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17.03.2008
[Littérature] L’expression « un p’tit peu » : indice du terrorisme intellectuel
L’expression « un p’tit peu » : indice du terrorisme intellectuel
Le langage courant, vivant, laisse transparaître la joie, la peine, le sentiment de liberté. L’observateur attentif y décèlera des signes lui permettant d’évaluer l’état réel de l’inconscient collectif, de mesurer, par exemple, l’épanouissement d’une communauté d’hommes et de femmes. Ainsi les célèbres dialogues d’Audiard reflétaient, à leur époque, l’insouciance verbeuse, la gouaille décomplexée et pleine de bon sens d’un peuple qui ne doute pas de lui-même et qui aborde l’avenir avec débrouillardise et confiance. Ces dialogues nous servent toujours de référence.
Depuis cette époque, la systématique culpabilisation de « l’homme blanc, ancien colonisateur », l’apparition progressive des lois liberticides, et plus particulièrement les lois Pleven et Gayssot assorties des lourdes sentences judiciaires qui s’abattent sur les contrevenants, ont changé l’atmosphère de manière radicale. L’étreinte du terrorisme intellectuel et du politiquement correct a fait ses ravages. Des ravages d’autant plus profonds qu’ils affectent tous les domaines de l’expression langagière hexagonale.
Comme chacun a pu le constater, les expressions à la mode fleurissent, s’épanouissent et puis disparaissent. Il en a été ainsi, par exemple, de « au niveau de » et « tout à fait ! », dont l’apparition assez récente répondait, avant tout, à un besoin de conformisme, à celui de donner une preuve d’appartenance à un milieu, à une communauté. Propagées par les media et largement reprises par la population, leur durée de vie n’a été que de quelques mois, tout au plus d’une année. Il en est cependant différemment de l’expression « p’tit peu », apparue sur les plateaux de télévision il y a deux décennies, sinon trois, et dont le succès croissant dans le langage courant ne s’est jamais démenti depuis. Son usage récurrent, qui s’apparente souvent à celui d’une mitrailleuse, nous permet d’observer très fréquemment, notamment à la télévision, sa répétition ad nauseam. C’est ainsi que nous pouvons savourer quelques morceaux choisis tels que, par exemple, au moment du bulletin météo : « une p’tite pertubation va traverser la France d’ouest en est. Un p’tit peu de soleil fera néanmoins son apparition ça et là, etc. ». Le domaine de la météorologie étant, par essence, non concerné par la pression politiquement correcte, l’usage de l’expression « p’tit peu » nous révèle l’existence d’une véritable pathologie affectant l’inconscient collectif. Largement repris dans le langage quotidien, l’usage de cette expression, véritable tic verbal, dévoile, en fait, l’état calamiteux du courage national.
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16:58 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : français



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