Une association pour le maintien de l’agriculture paysanne (AMAP) est un partenariat de proximité entre un groupe de consommateurs et une ferme locale, basé sur un système de distribution de « paniers » composés des produits de la ferme. C’est un contrat solidaire, basé sur un engagement financier des consommateurs, qui payent à l’avance la totalité de leur consommation sur une période définie par le type de production et le lieu géographique. Ce système fonctionne donc sur le principe de la confiance et de la responsabilisation du consommateur.
Une AMAP représente pour le paysan, le maintien de l’activité agricole par la garantie de revenu, puisque le consommateur s’engage à payer à l’avance le fameux panier hebdomadaire tandis que pour le consommateur, cela représente des aliments frais, de saison, souvent biologiques, produits à partir de variétés végétales ou races animales de terroir ou anciennes ; de fait, cela garantie un prix équitable pour les deux partenaires.
En outre, on ne répétera jamais assez la nécessité vitale de manger les fruits et légumes de saison. Manger une fraise en février, c’est agréable, mais surtout, cela fait bosser les producteurs peu consciencieux de la terre, qu’ils empoisonnent de produits nuisibles pour faire pousser la précieuse fraise à une saison qui n’est pas indiquée, sous des serres, dans le cadre d’une agriculture intensive faisant de la fraise, une espèce de grosse patate rose gorgée d’eau, sans goût et sure.
Cela fait aussi bosser des étrangers (à une époque où les agriculteurs français se trouvent dans une détresse financière inimaginable) car l’on sait que la majorité des fraises vendues en France hors saison provient de l’étranger, où les coûts de production sont moins élevés. Ceci fait, par un système de la libre-concurrence, baisser les prix en France, et donc prend à la gorge des producteurs qui se voient dans l’obligation de rendre leur produit inabordable, ou de brader leur production ou de la jeter à la poubelle.
Ce qui est valable pour les fraises est valable pour tous les autres fruits et légumes.
Donc l’AMAP participe de l’ économie solidaire dans la mesure où le lien du producteur au consommateur n’est pas rompu par moult intermédiaires qui se servent allégrement au passage sur la bête, arnaquant d’une part le producteur, et d’autre part, le consommateur ; et tout cela pour avoir…servi d’intermédiaire. (Pas de logistique, pas de stockage, juste un peu d’usure)
Le prix du panier est donc plus équitable pour cette première raison que nous venons d’évoquer mais aussi parce que son prix est calculé en fonction du prix de production et non sur les aléas capricieux d’une place de marché en plein centre de Paris et qui fixe plus les prix comme au Monopoly que selon le bon sens ancestral.
Ce système a plusieurs avantages comme ré-enraciner l’économie au niveau local, ce qui créé une dynamique d’emploi ; comme respecter la biodiversité et la fertilité des sols ; comme la réappropriation de la terre par les agriculteurs et non par les grands groupes agro-alimentaires et surtout consommer des produits savoureux, préparés par un consommateur qui reprend en main son équilibre alimentaire ; comme le moyen de redonner aux urbains une connaissance et un goût de la ruralité qu’ils ont perdu (malgré leurs ancêtres).
Faut-il rappeler qu’une fraise est un fruit délicieux ? Ou faut-il attendre que plus personne ne se souvienne de son goût ? Car à force de manger de mauvais fruits et légumes, on finit par ne plus aimer cela. A méditer.
Louise Demory
Source: www.jiparis.com