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30.12.2007

[Société] Drogue et émeutes : la racaille aux manettes

 
b1207dcafd491ba07cc695cfa4964d5e.pngSelon la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt), "le cannabis rapporte jusqu'à 550 000 euros par an à un semi-grossiste, soit le salaire moyen d'un patron d'une entreprise de plus de 2 000 salariés ! Et les trafiquants à ce stade seraient peut-être déjà un millier. Une armée de petits "parrains" que la justice peine encore à identifier et, plus encore, à confondre." Il y a en France 1,2 million de fumeurs réguliers de haschich, 208 tonnes de cannabis s'écoulent chaque année, par l'intermédiaire de 6 000 à 13 000 fournisseurs et d'environ 100 000 dealers, pour un chiffre d'affaire annuel de 832 millions d'euros. Le premier pays producteur et exportateur mondial est le Maroc.
 
Il y a une convergence flagrante entre les émeutes dans les cités et les intérêts des trafiquants de drogue. Le trafiquant lambda en France, ce n'est plus Al Capone, c'est vous et moi. Il est loin le temps où le trafic de drogue, en tant qu'activité mafieuse classique, pouvait réduire au calme des quartiers entiers, satisfaisant ainsi les autorités publiques qui y voyaient là, officieusement, un mal pour un bien. La situation est bien différente aujourd'hui. Le dernier exemple en date nous est donné par les violences commises à Sevran près de Villiers-le-Bel (Val d'Oise) le 5 décembre dernier : à la suite de l'interpellation de trois voyous et la saisie dans un immeuble de la cité Rougement, de 1 kg de résine de cannabis, du matériel nécessaire à sa découpe et de 5 000 euros en liquide, de violents affrontements ont opposé 50 jeunes armés de cocktails molotov à la police. Cela va dans le même sens que les émeutes de 2005 ou de novembre 2007 : imposer la terreur dans des quartiers entiers, pour décourager progressivement la police (mais aussi les pompiers et tout "représentant de l'Etat") de rentrer dans ces zones dites "sensibles". C'est du séparatisme lent, progressif, sur le long terme.
 

Et cela va naturellement s'aggraver étant donné les intérêts énormes qu'il y a en jeu. En effet, selon Xavier Raufer, criminologue et spécialiste de ces questions, l'économie souterraine de la région Rhône-Alpes représente la quatrième industrie devant l'informatique et l'industrie de la matière plastique ; dans certaines cités, 8 personnes sur 10 vivent de la drogue.

Source : JI Pays d'Aix 

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