27.08.2008

[Nissa] L'arroseur arrosé !

montgolfiersegratte2fx6.jpgLYON (NOVOpress) – « Une expérience nouvelle… » C’est ainsi qu’Eric de Montgolfier, le très (trop ?) médiatique procureur de Nice a commenté son renvoi en correctionnelle, le 25 août devant le tribunal de Lyon, pour avoir omis de libérer, en janvier 2003, Jean Herrina, dit « le Sultan », un détenu mis en examen pour vol de bijoux. Il ne sera pas seul dans le box des accusés puisque Christian Chambrin, l’ancien directeur de la maison d’arrêt de Nice, sera à ses côtés.

Herrina (qui s’est suicidé en détention en mars 2007) était alors sous mandat de dépôt jusqu’au 20 janvier 2003. Une semaine avant sa libération prévue, un juge niçois des libertés et de la détention a délivré une ordonnance de mise en liberté alors qu’il aurait dû rendre une « ordonnance de refus de prolongation de la détention provisoire ». Vu l’imbroglio juridique provoqué par cette erreur, le directeur de la prison a décidé de garder Herrina en détention. Soutenu par son chef de greffe, il affirme aujourd’hui qu’il a téléphoné au procureur de Montgolfier pour lui demander son avis, ce dont le magistrat prétend ne plus se souvenir. A l’époque, ce contretemps a permis au juge d’instruction Richard Rolland, d’imputer à l’accusé une autre affaire et donc de le maintenir en prison. « Une manipulation pour rattraper la décision de mise en liberté », dénonce aujourd’hui la défense.

Ce que dénonce, pour sa part, Eric de Montgolfier, c’est l’attitude qu’auraient eu à son égard les juges chargés du dossier : « Je n’ai pas la déférente soumission qu’on attend des justiciables. On m’a rapporté que les juges s’étaient émus de ce que je les aurais pris de haut. Il faudrait cajoler les juges pour obtenir justice ? C’est quelque chose que j’ai du mal à accepter » plaide-t-il.

L’affaire, en tout cas, ne manque pas de piquant et aurait même tendance à provoquer l’hilarité des Niçois qui connaissent bien (trop bien ?) l’arrogance légendaire de « leur » Procureur. Et voir mis en examen pour « atteinte à la liberté individuelle » celui qui depuis désormais plusieurs années poursuit d’une vindicte toute politique les Identitaires du Comté de Nice et plus particulièrement Philippe Vardon, tête de liste de Nice Identité Solidarité Action lors de la dernière élection municipale de mars 2008, apparaît de plus en plus comme un clin d’œil du destin… voire l’expression d’une justice immanente. Montgolfier serait-il en train d’apprendre à ses dépens qu’il est moins risqué de porter atteinte à la liberté des dissidents politiques qu’à celle des criminels ?

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