, économiquement, socialement, ou autrement.
Je discutais il y a quelques jours avec un voisin de ce "joli temps de crise". Passé le premier échange de banalités, nous arrivâmes à des considérations plus concrètes. Je lui expliquais alors que si la situation venait à empirer j’aurais moins de soucis à me faire que lui. Devant son étonnement, j’entrepris de lui démontrer ce qu’était une communauté, signifiant au passage que mon engagement politique ne me "rapportait " pas que quelques milliers de suffrages ou quelques milliers d’euros d’amende mais un véritable réseau d’entraide et de solidarité. En gros, si demain mon entreprise venait à fermer je ne pourrais certes plus payer mon loyer, mais les huissiers venant me déloger se trouveraient confronter à une chaîne humaine de plusieurs dizaines de camarades leur barrant l’accès. J’ai eu le sentiment que mon explication suscitait davantage d’intérêt que les multiples autres conversations politiques que nous avions pu partager auparavant. Et si finalement c’était les situations qui achevaient de convaincre davantage que les argumentations ?
Passée cette anecdote, il n’en est pas moins évident que les nouveaux enjeux qui se dégagent peu à peu font aussi naître de nouveaux clivages. Et la lutte identitaire, prise dans sa dimension la plus profonde, en tant que vision du monde, se retrouve placée au cœur de tout cela, offrant de véritables réponses à cette crise globale.
Face à la crise de la spéculation, Yves Cochet, député parisien des Verts, vient d'émettre une réponse étonnante. C'était le 14 octobre dernier à l'Assemblée nationale :
"II faudrait mettre en place quelque chose d’entièrement nouveau, une société de sobriété dont je ne peux dessiner, de manière très sommaire, que quatre orientations principales. Premièrement : tendre à l’autosuffisance locale et régionale en matière énergétique et alimentaire, au nord comme au sud. Deuxièmement : aller vers une décentralisation géographique des pouvoirs – bref, vers une France fédérale dans une Europe fédérale. Troisièmement : s’efforcer de relocaliser les activités économiques. Quatrièmement : viser une planification concertée et l’instauration de quotas, notamment en matière énergétique et alimentaire."
Autosuffisance alimentaire et énergétique par grands blocs (la fameuse « autarcie des grands espaces »), subsidiarité et fédéralisme, relocalisation de l’économie. Que faire sinon applaudir ces déclarations non-conformistes et courageuses ? Mais il faut désormais aller au bout M. le député et oser dire que l’immigration de masse est aussi un des drames du libéralisme (un drame pour les pays d’origine comme pour les pays d’accueil). Ces déplacements de population ne sont qu’une conséquence de la dérégulation désastreuse de notre monde, des activités humaines les plus basiques jusqu’aux battements de cœur de notre biosphère. La régulation des fluxs migratoires – et dans le cas explosif de l’Europe, leur inversion - est une obligation pour éviter le chaos. Et pour qu’Yves Cochet rejoigne définitivement le camp des hommes de vérité il suffirait qu’il rajoute l’immigration comme objet de planification concertée dans son quatrième point. Dire cela n’est pas faire démonstration de haine, mais tout au contraire vouloir la paix. Souhaiter la relocalisation de l’économie, comme le réclame le député Vert, c’est en toute logique souhaiter aussi la relocalisation de l’Homme. Vivre et travailler au pays, point.
"Dans l’hémisphère sud, quelques milliers de paysans s’exilent vers les villes, et des villes vers l’Occident"** et des émeutes de la faim aux émeutes de banlieue il n’y a finalement qu’un pas. Nous avons sous les yeux le résultat de la logique du profit absolu, de l’exploitation de l’Homme par l’Homme, du matérialisme le plus abject sur fond de village – et donc de marché – global.
Il reste un long chemin à parcourir pour Yves Cochet, et beaucoup d’autres, pour guérir du SIDA mental du politiquement correct et de l’autocensure imposée par la chape de plomb de l’antiracisme institutionnalisé et étatisé. Néanmoins il y a fort à parier qu’à l’instar de mon voisin, la situation et les multiples bouleversements auxquels nous assistons pourraient précipiter le retour au réel et à la lucidité. Ces déclarations nous rappellent en tous cas que les Identitaires auraient tout à perdre à s’enfermer dans un quelconque ghetto intellectuel ou politique, aussi confortable et rassurant que cela puisse parfois paraître. Lorsque nous faisions nôtre l’étendard de l’identité – plus exactement DES identitéS – il y a désormais six ans lors de la fondation des Jeunesses Identitaires, nous évoquions « les identitaires qui s’ignorent » dont notre pays est peuplé. Acteurs associatifs enracinés, Européens sincères, écologistes, subsidiaristes, localistes, artisans de tradition, randonneurs ; ils sont légions ceux qui de façon raisonnée ou inconsciente participent au combat identitaire et partagent notre vision du monde. C’est à nous de savoir leur parler pour qu’à nos côtés ils fassent BLOC.
Malgré tous les coups bas, et c’est un homme qui vaut 50 000 euros d’amende et un citoyen privé de droits civiques qui vous le dit, j’ai bien une certitude profonde : demain nous appartient.
Philippe VARDON
* Lire à ce sujet l’excellente analyse de la Fondation POLEMIA sur Novopress
** Toujours du groupe IDF dans sa chanson Joli temps de crise disponible chez Alternative-s productions
www.les-identitaires.com
17:56 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.10.2008
[Economie] Le capitalisme et sa “morale”
En ces temps difficiles pour un système qui ne devait sa légitimité qu’au repoussoir collectiviste, certains de mes amis se tiennent bien sagement à équidistance du capitalisme et du socialisme, quand ils ne se risquent pas à espérer en une hypothétique moralisation du capitalisme.
Le capitalisme est tout ce que l’on veut (“on n’a rien inventé de mieux”, nous assurent les théologiens du marché), mais il n’a que faire des grands principes philosophiques qui omettraient de légitimer ou de servir la dictature du profit, la rapacité marchande, la “morale” froide de l’intérêt si bien décrite par le bon père Marx.
Il arrive cependant que la sainte trinité du capitalisme global (OMC, FMI et Banque mondiale) se surprenne à vouloir moraliser les grandes institutions régulatrices mondiales. Après l’ancien président de la Banque mondiale, c’est au tour du nouveau directeur du FMI de subir les foudres des marchands puritains. Au moment même où la crise systémique risque de faire imploser le capitalisme, la respectable institution diligente une enquête concernant les frasques sexuelles supposées de son directeur, DSK.
De par sa mythologie du développement, le FMI a une responsabilité écrasante dans la destructuration des économies de subsistance, particulièrement en Afrique, où des centaines de millions de personnes souffrent de malnutrition (voir le récent rapport du FAO à ce sujet). Avec la crise financière, les risques de famines à grande échelle s’accroissent. L’éthique du capitalisme n’en a que faire. La libido de nos grands régulateurs semblent bien plus importantes.
Il n’est pas réaliste de croire que le capitalisme est éternel. Il n’est certes pas d’alternative politique crédible à ce système. Il suffirait simplement de lui ôter son masque, de mesurer une fois pour toutes non pas l’horreur, mais l’imposture économique, avant de changer radicalement de paradigme.
La raréfaction des ressources, la maîtrise de nos besoins et la réappropriation de nos imaginaires culturels ou spirituels sont des ennemis bien plus redoutables, pour le capitalisme, que les systèmes liberticides du passé qui n’avaient même pas l’excuse d’être aussi efficaces que le capitalisme.
La crise n’est pas financière. L’argent ne vaut que par la valeur subjective que nous accordons aux biens matériels (à bien réfléchir, tout ce qui a un prix n’a que peu de prix).
La crise est dans l’homme. Il suffirait juste de démonétiser l’imposture. Et de changer d’époque.
Source : Europe Fédérale
22:01 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
20.10.2008
[Economie] Ils sont devenus fous ...
La crise financière actuelle confirme plus que jamais l'incompétence et surtout l'impuissance du Système face à des mécanismes économiques de plus en plus complexes, globalisés et dématérialisés.
Une fois de plus, les Identitaires avaient raison.
Une fois de plus, nous avions critiqué la mass-financiarisation immorale de l'économie. A juste titre.
Une fois de plus, nous avions dénoncé la fuite en avant suicidaire du Système et de ses tenants. A juste titre.
Dénoncé ces libéraux de tout bord qui continuent "d'avancer" dans le noir, au nom d'un soit-disant "progrès" ou d'une "croissance" de moins en moins concrète et palpable pour l'homme.
Dénoncé ces idiots consuméristes qui continuent de foncer vers un écueil inévitable : la crise totale, le fatal épuisement des ressources naturelles, la pollution de notre Terre, le dérêglement total des écosystèmes et des équilibres naturels (y compris "humains"), le gaspillage, la disparition de nos identités locales...
Dénoncé ces égoïstes, pourtant conscients de toutes ces conséquences, mais qui préfèrent se voiler la face plutôt que de s'attaquer à LA cause de tous nos maux : la mondialisation économique totale.
S'abrutir, acheter, consommer sans but précis, plutôt que de se poser la simple question : "maintenant que fait-on ?".
Va-t-on continuer à subir en attendant le chaos total ?
Va-t-on continuer la drogue individualiste et consumériste pour oublier l'évidence ?
L'évidence que la Machine est devenue folle et qu'un jour tout s'écroulera.
N'est-il pas temps, en ces jours qui nous donnent plus que jamais raison, de s'unir et surtout d'incarner une force réelle de proposition ?
Nous ne devons, et ne pouvons plus, nous contenter de critiquer et de hurler à l'injustice.
Nous nous devons a contrario de proposer une alternative, qui sonne aujourd'hui comme une évidence.
Face à ce rouleau compresseur que plus personne ne maîtrise vraiment, et qui ne profite qu'à une indécente minorité, l'heure est donc venue de "se recentrer", de relocaliser notre économie.
Consommer local, juste et modéré : voilà la clef d'un nouveau départ.
Vivre dans une simplicité exemplaire et faire comprendre que cela n'empêche en rien le bonheur simple : voilà le mode de vie que nous devons, aujourd'hui plus que jamais, mettre en exergue.
Par des exemples, que doivent incarner les militants eux-mêmes, nous devons prouver à tous nos proches que la seule solution d'anticiper et d'éviter la crise (économique, morale, financière, démographique et écologique) qui se dessine est le réenracinement local.
Créons, là où nous le pouvons, dans ces villes et campagnes que nous aimons tant, de véritables communautés, libres, sereines, simples et familiales.
Des communautés soudées et organisées, se déconnectant progressivement de l'économie dévastatrice actuelle.
Ceux qui dénoncent sans rien proposer, et surtout sans remettre en cause leur propre mode de vie consumériste, se retrouveront tôt ou tard embarqués dans la même galère que tous ceux qu'ils détestent.
Cette galère qu'ils ont pourtant lentement vu venir de loin.
Dénoncer, s'égosiller, trépigner, c'est bien.
Penser, proposer et appliquer dès aujourd'hui une alternative viable et enracinée, c'est mieux.
C'est mieux et c'est vital.
Cyriaque.
JI PARIS
18:39 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.10.2008
[Economie] Vive la crise ?
Vive la crise ? Voici un titre délibérément provocateur : juste pour inciter à penser autrement.
Certes, il ne s’agit pas de nier les nombreux effets négatifs de la crise financière qui bouleverse l’économie mondiale :
– son coût pour les classes moyennes européennes et américaines qui s’apprêtent à payer avec leurs impôts tant les folies de l’hyperclasse mondiale que la mauvaise solvabilité des minorités assistées des quartiers noirs et hispaniques des Etats–Unis ;
– l’appauvrissement des épargnants qui ont placé leurs actifs en actions boursières et imprudemment fait confiance à leurs banquiers ;
– la crise des liquidités qui frappe les PME dans leur accès au crédit et conduira à une augmentation du chômage.
Pour autant la crise – inéluctable retour au réel – n’a pas seulement des aspects négatifs, loin s’en faut. Elle peut remettre à l’endroit bien des idées, bien des faits, bien des valeurs, bien des politiques. Explications.
1/ La crise affaiblit moralement et financièrement l’hyperclasse mondiale cosmopolite.
Selon Samuel Huntington, une classe de transnationaux de quelques dizaines de millions de personnes tend à imposer ses intérêts particuliers et ses valeurs communes au monde : un déracinement par rapport aux cultures d’origine de chaque peuple et l’ouverture généralisée des frontières des Etats à la circulation sans limite des capitaux (la dérégulation) comme des hommes (l’immigration).
http://www.polemia.com/contenu.php?iddoc=1391&cat_id=36
La catastrophe financière montre les limites de ce schéma. Elle déconsidère, elle appauvrit et elle réduira le nombre des financiers internationaux, cœur nucléaire de la nouvelle classe mondiale.
2/ La crise fragilise le paradigme idéologique dominant opposant une bonne gouvernance (la gouvernance à l’anglo-saxonne des entreprises multinationales) à une mauvaise gouvernance (celle des Etats nations sur le « modèle français »).
L’application de ce paradigme mondialiste vide progressivement de tout contenu la démocratie et, par là même, la possibilité pour les peuples de peser sur leur destin.
Or la « gouvernance » des banques a pris des risques étonnants et très mal appréciés malgré tous les outils managériaux dont elle disposait, malgré le fameux « contrôle interne », malgré la surveillance théorique des actionnaires et des administrateurs et malgré des comptes certifiés conformes par des nuées d’auditeurs (comptes pourtant totalement insincères puisque le haut du bilan était surestimé en réalité, sinon factice).
Ernst and Youg, Accenture, Deloitte, McKinsey, Boston Consulting Group, KPMG, les grands cabinets conseils qui normalisent et formatent le monde et prétendent aider les Etats à se réformer sont aussi ceux qui conseillaient les grandes banques d’affaires à l’origine de la tourmente financière. Le conformisme de leurs hommes et de leurs méthodes a contribué au panurgisme, à la source des bulles financières et immobilières.
Désormais, la faillite intellectuelle de ces organes de normalisation du monde est avérée. Leur déclin pourrait commencer.
3/ La mondialisation est mise en échec.
Présentée par l’idéologie dominante comme bienfaitrice de l’humanité, la mondialisation n’a pas été « heureuse » pour tout le monde.
http://www.polemia.com/contenu.php?iddoc=1652&cat_id=39
De 1995 à 2008, la mondialisation a certes permis le grand enrichissement d’un très petit nombre mais, dans les pays développés, les revenus de tous les autres ont stagné. Pourtant au cœur de la production, les jeunes actifs de la classe moyenne ont même vu leurs revenus relatifs baisser par rapport à ceux de leurs parents. Et, aujourd’hui, la crise de la finance mondiale vient briser toute perspective de croissance dans les pays développés au moins pour 2009.
Surtout, la crise souligne les différences entre les économies et les comportements des différentes nations : pourtant géographiquement proches, l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ne se heurtent pas aux mêmes difficultés. La « City », le modèle rhénan et le modèle français ne partagent ni les mêmes atouts, ni les mêmes handicaps face à la crise. A situations particulières, réponses spécifiques : l’heure est à la mise en valeur des différences culturelles et au retour des solutions nationales, plus ou moins bien cordonnées par l’urgence et les nécessités.
4/ L’Amérique impériale voit sa situation fragilisée.
Mise en échec sur la scène militaire au Proche-Orient et en Asie centrale, l’Amérique impériale voit son économie vaciller. Produisant de moins en moins de biens manufacturés, les Etats-Unis avaient pris pour cœur de métier la finance : 8,5% de leur PIB en provenaient, à comparer à 3,5% dans les années 1950 ; 10% des salaires américains et 30% des profits venaient aussi de la finance. La contraction du secteur financier se fera durement sentir aux Etats-Unis.
Plus grave encore : le transfert de la dette privée (les créances insolvables des banques et des compagnies d’assurance) vers la dette publique va porter l’endettement de l’Etat américain à 80% de son PIB et le déficit annuel de son budget à 10%. Cela ne manquera pas d’affaiblir le crédit des Etats-Unis dans le monde ; d’autant que leur déficit commercial restera élevé et que leurs produits financiers, eux, vont chuter. La capacité du dollar à garder sa prééminence va être mise en question. Le règne du roi dollar approche de sa fin !
5/ Ces mouvements géopolitiques s’accompagneront aussi de changements dans l’économie réelle conduisant à un retour vers les fondamentaux économiques.
La crise souligne les dangers de l’extrême versatilité des marchés et de l’instabilité des prix comme du Meccano financier des entreprises dont le coût économique et social est particulièrement élevé. Elle montre aussi les dangers de l’abus de crédit et du surendettement, particulièrement flagrant pour les ménages américains, britanniques et islandais.
L’épargne, jugée hier encore « ringarde », sera à nouveau considérée et le niveau de l’endettement des particuliers comme des Etats sera observé désormais avec plus de discernement et de prudence.
Alors qu’au cours des dernières années le courtermisme s’imposait dans tous les domaines, les perspectives à long terme seront davantage prises en considération. L’inscription des choix économiques dans la durée réapparaît nécessaire à un développement économique et social harmonieux.
La crise rappelle aussi que la richesse des nations ne vient pas des artifices financiers mais de l’innovation et du travail : moteurs de la croissance réelle, les ingénieurs s’apprêtent à retrouver une considération dont ils avaient été dépouillés par les financiers et les commerciaux.
6/ La crise rappelle qu’un système économique, fût-il libéral, ne peut durablement fonctionner sans une colonne vertébrale de valeurs.
Le capitalisme mondialisé des dernières décennies a encouragé la rupture avec les traditions ; à sa manière il poursuivait l’objectif de la table rase et de l’homme sans racines infiniment déplaçable et malléable. Mais l’argent ne peut tout réguler. Comme l’ont déjà montré Schumpeter et Hayek, l’économie a aussi besoin de valeurs transcendantes que l’humanisme classique et le christianisme ont longtemps apportées aux nations européennes.
7/ L’affaiblissement de la financiarisation est une bonne nouvelle pour les jeunes actifs et donc à terme pour la natalité des pays européens.
La chute des banques conduira à réduire le montant du prélèvement effectué par les financiers sur la richesse nationale. Mais ce qui est dur pour Wall Street, Canari Wharf ou La Défense n’est pas forcément négatif pour tout le monde.
La chute des Bourses a une autre conséquence : diminuer le patrimoine, sinon les revenus, des propriétaires individuels d’actions et des fonds de pension. Cela peut, certes, avoir des conséquences particulières douloureuses mais il ne faut pas oublier l’avers de la médaille : faire cesser la surexploitation des actifs par les rentiers, cause majeure d’une baisse des revenus relatifs des jeunes ménages en âge d’avoir des enfants ; le démographe Bourcier de Carbon a démontré que cette situation était l’une des causes, la cause économique et sociale en tout cas, de la dénatalité des nations européennes. Du point de vue de l’avenir démographique de la vieille Europe, le rééquilibrage des revenus en faveur des actifs est donc une bonne chose.
8/ La chute des prix de l’immobilier : une bonne nouvelle pour les familles !
Comme tout renversement de tendance, la baisse du nombre des transactions immobilières et du niveau des prix des biens mis en vente peut être source de difficultés. Mais c’est un retour à la normale : sous l’effet du crédit facile, le prix des logements s’était en effet écarté d’une réalité économique fondamentale ; la valeur d’un bien immobilier ne peut durablement s’éloigner du loyer (ou des remboursements de prêt) que son occupant peut payer. Bien sûr, ce retour au réel fera des gagnants : les jeunes et les familles qui pourront plus facilement accéder au logement sans avoir à prélever pour cela plus de 30% de leurs revenus disponibles. Là aussi, c’est potentiellement une bonne nouvelle pour la natalité européenne.
9/ La crise contribuera au ralentissement de l’immigration.
Pour l’hyperclasse mondiale, la libre circulation des immigrés était le pendant de la libre circulation des capitaux : elle y trouvait bonne conscience pour affirmer sa domination « morale » et main-d’œuvre bon marché pour faire fonctionner ses résidences, ses palaces et ses restaurants de luxe.
La fragilisation de l’hyperclasse mondiale affaiblira la portée de son discours et sa capacité financière. Plus globalement, le ralentissement économique qui commence à s’accompagner d’une montée du chômage rendra moins justifiable l’immigration de travail plus ou moins « choisie ». De même l’aggravation des difficultés financières des Etats conduira tôt ou tard (demain ou après-demain) à réexaminer les politiques de redistribution sociale et à arbitrer entre le tiers-monde et le quatrième âge.
10/ D’autres bulles, médiatiques, idéologiques, artistiques, craqueront.
La bulle immobilière et la bulle financière ont craqué. Pour une raison simple qu’avait exprimée Keynes en son temps : « Les arbres ne montent jamais jusqu’au ciel. » Les bulles éclatent quand la distorsion entre le virtuel et le réel devient trop insupportable.
La bulle médiatique : Tôt ou tard, ce qui s’est passé pour l’immobilier et la Bourse atteindra la bulle médiatique. Déjà les gouvernants commencent à souffrir de l’excès d’annonces : quand il y a trop d’annonces, les effets d’annonce n’ont plus d’effet. La difficulté des hommes politiques à reprendre le contrôle de la situation des marchés financiers s’explique par cela.
La bulle artistique, qui a fait s’envoler les prix des « non-œuvres » de « l’art contemporain », a connu sa première crise : A Hong Kong, le 4 octobre, Sotheby’s n’a pu écouler plus d’un tiers des productions quelle a mises en vente. Or le krach de « l’art contemporain » risque d’être particulièrement spectaculaire car, si un bien immobilier ou une entreprise peuvent être surévalués, ils représentent toujours une réalité physique et économique ; les œuvres « d’art contemporain », elles, n’ont d’autre valeur que celle que le snobisme de l’hyperclasse mondiale veut bien leur accorder… tant qu’elle en a les moyens.
La bulle de l’idéologie dominante, devenue idéologie unique, est, elle aussi, fragile. Le dogme des bienfaits de la mondialisation est désormais controversé. La chute de l’argent roi et les limites de la consommation à crédit peuvent laisser place à un certain retour des valeurs traditionnelles. Quant aux grands récits culpabilisateurs de l’antiracisme, ils ne tiennent plus que par la force de la répression : l’antiracisme, véritable « communisme du XXIe siècle », en a aussi la fragilité.
L’éclatement de ces bulles n’est pas probable, il est certain. La seule question qui se pose, c’est : quand ?
11/ L’histoire revient au galop !
Le grand penseur de l’histoire, Dominique Venner, a expliqué dans « Le Siècle de 14 » que, sur les ruines du monde traditionnel détruit par la première guerre mondiale, quatre idéologies s’étaient développées : le communisme, le fascisme, le national-socialisme et le mondialisme américain.
Le fascisme et le national-socialisme ont disparu en 1945.
Le communisme s’est effondré en 1989.
Idéologie devenue unique, le mondialisme américain a cherché à faire croire à « la fin de l’histoire » (Fukuyama).
Mais de Kaboul à Wall Street, l’histoire revient au galop ! Il n’est pas certain que le XXIe siècle ait commencé le 11 septembre 2001 ; il peut tout aussi bien avoir débuté le 15 septembre 2008 avec la mise en faillite de Lehman Brothers.
Soyons prêts pour l’inattendu.
Source : Polémia
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14.10.2008
[Economie] Nouveau plan de relance américain
WASHINGTON (NOVOpress) – La présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi, a déclaré hier que le Congrès américain pourrait tenir une session après la présidentielle du 4 novembre pour se pencher sur un nouveau plan de relance de l’économie américaine afin de « reconstruire l’Amérique ».
Lors d’une conférence de presse lundi, Mme Pelosi a indiqué que des auditions en commissions exploreraient un possible second plan de relance de 150 milliards de dollars. Selon elle, le Congrès devait « agir vite mais pas dans la précipitation » pour éviter une nouvelle crise financière. En cas d’absence d’accord, elle a estimé que « nous perdrions des emplois ».
Cette déclaration intervient alors que le directeur général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn a plaidé lundi pour que les Etats en mesure de le faire adoptent des plans de relance budgétaire après les mesures de sauvetage du secteur financier. Sans évoquer le coût de ces plans de relance.
www.novopress.info
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03.10.2008
[Economie] Pour une poignée de milliards
Article de Jacques de Guillebon
(Source : La Nef n°197 de octobre 2008)
Benoît XVI vient en France, où il dénonce la soif de l’or, de l’or comme idole, non pas nouvelle mais contemporaine, et de l’or comme une image aveuglante du mensonge. Deux jours après, la première économie du monde annonce qu’elle menace de couler. Car « Il renverse les puissants… » Aucun rapport, sans doute.
Sauf qu’il apparaît enfin, sans que personne ne puisse plus le nier, que le néolibéralisme, c’était bien l’anarchie plus mille milliards. Mille milliards de dollars à trouver, au bas mot, pour les injecter dans une économie ultra-financiarisée, une économie qui refuse toujours plus de regarder la réalité en face pour la bonne raison qu’elle repose sur une contradiction fondamentale. C’est d’ailleurs l’économiste Jacques Sapir qui le dit : « Quand on comprime les revenus salariaux pour toujours plus de profits et que l’on cherche dans la financiarisation de l’économie une porte de sortie à la contradiction qui veut que toute compression des revenus induira celle de la demande solvable, donc celle du niveau d’activité et donc celle du volume des profits, alors la dérégulation financière et l’emballement de la machine à crédit au-delà de toute borne prudentielle deviennent logiques ». Vous voyez que nous sommes sérieux, ici, et qu’il ne s’agit pas d’idéologie. Mais de faits.
Pourtant le pire, le grand mystère, au milieu de cette intrigue, demeure dans la collusion permanente des bien-pensants, ceux qui n’ont pas changé malgré Bernanos, avec cette anarchie qu’ils prennent pour l’ordre seulement parce qu’elle conserve leurs privilèges. Ces petits soldats de la déshumanisation du monde qui ont perpétuellement accepté un système économique dont ils combattaient les présupposés philosophiques ; ceux qui ne se sont jamais interrogés sur les raisons de la séduction exercée par tous les socialismes sur tous les peuples depuis deux cents ans ; ceux qui se sont réjouis de la chute de l’Union soviétique et de ses vassaux, non pas tant parce qu’elle sonnait l’heure de la liberté de conscience pour des millions d’hommes, mais parce qu’elle leur ouvrait de nouveaux marchés.
Mais nous voulons croire que l’heure de la morale a sonné. Jusque-là, jamais dans l’histoire de l’humanité, peut-être, la concupiscence n’avait été aussi peu critiquée, la concupiscence qui est bien le fond de cette avarice jaune qui a édifié ce monde. Jamais on n’avait formé de tels bataillons d’humains dont l’unique aspiration était le bien-être à base matérialiste.
De la gauche il ne faut rien attendre, la gauche qui s’est empêtrée, et pour longtemps encore, dans une critique économique infrastructurelle, héritage du marxisme, qui lui interdit de jamais porter une condamnation morale, tout étant affaire de classe, au sens terroriste du terme, ce qui interdit quelque anthropologie que ce soit et fabrique des nains de l’esprit à altitude besancenotienne. Quant à la droite… la droite a depuis longtemps intégré les nations et les États, ainsi que toutes les institutions humaines, particulièrement celles qui reposaient sur l’honneur, la confiance et l’héroïsme, donc sur le don, comme des paramètres secondaires de son grand jeu économique, ce jeu sublime où qui a perdu perdra toujours plus, et où qui possédait possédera toujours plus. Ainsi, l’on voit de grands observateurs économiques catholiques, qui tout le long du jour allaient vous serinant qu’il fallait moins d’intervention de l’État et moins de réglementation, remiser maintenant leur petit drapeau dès que s’annonce la crise pour, non pas remercier les Banques centrales de sauver leurs empires de titres en papier avec l’argent de l’éternel contribuable, mais bien pour se féliciter que chacun ait fait son job normalement, puisque tout devait finir ainsi. Provisoirement. En attendant qu’ils se refassent.
C’est sans doute ce que Jean-Claude Michéa à la suite d’Orwell, appelle la « double pensée »
20:59 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.09.2008
[Economie] Le plan Polson rejeté par le Congrès américain
WASHINGTON (NOVOpress) – La Chambre des représentants américains, a rejeté lundi le plan de sauvetage des banques préparé par l’administration Bush. Elle ne revotera pas sur ce projet avant jeudi au plus tôt, a déclaré un parlementaire.
Le président américain George W. Bush s’est dit « très déçu » et a demandé à ses conseillers de mettre au point les prochaines étapes, a annoncé la Maison Blanche. Il a promis de s’attaquer « de front » à la crise financière américaine. Le secrétaire au Trésor américain Henry Paulson a souligné hier que les Etats-Unis avaient besoin « aussi vite que possible » d’un plan de sauvetage de leur système financier. Le Trésor américain est déterminé à utiliser « tous les moyens à sa disposition » pour protéger l’économie américaine, a indiqué un de ses porte-parole.
La Bourse de New York a connu une déroute historique hier soir à la clôture de Wall Street : le Dow Jones a chuté de 6,63 %, soit une perte jamais vue de plus de 700 points, et le Nasdaq de 9,14 %. Chute également des autres bourses avec une perte de près de 6 %, hier à la mi-journée, de la Bourse de Mexico, de près de 5 % de l’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo, ce matin en début de séance, et de 5,6 % de l’indice Hang Seng de la Bourse de Hong Kong.
www.novopress.info
09:06 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
[Economie] Le Benelux nationalise Fortis
BRUXELLES (NOVOpress) – La Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg ont décidé de le nationaliser Fortis, le groupe financier belgo-néerlandais qui fait l’objet d’une crise de défiance, se trouve au bord de la faillite et dont le cours s’est effondré en Bourse en fin de semaine dernière. Le Bénélux a préféré cette solution à l’offre de reprise proposée par BNP Paribas, jugée trop peu attractive.
Cette nationalisation intervient après celles des organismes de refinancement hypothécaire Freddie Mac et Fannie Mae et alors que selon toute vraissemblance Londres s’apprête à faire de même avec la banque Bradford & Bingley, elle aussi au bord du gouffre, après avoir nationalisé Northern.
Dimanche, Dexia, premier banquier des collectivités locales en France et en Belgique, lui aussi fragilisé et sous haute surveillance, a réuni par téléphone un conseil d’administration exceptionnel pour évaluer la situation créée par les déboires de Fortis. Une augmentation de capital pourrait être annoncée très rapidement pour reconstituer ses fonds propres et rassurer les marchés. À cet effet, ses principaux actionnaires, des communes belges et la Caisse des dépôts et consignations, côté français, seront sollicités.
L’Allemagne n’est pas épargnée puisque la banque immobilière Hypo Real Estate, maison mère de Depfa Bank, spécialisée dans le financement des collectivités locales, serait au bord de la faillite. Une solution d’urgence tente d’être trouvée par les autorités et les principales banques du pays. Sale temps, décidément, pour le capitalisme financier.
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26.09.2008
[Economie] Joli temps de crise
En ces temps de crise financière, nous publions une analyse remarquable datant de mars 2008 parue sur le site « L’observatoire de la Finance ». Elle démontre que la crise traversée n’est pas simplement conjoncturelle mais ontologique. En ce sens, le discours lénifiant de Nicolas SARKOZY sur la moralisation de la finance et son besoin permanent de boucs émissaires, ne suffiront pas loin s’en faut à enrayer la crise :
Les turbulences financières actuelles, quel que soit leur aboutissement immédiat, sont de nature systémique. Elles sont le symptôme de la pression croissante qui, année après année, fragilise les assises matérielles, sociales, intellectuelles et éthiques du système socio-économique basé sur la liberté politique et économique.
Dans un rapport récent*, l’Observatoire de la Finance procède à une analyse étendue de cette transformation qui, si elle n’est pas d’abord identifiée et ensuite désamorcée, risque de détourner à brève échéance l’économie de marché de sa vocation première qui est de promouvoir la dignité et le bonheur de la personne humaine.
Une société n’est jamais figée ; elle est en quête permanente et décentralisée des arrangements les mieux adaptés aux enjeux du moment. Il en va ainsi aujourd’hui. Depuis une trentaine d’années (depuis la fin des « Trente glorieuses »), la place de la finance n’a cessé d’augmenter aussi bien dans l’économie que dans les représentations et les aspirations des acteurs politiques, économiques et sociaux. Ce processus de montée en puissance de pratiques, de techniques mais aussi de représentations et de valeurs liées à la finance est parfois qualifié de « financiarisation ». C’est à l’analyse des multiples dimensions du processus de financiarisation que l’Observatoire de la Finance a consacré son dernier rapport. Le rapport montre comment la financiarisation a transformé l’économie et la société contemporaines en les organisant autour d’une nouvelle cohérence centrée sur l’efficacité financière. Aujourd’hui, poussée à l’extrême, cette cohérence approche de son point de rupture.
1. Le diagnostic
Au terme des Trente glorieuses les pays occidentaux ont massivement adossé des promesses de rentes et de retraites à des volumes d’épargne détenus durablement sous forme de liquidités financières. La viabilité à long terme de ces constructions faites de promesses est aujourd’hui dépendante de la capacité de rendement des instruments financiers en question. Parallèlement, se sont développés d’autres « silos d’épargne » avec leurs propres exigences de rendement. Cette évolution a progressivement exposé l’économie dite productive à une ponction croissante l’obligeant à consacrer un volume toujours plus grand – en termes absolus et en proportion – de la valeur ajoutée à la rémunération de l’épargne ainsi placée. Dans un premier temps, ce sont les entreprises cotées en bourse qui ont subi cette pression. Elles l’ont reportée ensuite dans trois directions complémentaires : leurs collaborateurs à travers le monde soumis à des exigences de résultats de plus en plus poussées, les consommateurs exposés à une pression toujours plus forte de l’innovation couplée aux techniques de marketing de plus en plus sophistiquées, et les entreprises plus petites, au Nord comme au Sud, les fournisseurs et les distributeurs des grands, soumises elles aussi à une pression de résultats souvent insoutenable. L’exigence de rendement, financière à l’origine, a infiltré d’abord l’ensemble de l’économie pour ensuite devenir omniprésente dans la société et jusque dans la culture de la vie quotidienne. Cette évolution a amené aujourd’hui les sociétés occidentales à une situation paradoxale où elles ont perdu leur liberté car leur présent est de fait contraint par les exigences imposées par leur propre avenir financier, tel qu’il a été articulé par les architectes des retraites par capitalisation et proposé par les avocats de la shareholder value. Cet « avenir radieux » est en train de s’avérer aussi chimérique que l’a été celui proposé par l’utopie communiste. Les progrès de la logique financière ont été grandement facilités par la justification politique de la dérégulation qui les a accompagnés, ainsi que par l’expression de la rationalité financière sous forme de « lois » et autres « théorèmes » couronnés par des prix Nobel. Le rouleau compresseur de « l’éthos de l’efficacité », ainsi validé par des vérités « démontrées », a progressivement eu raison des résistances morales et éthiques.
Au terme de plus de trente années de progrès de la financiarisation, l’état des fondements du système économique et social est inquiétant à plus d’un titre. C’est dans ce contexte que doivent être interprétées les turbulences financières actuelles, signe avant coureur d’une probable rupture systémique.
La financiarisation a débouché sur la prééminence quasi absolue de la transaction au détriment de la relation. La finance contemporaine a triomphé parce qu’elle a porté au paroxysme la quête du « gain en capital » et celle de l’option de sortie immédiate, réalisés instantanément dans la transaction. Parallèlement, la patience, la loyauté, la durée et la confiance, piliers de la relation, se sont affaiblies avec pour conséquence une montée de la méfiance ; la liquidité des marchés financiers n’étant rien d’autre qu’un succédané mécanique de la confiance interpersonnelle.
L’ethos de l’efficacité a eu raison de la plupart des résistances morales et s’est imposé comme le critère ultime de jugement. :Or, portée à l’extrême, la préoccupation d’efficacité aboutit à des procédures internes et à des organigrammes de plus en plus affûtés répartissant les tâches et les responsabilités de manière de plus en plus stricte, au point où les collaborateurs perdent le sens et la signification de leurs actes. Cette tendance est sur le point de déboucher sur une « aliénation éthique » généralisée des collaborateurs qui cessent de s’intéresser, de se préoccuper et de comprendre le sens et la portée de leurs activités au-delà de la simple question de la rémunération.
L’ethos de l’efficacité émancipé de l’autorité de la morale a progressivement encouragé l’expression de plus en plus brutale de la cupidité, visible notamment dans l’asservissement des relations de confiance aux besoins des transactions et des sorties intempestives. Ces trahisons et manques patents de loyauté à répétition sont sur le point d’avoir raison du rouage essentiel à toute économie de marché et à toute société libre, à savoir la confiance interpersonnelle. Au marché libre, ancré dans un sens de responsabilité des acteurs, est sur le point de succéder un marché « cupide », qui à son tour appelle à une escalade de contrôles, de normes et de procédures tant publiques que privées. Celles-ci, tout en étant source de coûts considérables, accélèrent encore la déresponsabilisation des acteurs eux-mêmes.
2. Les pistes d’action
Le diagnostic qui précède indique que les valeurs fondamentales de la liberté de jugement, de la responsabilité et de la solidarité, constitutives du bien commun et sans lesquelles une société libre et humaine ne saurait subsister, sont aujourd’hui en danger. L’Observatoire de la Finance propose trois pistes d’action :
Procéder à une critique – au sens positif du terme – du point de vue à la fois des réalités sociales et de la morale des postulats sous-jacents à la Weltanschauung véhiculée par les théories économiques et financières contemporaines. Cet examen pourrait bien aboutir à mettre en doute la prééminence dogmatique du souci de l’efficacité économique et financière et à restaurer le bien-fondé de la préoccupation éthique, en particulier celle liée au bien commun.
Instaurer dans tous les domaines de la vie économique et financière des incitations à la durée, de manière à freiner voire inverser la destruction des relations au nom de l’extraction du surplus par des transactions intempestives. Il s’agit d’un chantier immense avec des implications dans tous les domaines : finances, fiscalité, relations salariales, développement territorial, etc.
Mettre en place les méthodes et les moyens permettant de desserrer à moyen terme le carcan que les promesses de retraites font peser sur l’activité productive, entre autre par l’intérmediaire des silos d’épargne. Il s’agit d’un travail qui demande du courage politique et une grande probité technique tant il est vrai que les intérêts professionnels des intermédiaires financiers peuvent se trouver en jeu. Ce travail est urgent puisqu’il faudrait qu’il porte ses fruits avant qu’il ne devienne évident que les promesses financières des retraites par capitalisation sont impossibles à tenir.
3. Appel
Le texte qui précède veut alerter les femmes et les hommes de bonne volonté sur le danger que court le trésor de la liberté économique et politique, parce que nous avons succombé à l’illusion que les « vices privés » pouvaient effectivement contribuer à des « vertus publiques ». Or, si les « vices privés » peuvent donner l’impression d’augmenter l’efficacité économique, cela se fait au prix de la destruction en profondeur de l’assise même des sociétés : la confiance, le respect et la solidarité. Il est indispensable aujourd’hui, alors qu’il est encore temps, de reprendre l’avenir entre nos mains. De sortir au grand air en claquant la porte de la prison dorée (en apparence) des promesses actuarielles, de libérer l’homme de l’illusion de la finance et remettre cette dernière au service de l’épanouissement et de la dignité humaine.
Source: Europae Gentes
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02.08.2008
[Economie] Du pétrole et des hommes
Une huile minérale devenu le sang de l'économie mondiale. Un sang qui se raréfie, une réserve mondiale dilapidée depuis 1859 date de construction du premier puits de pétrole d' Edwin Drake.
Inutile de spéculer indéfiniment sur la date fatidique de l'après pétrole, cela n'a que peu d'intérêt. Disons qu'elle se situera au cours du XXIème siècle en fonction de la croissance mondiale et d'éventuels efforts écologique désespérés. Par contre il est important de connaître l'histoire de son utilisation au travers ...des millénaires. En effet il semblerait que dès 6000 av. JC un certain peuple Mésopotamien (Irak actuelle) l'utilisait déjà pour le calfatage des bateaux. Produit cosmétique dans l'antiquité, combustible au lampe à huile, ou enduit de momification : son utilisation était déjà très répandue dans le monde romain et égyptien. On retrouvera même le pétrole dans la composition de la potion magique d'Astérix....c'est dire! Son utilisation reste cependant assez peu courante jusqu'à l'invention du moteur à combustion au XIXeme siècle, bien plus efficace que son prédécesseur le moteur à vapeur. Il se développe alors une formidable rué vers l'or noir dans certaine région du monde, tel la Californie, la Transylvanie roumaine ou même la Pologne. Le pétrole du Moyen-Orient ne fut découvert que bien plus tard au cours des années 30.
C'est finalement toute la seconde révolution industrielle qui c'est nourrit du pétrole comme elle l'avait fait dans sa première phase avec le charbon.. jusqu'à devenir le pilier de la mondialisation et du transport. Nous y voilà, le pétrole de formidable combustible est devenu véritable poison, pour nous les hommes. Un poison écologique direct nous l'avons tous compris, mais là n'est pas l'essentiel de la question bien que ce soit cette unique thème qui sollicite l'intérêt des opinions publiques médiatiques et apparemment politique. Non le pétrole est aussi un poison Identitaire . Il a détruit l'économie locale, en la mettant en concurrence avec celle du monde et du tiers-monde. C'est notre agriculture, essence de l'indépendance de tout peuple, qui à était asphyxié. Mais ce n'est pas le soucis écologique, qui fera prendre conscience aux industriels que la mondialisation agro-alimentaire est impossible, mais bien la hausse des prix du transports. Désormais même les salaires de misère accordé à la main d'œuvre Brésilienne ne pourront plus compensé les dépenses en gasoil d'un Sao Paulo-Rotterdam en navire cargo. Un pétrole à 150$ le barils c'est un coup dur porté à un système mondiale sans queue ni tête ou les affamés travaillent à nourrir les obèses. C'est un grand espoir pour eux qui pourront enfin profiter des fruits de leur efforts aujourd'hui volé, pour nous et notre agriculture aujourd'hui spolié, et sûrement pour la santé de la planète. C'est aussi la fin du n'importe-quoi gastronomique dans mon assiette, et peut-être le retour de mon entreprise dé-localisé au Miséristhan...
C'est aussi ce même pétrole, qui nourrit l'individualisme ultra-capitaliste, symbolisé par l'automobile. Cette automobile que l'on prend, pour aller au même endroit que l'automobile de devant, de derrière, et de droite, du domicile au travail, du travail au supermarché, ou en l'occurrence du domicile à la plage cet été. N'est-il pas ridicule d'observer ces milliers de petits carrosses à la queue leu-leu qui se klaxonne? La scène est devenu tellement banal : Le "citoyen automobiliste" passera son trajet à se lamenté de l'égoïsme des gens, en écoutant France-Inter édition spéciale "planète en danger : que faire ?", seul dans sa berline 5 places. Aucun éclair de lucidité ne lui traversera l'esprit quand à la stupidité de sa condition. Alors peut-être que quand cette condition lui coûtera 5 euros du kilomètres il en verra le non-sens. Un petit déclic dans la tête des Européens passifs, ces citoyens de la Civilisation Mondiale. L'Histoire retiendra qu'elle n'avait aucun sens, et qu'elle mourût naturellement, en épuisant son carburant : un lent suicide.
Conscient de la difficulté de notre combat contre la Mondialisation nous devons cependant réaliser que le temps joue en notre faveur.
Pour la première fois.
JI Lyon
http://voraces.hautetfort.com/19:35 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


