24.03.2009
[Normandie] Vues du Cotentin
La lande de Lessay est une des plus considérables de cette portion de la Normandie qu’on appelle la presqu’île du Cotentin. Pays de culture, de vallées fertiles, d’herbages verdoyants, de rivières poissonneuses, le Cotentin, cette Tempé de la France, cette terre grasse et remuée, a pourtant, comme la Bretagne, sa voisine, la Pauvresse-aux-Genêts, de ces parties stériles et nues où l’homme passe et où rien ne vient, sinon une herbe rare et quelques bruyères bientôt desséchées. Ces lacunes de culture, ces places vides de végétation, ces terres chauves pour ainsi dire, forment d’ordinaire un frappant contraste avec les terrains qui les environnent.
Elles sont à ces pays cultivés des oasis arides, comme il y a dans les sables du désert des oasis de verdure. Elles jettent dans ces paysages frais, riants et féconds, de soudaines interruptions de mélancolie, des airs soucieux, des aspects sévères. Elles les ombrent d’une estompe plus noire… Généralement ces landes ont un horizon assez borné. Le voyageur, en y entrant, les parcourt d’un regard et en aperçoit la limite. De partout, les haies des champs labourés les circonscrivent. Mais, si, par exception, on en trouve d’une vaste largeur de circuit, on ne saurait dire l’effet qu’elles produisent sur l’imagination de ceux qui les traversent, de quel charme bizarre et profond elles saisissent les yeux et le cœur. Qui ne sait le charme des landes ?… Il n’y a peut-être que les paysages maritimes, la mer et ses grèves, qui aient un caractère aussi expressif et qui vous émeuvent davantage.
Elles sont comme les lambeaux, laissés sur le sol, d’une poésie primitive et sauvage que la main et la herse de l’homme ont déchirée. Haillons sacrés qui disparaîtront au premier jour sous le souffle de l’industrialisme moderne ; car notre époque, grossièrement matérialiste et utilitaire, a pour prétention de faire disparaître toute espèce de friche et de broussailles aussi bien du globe que de l’âme humaine. Asservie aux idées de rapport, la société, cette vieille ménagère qui n’a plus de jeune que ses besoins et qui radote de ses lumières, ne comprend pas plus les divines ignorances de l’esprit, cette poésie de l’âme qu’elle veut échanger contre de malheureuses connaissances toujours incomplètes, qu’elle n’admet la poésie des yeux, cachée et visible sous l’apparente inutilité des choses.
Pour peu que cet effroyable mouvement de la pensée moderne continue, nous n’aurons plus, dans quelques années, un pauvre bout de lande où l’imagination puisse poser son pied pour rêver, comme le héron sur une de ses pattes. Alors, sous ce règne de l’épais génie des aises physiques qu’on prend pour de la Civilisation et du Progrès, il n’y aura ni ruines, ni mendiants, ni terres vagues, ni superstitions comme celles qui vont faire le sujet de cette histoire, si la sagesse de notre temps veut bien nous permettre de la raconter.
Jules Barbey d’Aurevilly, L’Ensorcelée, 1854
Vague Normande
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[Paris] Paris est patrie !

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[Paris] Pour ne pas finir comme eux !

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[Paris] L'Autre Jeunesse !

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17.02.2009
[Environnement] Consommez équitable
Le conseil «éconologique» de Jean-Marc Lorach, auteur de «Comment faire des économies…avec l'écologie!», (Editions du Puits Fleuri).
Sur 1,3 milliards de paysans dans le monde, plus d'1 milliard vivent en situation de grande pauvreté et cultivent leur exploitation à la main. Ce sont dans les pays du Sud que l'on retrouve l'essentiel des plus démunis ; ils sont évidemment en position de faiblesse pour négocier leurs prix. Le commerce équitable vise à faire bénéficier les petits producteurs de meilleures conditions commerciales, tout en garantissant leurs droits et ceux de leurs employés. La multiplication des produits, qui s'en réclament, pose aujourd'hui problème au consommateur, qui ne sait plus qui croire et comment orienter ses achats. Pour s'y retrouver, il n'est pas inutile de vérifier que vos achats portent un label équitable reconnu et certifié par un organisme indépendant. Les deux principales certifications en la matière sont FloCert (www.flo-cert.net) et EcoCert (www.ecocert.fr).
Sous l'appellation Bioéquitable (www.bioequitable.com), vous trouverez le principal label français en la matière. L'association Bioéquitable a été fondée en 2002. Son label est dédié à des produits « bio » issus d'entreprises agricoles de taille réduite (huile, riz, cacao, poivre, thé, coton…). Le label Bioéquitable est certifié Ecocert.
Au plan international, le plus connu des labels équitables est Max Havelaar (www.maxhavelaarfrance.org), du nom d'un héros de roman anticolonialiste du XIXème siècle. Ce label existe depuis plus de 20 ans, et couvre un large éventail de produits allant du café ou du riz, jusqu'aux cosmétiques, en passant par les fleurs ou le linge de maison. Le label Max Havelaar est certifié FloCert.
Bon à savoir : 1,4 millions de familles, dans 60 pays, ont vu leurs conditions de vie s'améliorer grâce au commerce équitable.
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[Agriculture] OGM : Bruxelles échoue à faire plier la France
Les experts des pays de l'UE n'ont pas soutenu, lundi, la demande de la Commission européenne, qui veut contraindre la France et la Grèce à autoriser la culture du maïs OGM Monsanto.
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Premier échec pour la Commission européenne dans le dossier OGM. Sa tentative pour forcer la France et la Grèce à autoriser la reprise de la culture du maïs génétiquement modifié de la firme américaine Monsanto n'a pas abouti lundi. Les experts des pays de l'UE réunis à Bruxelles au sein du Comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale n'ont pas réuni de majorité pour imposer à Paris et Athènes de lever les mesures d'urgence empêchant la culture de ce maïs OGM.
Lors d'un vote à la majorité qualifiée, seuls 9 pays sur 27 ont soutenu la demande de la Commission européenne. Celle-ci doit désormais décider si elle demande l'arbitrage des ministres. Dans ce cas, elle doit «sans plus tarder» présenter une proposition et les pays de l'UE devront se prononcer dans les trois mois.
Dans l'intervalle, les ministres européens de l'Environnement vont voter dès le 2 mars sur les clauses de sauvegarde mises en place par l'Autriche et la Hongrie, deux autres pays réfractaires aux OGM. Si les ministres eux-mêmes ne parviennent pas à un consensus dans le délai de trois mois, ce sera la Commission européenne qui aura le dernier mot, laquelle risque fort probablement d'intimer à la France et à la Grèce de s'exécuter.
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05.01.2009
[Paris] 250 Identitaires Parisiens honorent Ste Geneviève

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[Paris] Succès de la marche en l’honneur de Sainte Geneviève
Succès de la marche en l’honneur de Sainte Geneviève
Malgré un thermomètre en berne ce dimanche 4 janvier 2009, 250 personnes ont répondu présent à l’appel de l’association Paris fierté pour rendre hommage à Sainte Geneviève, sainte patronne de Paris dans une procession vibrante, joyeuse et porteuse d’espérance. Torches, flambeaux et tambours ont accompagné les chants entonnés par le Chœur Montjoie Saint Denis et repris par les manifestants à la gloire de Sainte Geneviève.
En son temps, un temps fort troublé, la jeune femme sauva Paris menacé de dévastation par l’invasion des Huns. Par sa foi, en réactivant la ferveur et la combativité des parisiens, elle les sauva d’une mort certaine. Mais c’est avant tout un symbole, que la jeune sainte incarne, car les Huns d’hier sont l’individualisme d’aujourd’hui ; le péril est à nos portes, autant qu’hier, qu’on le veuille ou non. Par manque de solidarité, par absence d’alliance, par abandon du sentiment de filiation, les Parisiens, comme les autres Européens sans doute, sont isolés face à leurs destins ; seuls au milieu de la foule.
En ces temps de discorde, où plus que jamais, le sentiment de l’appartenance à une même communauté, ce sentiment de l’identité partagée, est salutaire, l’hommage rendu à ce symbole de foi dans la communauté des hommes ouvre la voie aux bonnes résolutions de la nouvelle année 2009.
S’engager pour l’avenir de nos enfants, faire des choix qui ramènent vers l’essentiel, prioriser son existence ; voilà ce que sainte Geneviève nous enjoindrait à faire pour combattre les calamités modernes.
Bientôt, la vidéo de la marche.
Louise Demory pour Novopress France
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30.12.2008
[Palestine] Le Hamas dans l'impasse
Pris dans une impasse politique, le mouvement islamo-nationaliste envisage de renouer avec sa violence originelle.
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Les kamikazes ne devraient pas tarder à être de retour en Israël. Khaled Mechaal, le chef politique du Hamas, l'a annoncé samedi sur les écrans de la chaîne arabe al-Jezira. «Nous appelons à une intifada contre l'ennemi. La résistance va se poursuivre par des opérations suicides», a affirmé le dirigeant en exil qui définit depuis Damas les grandes lignes politiques du mouvement islamo-nationaliste palestinien.
Avec cette menace, le Hamas, qui n'a pas tué par une explosion de bombe humaine depuis août 2004, retrouve ses vieux réflexes et renoue avec sa violence originelle. Il se déclare prêt à reprendre le cycle sanglant engagé à partir du début de la deuxième intifada. La campagne terroriste avait à l'époque été déclenchée quelques semaines après le début du soulèvement palestinien de septembre 2000. Les kamikazes avaient tué près d'un millier de civils israéliens en quatre ans et demi. Parti à la conquête du pouvoir à Gaza, le Hamas avait ensuite changé de tactique en privilégiant les tirs de roquettes sur les villes du Sud israélien.
L'organisation dispose toujours d'un important réservoir de candidats au martyr. Les effets de la propagande mais aussi les conditions d'existence dans les territoires continuent à susciter des vocations qu'il suffit d'activer via les brigades Ezzedine al-Kassem, la branche militaire dirigée par Mohammed Deif.
Le Hamas peut également compter dans sa lutte contre Israël sur les services de sécurité de la bande de Gaza dont il a pris le contrôle total en juin 2007. Il a mis à profit la trêve avec Israël pour réorganiser les unités placées auparavant sous la coupe du Fatah et pour revoir ses plans de réplique à une entrée des troupes de Tsahal dans ses fiefs.
Intégrisme des mœurs
Les islamistes s'appuient sur l'imbrication entre immeubles d'habitation et bâtiments publics et sur l'enracinement des brigades de combattants dans les immenses camps de réfugiés pour entretenir avec les moyens du bord une guérilla urbaine. La configuration géographique de Gaza, une minuscule plaine surpeuplée, rend cependant difficile une résistance armée sur le modèle libanais du Hezbollah.
Depuis sa percée électorale à Gaza, le Hamas a renforcé son influence sur la société palestinienne mais il s'est aussi rapidement trouvé dans une impasse politique. La large victoire obtenue aux élections législatives de 2006 permet au premier ministre Ismaël Haniyeh de gérer les affaires courantes. Capable de pragmatisme, son gouvernement est privé de marge de manœuvre et surtout de subsides.
Les ponts sont coupés avec les territoires restés fidèles à l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas. Les États-Unis et l'Europe ne traitent pas avec le Hamas tant qu'il ne renoncera pas au terrorisme. Les aides occidentales sont bloquées. L'économie est en ruine. Le blocus imposé par Israël rend la situation humanitaire catastrophique. Apparu sur le terrain social dans les années soixante-dix, le mouvement règne aujourd'hui sur un monde en perdition.
Issu du courant des Frères musulmans, le Hamas est l'acronyme de Mouvement de la résistance islamique ou du mot «ardeur» en arabe. Il a imposé le voile pour les femmes, l'interdiction stricte de l'alcool et l'intégrisme des mœurs. Gaza n'est pas pour autant un califat aux mains de fanatiques fondamentalistes.
Au départ saoudiens, les capitaux du Hamas se sont diversifiés. Supervisés depuis la Syrie par Khaled Mechaal, les réseaux financiers de collecte de fonds sont en phase avec les alliances politiques de l'organisation. Le Hamas peut compter sur le régime de Damas, sur le Hezbollah libanais et bien sûr sur l'Iran. Mais, dans les prochains jours, ses chefs locaux devraient être plus préoccupés par leur propre survie que par les enjeux géopolitiques.
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25.12.2008
[Blog] Joyeuses fêtes !!!

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24.12.2008
[Musique] Entrevue avec Paris Violence
Lorsque la oi !, le punk ou la cold wave rencontrent les décadents de la fin du dix-neuvième siècle… Paris Violence voit le jour en 1994. Première démo en 1995, « l’Esprit français », puis seconde en 1996 avec « Hiver en banlieue ». En 1998, après deux autres cassettes, un 45 tours et quelques participations à des compilations, Paris Violence sort son premier album intitulé « Temps de crise ». Suivront « Mourir en novembre », puis « L’Age de glace », « Ni fleurs ni couronnes » et enfin « En attendant l’Apocalypse » dont les thématiques principales s’inspirent des écrivains décadents, du dandysme et de l’esthétisme fin-de-siècle. Un choix assez original dans la scène punk française pour que nous nous intéressions de plus près à ce groupe dont le chanteur, Flavien, a bien voulu répondre à quelques questions. Voilà une présentation digne d’un bon vieux fanzine français, non ? L’entretien, ma foi, est un peu bref, mais pour sûr, vous n’avez pas fini d’entendre parler de Paris Violence.
[Amer] : Le «anywhere out of the world» de «temps de crise» laissait présager un goût certain pour la décadence et les littératures fin-de-siècle. Mais un album punk dédié à cette culture en a quand même étonné plus d’un/e et ferait sûrement s’étouffer quelques universitaires spécialistes de la période s’ils l’apprenaient (maintenant c’est fait)... Peux-tu dans ces conditions nous en dire un peu plus sur la genèse de cet opus et sur les réactions qu’a provoquées sa sortie...
Paris Violence : Ce morceau date de l’époque de la troisième démo, « violence dans l’azur » (clin d’oeil à Mallarmé), soit 1997. J’étais alors fasciné par Baudelaire, qui est sinon un décadent du moins le précurseur par excellence de ce mouvement trente ans auparavant… Le titre a été repris sur le premier album, temps de crise, comme beaucoup d’autres issus des deux dernières démos. Un autre se voulait plus directement romantisme noir, « rendez-vous en enfer », j’en trouve aujourd’hui l’écriture bien maladroite mais c’était un premier essai dans cette veine 19° siècle qui est au coeur de disques bien plus tardifs comme en attendant l’apocalypse. A l’époque d’ailleurs je craignais que ce morceau déroute un peu, jeté au milieu de l’atmosphère urbaine et hyper-réaliste de temps de crise, mais curieusement il n’a choqué personne. Ce qui a pu exaspérer certains analphabètes de notre si beau milieu underground, c’est le principe, plus global, d’une recherche esthétique qui sorte des canons du genre, et des morceaux intimistes et réalistes étaient à ce titre exactement aussi insupportables à des oreilles conditionnées par des textes à la gloire du football ou de la bière que d’autres, plus subtils, comme « rendez-vous en enfer » ; quant aux nombreuses citations et références littéraires qui émaillent cet album, elle n’ont probablement suscité aussi peu de débats que parce que la majorité des gens n’étaient tout bonnement pas en mesure de les identifier, faute de les connaître ! Quand au milieu universitaire, j’étais moi-même étudiant en lettres quand l’album est sorti, et les réactions autour de moi venant dudit milieu ont été globalement bienveillantes. J’étais très heureux en tout cas de faire mes premiers pas en musique avec un public qui ne soit pas univoque, qui rassemble certaines personnes que rien n’aurait paru rapprocher, le punk qui fait la manche dans la rue et le khâgneux à grosses lunettes – sachant que le second, en outre, n’est pas forcément toujours le plus cultivé des deux…
(…) et qu’il s’amuse parfois à faire la manche (Pourquoi, de la Souris) tandis que le premier porte parfois de grosses lunettes (nous en connaissons tous). Bref. Quels ont été tes livres de chevet lorsque tu as écrit les paroles d’En Attendant l’Apocalypse, et quels sont ceux que tu conseilles aux personnes qui ne connaissent pas cette période ? Dans l’album, tu fais directement référence à Rodenbach, Paul Adam, Jean Lorrain, Rachilde, Rollinat et Remy de Gourmont (sans accent sur le « e »), et il nous est permis d’imaginer l’influence d’un Baudelaire et peut-être d’un Huysmans à travers quelques expressions, tournures et citations. Mais en existe-t-il un qui t’a particulièrement guidé dans ton écriture ?
Le refrain du morceau «les décadents » résume en effet assez bien mes influences littéraires du moment, auxquelles il faudrait rajouter Richepin, Magre, le premier Huysmans en effet, Lemonnier, Mendès, le Maeterlinck de la période « sombre »… Les maîtres du genre sont sans doute pour moi Lorrain et Rachilde première époque, avant qu’elle ne devienne un auteur reconnu et ne s’éloigne de la décadence ; je conseillerais aux curieux le recueil Romans fin de siècle de la collection « Bouquins », qu’on doit pouvoir encore trouver facilement d’occasion, et qui rassemble quelques perles rares du style souvent diffi ciles à trouver isolément car non rééditées depuis un siècle. Séguier avait aussi lancé la collection « Bibliothèque décadente » avec des oeuvres également peu accessibles, bien préfacées et d’une édition agréable ; cet éditeur a aussi réédité plusieurs décadents dans des collections différentes, et un certain nombre d’essais sur cette école. Si je devais citer quelques titres que j’affectionne, ce pourraient être Monsieur de Phocas, Les Noronsoff, Histoires de Masques et les Contes d’un buveur d’éther de Lorrain, Monsieur Vénus, L’Animale, Les Horsnature de Rachilde, bien entendu les Névroses de Rollinat, Le Rouet des Brumes de Rodenbach ainsi que ses recueils de poésie, et bien d’autres ; il faut bien garder à l’esprit cependant que la plupart des auteurs décadents ne l’ont été qu’à une époque, et ont ensuite varié leur répertoire ; il y a peu de Lorrain, et encore lui-même a-t-il publié un certain nombre de récits assez éloignés de sa veine cauchemardesque.
Il n’y a pas que des textes dédiés à la Décadence ou de veine littéraire dans En attendant l’Apocalypse qui apparaît pourtant comme un album très homogène. Nous pensons en particulier aux morceaux plus contemporains et hyper-réalistes tels que le Ciel se couvre, En disgrâce ou Mornes Horizons qui jettent un pont entre l’univers de Paris Violence que nous connaissons et celui, plus intimiste, de la littérature fin-de-siècle. Les thèmes abordés, ainsi que les ambiances qui s’en dégagent, ne sont pas très éloignés les uns des autres, et les néons blafards des peep-show ne jurent pas avec l’éclat malade des pierres précieuses qui jonchent les textes de Lorrain, Gourmont ou Rollinat. Tu disais d’ailleurs à propos des sexshops que « se retrouver seul sous la flotte, boulevard Clichy, en sortant du peep-show avec l’impression d’avoir juste dépensé 50 balles pour salir un kleenex était une sensation assez bizarre. » C’est, d’après toi, le spleen incarné. Pour sûr, cet univers aurait fasciné Jean Lorrain et incarne en même temps ce que semblerait désigner le titre d’un de tes précédents albums, l’Age de glace. Au final, on pressent une véritable continuité entre tes différents concepts albums qui peuvent apparaître, à première écoute, fort disparates, mais qui témoignent, à mieux y regarder, d’un glissement de plus en plus sensible vers une critique « esthétique » ou méta-politique du monde moderne. Aussi les ep’s Cauchemar abyssal et les Mondes Flottants nous sont-ils apparus comme directement liés à En attendant l’apocalypse. Avec le recul, comment toi analyses-tu la chose ?
Les deux titres « contemporains » de l’apocalypse ne sont en effet pas là par simple effet de continuité avec les disques précédents, et personne à ma connaissance n’a en effet jugé que ces textes brisaient l’homogénéité de l’album. C’est sans doute que le réalisme sordide, paradoxalement, fait partie intégrante de l’esthétique décadente dont on pense qu’elle se résume à un monde de bizarreries oniriques et de paradis artifi ciels qui en serait l’opposé parfait ; le dualisme baudelairien entre spleen et idéal, son goût pour les grandes tristesses parisiennes est pourtant le pendant nécessaire de son esthétisme baroque, qui ne peut prendre qu’ainsi sa dimension désespérée, inaccessible, fugitive ; le rêve, la névrose sont assumés comme des états seconds de fuite du réel, et non comme un tout hermétique, qui se rabaisserait alors à une simple féérie psychédélique. L’extase décadente est pessimiste, car elle assume la co présence de cette réalité qu’elle méprise mais qui la terrorise : hors de la thébaïde, la sinistre ronde des hommes continue de tourner. Laforgue ou Lorrain ont écrit nombre de pages où un Paris malade cuve ses mornes lendemains d’orgie. La figure du bouge, du bordel, du lieu interlope (dont les sex-shops et peep-shows parisiens sont les épigones de notre temps) est une sorte d’entre-deux – et toute la décadence se définit par l’omniprésence du principe d’ambiguïté – entre la jungle urbaine des sociétés industrielles et le rêve, qui est souvent un cauchemar. La débauche vénale est un thème décadent par essence, qui corrompt en même temps le monde vrai, social, bourgeois qui essaie de cacher ce chancre honteux, et le plaisir, qui devient luxure morbide : chacun des deux pôles vient en somme contaminer l’autre, les frontières se brouillent, tout chancelle.
Concernant la seconde partie de ta question, ces trois disques sont en effet les premiers à être en quelque sorte déconnectés de toute réalité sans abandonner le réalisme, qui joue alors le rôle esthétique que je viens d’essayer d’esquisser ; quant aux thématiques des deux eps qui entourent l’apocalypse, si elles ne sont pas directement décadentes, elles relèvent finalement de sensibilités très fi n XIXème : la fascination pour les poissons abyssaux rejoint l’attrait du souterrain, de l’inconnu, du bizarre qui est au coeur de la tératologie décadente ; de même pour l’Extrême-Orient, qui peuplait de songes exotiques tous les Pierre Loti de l’époque.
Dans le neuvième numéro du fanzine Vendetta (été 2004), tu déclarais : «L’esprit bourgeois, c’est ce que je déteste et «en attendant l’apocalypse» est sans doute ce que j’ai écris précisément de plus anti-bourgeois, mais c’est un mépris esthétique et dandy et non working class». Peux-tu préciser ce que tu voulais dire par là ?
Le milieu punk est parfois borné, il reste marqué inconsciemment par des catégories plus ou moins héritées du marxisme, selon lesquelles par exemple toute révolte authentique serait prolétarienne, et se déclencherait en réaction aux effets d’une exploitation économique ; en gros, il n’y aurait de révolte que matérialiste. C’est méconnaître le sens profond et éternel de la fierté, de l’impertinence, du refus de la conformité qui sont autant de valeurs aristocratiques au contraire, au sens le plus métaphysique du terme – c’est-à-dire sans aucune connotation sociale ou historique, mais avec pour seule définition la recherche jamais assouvie de la qualité, telle qu’elle peut diffi cilement se marier aux exigences collectives, donc à la norme. Il s’agit donc d’une forme d’exigence, moteur de toute distinction. Le personnage qui incarne par excellence cette attitude est le dandy du XIXème siècle, qui donne à ce principe une sublimation esthétique jusqu’à faire de cet esthétisme un principe en soi. Ainsi, concernant Paris Violence, en attendant l’apocalypse est sans doute le disque à la fois le plus déconnecté de toute réalité sociale, politique et historique, sans la moindre ombre d’engagement, et le plus iconoclaste de par son anti-modernisme proclamé, précisément.
Nous ne savons pas trop pourquoi cela évoque en nous ce qu’Hugues Rebell, l’auteur des Trois Aristocraties, écrivait en 1900, dans « Préjugés Modernes » : « il arrive un moment où les choses échangent leur nom ainsi les réactionnaires se trouvent être à présent des actionnaires, tandis que les progressistes actuels, loin d’être réellement des êtres de progrès, d’avant garde, de liberté, sont des retardataires ; ils démolissent au lieu de construire, et, au lieu de briser vos chaînes, ils vous en forgent de nouvelles. » Peut-être parce dans ce que tu dis, au-delà du dandy, nous entrevoyons son ancêtre le muscadin, ce « tumultueux soldat de l’ordre nouveau » écrivait Louis Blanc, c’est-à-dire ce contre-révolutionnaire ambré et musqué qui bottait le cul aux sans culotte à coup de bâton court et plombé, provoquant les premières rixes, fin fructidor, avec les « Jacoquins » comme ils les appelaient insolemment, en garatisant comme on disait à l’époque, à la défense d’un Directoire conservateur. Ils ne constituaient pas une classe, encore moins un parti de classe, mais incarnaient, très physiquement, la Réaction. Que réponds-tu à ceux qui, non sans raison peut-être, te rangent du côté des réactionnaires, hormis, on s’entend, ton profond mépris ?
Rebell est un personnage intéressant, un de ces non-conformistes de la Belle Epoque qui devraient clouer le bec à tous les détracteurs de l’esthétisme fin-de-siècle assimilé à une quelconque forme de conservatisme bourgeois. Il est incontestable que le muscadin est le grand père du dandy dans son goût pour l’élégance vestimentaire et sa vision du monde élitiste (certes ces jeunes gens n’incarnaient pas un parti de classe, comme tu le rappelles, mais ils se recrutaient tout de même en grande partie dans la jeunesse dorée du faubourg Saint-Germain, ou ce qu’il en demeurait après l’émigration et la Terreur). Je me méfie cependant beaucoup de ce terme de réactionnaire que tu balades du Directoire à 2006. La Contre-Révolution était une chose alors, la Réaction en est une autre aujourd’hui, ou plutôt elle n’est plus grand chose et le mot ne connote plus que des réalités idéologiques assez peu attractives ; rien de bien commun à mon sens entre un ultra de la Restauration, comme le fut Chateaubriand, et un militant anti avortement et anti contraception attardé au XXIème siècle. Que je rejette la modernité dans ses grandes lignes, cela va de soi, mais je ne laisse à personne le droit de me ranger où que ce soit.
Rien de commun, certes, mais une espèce d’héritage ou de filiation, usurpée (cela va sans dire), que revendiquent certains de ces ânes bâtés. Ce sont souvent les mêmes qui se gargarisent de Mishima, Nietzsche, Bloy ou Céline, famille bien improbable d’hétérogénéité dont ils se réclament être pourtant les parents proches lorsqu’ils ne déterrent pas le baron Ungern Stenberg ou le fraîchement inhumé Philippe Murray. Bien des figures en somme qui jalonnent l’univers de Paris Violence et qui entretiennent aux yeux de certains la confusion entre l’anti-modernisme dont sont porteurs certaines de ces figures et, disons-le vite fait, un certain conservatisme de droite, voire un fascisme de salon. Beaucoup de gros mots et de raccourcis au final qui viennent nourrir une réputation ; bonne ou mauvaise, convenons qu’avec le panache, cela demeure important. Comment te débrouilles-tu, toi, au milieu de tous ces morts...?
Je crois que si je me préoccupais le moins du monde de ma réputation cela ferait longtemps que je ne ferais plus de musique, car de tout temps j’ai été accusé de tout et n’importe quoi, de droitisme par les gauchistes, de gauchisme ou d’anarchisme par les droitiers, quand ce n’est pas tout simplement le refus d’engagement qui est vu en soi comme une ignoble perfidie - conformément au vieux dogme marxiste selon lequel l’absence d’engagement n’existerait pas -, l’esthétisme et le dandysme étant le comble de ce conservatisme qui refuserait de dire son nom ; c’est finalement assez logique rapporté à un système globalisant (et totalitaire) de pensée qui n’admet pas qu’une réflexion puisse ne pas s’étayer exclusivement sur une analyse économique et sociale, domaines qui en effet me laissent absolument indifférents et dont l’étude ne peut selon moi ne prendre sens que subordonnée au culturel, au métaphysique et à l’esthétique, qui du reste peuvent très bien s’en passer. Pour le reste je ne peux en vouloir à personne de ne pas avoir compris Nietzsche ou Céline, ils sont en quelque sorte faits pour cela, toute la stratégie de ces auteurs ayant été de provoquer pour confondre (et confondre c’est aussi générer des confusions), je regrette simplement – mais c’est un problème vieux comme l’humanité – que les cons ne se contentent pas de leur rôle ontologique qui est normalement de fermer leur gueule. Ceci étant aussi exaspérant de la part des donneurs de leçons de tout bord qui vont minutieusement passer au crible de leur culture lycéenne toutes tes références pour essayer de les faire correspondre aux cases de leurs petits tableaux minables, qu’aux idéologues de caniveau de tout bord eux aussi, qui depuis toujours ne se nourrissent que du pillage systématique de ce qui ne leur appartient pas (on appelle ça de la récupération, et c’est sans doute de ce réflexe de rapine intellectuelle qu’est née la politique, par opposition au politique au masculin). Et puis ce qui a de la gueule dérange toujours, et quand dans un siècle on aura continué à rabâcher que Céline n’était pas fasciste ni Nietzsche proto-nazi, ce qui est censé être acquis depuis un bon bout de temps, ils feront toujours autant rager les imbéciles et tel était sans doute leur souhait – et la preuve de leur qualité immortelle.
Quant à Murray, j’ignorais qu’il avait déjà été déterré par l’extrême droite, mais ça ne fera jamais qu’un paradoxe de plus. Malgré le caractère un peu monomaniaque de sa haine du festif, qu’il étend un peu à tout mais que finalement je partage quelque part, je le considère comme un grand esprit de notre fin de millénaire (ne serait-ce précisément que pour ses excellentes pages sur la stupide euphorie du passage à cet an 2000 de malheur).
Mais revenons l’espace d’un instant aux dandys et autres Inc’oyables, Décadents ou Gommeux que trop souvent la bonne société ravale au rang de simple mode lorsqu’il s’agit, tout au contraire, de véritable posture au monde. Ce désir de vie totale dont sont porteurs ces mouvements n’est pas très éloigné à notre sens de celui exprimé par la mouvance dans laquelle tu évolues ; en effet, punks et skinheads ont incarné à eux seuls cette réaction à la fois éthique et esthétique d’une partie de la jeunesse à l’étroitesse de la vie qu’on leur proposait, et ce, à travers une attitude, un style, miroir à la fois de l’épuisement des idéologies et de la nécessité conjointe d’une révolte aux accents d’apocalypses à la fin des années soixantedix. Les punks sont nés de la rencontre improbable entre le rock décadent et ultradandy d’un Bowie ou du Velvet Underground et le minimalisme sale et échardé des « garages bands » tels que les Stooges, ces groupes désireux de recoller avec l’essence du rock’n roll et de trancher avec l’esthétisme outrancier de leurs aînés : le Bromley Contingent est né et avec lui ce rejet à la fois viscéral et nostalgique des années soixante (en gros le mouvement hippy). Les skinheads, aux confl uents des souscultures mods, rude boys et rockers ont incarné eux aussi cette révolte à la fois aristocratique et « working class » par destination que d’aucuns se sont ingéniés à caricaturer au seul motif que comme leurs lointains cousins Abracadabrants ou Apaches, ils ont fait voeu d’inconséquence, ultime sacrilège à l’heure des sociétés « conscientisées » et qui leur a valu rejet et fascination de la part de leurs contemporains… Penses-tu néanmoins qu’ils incarnent aujourd’hui encore une quelconque menace, ce Style dont nous parlions à propos des lointains Muscadins, ou le conformisme at-il eu défi nitivement raison de ces mouvements par essence baroques et complexes ? Bref, la question pourrait être : qui, de nos jours, est renversant ?
La question est toujours la même : qui, de nos jours, dans la médiocrité de cette époque sans saveur et quand tout a été dit déjà depuis longtemps, pourra encore surprendre ? Question que les hommes se sont en fait posés de tout temps… certes, dans l’immédiat, aucun mouvement de mode novateur ne semble susceptible d’opérer une quelconque révolution esthétique, mais n’oublions pas que la plupart du temps le salut ne vient que d’individus de génie, et non d’écoles. Je pense que le meilleur critère demeure l’inclassabilité ; le dandy, le décadent, le non-conformiste, le punk, le skin ou tout ce que tu veux sera toujours considéré par la gauche bien pensante comme un crypto fasciste, et par la droite comme un huluberlu. Etre détesté par les cons reste convenons-en la seule preuve intangible de la qualité, ou en tout cas sa condition sine qua non .
Tu cites tous ces mouvements nés de la faillite successive des idéologies, qui ont sombré les unes après les autres ; maintenant qu’il n’en reste plus, que le nihilisme a été pressenti, puis réalisé, il ne reste plus qu’à attendre son dépassement, qui ne pourra plus être idéologique– et c’est tant mieux. Toute crise de civilisation est esthétiquement et intellectuellement féconde, donc aucun doute que quelque chose finira bien par sortir de notre désarroi ; nous nous sentons atrocement vides, et craignons en conséquence de vivre un âge stérile – c’est une crainte injustifiée, car c’est toujours de la peur du vide que l’art naît. Mais peut-être précisément ne sommes nous pas assez en crise, ne vivons-nous que dans un entre-deux-crises borné en amont par cette fin des idéologies, mais dont l’aval nous reste encore inconnu. Tout au plus pressentons-nous cette menace du néant et de l’inhumain dont j’ai parlé à ma façon avec mon âge de glace. Que le néant se montre enfin, et l’on verra se bâtir de nouvelles cathédrales ciselées dans nos angoisses.
Peut-on un jour espérer lire ta prose ailleurs que sur une pochette de disque ? As-tu des projets d’écriture et surtout d’édition ou refuses-tu d’alimenter cette vaste tinette que représente aujourd’hui le marché du livre où tout le monde publie ses états d’âme comme il pisse. D’ailleurs, qui actuellement mérite d’être lu au coeur de la médiocrité ?
Je ne suis pas prétentieux à ce point, et de toute façon si je me fiais à mes opinions sur ce qu’est devenu le marché du disque, si tant est qu’il ait jamais été autre chose, là encore je n’aurais peut-être rien produit ; il faudrait seulement que je trouve le temps de passer le pas qui sépare des notes éparses et volumineuses de la création d’un livre prêt à être imprimé. En ce moment, je dévore l’oeuvre de deux romanciers japonais contemporains hors pair : Yôko Ogawa, romancière au style ciselé et à l’univers peuplé d’obsessions bizarres, et Murakami Ryû (à ne pas confondre avec Haruki Murakami, qui est cependant lui aussi un excellent auteur), qui est selon moi un des grands écrivains de notre époque. Inutile de préciser que tous deux sont dans la filiation la plus directe de Mishima.
Quand j’en ai marre de la littérature française je passe toujours à la japonaise, paradoxalement je trouve qu’elles sont souvent très proches et en tout cas complémentaires.
Dernière question ; te balades-tu toujours un cran d’arrêt dans la poche, au cas où tu ferais une mauvaise rencontre ?
Ce petit canif a bel et bien existé dans mon adolescence mais n’a Dieu merci jamais servi car le plus grand danger qu’il représentait aurait été sans doute pour son possesseur. Je trouve la canne-épée plus élégante. Pour éviter les mauvaises rencontres nocturnes au XIXème siècle on portait volontiers une paire de petits pistolets de poche, même les femmes avaient cela dans leur sac ; parfois, ce sont de véritables petits bijoux. Mais je pense que mon expérience de port d’arme la plus spectaculaire a eu lieu un jour où, décidant de parfaire la décoration hétéroclite de mon appartement de l’époque tout en faisant une promenade salutaire pour dissiper une sale gueule de bois, mes pas m’ont guidé dans un bazar perdu au fin fond du quartier chinois, dans lequel j’ai acheté un katana. Finalement sur le chemin du retour j’ai fait tous les bars de l’Avenue d’Italie et de l’Avenue de Gobelins, et quelque temps après je traversais la moitié de Paris ivre mort avec un sabre japonais à la ceinture.
Nous concluons ces faits d’armes sur les paroles d’un de leurs morceaux tiré de l’album «en attendant l’Apocalypse»...
Mornes horizons
Dans le sex-shop d’Alphonse Larvis
Il y a toujours les irisations du vice
Et un choix des plus tendance des séquelles
D’un demi siècle de misère sexuelle
Sous les néons, brillent à l’encre invisible
Les prophéties ô combien prévisibles
Qui mettaient bien en rage vos parents
Et laissent aujourd’hui vos gosses indifférents
Tous nos sens se sont donc fourvoyés
Dans les rayons compliqués des hypermarchés
La liberté des plus extrêmes de nos désirs
Nous laisserait-elle sans plus rien à nous dire ?
Attendre qui, espérer quoi ?
D’un système détraqué où seul le client est roi
Rêver de quoi et croire en quoi ?
En une partouze sordide où l’on plongerait malgré soi ?
Dans le sex-shop d’Alphonse Larvis
Les cabines privées remplacent les strip-teases
Le plaisir de demain sera multimédia
Ou mieux, quitte à tout prendre, il ne sera pas
Réduire au minimum les contacts humains
Les saturer de relais indirects et sans fin
Partenaire artifi cielle en langage numérique
A l’étreinte glaciale comme un couloir de clinique
Tous nos sens se sont donc fourvoyés
Dans les rayons compliqués des hypermarchés
La liberté des plus extrêmes de nos désirs
Nous laisserait-elle sans plus rien à nous dire ?
Attendre qui, espérer quoi ?
Un retour élégant à l’Amour Courtois ?
Rêver de quoi et croire en quoi ?
En un ersatz de bonheur dans un demi-coma ?
Peut-être dans cette droide déroute
N’y-a-t-il strictement plus rien à foutre
Si l’horizon de l’homme contemporain
N’éclaire pas plus loin que sa main
Moi-même, obsédé lambda
Pourquoi je traîne ici ?
Testant des artefacts d’émois
Dans les sous-sols de la rue Saint-Denis
Pervers au milieu des pervers
Recherchent la paix en enfer
Et le regard sous cellophane
De muses toxicomanes
Alors pourquoi mon Dieu est-ce que j’aime donc tant
La morne servitude de ces plaisirs angoissants ?
Alors pourquoi mon Dieu est-ce que j’aime donc tant
L’odeur entêtante des désinfectants ?
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23.12.2008
[Srbija] Dernières nouvelles avant le départ !
Les fêtes de Noël approchent et pour certains les vacances de neige s’annoncent déjà. Mais pour Solidarité Kosovo, c’est la période de l’année la plus intense qui commence. Les collectes de jouets, de vêtements, de matériel scolaire et sportif ont eu lieu dans toute la France. Il a fallu trier et énumérer tous les colis reçus, puis les reconditionner. Chose faite !
C’est donc avec une grande joie que nous vous annonçons que nous partirons au Kosovo Métochie dans quelques jours, cette fois-ci, grâce à votre générosité, avec trois camions de 12m3 pleins à craquer. Ce huitième convoi humanitaire sera ainsi le plus important jamais réalisé par notre association. Sept bénévoles et trois camions avaleront plus de 4000 Km de routes bonnes et moins bonnes à travers l’Europe pour aller aider une province serbe dont le martyr n’est plus dans les esprits. Nous savons d’ores et déjà que la neige et les enfants nous y attendent nombreux…
Nous vous informerons par communiqué, autant que cela sera possible, de l’avancé de notre mission. Vous pourrez les consulter sur la page d’accueil de notre site internet (www.solidarite-kosovo.org).
Nous tenons à remercier toutes les personnes qui nous ont aidés et encouragés jusqu’à présent. Nous transmettrons tous les messages de Solidarité, les pensées et les prières que nous avons reçus, à nos frères serbes du Kosovo Métochie.
L’équipe de Solidarité Kosovo
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[Philosophie] Lévi-Strauss
Le 28 novembre 2008, l’ethnologue Claude Lévi-Strauss a fêté discrètement son centenaire. Même la brève visite du médiatique président de la République n’est pas parvenue à déchirer le voile de silence autour du vieil homme qui défraya pendant une bonne trentaine d’années (1950-1980) la chronique intellectuelle avant de sombrer dans l’oubli relatif des gloires de la science qui ont cessé de briller.
Pourtant, la relecture de quelques textes importants, dont certain ont fait esclandre, la collecte de phrases-clés livrées au gré des rares entretiens accordés, nous brossent le portrait plutôt sympathique d’un anticonformiste, d’un révolté courageux qui ose jeter certaines vérités désagréables à la face du système intellocratique dont il fit éminemment partie pour d’autres raisons.
Le structuralisme et ses limites
Il y a en fait deux Lévi-Strauss : celui qui eut l’ambition d’ériger en système philosophique une anthropologie structurale aujourd’hui contestée, voire délaissée, et l’observateur infatigable et critique des ravages de l’Occident conquérant sur la nature sauvage jusqu’aux tréfonds de la selve où il débusque les derniers Indiens. Au premier, celui qui, avec Les structures élémentaires de la parenté (1949), pensait pouvoir démontrer que les récits mythiques ne sont que le reflet d’un comportement social universel, des auteurs comme Edmund Leach, principal diffuseur des idées lévi-straussiennes dans l’univers anglo-saxon, et Georges Dumézil répliquent : « le mythe ne peut être compris hors de son contexte culturel » (1) Le projet de révélation d’une ” grammaire ” universelle permettant de décrypter la signification cachée des mythes, inspiré des thèses structuralistes du linguiste Roman Jakobson, rencontré lors de son exil américain pendant les années 1940, relève donc d’un réductionnisme utopique auquel la plupart des anthropologues ont aujourd’hui renoncé, y compris, en grande partie, lui-même comme nous l’allons voir.
Autre aspect critiquable de la vision lévi-straussienne : la croyance en l’homme comme être pour l’échange, pacifique et impolitique. Son grand adversaire en la matière fut Pierre Clastres qui, dès 1977, lui répliquait :
« Croyant que l’être social primitif est être-pour-l’échange, Lévi-Strauss est conduit à dire que la société primitive est société-contre-la-guerre : la guerre est l’échange manqué. Son discours est très cohérent, mais il est faux. La contradiction n’est pas interne à ce discours, c’est le discours qui est contraire à la réalité sociologique, ethnographiquement lisible, de la société primitive. Ce n’est pas l’échange qui est premier, c’est la guerre, inscrite dans le mode de fonctionnement de la société primitive. […] (2)
Certes, l’échange est immanent au social humain : il y a société humaine parce qu’il y a échange de femmes, parce qu’il y a prohibition de l’inceste. Mais cet échange-là n’a rien à voir avec cette activité proprement sociopolitique qu’est la guerre, et celle-ci ne met nullement en question, bien entendu, la prohibition de l’inceste. La guerre met en question l’échange comme ensemble des relations sociopolitiques entre communautés différentes, mais elle le met en question précisément pour le fonder, pour l’instituer par la médialisation de l’alliance. Confondant ces deux plans de l’échange, Lévi-Strauss inscrit également la guerre sur ce même plan où elle n’a que faire et d’où elle doit donc disparaître. […]
L’examen des faits ethnographiques démontre la dimension proprement politique de l’activité guerrière. Elle ne se rapporte ni à la spécificité zoologique de l’humanité, ni à la concurrence vitale des communautés, ni enfin à un mouvement constant de l’échange vers la suppression de la violence. La guerre s’articule à la société primitive en tant que telle (aussi y est-elle universelle), elle en est un mode de fonctionnement. […]
Pour tout groupe local, tous les Autres sont des étrangers : la figure de l’étranger confirme, pour tout groupe donné, la condition de son identité comme Nous autonome. C’est dire que l’état de guerre est permanent puisque avec les étrangers on a seulement un rapport d’hostilité, mis en œuvre effectivement ou non dans une guerre réelle. Ce n’est pas la réalité ponctuelle du conflit armé, du combat qui est essentielle, mais la permanence de sa possibilité, l’état de guerre permanent en tant qu’il maintient dans leur différence respective toutes les communautés. »
Vision aristotélicienne et clausewitzienne du monde primitif qui montre sa proximité essentielle (dans la mesure où guerre et politique sont des essences (3) au monde moderne. De quoi faire pâlir l’irénisme du bon sauvage présent chez le jeune Lévy-Strauss comme d’ailleurs chez beaucoup de ses contemporains, travers dont l’homme mûr est d’ailleurs quelque peu revenu.
Dans un entretien de 1988, il révèle au journaliste Guy Sorman la source de cet utopisme : « C’était la faute à Rousseau. La lecture du Contrat social et de l’Emile m’avait donné le désir de retrouver l’humanité primitive, le ‘‘ Bon sauvage ’’. » (4)
Une critique sans concession des crimes de civilisation
Le jeune homme qui parcourut en explorateur l’arrière pays du Mato Grosso brésilien et les immenses banlieues de l’Inde en voie d’industrialisation rapide en revint avec des récriminations accablantes contre l’occidentalisation du monde, alors en plein essor, dont les ravages étaient déjà visibles :
« Ici, des populations médiévales sont précipitées en pleine ère manufacturière et jetées en pâtures au marché mondial. Du point de départ jusqu’au point d’arrivée, elles vivent sous un régime d’aliénation. […] Et partout la production est conçue according to foreign standards, ces malheureux ayant à peine les moyens de se vêtir, moins encore de se boutonner. Sous les campagnes verdoyantes et les canaux paisibles bordés de chaumières, le visage hideux de la fabrique apparaît en filigrane […] : carences et épidémies médiévales, exploitation forcenée comme au début de l’ère industrielle, chômage et spéculation du capitalisme moderne. » (5)
De retour de ses pérégrinations chez les Amérindiens, l’ethnologue rapporte ce jugement sévère sur l’action des missionnaires (les Salésiens) qui, « avec les services de Protection, sont parvenus à mettre un terme aux conflits entre Indiens et colons, [et qui] ont mené simultanément d’excellentes enquêtes ethnographiques (nos meilleures sources sur les Bororo, après les études plus anciennes de Karl von den Steinen) et une entreprise d’extermination méthodique de la culture indigène. » (6)
Mais plus encore que l’extermination des uns par les autres, c’est le processus même d’indistinction généralisée, de mélange, de confusion des genres, des sexes et des peuples, en un mot la monoculture nihiliste et marchande, qui le dégoûte dès ses premières explorations jusqu’à aujourd’hui : « L’humanité s’installe dans la monoculture ; elle s’apprête à produire la civilisation en masse, comme la betterave. Son ordinaire ne comportera plus que ce plat. » (7)
« Ce que je constate : ce sont les ravages actuels ; c’est la disparition effrayante des espèces vivantes, qu’elles soient végétales ou animales ; et le fait que du fait même de sa densité actuelle, l’espèce humaine vit sous une sorte de régime d’empoisonnement interne – si je puis dire – et je pense au présent et au monde dans lequel je suis en train de finir mon existence. Ce n’est pas un monde que j’aime. » (8)
Mais qu’importent au fond les sentiments d’un incurable misanthrope puisque, comme il le pense lui-même, « le monde a commencé sans l’homme et il s’achèvera sans lui. » (9) L’entropie, la fabrication de l’inertie, le déclin inéluctable est une loi cosmique à laquelle nos brillantes civilisations n’échapperont pas plus que les derniers peuples sauvages devenus leurs proies. Au point que « plutôt qu’anthropologie, il faudrait écrire ‘‘ entropologie ’’ le nom d’une discipline vouée à étudier dans ses manifestations les plus hautes ce processus de désintégration. » (10)
Un ethno-différencialisme à contre-courant
En 1971, Claude Lévi-Strauss prononça devant l’UNESCO à Paris une conférence intitulée Race et culture qui fit scandale, et on peut comprendre pourquoi en lisant l’explication de cet incident qu’il donne à un journaliste bien des années après :
« J’avais transgressé trois interdits. Tout d’abord, j’avais observé que la génétique moderne permettait de parler désormais des races en termes scientifiques et de comprendre sur quelles données objectives reposaient les distinctions. J’avais dit ensuite que les bons sentiments ne servent en rien à lutter contre le racisme, puisque le racisme repose sur des faits objectifs : il est, par exemple, établi que des populations différentes mises en contact sur des territoires contigus ou qui se chevauchent génèrent des réactions d’agressivité. Les ‘‘ primitifs ’’ savent cela très bien. Enfin – troisième transgression – j’estimais que les cultures sont créatives lorsqu’elles ne s’isolent pas trop, mais il faut qu’elles s’isolent quand même un peu. Dans chaque civilisation, il existe des optimums d’ouverture et de fermeture, entre isolement et communication, qui correspondent aux périodes les plus fécondes de leur histoire. Si les cultures ne communiquent pas elles sont sclérosées, mais il ne faut pas qu’elles communiquent trop vite pour se donner le temps d’assimiler ce qu’elles empruntent au-dehors. Aujourd’hui, le Japon me paraît le seul pays à atteindre cet optimum : il absorbe beaucoup de l’extérieur et refuse beaucoup. » (11)
Pourquoi la reconnaissance d’une réalité, celle de la biodiversité humaine, devrait-elle causer un tel tollé ? La question reste d’actualité alors que l’auteur tentait d’y répondre dans le texte incriminé :
« …il semble que la diversité des cultures soit rarement apparue aux hommes pour ce qu’elle est : un phénomène naturel, résultant des rapports directs ou indirects entre les sociétés ; ils y ont plutôt vu une sorte de monstruosité ou de scandale ; dans ces matières, le progrès de la connaissance n’a pas tellement consisté à dissiper cette illusion au profit d’une vue plus exacte qu’à l’accepter ou à trouver le moyen de s’y résigner […] on refuse d’admettre le fait même de la diversité culturelle ; on préfère rejeter hors de la culture, dans la nature, tout ce qui ne se conforme pas à la norme sous laquelle on vit. »
Et pourtant « On sait, en effet, que la notion d’humanité, englobant, sans distinction de race ou de civilisation, toutes les formes de l’espèce humaine, est d’apparition fort tardive et d’expansion limitée. Là même où elle semble avoir atteint son plus haut développement, il n’est nullement certain – l’histoire récente le prouve – qu’elle soit établie à l’abri des équivoques et des régressions. […] Les grandes déclaration des droits de l’homme ont, elles aussi, cette force et cette faiblesse d’énoncer un idéal trop souvent oublieux du fait que l’homme ne réalise pas sa nature dans une humanité abstraite, mais dans des cultures traditionnelles où les changements les plus révolutionnaires laissent subsister des pans entiers et s’expliquent eux-mêmes en fonction d’une situation strictement définie dans le temps et dans l’espace. » (12)
Et pour clore ce chapitre controversé, l’humaniste critique et respectueux des traditions qu’est Claude Lévi-Strauss n’hésite pas à réaffirmer haut et fort sa conviction qu’il y a « nécessité de préserver la diversité des cultures dans un monde menacé par la monotonie et l’uniformité […] La diversité des cultures humaines est derrière nous, autour de nous et devant nous. La seule exigence que nous puissions faire valoir à son endroit (créatrice pour chaque individu de devoirs correspondants) est qu’elle se réalise sous des formes dont chacune soit une contribution à la plus grande générosités des autres. » (13)
Le courage d’un homme libre
On peut reprocher beaucoup de choses au savant, au philosophe Lévi-Strauss, mais une chose force l’admiration : son indépendance d’esprit et sa force de caractère face aux cabales de dévots qui se sont formées contre lui.
Le 22 novembre 1979, c’est lui qui reçoit le grand mythologue Georges Dumézil à l’Académie française, alors que ce dernier était en butte à toutes sortes de dénigrements et calomnies de la part d’une coterie affirmant qu’il pouvait y avoir un « mauvais usage de Dumézil », et ses éloges sont à la hauteur du nouvel Immortel :
« Vous avez découvert une issue permettant de sortir des impasses où s’étaient fourvoyés vos devanciers et dans lesquelles restaient pris tant de vos contemporains. Au lieu de comparer des faits crus, superficiellement semblables, vous vous attaquez à des faits homologues en profondeur, c’est-à-dire différents de prime abord, mais entre lesquels ces différences, préalablement critiquées et analysées, révèlent à une deuxième inspection des caractères invariants.‘‘ si belles, si blanche de peau et si transparentes qu’on voyait l’eau couler dans leur gorge quand elles buvaient ’’ » (14)
Or, cette constante de l’ensemble indo-européen, ce motif récurrent qui sous-tend toute la philosophie sociale, n’est autre que l’idéologie des trois fonctions, devenue grâce à vous si fameuse qu’on hésite à s’appesantir sur ce sujet. […]
Vous vous montrez poète chaque fois que vous traduisez Properce et Virgile, ou nous transportez dans le monde merveilleux des contes ossètes où passent des princesses
On comprend mieux cette affinité entre les deux chercheurs passionnés, en dépit de l’éloignement de leurs centres d’intérêt, de leurs méthodes et de leurs conclusions lorsqu’on sait que tous deux se sont battus contre le monothéisme religieux et idéologique qui imprègne leur époque et la nôtre. Tous deux ont redécouvert la richesse infinie du polythéisme qui caractérise l’humaine diversité. Au journaliste qui l’interroge sur ses propres origines (issu d’une famille juive alsacienne, l’un de ses grands-pères était le rabbin de la synagogue de Versailles), il répond :
« Le judaïsme ne m’intéresse pas et ne m’a jamais préoccupé ; je me sens plus proche du polythéisme, en particulier du shintoïsme japonais » (15)
Jacques Marlaud
Source : L’Esprit Européen
1 Edmund Leach, ” Le mythe Lévi-Strauss “, Books n°1, Décembre 2008, Janvier 2009
2 Pierre Clastres, Archéologie de la violence, 1977, Editions de l’aube, 1997 et 1999
3 Carl Schmitt, La notion de politique, 1932, Calmann-Lévy, 1972
4 « Claude Lévi-Strauss, l’explorateur de la nature humaine », entretien avec Guy Sorman, Figaro Magazine, 3 septembre 1988
5 Claude Lévi-Strauss, Tristes tropiques, Plon, 1955
6 Tristes tropiques, op. cit.
7 Claude Lévi-Strauss, op. cit.
8 Claude Lévi-Strauss, Entretien accordé à France 2 en 2005.
9 Tristes tropiques, op. cit.
10 Tristes tropiques, op. cit.
11 Entretien avec Guy Sorman, Figaro Magazine, op. cit. Voir aussi l’article « Ethno-différencialisme » dans la Wikipedia
12 Claude Lévi-Strauss, Race et histoire, Unesco, 1952, Denoël, folio, 1987
13 Race et histoire, op. cit.
14 Claude Lévi-Strauss, « Un projet sans équivalent », discours d’accueil de Georges Dumézil à l’Académie française, le 22 novembre 1979, Magazine littéraire, avril 1986
15 Entretien avec Guy Sorman, Figaro Magazine, op. cit.
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[France] Sarkozy déjà au bout du rouleau...
BLOC IDENTITAIRE
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Communiqué du 23 décembre 2008
:: Sarkozy déjà au bout du rouleau… ::
A la fin de l’été, l’Etat Sarkozyste avait fixé le déficit de la France pour 2009 à 57 milliards d’euros. Depuis quelques jours, ce déficit a été revu largement à la hausse puisqu’on nous annonce désormais 79 milliards d’euros ! Soit un montant très au dessus du maximum fixé par l’Europe.
Mais qu’à cela ne tienne, toujours volontariste, le ministre de l’économie, Christine Lagarde, nous promet une croissance entre 0,2 et 0,5% l’an prochain. La même Lagarde qui annonçait 2,2% pour 2008… alors qu’elle n’atteindra même pas la moitié.
La réalité est que, derrière les discours, le gouvernement Sarkozy ne sait pas où il va, mais il y va à toute vitesse, incapable de réduire les dépenses publiques de l’Etat.
Le candidat Sarkozy avait annoncé qu’il ne reculerait pas devant les grèves. Son ministre Darcos a reculé pour lui.
Le candidat Sarkozy avait annoncé qu’il réformerait l’Etat. Au bout de deux ans, on voit ce qu’il en est : déficit et dette record, comme dans n’importe quel Etat socialiste.
Sarkozy avait promis « d’aller chercher la croissance avec les dents ». C’est la réalité qui lui revient aujourd’hui en pleine mâchoire.
Brillant candidat, c’est-à-dire démagogue hors pair et menteur cynique, Sarkozy le président ne compte plus que sur la nullité de son opposition de gauche pour tenir bon jusqu’en 2012.
On pourrait se réjouir de cet échec si, une fois de plus, ce n’était pas le peuple de France qui souffre, qui peine, qui se désespère. Alors que son président, son épouse et leur cour réveillonneront sous les tropiques, c’est à ce peuple, à ces millions d’hommes et de femmes trompés, abusés, manipulés, depuis si longtemps, à qui l’on vole son avenir après avoir détourné son passé, que nous pensons en cette veille de Noël.
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BLOC IDENTITAIRE
http://www.bloc-identitaire.com
18:57 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.12.2008
[Social] Réveillon identitaire
Nous serons avec nos amis SDF dans la rue le soir du 24 décembre à partir de 19h30.
Venez nous rejoindre avec friandises, douceurs diverses et tout ce qui peut manquer à des gens qui vivent dehors (chaussettes et gants ont toujours la cote !)…..
Avant de rejoindre votre famille, même pour un court moment, apportez un peu de chaleur et de fraternité à ceux qui en ont tant besoin.
Merci pour eux !
Odile BONNIVARD
Porte-parole de l’Association Solidarité des Français (SDF)
06 12 48 48 89
22:09 Publié dans Social | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
[Nissa] En 2009 les impôts locaux augmenteront de 15%
Christian Estrosi l’a annoncé hier : en 2009 les impôts locaux augmenteront de 15% !
D’après le maire de Nice cette décision serait inévitable suite à l’audit financier qu’il a fait réaliser par un cabinet « indépendant ». Cette augmentation se doublera d’un plan d’économies, se traduisant notamment par le non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux parmi les employés municipaux.
Christian Estrosi a longuement expliqué que cette situation financière est due à la gestion calamiteuse de l’ancien maire Jacques Peyrat et de son équipe, oubliant de signaler au passage que la majorité des anciens conseillers municipaux font aujourd’hui partie de sa majorité ! Quant à la prétendue surprise des résultats, l’opposition socialiste fait très justement remarquer qu’un rapport déjà connu de la Chambre régionale des comptes “ne versait nullement dans le catastrophisme mais préconisait simplement un ralentissement des investissements durant quelques années”.
De par ce rapport, de par ses nouveaux amis, le maire connaissait donc très bien la situation financière de la ville en annonçant ses projets gigantesques au cours de la campagne ou même encore ces derniers jours. Grand stade, deuxième (voire troisième) ligne de tram, musée sous la Place Garibaldi, son et lumière sur la colline du Château, jeux olympiques…
Concernant les économies de personnel, on ne peut que sourire en pensant à la toute récente embauche de Gaston Franco (7 625 euros mensuels) ou aux cohortes de « conseillers » embauchés dans la foulée du projet des Jeux Olympiques. La ville (tout comme le Conseil Général) ferait peut-être aussi quelques économies en cessant de s’offrir chaque jour des pleines pages de publicité dans Nice Matin.
Alors que la crise économique et sociale touche chaque jour davantage notre ville, Christian Estrosi impose une nouvelle charge aux Niçois. Nous saurons le leur rappeler dans cinq ans.
www.nissarebela.com
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19.12.2008
[Shopping] Le Harrington
Le Harrington est un blouson court et léger fait de coton, polyester ou laine. La doublure est en général en tissus écossais et parfois un damier.
Le premier Harrington fut crée par la marque britannique Baracuta dans les années 30. La société existe toujours et fabrique encore son modèle fétiche le G9. Elvis Presley le popularisa dans le film « King Creole » en 1958. Steve McQueen et Frank Sinatra aimaient eux aussi porter ce blouson. Il doit son surnom à une série télé des années 60 intitulée « Peyton Place ». Le personnage Rodney Harrington joué par Ryan O’Neal portait un G9. La légende veut que ce soit John Simmons, le propriétaire de la boutique « The Ivy Shop » à Londres, qui ait renommé le G9.
Dans les années 60, les Mods et bientôt les Skinheads adoptèrent le Harrington. Baracuta n’est plus la seule marque à fabriquer des Harringtons. On en retrouve aussi dans les collections de Fred Perry, Merc, Ben Sherman, Lonsdale et Warrior Clothing.
www.zentropa.info
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15.12.2008
[Breizh] Adsav, le Parti du Peuple Breton soutient les employés de PSA
Thierry Le Béhérec candidat d'Adsav, le parti du peuple breton, aux dernières cantonales sur Châteaugiron et ancien salarié de PSA soutient les salariés de la filière automobile dans cette période difficile marquée par le retour du chômage. PSA, doit faire face à la situation difficile qui frappe l'ensemble du secteur automobile et c'est tout un bassin d'emploi qui est concerné par le dernier plan massif de suppression de postes (1750 comprenant 850 arrêts volontaires et 900 mutations).
Des bretons obligés de s'exiler, la Bretagne ne connaît que trop. Le Parti du peuple breton répond : ça suffit ! La solution n'est pas de remettre en cause le modèle de l'économie de marché comme le font certains irresponsables mais bien de renforcer la compétitivité de l'industrie automobile et de soutenir nos compatriotes dans ce moment difficile. Au lieu des mesurettes auxquelles l'Etat français et ses excroissances régionales et départementales nous ont habitués, Adsav propose des solutions d'urgence pour maintenir des emplois en Bretagne pour les bretons : nous avons besoin d'une action forte et ciblée soumise à des engagements clairs de la part du constructeur automobile et non d'un saupoudrage de subventions sans contrepartie, qui équivaut au gaspillage de votre argent.
Seul une concertation qui allie la « carotte » au « bâton » permettra au secteur automobile de survivre et à l'argent public d'être bien employé. C'est en temps de crise qu'on perçoit l'inefficacité du modèle français et tout ce que nous aurions à gagner à la mise en place d'un Etat breton qui soutiendrait plus efficacement l'économie bretonne, grâce notamment à une meilleure gestion de vos impôts.
Pour Adsav, le Parti du Peuple Breton
Thierry Le Béhérec
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[International] Le retour de la piraterie
Il y a quelque temps, lorsque le Sirius, l’un des plus grands pétroliers du monde, est tombé entre les mains de pirates somaliens, une borne importante sur la voie de l’involution des mœurs contemporaines a été dépassée. La prise de ce navire a dû être un formidable spectacle. On peut l’imaginer : des pirates accrochés à des cordes qui grimpent le long de la coque d’un bâtiment aussi haut que Big Ben, sous une chaleur tropicale et à quelque 800 km environ de la côte africaine. La signification de cet événement, qui s’est déroulé le 15 novembre dernier, ne peut être sous-estimée. Plus aucun navire quittant le Canal de Suez ne peut se considérer à l’abri des pirates, quelles que soient ses dimensions, sa destination et son itinéraire. Voilà en quoi consiste la borne que ces pirates viennent de franchir.
On ne sait pas très bien où se trouve le Sirius aujourd’hui. Selon les dernières nouvelles, il mouillerait quelque part en mer, en face du port de Haradher, qui se trouve entièrement aux mains des pirates somaliens. Ce que l’on sait en revanche, c’est que le bâtiment transportait une cargaison de pétrole d’une valeur de 110 millions de dollars. On s’attend à ce que les pirates exigent quelque 30 millions de dollars pour rendre le navire à ses armateurs légaux. D’après certaines estimations, ce port somalien si louche servirait de prison à quelque 250 marins pris prisonniers sur différents bateaux lors d’opérations lancées par les pirates.
La motivation des pirates est purement vénale
Ces dernières semaines, en matière de piraterie, on n’a parlé que de la Somalie. Mais le problème est plus vaste. Le « Bureau International de la Marine » (BIM) constate que le fléau s’accroît dans le monde entier. Pour s’en faire une idée : 239 attaques ont eu lieu en 2006 ; l’année suivante, il y a eu une augmentation de 10%. Ce qui est frappant, c’est que les méthodes utilisées pour capturer les navires se font de plus en plus violentes et brutales. En 2007, il y a eu 35% de cas supplémentaires de détournement avec armes qu’en 2006. Le nombre de matelots blessés en 2007 était de 64 ; en 2006, seulement de 17.
Pour comprendre l’ampleur réelle du problème, il faut observer les régions maritimes où les pirates s’attaquent principalement à leurs victimes. Il y a d’abord les « points chauds » habituels comme le Nigeria, le Brésil, l’Indonésie et bien entendu la Somalie. Les experts nous demandent de ne pas raisonner en termes d’amalgame : les situations et motivations de ces nouveaux frères de la côte varient énormément d’un lieu à l’autre.
On peut bien sûr évoquer la pauvreté dans le cas spécifique de la Somalie. Récemment, le journal « The Independant » a publié un reportage de terrain très significatif. Pour les pirates, l’important, c’est surtout l’argent, toujours l’argent et rien que l’argent. Posséder une belle maison, vivre dans le luxe et, surtout chez les musulmans, entretenir un beau harem digne du plus luxurieux des polygames, telles sont donc les motivations premières de ceux qui s’adonnent à la piraterie de nos jours. Le rôle de la religion chez ces pirates semble très ténu sinon inexistant. Lorsqu’un cheikh connu et respecté a déclaré que le détournement du Sirius était un péché particulièrement grave parce que le pétrolier battait pavillon saoudien, les pirates vénaux ne s’en sont nullement souciés. Al Qaïda ne lance pas encore d’opération de piraterie, ce qui rassure certains cénacles. Le constat qu’il s’agit de raids vénaux, dictés par la pauvreté, et non pas motivés par la religion est sans doute pertinent et juste mais recèle toutefois un danger. Les misères sociales jouent certes un rôle dans l’émergence de la nouvelle piraterie mais on ne peut pas réduire ce phénomène à ses seules dimensions sociales et économiques. Ce serait aller trop loin et rater le coche. Ce type de raisonnement réductionniste (qui se réduit aux seuls facteurs économiques et sociaux) s’applique aussi, on le sait trop bien, à plus d’un phénomène de notre vie sociale en Europe : n’a-t-on pas entendu à satiété la vieille rengaine des allochtones pauvres donc, par définition, criminels, etc… ?
Les dommages entrainés par la piraterie sont eux, économiques, clairement mesurables en monnaie sonnante et trébuchante. Et ils sont énormes. Les armateurs doivent modifier l’itinéraire de leurs navires, ce qui entraine des coûts supplémentaires non négligeables. Ils doivent ensuite investir des sommes de plus en plus considérables dans la sécurisation de leurs navires. Par ailleurs, les quatorze ou quinze bâtiments de la « Task Force 150 », une initiative à laquelle plusieurs marines militaires du monde coopèrent, sont fort occupés mais leur puissance est nettement insuffisante. Une seule chose est certaine. Si l’on veut faire de cette région maritime une zone à nouveau sûre, il faudra consentir à de sérieux efforts. Quelle que soit l’option que l’on retiendra prochainement, le prix à payer sera fort élevé.
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[Santé] Le bonheur est contagieux !
PARIS (NOVOpress) – Les médecins sont inquiets concernant une nouvelle épidémie ! Cette affection se transmet par simple contact mais elle n’est pas très grave !
Un travail de recherche publié récemment dans le très sérieux British Medical Journal vient de trouver que le bonheur est contagieux.
L’étude à porté sur 4739 personnes de la population de Framingham (Etats-Unis), suivies pendant 10 ans. Le niveau de bonheur de chacune à été analysé par des tests classiques validés par des travaux antérieurs.
Les auteurs ont trouvé que la probabilité d’être heureux augmente si l’on a un ami qui devient heureux, ou un conjoint heureux. Il en est de même dans le cas des proches parents ou des voisins.
L’effet diminue si les contacts deviennent moins fréquents avec le temps ou si la personne s’éloigne géographiquement (loin des yeux, loin du cœur ?). Le bonheur peut se propager jusqu’au troisième niveau de relation (par exemple, jusqu’aux amis des amis des amis). Les personnes qui ne sont pas heureuses, mais qui ont dans leurs relations de nombreuses personnes heureuses, ont plus de chances de devenir heureuses dans le futur.
La question se posait de savoir si tout ceci n’était pas du au fait que “ceux qui se ressemblent, se rassemblent”. L’étude statistique fouillée est en faveur d’une propagation du bonheur d’une personne à l’autre.
L’effet des amitiés nouées par Internet n’a pas été étudié mais l’on peut supposer qu’il existe également ; sujet d’un travail futur ? Travail qui sera beaucoup plus difficile compte-tenu de la difficulté d’étudier de nombreuses personnes très éloignées et ceci pendant longtemps.
Mais finalement n’est-ce pas ce qui est contenu dans la sagesse populaire qui dit que nos relations nous influencent ?
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