11.05.2008
[Breizh] Une farce jacobine
Communiqué d'Adsav!
En organisant un simulacre de débat sur les soi-disant "langues régionales", prélude à l'affirmation solennelle de son opposition à tout changement de politique linguistique, la France vient une fois de plus d'organiser une opération de propagande à grande échelle pour son modèle de gouvernement: la prison des peuples. Adsav! , le parti du peuple Breton, rappelle que le débat qui s'est déroulé à l'Assemblée nationale française sur les prétendues "langues régionales" a tenu de la mauvaise farce. En mettant sur le même plan des langues nationales de culture, comme le Breton, et des variations locales du Français, le débat était déjà bien mal amorcé: il pataugeait dans le provincialisme d'un autre temps. Pourquoi Mme Christine Albanel, ministre de la Culture française, cru-t-elle bon d'affirmer haut et fort le refus de son gouvernement de ratifier la Charte européenne des langues minoritaires ? Sans doute dans le but de promouvoir une fois de plus « l'exception française », car il aurait suffit de prendre acte de la violation permanent des textes des Nations Unies en la matière pour comprendre que l'Etat français n'a aucune intention de changer de politique linguistique. Un peu de clarté dans ce domaine aurait évité au contribuable breton de payer les frais d'un « débat » inutile.
Alors qu'on cherche à distraire les Bretons des vrais enjeux linguistiques, alors qu'on leur fait perdre un temps précieux, Adsav, le parti du peuple Breton, rappelle solennellement que la langue bretonne n'est pas une sous-variante régionale d'on ne sait trop quoi, mais la langue millénaire du peuple Breton. Ce peuple, d'origine celtique et insulaire existait déjà avant que l'Etat français ne se constitue. Nous n'avons de leçons à recevoir de personne en matière linguistique et c'est à nous, Bretons, qu'il appartient de défendre notre héritage culturel. Sans politique linguistique ambitieuse qui mette en valeur le breton dans l'éducation et les medias, notre langue, dont le nombre de locuteurs décline rapidement, ne passera pas le cap du XXIe siècle. Sans gouvernement breton pour organiser cette tâche, les minces succès seront illusoires. Plus que jamais, sauver la langue bretonne passe par le retour à l'indépendance de notre vieille nation.
Kuzul Meur Adsav!
Le bureau politique
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21.04.2008
[Breizh] De la négritude à la bretonnité
De la négritude à la bretonnité.
Aimé Césaire est parti. Homme de la gauche rouge foncé, père du concept identitaire de la négritude, anti-colonialiste (Discours sur le colonialisme) et poète, c’est, à en lire la presse française, un Grand Homme qui s’en va !
Loin de remettre en question la valeur littéraire d’Aimé Césaire, on est cependant choqué de voir que le concept de la négritude est retenu par tous comme l’idée essentielle de l’oeuvre de l’homme de lettres.
La Grande Presse et la Mémoire Collective oublient une part importante de son travail : celle qui dénonce la colonisation française et ses néfastes conséquences. Césaire fait ainsi le parallèle entre le colonialisme à la française et la période nazie :
« Oui, il vaudrait la peine d’étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches d’Hitler et de l’hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXe siècle qu’il porte en lui un Hitler qui s’ignore, qu’Hitler l’habite, qu’Hitler est son démon, que s’il le vitupère, c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est pas l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, c’est l’humiliation contre l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique […] »
La France rend aujourd’hui hommage à un homme qui a pourtant écrit le pire sur elle !
On note surtout la posture schizophrène de la caste politique française qui sélectionne, encore et toujours, ce qu’il est politiquement correct de penser selon le temps et les crises ! Ferait-on tel hommage si les banlieues peuplées d’immigrés étaient moins source de problèmes ?
… Et de demander aujourd’hui que le Grand Homme repose au Panthéon ! …
Et là,… o c’hoarzhin emaoc’h ?, … les politiques français voudraient déplacer en métropole un homme qui a toujours dit l’Amour et la fierté qu’il avait pour son île et ce qu’il pensait du colon français !
Mais…
Il y a quelques années, un autre homme disait son Amour du Pays « Ici plus que partout ailleurs, le poète précède le tribun. Il n’est de libertés réelles, établies, qui n’aient d’abord été imaginées. L’esprit sur la route marche devant les peuples ». Cet homme-là disait tout autant son dégout du colonialisme français :
Je suis Celte. Je suis Breton.
Je suis le barde condamné.
Ma démence fait ma force.
Parfois, au fond de l’ivresse, flamboie la voyance ».
Mais celui-là quand il est parti, personne n’a jamais souhaité le mettre au Panthéon, là où l’on admet les Grands Hommes seulement ! Cet homme-là, c’était Xavier Grall. « Et c’est alors que je me suis re-bretonisé, dans le plaisir et dans les larmes car, enfant j’avais reçu une éducation française ». « Mais enfin, ce rapatriement si ardemment désiré, voici que je le réalisais et que les pluies mortelles se jetaient à ma face, que je trouvais un peuple affaissé, sans rêve et sans projet, voici que la Bretagne se résignait à suivre ses maîtres sans trop rechigner ». Le départ de Xavier Grall, dont les qualités poétiques n’échapperont à personne, n’a jamais suscité autant d’éloges que celui d’Aimé Césaire. Xavier Grall repose en terre bretonne et c’est heureux !
Pour la France, la bretonnité vaudrait-elle moins que la négritude ?
Diouzh penn ar pratik … ?
Marie Duvell pour Novopress Breizh
www.novopress.info
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19.04.2008
[Breizh] Festival international de la Photo de mer à Vannes
Festival international de la Photo de mer à Vannes21:31 Publié dans Breizh | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.04.2008
[Breizh] Marées noires : des solutions bretonnes, et vite !
Marées noires : des solutions bretonnes, et vite !
Depuis plusieurs décennies la Bretagne est souillée à intervalle régulier par des marées noires, dont les coûts environnementaux, humains et économiques sont énormes. Adsav, le parti du peuple breton, rappelle que ces tragédies à répétition ne sont pas le fruit du hasard mais résultent d'une mauvaise gestion des risques. Le 16 mars 2008, trente ans jour pour jour après la tragédie de l'Amoco Cadiz, la raffinerie de Donges a laissé échapper 400 tonnes de fuel lourd toxique. Cette raffinerie appartient au groupe Total et est située à la lisière des marais de Grande Brière classés site Natura 2000. 100 tonnes se seraient déversées dans l'estuaire et 300 tonnes sur les berges de la Loire. Alors que la catastrophe écologique s'étend toujours, l'accident a donné lieu à des prises de position inacceptables de la part de l'entreprise Total et de l'Etat français. Tout est fait pour détourner l'attention et minimiser l'accident. A écouter le personnel économico-politique français il n'y aurait aucun motif de se plaindre, les responsabilités étant « reconnues » et « assumées ». S'il est commode de s'affirmer responsable mais pas coupable, les Bretons, eux, sont en droit de demander des comptes. Les coupables doivent payer.
Adsav, le parti du peuple breton entend également souligner, qu'au delà des justes réparations, c'est une véritable gestion des risques environnementaux dont la Bretagne a besoin. Or, l'Etat français n'est pas en mesure de mettre en place les bonnes solutions dans la durée. La France oscille entre l'idéal abstrait du « principe de précaution » et le laxisme des pratiques; elle maintient d'un côté l'illusion du risque zéro pour mieux fermer les yeux sur les pires pollutions. Face à tant d'incompétence, il est temps pour le peuple breton de prendre lui-même en charge sa politique environnementale fondée sur une véritable gestion des risques. Un gouvernement breton commencerait par faire respecter les normes internationales dans ce domaine.
Ar kuzul meur Adsav, Strollad Pobl Vreizh
14:01 Publié dans Breizh | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.04.2008
[Breizh] Bretagne vs pseudo-pays-de-Loire
Un collectif pour la réunification de la Bretagne a rencontré récemment le Conseil régional des jeunes des Pays-de-Loire afin de leurs exprimer les attentes des partisans de la réunification.
Cette rencontre, bien surveillée par les élus de la région a permis de faire prendre conscience à certains membres du CRJ qu'il était temps d'organiser une consultation démocratique sur le découpage régional.
La région Pays-de-Loire englobe en effet une partie de la Bretagne (Loire-Atlantique et Nantes). La région Bretagne et le Département de Loire-Atlantique sont favorables à une union. Tandis que les élus de la région Pays-de-Loire ne souhaitent engager aucun débat.
On apprend même que son Président, Jacques Auxiette a porté plainte pour vandalisme contre les militants du collectif qui souhaitaient discuter avec les jeunes du CRJ pour avoir accroché un drapeau breton sur le mât du Conseil régional.
Vive le débat démocratique !
Source : Eurominority
18:13 Publié dans Breizh | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.03.2008
[Breizh] La résistance bretonne mise à l'honneur
La résistance bretonne mise à l'honneur
Les Bretons ne l'ont pas loupé. Depuis la sortie de l'ouvrage de Jean-Jacques Monnier, "Résistance et conscience bretonne" (Ed. Yoran Embanner), les rayons des librairies en sont remplis. Preuve d'un succès bien mérité. Il faut avouer qu'il s'agit d'une bouffé d'oxygène. Il a fallu en effet huit ans de travaux à l'auteur pour honorer les militants bretons qui se sont battus contre l'occupation nazi. Car ces dernières années la parution de quelques ouvrages et d'articles stigmatisant les défenseurs de l'identité bretonne en les présentant comme des nostalgiques de la période d'occupation, voire de l'idéologie nazie, ont participé à salir la Bretagne et ses habitants dans leur ensemble. L'auteur, Jean-Jacques Monnier, docteur ès lettres, professeur d'histoire et chercheur, fournit ainsi une bien belle preuve de l'engagement des Bretons pour les valeurs fondamentales de la démocratie et de la liberté. Être Breton, s'engager pour la Bretagne, ses langues, sa culture et son identité, s'engager pour la reconnaissance historique des peuples d'Europe, doivent rimer avec ces mêmes valeurs.
Source : Eurominority
12:44 Publié dans Breizh | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.03.2008
[Breizh] Nous voulons...
20:43 Publié dans Breizh | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
[Breizh] Chapeau les Bretons !
Présentant pour la première fois des candidats aux élections locales, Adsav (prononcez "AdsaO"), le parti du peuple breton, a enregistré des résultats concluants. Ayant choisi de se présenter dans chacun des départements de la Bretagne historique, y compris dans le Pays de Retz, les représentants d’Adsav obtiennent de 2 à 6 %. Des scores d’autant plus significatifs qu’ils sont acquis dans des contextes différents : face aux seuls PS et UMP (canton de Briec-sur l’Odet : 5,21 %), en concurrence avec un candidat FN (canton d’Auray : 4,12 %) ou LCR (canton de Dol-de-Bretagne : 4 %).20:37 Publié dans Breizh | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : adsav
11.03.2008
[Breizh] Gant Adsav , strollad pobl vreizh !
Mes chers compatriotes,
Hier vous avez participé à l'élection des maires et d'une partie des conseillers généraux présents en Bretagne.
L'enjeu était important pour Adsav, le parti du peuple breton, car ces élus ont la possibilité réelle de servir les intérêts de la Bretagne.
Pour sa première bataille électorale, Adsav , le parti du peuple breton, était présent dans six cantons répartis sur l'ensemble du territoire de la Bretagne historique. Dans ces cantons, ce sont plus de trois mille Bretons qui ont fait le choix de nos candidats. Dans le canton de Lamballe, les scores ont atteint les 6,3%. Dans quatre des six cantons, les candidats du parti du peuple breton ont atteint des scores qui ont frôlé ou dépassé les 5%. Le score plus modeste de 2,33% obtenu dans le canton de St Père-en-Retz l'a été alors que 7 candidats étaient en lice.
Ces résultats qui sont remarquablement homogènes au regard de la diversité des cantons (urbains, ruraux etc.) masquent des adhésions encore plus larges dans certaines communes où le vote breton a pu atteindre jusqu'à 12% et 13%. Nous pouvons donc parler d'un succès impressionnant et incontestable.
Au nom du parti du peuple breton, je tiens à remercier celles et ceux qui se sont portés sur nos candidats. En plaçant leur confiance dans les défenseurs de l'intérêt breton, ces Bretonnes et ces Bretons lucides ont permis au seul parti breton totalement indépendant des forces françaises d'émerger comme une réalité politique incontestable dès son « baptême du vote ».
N'ayons pas peur des mots, il s'agit d'un acte fondateur. Il faudra désormais compter en Bretagne avec cette présence indomptable et déterminée, cette force de proposition et de rénovation, au lieu des habituels chevaux couchés.
A wir galon ganeoc'h !
Frederig ar Bouder
Penn Rener Adsav
http://adsav.free.fr/
17:27 Publié dans Breizh | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : adsav
29.02.2008
[Breizh] Adsav , l'unique solution
Si j’ai voulu commencer cette allocution par quelques vers tirés notre épopée nationale, le Barzaz Breiz, c’est que note langue- « ar brezhoneg »- est le premier marqueur de notre appartenance collective et de notre originalité parmi les peuples. Il est difficile de comprendre quoi que ce soit à la permanence de la tradition nationale bretonne sans avoir à l’esprit cette réalité ethnolinguistique d’une part, et sans connaître notre passé de nation souveraine, d’autre part.
Le peuplement massif de l’Armorique par les Bretons insulaires- venus de « Grande »-Bretagne- entre les IIIe et VIe siècles de notre ère va donner sa physionomie à mon pays. D’abord conglomérat de petits royaumes, puis royaume unifié après la victoire de Nominoë sur les Francs en 841, désigné ensuite sous le nom de « Duché » - mais duché souverain - la Bretagne s’est gouvernée à sa guise pendant près de mille ans, jusqu'à la défaite de St Aubin du Cormier de 1488 qui plaça mon pays dans la sphère d’influence française. L’Union de la Bretagne à la France fut imposée en 1532. Depuis cette époque, on assiste à des tentatives répétées d’émancipation. Pour en citer quelques unes : la tentative du duc de Mercoeur au XVIe siècle ; la conspiration du Marquis de Pontcallec, au XVIIIe siècle ; la Conjuration Bretonne, d’Armand-Charles de la Rouërie (le « colonel Armand »), durant la Révolution française ; la proclamation de l’indépendance bretonne à Pontivy en 1940, et j’en passe.
Sans s’affilier à aucun de ces ancêtres en particulier, Adsav, le parti du peuple breton s’inscrit dans cette lignée. Adsav signifie, renaissance, renouveau. Notre but principal est le retour à la normale si j’ose dire, c'est-à-dire, une nation bretonne qui prend sa place dans le concert des nations européennes. Une nation que je me plais parfois à mettre en parallèle avec le Danemark. Taille et populations comparables, position stratégique supérieure, tradition maritime identique, puissance agroalimentaire similaire, puissance industrielle et technologique sensiblement inférieure, mais pas dans des proportions ridicules.
L’indépendance : pourquoi il est urgent de la faire
Seulement voilà, la Bretagne n’est pas encore un second Danemark. Et il y a un os de taille: le lien de sujétion qui nous entrave, menace directement notre personnalité. Je vous passerai le « blabla » et les formules creuses pour aller à l’essentiel, en bon Breton. Le lien de sujétion signifie, en clair que :
Notre langue est en danger de mort
Notre peuple lui-même risque de disparaître
1- Notre personnalité nationale ne peut s’épanouir :
Nous sommes, et nous ne sommes pas les seuls- les Niçois connaissent le même sort soumis à une politique d’acculturation et d’assimilation. Notre langue, c’est à dire l’expression de notre personnalité nationale distincte compte pour peu aux yeux de l’Etat français : dans le meilleur des cas on la tolère, dans le pire on cherche a la faire disparaître. Le résultat ? Elle est en train de crever. Plus d’un million de locuteurs en 1940, a peine 250 000 aujourd’hui, pour la plupart âgés. Pourquoi ? Car le maximum que la France pourra consentir à faire est de la rabaisser au rang de « langue régionale » c'est-à-dire de la promettre au musée. Langue régionale est une formule de rhétorique qui est pour nous un piège. Elle ne vise qu'a justifier la discrimination par rapport à la seule chose « vraiment sérieuse » pour l’Etat français, c’est à dire la langue de la République. J’en profite pour le dire, dès qu'on y réfléchit deux minutes cette expression est ridicule. Les régions de programme- aussi artificielles que les départements- ont été crées en 1972, remettant au goût du jour un découpage arbitraire de 1941. Soit treize siècles après l’émergence du breton ! S'il était une variante "régionale" de quelque chose, le Breton serait une variante du Gallois et du Cornique!Adsav se bat pour que la société bretonne puisse renaître, non pour que le Breton soit relégué au statut de "langues régionale", c'est à dire d'objet de folklore. Notre but n’est pas de quémander un petit panneau bilingue par ici et par là, et d'avoir dans trente ans 1% des Bretons qui parlent leur langue. Je rappelai que l'apprentissage du breton progresse actuellement de 15% par ans. 0,7% de la population est scolarisée en Breton. Pour que seulement 5% des enfants soient scolarises il faudrait 1000 enfants de plus pendant 28 ans, et ouvrir 40 classes par ans pendant 25 ans. La France n'ira jamais aussi loin que cela...
Le Breton proposé à toutes les familles dans toutes les écoles (87% des bretons sont favorable à son enseignement)? Inconcevable. Une radio ou une télévision, des journaux en Breton comme en ont les Catalans ou les Gallois? Toutes les initiatives ont été torpillées, ce fut récemment le cas de TV Breizh. Sans même parler de pouvoir être jugé dans sa propre langue. Soyons clairs : toutes les initiatives (signalisation, banques, rayons des supermarchés etc.) sont des initiatives émanant de collectivités bretonnes ou d’entreprises privées.
Car au-delà de la lettre des textes il y a la dynamique des interprétations et des jurisprudences qui peut aller très loin. J’ai la conviction qu’en France, terre de liberté, aucune minorité n’est opprimée et qu’il n’est donc pas nécessaire de donner à des juges européens le droit de se prononcer sur un sujet qui est consubstantiel à notre identité nationale et n’a absolument rien à voir avec la construction de l’Europe. »
Nicolas Sárközy, discours Besançon (13/03/07)
En matière de langue les choses sont claires seul un état qui se donnerait les moyens d’une vraie politique linguistique pourrait renverser la vapeur. Et c’est possible ! En consacrant 2% de leur budget, les Basques (du côté espagnol de la frontière, bien entendu) ont fait progresser la pratique de leur langue de 20% à 30% au cours des dix dernières années. La France a comme priorité de financer des animateurs bidons dans des quartiers sensibles. Nous, nous préférerions sauver notre langue.
2- Nous sommes en danger de mort.
Un bon moyen de se débarrasser une fois pour toute des Bretons, c’est de les noyer dans la masse. Deux dangers guettent notre peuple: je les nommerai la « Bretagne riviera » et la « Bretagne banlieue ». Voire un mélange des deux, selon les zones. Il n’échappera à personne que les banlieues de Rennes ou de Nantes ressemblent de plus en plus aux banlieues de Paris – avec le même cocktail explosif d’immigration, de problèmes en tout genre et d’insécurité – et que le golfe du Morbihan se transforme rapidement en une gigantesque zone balnéaire où les Bretons n’ont plus leur place, suivant en cela le destin de villes comme La Baule par exemple.
Le récent rapport Attali indique que la machine à tuer les peuples ne connaît pas de limites. Si nous ne faisons rien, la logique de mort de l’Etat Français nous détruira. Ses « Premières conclusions sur la croissance » font froid dans le dos.
Ce rapport prévoit à l’échelle de l’hexagone de:
-Construire dès à présent 500.000 logements nouveaux par an, en densifiant l’espace urbain.
-Autoriser l’Etat à se réapproprier le foncier disponible des communes dans lesquelles la construction de logements « sociaux » ne répond pas aux objectifs de la solidarité et du renouvellement urbain (loi SRU).
-Inciter massivement les collectivités locales à construire des logements « socialement mixtes » (sic).
-Créer avant 2012 dix ECOPOLIS, villes nouvelles d’au moins 5O.OOO habitants chacune, à la pointe de la technologie et de l’écologie.
La reprise de ces mots d’ordres parisiens à l’échelle de la Bretagne ne laisse pas de doute sur ce qui nous attend si nous ne prenons pas nous-mêmes notre avenir en main. Le journal Ouest France prévoit en effet quatre scénarios pour notre pays (O-F du 1/10/07). Chacune de ces projections est catastrophique dans son genre :
Scénario 1. La Breizh-Riviera : Elle est tellement convoitée qu’elle devient de plus en plus résidentielle (+ 23.000 habitants par an, essentiellement âgés, dont des réfugiés climatiques (sic) . Ils provoquent une telle hausse du prix du foncier que les jeunes ménages sont expulsés (sic) vers le Centre-Bretagne. Heureusement la multiplication des quatre voies sur l’axe nord-sud sauve la Région de l’asphyxie.
Scénario 2. Le Nouveau Tigre Celtique : Résidentielle, la Bretagne est aussi plus productive. Gain : 30.000 habitants par an, ce qui atténue notablement le vieillissement de la région avec la foule des départs en retraite. Une Bretagne au littoral fortement urbanisé.
Scénario 3. La Bretagne laborieuse. Elle produit de plus en plus. Trop. Tellement que cadre de vie et patrimoine ne sont plus préservés. Le littoral est bétonné à outrance, la résidentialisation s’effondre, le solde migratoire baisse à 2O.OOO par an, les tensions s’accroissent entre les villes et le reste du territoire. Seules Rennes, Brest et Vannes s’en tirent, les autres villes reculent.
Scénario 4 . Le reflux. Les Bretons émigrent en masse et pas seulement les étudiants. L’économie ralentit, le coût de l’énergie et des transports s’enflamme, baisse de l’emploi, baisse de la population, territoires déséquilibrés : tout fout le camp (sic), c’est la Bretagne qu’on détricote.
Vous l’avez compris, quelque soit la sauce a laquelle on nous mange, rien de bien bon n’est au programme. On nous offre la richesse et le déracinement ou l’exil et la pauvreté… Le temps presse, il faut tourner la page et imposer notre propre mode de développement qui réponde a nos priorités : un développement équilibré et à visage humain qui respecte le peuple. Pour faire vite, plutôt le modèle Finlandais que le modèle Français : nous voulons que nos enfants puissent rester au pays, et qu’ils puissent adapter la Bretagne
3- La France en sortir, c’est s’en sortir
Les idiots utiles du système Français, qui n’ont pas encore compris qu’ils vivaient dans un tombeau, nous lancent parfois : mais enfin ce n’est pas sérieux une Bretagne indépendante, elle ne serait pas viable. Une version plus « populo » de la même rengaine: que ferez-vous avec vos choux-fleurs…. Certains Bretons se sont parfois laissés impressionner par ce genre d’argument. Nombreux sont ceux qui se sont dit que, s’ils avaient fermé les yeux ou contribué au sacrifice de leur nationalité, au fond, c’était un moindre mal, c’était pour donner un avenir à leurs enfants… Quelle amertume que de découvrir aujourd’hui que cet avenir est bien souvent un exil vers la Seine St Denis, quand ce ne sont pas les problèmes de la Seine St Denis qu’on installe chez nous au nom de l’indivisibilité de la République…
Outre que des Etats bien plus petits que la Bretagne sont parfaitement viables, par exemple le Luxembourg, la Slovénie ou l’Estonie, les naïfs perdent de vue l’essentiel : l’indépendance serait une bouffée d’oxygène pour la Bretagne. Comme elle le fut pour la Norvège en 1905, pour l’Irlande dans les années 1920 et pour les Pays Baltes dans les années 1990. N’oublions jamais, en effet, que la Bretagne est un contributeur net et non l’inverse. Plus que jamais c’est l’Etat français – en pleine dégringolade – qui vit a nos crochets et non l’inverse. Or, quel avantage tirons-nous de cette contribution ? Des infrastructures utiles? Pas vraiment, car le modèle de développement français a détruit le bocage, il menace notre littoral, il fait fermer nos ports. Il est donc un handicap. L’accès à un marché ? C’était vrai autrefois mais désormais l’ensemble de l’Union Européenne est un marché unique. Une monnaie ? Plus depuis que le Franc à disparu. Une armée ? Vous y croyez encore à la grandeur de l’armée française vous ? La rade de Brest ou le champ de tir de Coëtquidan pourrait sans doute être mieux employés. Vos retraites ? Au rythme où vont les choses une solidarité vieillesse bretonne serait plus efficace que la protection d’une France en banqueroute. Des services publics ? Ils sont toujours en grève….
Les Bretons sont en tête des peuples de l’hexagone dans plusieurs domaines, à commencer par l’agroalimentaire, les activités liées à la mer (de la pêche à la plaisance). Notre économie est également dynamique dans le secteur des télécommunications, du textile, des productions culturelles etc. Je vous passe les succès de dynasties industrielles (les Pinault et autres Bolloré), elles ne sont que la partie immergée de l’Iceberg. La Bretagne a même une sorte de Lobby et de Think Tank, l’Institud Lokarn (Institut de Locarn), et un label « produit en Bretagne » qui rassemble plus de 2300 produits. Seulement voila, dire « Bretagne, leader agro-alimentaire de l’hexagone » ne signifie pas grand-chose en soi. Nous vivions dans un monde concurrentiel au sein duquel, pour assurer un avenir à nos enfants, nous devons soutenir la concurrence de pays autrement plus dynamiques que la France, par exemple les Pays-Bas ou le Danemark qui se sont spécialisés dans des domaines comparables. Pour être a la hauteur des enjeux, encore faudrait-il que les Bretons puissent:
• Disposer d’un environnement économique qui favorise l’initiative.
• Pouvoir prendre des décisions pour eux-mêmes
• Pouvoir exploiter leur position géostratégique.
Les ravages causés par l’étatisme du système Français (« la France n’existe que par son Etat »), le coût des prélèvements, la dette, vous les vivez comme nous. Pas besoin de vous faire un dessin. La dépendance vous la subissez également. Rien n’est vraiment possible lorsqu’un peuple ne dispose d’aucun levier économique. Dans notre cas, mais je pense que c’est également le votre, les centres de décision et les sièges sociaux partent vers Paris dès qu’une entreprise atteint une masse critique. Et avec elles, la matière grise….
Pour terminer sur le sujet, j’ajouterai que l’Etat Français nous considère comme une périphérie occidentale de l’hexagone, alors que notre situation géographique nous place au centre d’un arc Atlantique. Pourquoi, avec sa position à la pointe du continent, Brest n’est-il pas le premier port transatlantique d’Europe ? Simplement parce que pour nous Penn ar Bed signifie « pointe, tête du monde » tandis que pour la France cela signifie, Finistère, fin du monde.
Conclusion : l’indépendance dans l’Europe
Si je suis venu présenter ici le combat que mène Adsav- qui signifie renaissance- pour le renouveau et l’indépendance du peuple breton, c’est que cette indépendance je la souhaite Européenne. D’un point de vue « technique » la Bretagne pourrait très bien exister de manière égoïste, pour elle-même. L’Islande ou Singapour qui sont moins peuplées que la Bretagne savent très bien se débrouiller. Pourtant, je crois que cet égoïsme n’est pas dans la nature des Bretons, et qu’il existe également un lien trop intime entre la civilisation de l’Occident européen et la culture bretonne pour que nous puissions choisir le splendide isolement. Lorsque le rayonnement de la langue bretonne était maximal au Moyen-âge, les bardes bretons répandaient leurs chants dans tout l’occident. Il en est sorti la « matière de Bretagne», qui a profondément marqué la culture occidentale, puis la vague romantique et jusqu'aux romans héroïques modernes poursuivent cette tradition.
Nous pourrions parler de l’Europe que j’appelle de mes voeux mais ce serait un sujet en soi. Je dirai en quelques mots que mon Europe, c’est « l’Europe aux cents drapeaux » pour reprendre l’expression de Yann Fouéré. Une Europe qui traiterait chacun de ses peuples avec dignité, qui serait organisée sur un mode confédéral et selon les principes de la démocratie directe. Une Europe qui serait comprise comme une véritable communauté de civilisation – un principe charnel – au lieu d’être conçue comme un simple marché ou une extension monstrueuse de la France, c’est à dire un principe désincarné. Cette Europe ne pourra se faire que lorsque les peuples reprendront enfin leurs destinées au lieu de les déléguer à des bureaucraties parisiennes ou bruxelloises qui organisent leur destruction. Face aux dangers qui menacent nos peuples, qu’il s’agisse de la marchandisation de notre existence ou de l’obscurantisme des faux prophètes, j’ai l’intime conviction que le renouveau que nous observons de la Catalogne au Pays Basque, de la Flandre à l’Ecosse porte en germe la survie des européens.
Frederig ar Bouder
22:21 Publié dans Breizh | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : bzh



